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coup plus sienne qu'elle ne Tétait en réalité. Il allait écrire en tète de la seconde édition : « Ceux qui ont leu les œuvres de \'irgile, d'Ovide. d'Horace, de Pétrarque, et beaucoup d'aultres, que j'ay leuz quelquefois assez négligemment, trouveront qu'en mes escriptz il y a beaucoup plus de naturelle invention, que d'artificielle ou superstitieuse imitation... Je ne me suis beaucoup travaillé en mes ecriz de ressembler aultre que moy mesme : et si en quelque endroict )"ay usurpé quelques figures et façons de parler à rimitation des estrangers : aussi n'avoit aucun loy ou privilège de me le defiendre. » Et encore : « Si deux peintres s'efiorcent de représenter au naturel quelque vit portraict, il est impossible qu'ilz ne se rencontrent en mesmes traitz et lineamens, avans mesme exemplaire devant eulx. )> joachim Du Bellay nomme Pétrarque, parce qu'il sait ne devoir presque rien à Pétrarque; il ne mentionne pas les petits poètes représentés dans le recueil de Giolito parce que leurs noms révéleraient combien sa manière est scrvile. Il aimerait à nous faire croire que ses emprunts sont de simples rencontres. Si Harthéleinv Aneau, dans son Quiulil Honilitni, au lieu de critiquer des tournures discutables, avait dit publiquement à Du Bellay : « Tes vers \iennent de l'Arioste et d'autres poètes italiens dont \'oici les noms ; ta prose est en boiuic partie traduite de Sperone Speroni », incontestablement il eut blessé la vanité de Du Bellay, il n'aurait cependant aucunement entaché son honneur. Persoime n'aurait rien vu d'intamant
dans cette révélation. Ni Barthélémy Aneau, ni les autres contradicteurs de Du Bellay n'ont reconnu ses emprunts à Speroni, mais un autre contemporain (i) les a très bien vus. Il ne s'en est aucunement indigné, et son sentiment nous montre ce qu'on en aurait pensé autour de lui. Il en parle comme d'une chose toute naturelle : le Dialogue des langues est fort intéressant, dit-il deux ans seulement après la publication de la Deffeiice ; un de nos excellents Français vient de montrer tout l'usage que nous en pouvons faire. C'est un hommage rendu à Speroni.
Au temps de la Renaissance, l'a propos d'une œuvr» tenait lieu d'originalité. On s'occupait moins de créer que de ressusciter les créations de l'antiquité et de l'Italie ; et, presque tout étant emprunté, la véritable originalité consistait peut-être à choisir parmi ces créations anciennes, celles qui s'adaptaient à des besoins actuels. Elles puisaient alors dans les circonstances comme une nouvelle vie et semblaient naître d'elles. A défaut d'invention, la Deffence présentait-elle un réel intérêt à la date où elle a paru ? Je le crois pour ma part, et cependant il est nécessaire de faire une distinction. Le plaidoyer en faveur de la langue vulgaire présentait une thèse qui déjà n'était plus neuve. Elle avait été soutenue à plusieurs reprises. Jamais pourtant elle n'avait encore paru avec l'ampleur que lui donne Du Bellay, et on ne pouvait guère la lire que dans des livres assez spéciaux, desti-
(i) Claude Grugf.t, dans son Epitrc uiix Lecteurs, en tète de la traduction des Dialogues de Speroni (15 51).
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nés à un public restreint. J'imagine qu'en 1549 on devait entendre avec plaisir encore défendre la langue française, et c'est pourquoi tant d'écrivains à la même époque exposent les mêmes idées que Du Bellay. Mais si la cause du français était déjà presque gagnée, et si le plaidover de Du Bellav ne présentait plus par conséquent qu'un intérêt secondaire, quoique réel, en revanche la méthode qu'il préconisait pour illustrer la langue nationale était tout à fait nouvelle chez nous, et elle devait frapper très vivement les contemporains La poétique de la Dcffcnce était d'un intérêt capital. Elle rompait brusquement avec la tradition. D'un coup d'aile, elle enlevait notre littérature dans des régions que l'imagination du temps, fascinée par son admiration pour l'antiquité, plaçait à des distances infinies au-dessus de celles où Marot l'avait logée. Et par là Du Bellay manifestait une confiance singulière en notre langue, il lui ouvrait des espérances illimitées. Détachée du tronc italien qui lui a donné naissance, et replongée dans les querelles contemporaines, son œuvre devait apparaître comme une tentative neuve et hardie. Le plaidover en faveur du français semblait lui-même emprunter un sens plus riche à ce corollaire inattendu et se justitier par lui des reproches de banalité qu'on pouvait lui adresser. Le succès de Du Bellay n'a aucunement lieu de nous surprendre. Il ne contredit pourtant aucunement la conclusion que les faits nous ont contraint à poser : que l'œuvre manque totalement d'originalité.
