‹ Les sources italiennes de la "Deffense et illustration de la langue françoise" de Joachim du BellayChapitre 5 sur 62 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

pays catholiques où la connaissance des choses de la foi paraissait dangereuse, la théologie resta fort longtemps uniquement latine. La jurisprudence, qui ne pouvait être appliquée à la pratique de la vie que par des spécialistes, résista longtemps, elle aussi, à la poussée. Tout de suite, au contraire, les ouvrages historiques qui sont à la fois très plaisants et très profitables à lire, trouvèrent des traducteurs. Les imprimeurs favorisèrent beaucoup cette émancipation : les livres vulgaires, quand ils étaient de nature à intéresser le public, se vendaient bien ; ils avaient un large débouché. Les imprimeurs demandèrent donc des livres en langue vulgaire. C'est ainsi que les barrières qui séparaient la classe des doctes et celle des indoctes se sont peu à peu abaissées. Le travail scientifique y perdit peut-être en unité; en revanche, il devint accessible à un nombre beaucoup plus considérable d'esprits, et les bienfaits de la culture antique se répandirent beaucoup plus largement sur le monde.

En France, la lutte de la langue vulgaire contre les langues savantes a été longue et laborieuse (i). Hllc emplit tout notre xvi"' siècle. Encore, à la fin de cette période, son succès est-il loin d'être complet.

En histoire, on serait presque tenté de croire que

(i) On trouvera toute cette lutte exposée avec détail et d'une inaiiiére tout à fait intércssautc dans le livre de M. l-erdinand Brunot, llisloirr lie /.i langue française des origines a igoo, tome II, livre I. Mon but n'est pas de résumer le travail de M. Brunot, mais simplement de détaclier quelques faits qui fassent sentir que la rivalité entre le fraisais et If latin a empli notre xvi'' siècle.

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