XLVI INTRODUCTION
adeo in dies invehatur mai^is, difficile est dictu. Sî quidem et in nohilissimis civitatibus jam publiai; acadeniiiv celebrantur, qiu^ ad italici sermonis rationem omnes disciplinas traducere conantur, et ex omni ordine multi reperiantur, qui qu;\.' latina sunt,. in suam linguam convertere non cessent, quoque jam ventum sit, ut multa Ciceronis volumina confecerint. Ex quo uno tanto tamque netario scelere non solum eloquentiaj, sed latin^v rei litterari;v universx crudele exitium afferri videtur. Non enim jam pridem multi desunt (lit illud istis etiani condonem, quod sua ista convertendi ratione opti mos auctores misère dilacerent ac inteliciter discerpant), qui cum ignorantiam suam excusent, tum etiam laborem hune lugiant (i)... »
C'était ce recul des études latines, rendues inutiles par les traductions, qui inquiétait Bartolomeo Ricci, et il s'indignait de le voir se produire au profit d'une langue vulgaire, sans noblesse par conséquent, apprise sans effort. Dans le même temps, Olio (^alcagnini la traitait de (( fœdissima barbaries », et s'irritait contre ceux qui cherchaient à la relever en lui donnant des règles. Il reprochait à ses partisans de rejeter des moissons de blé déjà récoltées pour continuer à se nourrir de glands (2).
On pourrait allonger beaucoup cette liste des ennemis implacables de la langue vulgaire. Je cite, d'après
fi) Df Iiiiilalioiif (cit. de N'cnisc, 1545), fol. 52 r".
(2) (>AI.<A(.N1N1. .•///(/»l>/ (i/>/(.trH/i/ (1544), p. 573 ; cf. l'oNTAN'INI, lill'IlO-
Ifca Hrir }:loijiirii-ii Ilaliniiii, éd. de 1755, p. 5 S-
INTRODUCTION XLVIT
Apostolo Zeno, l'annotateur de Fontanini : Lazzaro Buonamico, Mario CorraJo, Rafiaelo Cillenio, Gabriello Barrio, Girolamo Rorario da Pordenone dans son traité intitulé : Oiiod aniinalia hntta sœpe ratioue itlniiliir iik'liits bouline, Lodovico Noirarola, Sie;onio dans son discours intitulé : De iisii laliiuv liiis^iur retiriendo, Anastasio Germonio dans ses Poiiwridiauœ qiiivstiones, etc. Mais il nous faut insister avant tout sur les dates : tous ces écrits et ces discours sont postérieurs aux Prose de Bembo, à l'œuvre de Machiavel et à l'admirable production italienne du début du wi"^ siècle. Les harangues de Roniolo Amaseo sont de 1529,1e traité de Francesco Florido Sabino de 1)37, le De Iiiiitalioiie de Ricci de 1541 ; le De Iniilatioiie de Calcagnini fut publié en 1 544, Ainsi, bien que leur cause fût irrémédiablement perdue, ces entêtés du latin ont maintenu le débat ouvert jusqu'à l'époque où parut la Deffeiire et Illustration de Joachim Du Bellay. Ils l'ont maintenu même bien longtemps après : le discours de Sigonio auquel nous faisions allusion tout à l'heure, n'est probablement pas de beaucoup antérieur à 1 5 59 ; les Poiiieriiliainv qnœstiones de Germonio parurent seulement en 1580.
Cette ténacité a frappé les contemporains. Dans son Ercolano, Varchi a relevé une bonne partie des ouvrages que je viens d'énumérer. A son tour, dans son traité sur la langue italienne, Muzio y a fait des allusions. Nécessairement ils ont suscité des répliques. La neuvième question de Varchi tout entière semble écrite pour leur répondre. Dans son Ercolauo, qui a été