L. I, ch. X
Si on veut dire que la philosophie est un taiz d'autres épaules que de celles de notre langue, j'av dict au commencement de cet œuvre, et le dy encores, que toutes langues sont d'une mesme valeur, et des mortelz à une mesme fin d'un mesme jugement formées. Parquov ainsi comme sans muer des
esser cosa impossibile, che clla divenga perfetta : anzi vi puô far certo lei doversi lungo tempo godere la sua perfettione, quai' hora egli avverrà ch' ella se Thabbia acquistata. Chè cosi vuol la natura : laquale ha deliberato, che quai arbor tosto nasce, fiorisce.et fa frutto; taie tosto invecchie, et si muoia, e in contrario, che quello duri per molti anni, ilquale lunga stagione harà peuato a far fronde. (F. 1 18 r«.)
Lascari. Le cose di philosophia sono peso d'altre spalle, cha da quelle di questa lingua volgare.
Peretto. Io ho per fermo, che le lingue d'ogni paese, cosi l'arabica, et l'indiana, come la roniana et l'atheniese siano d'un medesmo valore, et da mortali ad un fine con
fruict soit bien tost vieil et meure et au contraire que celuv dure par longues années lequel aura esté long temps à faire ses rameaux... (F. 153 vo.)
Lascaris ....La philosophie est fardeau digne d'autres espaules que de celles de nostre langue.
Peret. Je croy pour certain que les langues de tous pais, aussi bien l'Arabique et l'Indianne, que la Romaine et Greque, sont d'un mesme effet et valeur, et tormées des hommes par un mesme jugement, à une mesme fin... Parquoy comme le Fran-
coutumes ou de nation, le Francovs et TAlement, non seulement le Grec ou Romain, se peut donner à phvlosopher, aussi je crov qu'à un chacun sa langue puvsse competemment communiquer toute doctrine.
Donques si la phvlosophie semée par Aristote et Platon au fertile champ atique etoit replantée en notre pleine Irançovse, ce ne seroit la jeter entre les ronses et épines, ou elle devint stérile :
mais ce seroit la faire de loingtaine prochaine, et d'étrangère citadine de notre republique. Et paravanture ainsi que les episseries et autres richesses orientales de Thide nous envove, sont mieulx congnues et traitées de nous, et en plus grand prix, qu'en l'endroict de ceux qui les
un giudicio formate... Per la quai cosa, cosi come senza mutarsi di costume, o di natione, il francioso e l'inglese, non pur il greco, et il romano, si puô dare a philosophare : cosi credo che la sua lingua natia possa altrui compitamente comunicare la sua dottrina. Duuque traducendosi a nostri giorni la philosophia seminata dal nostro Aristotile ne" buoni campi d'Athene, di lingua greca in volgare ; cio sarebbe non gittarla tra sassi, in mezo a boschi, ove stérile divenisse; ma farebbesi di lontana propinqua, et di forestiera, che ella è, cittadina d'ogni provincia ; torse in quel modo che le spetiarie, et Taltre cose
cois, ou l'Anglois sans changer de meurs, ou de nation se peut aussi bien adonner à la philosophie, que le Grec [et] Romain : au.ssi je crov que sa langue maternelle peut à sufisance communiquer son sçavoir à autru\\ Traduisant donc en ce temps cv de (irec, en vulgaire, la philosophie semée par no.stre Aristote, parm\- les fertiles champs d'Athènes, ce ne seroit point la getter parmv les pierres, dans le bois, ny luy donner ocasion de devenir stérile, se (sic) seroit plustost (d'eslongnée qu'elle est) l'aprocher, et d'estrangere, la rendre domestique à toute nation : Et peut estre ainsi que les espiceries, et autres choses orientales, sont par quelque marchant aportées des indes, en ces parties occidentales pour l'utilité commune ; la ou paraventure elles sont niyeulx cono'neues et rcceuës, que de ceulx qui outre mer les sèment et
scment ou recueillent : semblablement les spéculations phvlosophiques deviendroient plus fiimilieres qu'elles ne sont ores, et plus facilement seroient entendues de nous, si quelque scavant homme les avoit transportées de grec et latin en notre vulgaire, que de ceux qui les vont (s'il fault ainsi parler) cueillir aux lieux ou elles croissent. Et si on veut dire que diverses langues sont aptes à signifier diverses conceptions, aucunes les conceptions des doctes, autres celles des indoctes, et que la grecque principalement convient si bien avecques les doctrines, que pour les exprimer il semble qu'elle ait été formée de la mesme Nature, non de l'humaine providence :
orientali a nostro utile porta alcun mercatante d'India in Italia : ove meglio per avventura son conosciute, e trattate, che da coloro non sono, che oltra il mare le seminorno, et ricolsero. Similmente le speculationi del nostro Aristotile ci diverrebbono più famigliari, che non sono hora ; e più facilmeute sarebbero intese da noi, se di greco in volgare alcun dotto homo le riducesse .
