XLVIII INTRODUCTION
composé vers 1560, Varchi déclare que les partisans du latin sont légion.
Quelque nombreux qu'ils fussent, les faits leur donnaient chaque jour des démentis plus formels. Les publications en italien se multipliaient de plus en plus, et toute la vie littéraire passait de leur côté. Parfois les latiniseurs eux-mêmes étaient amenés par les circonstances à renier leurs principes et à composer en langue vulgaire. Aussi ces querelles, où s'étalent les préjugés d'érudits entichés de philologie, sont des querelles mortes en quelque sorte, et ressemblent à des exercices oratoires. L'histoire littéraire pourrait presque négliger toutes celles qui sont postérieures à la publication des Prose. J'entends l'histoire littéraire de l'Italie, car pour celle de la France il en va tout autrement. Vaines dans leur propre pavs à cause de leur date, à cause de cette même date elles turent fructueuses dans le nôtre. En France, le débat s'ouvrit plus tard. Aussi ces redites, ces survivances eurent plus d'action sur lui que les œuvres écrites au fort de la lutte. Grâce à elles, quand il fallut délendre la langue française, nos écrivains trouvèrent auprès d'eux, dans des œuvres contemporaines, des arguments tout élaborés, des théories toutes prêtes dont ils pouvaient faire usage à leur toin', qui les enhardissaient dans leur entreprise, qui avaient pour leur cause autant de poids que pour la cause toute semblable de Bembo.