XI. INTRODUCTION
par la querelle littéraire d'Annibal Caro avec Ludovico Castelvetro, semble résumer tout le travail du siècle sur les questions des langues, et un Dialogue de Girolamo Muzio écrit en réponse à L'Ercolauo dont il combat les idées : BattagJie per la diffcsa dcIF iialica liugiia (1582). Cette nomenclature suffit à montrer que l'attention publique ne s'était pas encore détournée de ces questions quand Du Bellay composa sa Dcffciice et lUustralion de la langue frauçoisc.
On continuait à écrire des granmiaires et à compiler des lexiques. Et cela n'est aucunement surprenant, car l'inventaire des mots n'était pas achevé, et il restait bon nombre de règles à formuler ou à préciser. Mais surtout on mettait un entêtement curieux à se quereller sur le nom qu'il convenait de donner à la langue dont on faisait usage. Dans L'Ercolauo de Varchi, les questions techniques tiennent passablement de place : il s'efforce de montrer par des accumulations de mots toute la richesse de son vulgaire. Mais tout ce qui concerne l'histoire de cette langue l'intéresse, et ce qui lui tient à civur par-dessus tout, c'est de montrer : i " qu'elle ne le cède à aucune des langues anciennes, et que sur plusieurs points même elle est supérieure à la grecque aussi bien qu'à la
jllfîer qu'une lanj^uc est supérieure .1 une autre, c'est-à-tlire plus riche ou plus belle ou plus douce, et quelle est celle qui possède le plus ces trois caractères : la j^recque, la latine, ou la vulgaire ? X. La langue vulgaire, c'est-à-dire celle dont ont fait usage pour parler et pour écrire Dante, Boccace et Pétrarque, doit-elle s'appeler italienne, ou toscane, ou florentine ? — Il convient de noter que les réponses A ces deux dernières questions occupent presque autant de place que les huit autres réunies. Les premières questions, au contraire, sont très brièvement traitées.