Lascari. Diverse lingue sono atte a significare divers!
concetti, alcune concetti di dotti, alcune altre de gl' indotti. La greca veramente tanto si conviene con le dottrine, che a dover quelle significare, Xatura istessa, non humano provedimento, pare che l'habbia formata.
(F. 125 ro.)
recueillent : Aussi les spéculations d'Aristote, nous deviendroient plus familières qu'elles ne sont, et plus facilement les entendrions, si quelque docte personne les reduisoit de Grec en beau Vulgaire.
L.\scARis. Diverses langues sont propres à signifier diverses choses, les unes pour les doctes les autres pour les ignares : et entre les autres la Greque est si convenable aux sciences, qu'il semble que non pas l'humaine providence, mais la mesme Nature l'ayt formée, pour les myeux faire entendre. (F. 162 ro et F. 162 vo.)
Je dy qu'icelle Nature, qui eu tout aage, en toute province, en tout liabitude, est tousjours une mesme chose, aiusi comme voluntiers elle s'exerce son art par tout le monde, non moins en la terre qu'au ciel, et pour estre ententive à la production des créatures raisonnables, n'oublie pourtant les iraisonnables, mais avecques un égal artifice engendre cetes cv et celles la : aussi est elle digne d'estre congneue et louée de toutes personnes, et en toutes langues. Les oyzeaux, les poissons et les bestes terrestres de quelquonque manière, ores avecques un son, ores avecques l'autre, sans distinction de paroles signifient leurs aflections. Beaucoup plus tost nous hommes devrions faire le sem-
lo harei detto... Xatura in ogni età, in ogni provincia, et in ogni habito esser sempremai una cosa medesima.
Laquale, cosi conie volentieri la sue arti per tutto'l mondo, non meno in terra che in cielo ; et per esser intenta alla produttione délie créature rationali, non si scorda délie irrationali ; ma con eguale artificio gênera noi, et i bruti animali ; coSi da ricclii parimente, et poveri huomini, da nobili, et vili persone con ogni lingua, greca, latina, hebrea et lombarda, degna d'essere et conosciuta,elodata. (ili augelli, i pesci, et l'altrc bestie terrene d'ogni maniera, hora con un suono, hora con ahro, senza
Je luv eusse dit Q.ue Nature en tout temps, en toute province, et en toutes ses actions, est tousjours une mesme chose : et que comme elle fait volontairement toutes ses artz par tout le monde, non moins au ciel qu'en la terre, sans que pour la production qu'elle fait des créatures raisonnables, elle oublie les irraisonnables, ains par son égal artifice engendre et nous et les bestes brutes : aussi luy doit il agréer d'estre congneue, et prisée, aussi bien du povrc, que du riche, et des infimes personnes, comme des nobles, en ti)utes langues, soient (ireque, Latine, Hébraïque, Françoi.se, ou Lombarde. Que les oyseaux, les poi|sJsons,ct autres bestes terrestres, de toute sorte, ores avec un certain son, ores avec un autre, sans distinction de paroles, signifient leurs affections. Beaucoup mieulx doncques nous autres
blable, chacun avecques sa langue, sans avoir recours aux autres. Les écritures et langaiges ont été trouvez, non pour la conservation de la Nature, la quelle (comme divine qu'elle est) n'a mestier de nostre a\-de :
mais seulement à nostre bien et utilité, affin que presens, absens, vvfz et mors, manifestans Tun à l'autre le secret de notz cœurs, plus facilement parvenions à notre propre félicité, qui gist en l'intelligence des sciences, non point au son des paroles : et par conséquent celles langues et celles écritures devroint plus estre en usaige, les queles on apprendroit plus facilement. Las et combien seroit meilleur qu'il y eust au monde un seul langaiarc naturel...
