‹ Les sources italiennes de la "Deffense et illustration de la langue françoise" de Joachim du BellayChapitre 41 sur 62 · I, IX · texte numérisé non relu

I, IX

cédaient seulement d'un entêtement jaloux et puéril. Il a terminé en exprimant, dans des termes pour la plupart empruntés à Speroni, le vœu que « quelque bonne personne non moins hardie qu'ingénieuse et sçavante » donnât à notre langue « la fleur et le fruict des bonnes lettres (i). » Naturellement la forme du dialogue a disparu, mais rien n'est perdu pour cela : Du Bellay adopte les propos de Peretto, le détenseur du vulgaire ; il les fait siens : bien souvent il les laisse à la première personne. Quant aux paroles de son adversaire, de Lascaris, il les résume à la troisième personne, et il les insère dans son texte à lui sous forme d'objections qu'un tiers pourrait lui adresser. « Si on veut dire que la phylosophie est un faiz d'autres épaules que de celles de notre langue (voilà l'objection de Lascaris exactement traduite), j'ay dict... et le dy encores, que toutes langues sont d'une mesme valeur » (2) (c'est la réponse même de Peretto qui sert à Du Bellay).

La conclusion de tout cela est que, aussi bien dans les œuvres scientifiques que dans les œuvres littéraires, on doit renoncer définitivement à faire usage du latin. Du Bellay la dégage énergiquement au chapitre suivant (3). On connaît les pages souvent admirées où il invective ces « reblanchisseurs de murailles, qui jour et nuyt se rompent la teste à immiter, que dy-je immiter? mais transcrire un Virgile et un Cice-

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