Plus nous pénétrerons dans l'étude de notre \xi^ siècle, plus aussi, je crois, nous devrons reconnaître que les auteurs vraiment originaux v sont rares. De plus en plus, nous devons nous convaincre que notre dette envers l'Italie a été considérable. Nous ne la connaissons encore que très incomplètement. Cette étude est une contribution à la vaste enquête, commencée depuis longtemps déjà, qu'il faut poursuivre pour la révéler tout entière. L'Italie a été notre éducatrice à peu près dans tous les genres. Non seulement elle nous a conduits vers l'antiquité, mais elle nous a fait part de sa propre civilisation ; il est piquant de constater que, même pour le développement de notre langue nationale, sur des questions où elle semblait ne pouvoir rien pour nous, elle nous a prêté un concours précieux. Quelques contemporains ont eu pleinement conscience de leurs obligations. Voici, par exemple, une déclaration d'un obscur écrivain (i) ; elle n'est que de vingt ans postérieure à la Deffence : « Nostre langue est beaucoup augmentée, singulièrement sur le butin qu'elle a taict au moven de la curieuse et louable conversation de ses voisines, mesmement sur l'italienne, qui sans nul doubte luy a faict heureuse part de son bien. Et encores que je sçache que ceste confession ne sera guieres aggreable à plusieurs, qui se sont tourmentés de maintenir le contraire, par je ne sçay quelles légères opinions : si m'en rapporté-je à toy, lecteur, qui pourras de toy
(i) Du Tron'CHEt. Lettres missives (1569), préface.
no LES SOURCES ITALIENNES
mesme ruminer, que s'il est au jourd'huv en propos de discourir de h guerre, des factions, d'une cavallerie, d'une infanterie, d'une escuverie, des armes, voire de l'amour, et généralement de toutes choses graves et ordinaires, les plus beaux traicts des plus disertes langues qui se veulent faire ouir, sont en plupart espuisés dans les propres facultés de l'Italie. Et puis qu'il est question en ces miennes lettres de pillage et d'usurpation, il ne m'a pieu de taire mon butin en plus opulentes bassines. »
SPERONE SPEROxVI
DIALOGO DELLK LÎXGUE.
INTERLOCUTORI
BEMBO, LAZARO, CORTEGIANO, SCHOLARE, LASCART, PERETTO.
Bembo. — lo odo dir, mcsser Lazaro, clie la Signoria di Vcnetia v'ha condottoa leggergreco et latino nello studio di Padova : è vero questo ?
Lazaro. — Monsignor si.
Bkmbo. — Che provisione è la vostra ?
Laz. — Trecento scudi d'oro.
Bem. — Messer Lazaro, io me nalkgro con voi, con lu buonc lettere et con gli studios! di quelle : con voi prima, peroché io non so huomo nessuno délia vostra protessione, che andasse presso a quel segno, ove sete arrivato ; con le buone lettere poi, lequali da qui inanzi, non mendicheranno la vit'a loro, povere et nude ; come sono ite per lo passato. M' allegro etiandio con Io studio
(i) Le texte que nous reproduisons ici et celui de l.i i" édition : I Diahgi di Mcsser Spcroii Speroiic (In Vinegia, in casa de' figliiioU di Aldo, 1542), petit in-S", fol. 105 v"-i5i r". Sperone n'ayant reçu aucune des éditions suivantes, il y a lieu de supposer que celle-ci est la moins incorrecte. J'ai dit plus haut, d'ailleurs^qu'il m'a été inipossible de déterm i ner l'édition doullDîà BelLu' ' '■■■■ ■'^
et gli studiosi di Padova ; cui finalmcnte t- tocco in sorte taie Maestro, quale lungo tempo hanno ccrcato et desiderato. Ma io v' aviso, che egli vi bisognerà sodistar non tanto aU'imnienso disiderio, che hanno gli huomini d'imparare, quanto ad una infînita speranza che s'ha di voi et délia vostra dottrina. Il che tare nuova cosa non \\ sarà ; cosi sete usato d'aftaticarvi, et con le vostre lodevoli latiche operar gloria in voi, et in altrui vertu.