distintione di parole, i loro affetti significare ; molto megli dover ciô fare noi huomini, ciascuno con la sua lingua ; senza ricorrere ail' altrui. Le scritture, et i linguaggi essere stati trovati non a salute di lei, laquale fcome divina che ella è) non ha mestieri del nostro aiuto, ma solamente a utilità e commoditànostra : acciochè absenti, presenti, vivi, et morti, manifestando l'un l'altro i secreti del core, più facilmeute conseguiamo la nostra propria félicita ; laquale è posta nell' intelletto délie dottrine, non nel suono délie parole : et per conseguente, quella liugua e quella scrittura doversî usare da mortali, laquale con piu agio apprendemo : et come meglio sarebbe stato (se fosse stato possibile) l'havere
hommes le devons nous faire, chacun avec sa langue, sans avoir recours aux autres, que les escritures, et les langages ont esté trouvées, non au salut de nature, laquelle (comme divine qu'elle est ; n'a besoing de nostre avde, ains seulement pour nostre profit, et commodité : afin que vifz et mortz, presens et absentz, en manifestant l'un à l'autre les secretz de noz pensées, nous ataingnions plus facilement nostre propre félicité, qui est mise en l'intelligence des doctrines, et non en la prononciation des motz : Et par conséquent, nous autres mortelz devons plustost pratiquer la langue, et l'escriture, que nous povons aprendre avec
Certes songeant beaucoup de fovs d"ou provient que les hommes de ce siècle généralement sont moins scavans en toutes sciences, et de moindre prix que les anciens, entre beaucoup de ravsons je treuve cete cy, que j'oserov' dire la principale : c'est l'ctudc des langues greque et latine.
Car si le tens que nous consumons à apprendre les dites langues estoit employé à l'étude des sciences, la Nature certes n'est point devenue si brehaigne, qu'elle n'enfantast de nostre tens des Platons et des Aristotes.
Mais nous, qui ordinairement affectons plus d'estre veuz scavans que de restre(i), ne consumons
un sol linguaggio, ilquale naturalmente fosse usato da gli huomini. (F. 127 vo.)
Peretto. Ditemi prima, onde è che gli huomini di questa età generalmente in ogni scienza son men dotti, e di minor prezzo, che già non furon gli antichi ? ilche è contra il dovere ; conciosia cosa chè molto meglio et più facilmente si possa aggiugnere alcuna cosa alla dottrina trovata, che trovarla da se medesimo ?... Questo è vero, ma le cagioni son moite, tra lequali una ve n'ha, et oso dire la principale : che noi altri moderni viviamo indarno gran tempo, consumando la miglior parte de nostri anni ; laquai cosa non avveniva a t^li antichi.
plus de facilité. Ht comme ce seroit le mieux s'il estoit possible) n'avoir qu'un langage qui fust naturellement usité par les hommes... (F. 166 ro.)
Peret. Dites mov premièrement d"ou vient cela que les hommes de nostre temps sont universellement moins doctes, et en moins d'estime en toutes sciences, que les antiques ne turent : ce qui est contre nature, veu que il est beaucoup plus facile d'ajouster aux sciences trouvées qu'il n'est pas de les inventer ?... Je le confesse àcause de plusieurs raisons, entre lesquelles y en
(i) Ce membre de phrase, qui fait défaut dans le texte correspondant de Spcrone Speroni, est une réminiscence d'un autre passage du même dialof^ne : « ce moderne temps, auquel on estudie, non pour estre, mais pour sembler sages. » (Trad. Gruget, fol. 167 r'.j
p;us seulement nostre jeunesse en ce vain exercice : mais comme nous repentans d'avoir laissé le berseau et d'estre devenu/, hommes, retournons encor' en enfance, et par l'espace de XX ou XXX ans ne faisons autre chose qu'apprendre à parler qui grec, qui latin, qui hébreu. Les quel/, ans finiz, et finie avecques eu.\ ceste vigueur et promptitude qui naturellement règne en l'esprit des jeunes hommes, alors nous procurons estre taictz phylosophes, quand pour les maladies, troubles d'afaires domestiques, et autres empeschementz qu'ameine le tens, nous ne sommes plus aptes à la spéculation des choses. Et bien souvent...
