XXX INTRODUCTION
/torité de Dante lui-même, qui, dans son De viilgari I eJoquio, avait prétendu écrire non en toscan, mais en I italien.
On argumenta beaucoup contre eux. A ceux-ci, de bonne heure, peut-être dès i)i4, Machiavel répondit dans son Dialogo intonio alla linoiia, qui ne fut publié que plus tard, mais dont des copies manuscrites circulèrent sans doute avant qu'il fût imprimé. Il répliqua qu'une langue mêlée de la sorte ne pouvait exister, qu'on ne pouvait pas même la concevoir. Aux partisans du toscan moderne, Bembo riposta qu'une langue purement populaire ne pouvait pas suffire au service qu'on attendait d'elle. Elle était incapable de rendre les délicatesses d'un art raffiné et de suffire à l'expression des concepts scientifiques. Pétrarque et Boccace avaient étoffiî et façonné la langue toscane ; il fallait recueillir leur héritage. Il disait encore à ses adversaires : « Si les conséquences que vous tirez de mon principe étaient exactes, nécessairement les auteurs populaires seraient les plus grands; toute idée d'art serait à rejeter. C^r il n'en est rien. Jamais une langue inculte n'a contenté les artistes. Ce n'est pas la masse, c'est l'élite qui tait les grandes réputations. »
Les partisans du toscan moderne ne firent pas grand bruit. D'abord ils étaient une infime minorité puisqu'ils ne se recrutaient qu'en Toscane et qu'ils avaient tout le reste de l'Italie contre eux. Ensuite, ils étaient bien obligés de reconnaître la nécessité d'enrichir leur dialecte, et pour l'enrichir, naturellement