Et per distinguere il mio parlare, porto ferma oppenione che lo studio délia lingua greca et latina sia cagione deir ignorantia : che se'l tempo, che intorno ad esse perdiamo, si spendesse da noi imparando philosophia, per avventura Tetà moderna generarebbe quel Platoni,etquegli Aristotili, che produceva l'antica. Ma noivani, più che le canne, pentiti quasi d'haver lasciato la cuna, et esser huomini divenuti ; tornati un' altra volta fanciuUi, altro non facciamo, diece et venti anni di questa vita, che imparare a parlare chi latino, chi greco, et alcuno... thoscano : liquali anni finiti, et finito con esso loro quel vi-
a une que j'ose dire la première. C'est qu'entre nous, modernes, nous consumons grande partie de nostre temps et le meilleur de noz ans en vain, dequoy se sont bien gardez les anciens : et pour mieulx vous interpréter mon dire, je tien de vray que l'estude des langues Greque et Latine est l'ocasion de nostre ignorance : car si le temps que nous avons despensé à les aprendre eust esté par nous employé en la philosophie, peut estre que ce temps nous engendreroit de ces Platons et Aristotes que produisoit l'antiquité : mais quoy, nous autres quasi repentans d'avoir laissé le berceau et d'estre devenuz hommes, en retournant à nostre enfance, nous ne faisons autre chose en dix ou vingt ans de nostre aage qu'aprendre à parler l'un latin, l'autre grec, et un autre quelque autre langue, soit vulgaire ou autrement. Et après
Fault il donqucs laisser l'etudc des langues ?
Non, d'autant que les ars et sciences sont pour le présent entre les mains des Grecz et Latins. Mais il se devroit faire à Tavenir qu'on peust parler de toute chose, par tout le monde, et en toute langue.
Il me souvient de ces reliques,
gore, et quella prontezza laquale naturalmente suol recare ail' intelletto lagioventù; allhora procuriamo di farci philosophi, quando non siamo atti alla speculatione délie cose. (F. 124 r".)
L.\sc.\Ri. Dunque se lo studio délie due lingue nuoce altru! si malamente, corne voi dite, che si dee tare ? Lasciarlo ?
Pkrktto. Hora no, cliè non si potrebbe : perciochè Parti, e le scientie de gl'huomini sono al présente nclle mani de latini, e de greci : ma si tare debbiamo per l'avenire, che d'ogni cosa per tutto'l mondo possa parlare ogni lingua. (F. 124 v". )
Corne i corpi et le reliquie
ceste longueur de temps passée, et avec elle celle vigueur et promptitude que la jeunesse est naturellement coustumiere de donner à l'esprit nous essayons à devenir philosophes, lors que nous ne sonmies plus propres à ceste contemplation des choses. (F. 161 n'.)
L.\sc.\RK. Doncques si l'estude des langues est si nuysible à chascun comme vous dites, qu'est il de faire ? les laisser ?
Pkrkt. Non pas, car il ne se peult faire pour ce que les artz et les sciences des hommes sont maintenant entre les mains des Latins et Grecz : mais poin- l'avenir on devroit iaire que toute langue peust parler de toute chose chascune à sa mode par tout le monde. (F. 162 r".)
Tout ainsi que pour reverejice des .saintz, nous ne touchons
qu'on voit seulement par une petite vitre, et qu'il n'est permis toucher avecques la main. Ainsi veuUent ilz faire de toutes les disciplines, qu'ilz tiennent enfermées dedans les livres grecz et latins, ne permettant qu'on les puisse voir autrement, ou les transporter de ces paroles mortes en celles qui sont vives et volent ordinairement par les bouches des hommes.
Pourquov donques ont voyaigé les anciens Grecz par tant de paiz et dangers, les uns aux Indes, pour voir les gymnoso-
di santi, noncon le mani, ma con alcuna verghetta per riverenza tocchiamo, cosi i sacri misteri délia divina philosophia più losto con le lettere deir altrui lingue, che con la viva voce di questa nostra moderna, ci nioviamo a significare. (F. 126 ro.)
L'India, la Scithia, e l'Egitto, ove habitava si volentieri, produsse genti e parole molto più strane et più barbare, che
point avec les mains à leurs corps, ou reliquaires, ains avec quelque petite bague, aussi nous nous immissons plustost à signifier les secretz misteres de la divine philosophie par la langue d'autruy que par la vive voix de la nostre moderne. (F. 163 vo.j (i).
(i) Cf. aussi plus haut : « Il me semble monseigneur que vous craignez autant dire mal de la langue latine, comme si c'estoit la langue de vostre saint Antlioine de Padouë, à laquelle la latine est de tant conforme que comme ceste cv fut celle d'une personne vive de qui la saiitité à esté cause que maintenant elle estant mise en un reliquaire de cristal elle est adorée du peuple : aussi ceste digne relique du chef du monde Rome, ja par long temps gastée et corrompue, bien que pour le présent, elle soit froide, seiche, et muette ; ce néanmoins pource qu'elle est faite idole par aucun peu de supersticieuses personnes, cestuy là qui ne l'adorera pour dieu ne sera point par eux réputé chrestien. >> (Trad. Gruget, fol. 154 v°.) « Parmi, Monsignor, che cosi temiate di dir maie délia lingua latina ; come se ella fosse la lingua del vostro Santo da Padoua ; allaquale è di tanto conforme, che come quella fu di persona gii viva, lacui santità è cagione che hora posta in un tabernacolo di cristallo sia dalle genti adorata; cosi questa degna reliquia del capo del mondo, Roma, guasto e corrotto gii molto tempo, quantunque hoggimai fredda et secca si taccia, nondimeno fatta idolo d'alcunc poche e superstitiose persone, colui da loro non è christiano tenuto, che non l'adora per Dio. » (F. 119 r".)
phistes, les autres en Egvpte, pour emprunter de ces vieux prestres et prophètes ces grandes richesses, dont la Grèce est maintenant si superbe ? Et toutetbvs ces nations, ou la phvlosophie a si volontiers habité, produvsoint (ce croy-je) des personnes aussi barbares et inhumaines que nous sommes, et des paroles aussi étranges que les nostres.
Bien peu me soucvrov'-je de Telegance d'oraison qui est en Platon et en Aristote, si leurs livres sans ravson etoint ecriz.
La phvlosophie vravement les a adoptez pour ses filz non pour cstre nez en Grèce, mais pour avoir d'un hault sens bien parlé et bien écrit d'elle. La vérité si bien par eux cherchée, la disposition et l'ordre des choses, la sentencieuse breveté de l'un et la di-
non sono hora le mantovane ; et le bolognesi. (F. 127 v".)
Altrotanto harei detto al mio maestro Aristotile ; délia cui elegantia d'oratione poco mi curarei, quando scuza ragione l'ossero da lui scritti i suoi libri : natura haver lui adottato per tîgliuolo, non per esser nato in Athene, ma per haver benein alto inteso, bene parlato, et bene scritto di Ici : la verità trovata da lui, la dispositionc et l'ordine
Les Indes, la Scithie, et TEgiptc, ou elle habitoit si volontiers, produisoient hommes et langages beaucoup plus estranges et barbares, que ne fait pour le présent le Mantouan, et le Boulongnois. (F. 165 vo.)
Autant en eussé-je dit à mon maistre Aristote, de l'éloquence duquel je me fusse peu soucié, s'il eust escrit ses livres sans raison. Que Nature l'avoit adopté .'i lilz, non pour cstre né en Athènes, ains pour l'avoir bien hautement congneuë, et pour en avoir bien parlé, et bien escrit. Que la vérité par luv trouvée, la disposicion et ordre des choses, la gravité et brièveté des sentences, luy sont propres, et non à autre... Que nous autres de ce temps avons aussi cher ses livres traduit/ en vulgaire, comme
vine copie do l'autre est propre à eux, et non à autres : mais la Nature, dont ilz ont si bien parlé, est mère de tous les autres, et ne dédaigne point se faire congnoitre à ceux qui procurent avecques toute industrie entendre ses secretz, non pour devenir Grecz, mais pour estre faictz phvlosophes.
Vrav est que pour avoir les ars et sciences tousjours été en la puissance des Grecz et Romains, plus studieux de ce qui peut rendre les hommes immortelz que les autres, nous croyons que par eux seulement elles puvssent et dovvent estre traictées.
Mais le tens viendra paravanture (et je suplye au Dieu très bon et très grand que ce soit de nostre aage) que quelque bonne
dellc cose : la gravita et brevità del parlare esser sua propria, et non d'altri..; noi mortali di questa età cosi haver chari i suoi libri trammutati neir altrui lingua, come gli hebbero i Greci ; mentre Greci li studiavano. Liquai libri con ogni industria procuriamo d'intendere per divenire una volta non atheniesi, ma philosophi. (F. 128 r".) Vero é, che, perché il mondo non ha in costume di parlar di philosophia se non greco o latino, già crediamo che far non possa altramente. (F. 126 r°.)
Ma tempo forse, pochi anni appresso verra, che alcuna buona persona non meno ardita che ingeniosa porrà
les Grecs les avoient en estime lors qu'ilz y estudioyent en leur langue, lesquelz livres nous essayons d'entendre avec toute industrie pour devenir quelque fois non Athéniens, ains philosophes. (F. 166 vo.)
Bien est vrav que pour-ce que le monde n'est point coustumier de parler de philosophie sinon en Grec et Latin, il nous semble estre impossible de pouvoir faire autrement. (F. 163 v.)
Peut estre qu'en peu de temps et de brief, il viendra quelque bonne personne, non moins hardie que d'esprit, qui mettra la main à telle marchandise en la faveur publique sans craindre
éo
personne, non moins hardie qu'ingénieuse et scavante, non ambicieusc, non craignant l'envie ou havne d'aucuns, nous otera cette taulse persuasion, donnant à notre langue la fleur et le fruict des bonnes lettres : autrement, si raff"ection que nous portons aux langues étrangères (quelque excellence qui soit en elles' empeschoit cete notre si grande félicité, elles seroient dignes véritablement non d'envie, mais de havne. non de fatigue, mais de fâcherie : elles seroint dignes finablementd'estre non apprises mais reprises de ceux qui ont plus de besoing du vif intellect de l'esprit que du son des paroles mortes Ci).
mano a cosi fatta mercatantia : e per giovare alla gente, non curando dell' odio, ne délia invidia di litterati, condurrà d'altrui lingua alla nostra le gioie, et i frutti délie scientie : Icquali hora perfettamente non gustiamo, né
conosciamo (F. 126 r")
Dunque dal contraste che è tuttavia tra la natura dell' anima, et tra'l costume del nostro studio, dipende la difficultà délia cognition délie lingue ; degna veramente non d'invidia, ma d'odio : non di fatica, ma di fastidio : et degna linalmente di dovere essere non appresa. ma ripresa dalle persone : si corne cosa, laquale non é cibo, ma
l'envye, ny la haine des doctes, amènera des langues estrangeres en la nostre, les bagues, les joN'aulx et les fruit/ des sciences, que maintenant nous ne goustons nv ne congnoissons assez bien. (F. 164 r".)
De ceste contrariété qui est tousjours entre la nature de l'ame, et la coustume de nostre estude, dépend la dificulté de la congnoissance des langues, digne véritablement non d'envie, mais de haine, non de labeur, mais de fascberie, et hnalement digne d'estre reprise de chascun, niin pas aprise : car ce n'est point la viande : ains le songe et l'ombre de la viande de l'esprit. (F. 165 r".)
(i) Cette dernière expression, qu'on ne trouve pas dans le texte correspondant de Sperone, s'y rencontre quelques lignes plus haut.
él
sogno, c ombra del vero cibo deir intelletto. (F. 127 ro.)
Piu vi vô dire, sarà akuno per aventura, cui ne naturu, ne industria non maucherà ; nulladimeno egli sera quasi che dalle stelle inclinato a parlare et scriver meglio volgare, che non latino in un soggetto, et in una materia medesma. Che dee fare egU ?
Che ciô sia il vero ; vedete le cose latine del Petrarca, et del Boccacio, e agguagliatele aile loro volgari ; di quelle niuna peggiore, di queste niuna migliore giudicarete.
Dunque da capo consiglio e ammonisco voi, Messer Lazaro, scrivere et parlare latino, corne quello che assai meglio scrivete et parlate latino, che non volgare : ma
Je vous diray plus, tel peut estre à qui ny nature nv l'industrie ne défaillent : ce néanmoins par la force des planettes, il sera plus enclin en un mesme suget et en une matière à mveulx escrire et parler son vulgaire que latin. Que doit il faire cestuv là ? Qu'il soit ainsi, prenez les œuvres latines de Pétrarque et de Bocace, et les apariez à leur vulgaire : vous jugerez qu'il n'en est point de pires en latin ny de meilleures en Tuscan. Doncques pour resolution, je vous conseille seigneur Lazare, que vous escriviez et parliez latin, comme celuv qui mveulx v parle et escrit qu'en vulgaire. Et à vous mon gentil homme... je