La/,. — Monsignor, sempreniai io n'ho pregato Domenedio,
^/f^ che mi dia gratia et occasione una volta di far conoscere al
- mondo quel poco ch'io so ; ma il valore et Teccellentia di queste
" "^ due linoue. lequali gran tempo sono .state sprezzate da chi do-
y{^ veva adorarle, hora chè Dio la mi ha conceduta, ho speranza di
tare che molti huomini di qualunche età et natione. lasciati gli
altri studi da canto, tutti a questo uno si doneranno : corne a
quello, che veramente pô loro fargloriosi.
Be.m. — Chiunque vi conosce porta cotale openione di voi. Ma per certo noi siamo giunti a tempo, chè pare che il maie lungamente da noi sotlerto voglia Iddio a qualche modo ricompensarci , perochè in iscambio délie moite possession! et città délia Italia, lequali occupano gli oltramontani, egli ci ha donato l'amore et la cognitione délie lingue in maniera, che nessuno non è tenuto philosophe, che non sia greco et latino perfettamente. Onde egli é strana et bella cosa il vederci continuamente vivere et parlare con barbari, et non ha\er del barbaro. Né solamente queste due nobilissime lingue, ma, la thoscana poco men che perduta, quasi planta che rinovelle è rifiorita di nuovo si t'attamente, che di brève più d'un Petrarca et più d'un Boccaccio vi si potrà numerare ; la hebrea similmente comincia ad essere in prezzo. Perché a me pare, quando vi guardo, che questo sia un certo inHusso del cielo, si fieramente ogni uno si d.'i nello studio délie lingue, ilquale solo fra tutti gl' altri ci fa immortali pei- lama.
Lai. — Degna cosa da credere che'l cielo habbia curato altre volte et curi anchora délia greca et délia latina, per la eccellentia di queste lingue : ma di quelle altre né i! cielo ne ha cura, né deeno haverne i mortali ; a i quali né honore né utile non piio recare il parlar bene alla maniera del vulg^o.
Bem. — Egl'è ben vero, che tanto più volentieri si doverebbc imparar la lingua greca et la latina, che la thoscana; quanto di questa quelle altre due sono più perfette et più ch[i]are, ma che la thosca sia da sprezzare del tutto, per niente lo direi ; parte per nou dire bugia, parte per non parer d'haver perduto tutto quel tempo, che spender volli in apprenderla. Délia hebrea, io non ne so nulla ; ma per quello che io n'oda dire, quanto la latina gl'Italiani, altrotanto o poco meno istima lei la Germania.
Laz. — A me pare, quando vi guardo, che taie sia la volgar thoscana per rispetto alla lingua latina, quale la tcccia ni vinn : perochè la volgare non è altro che la latina guasta et corrotta hoggimai dalla lunghezza del tempo, o dalla forza de barbari ; o dalla i nostra viltà. Per laqualcosa gritaliani, liquali allô studio délia lingua latina la volgare antepongono, o sono senza giudicio, non] discernendo tra quel ch'è buono et non buono ; o privi in tutto | d'ingegno, non son possenti di possedere il migliore. Ondej quello n'avviene, che noi veggiamo avvenire d'alcuna humana complessione, laquale scema di vigor naturale, non havendo vertu di fare del cibo sangue, onde viva il suo corpo, quello in flemma converte, che rende lo huomo dapoco, et nelle proprie operationi il fa essere conforme alla qualità dell' humore. Ma egli si vorrebbe dare per legge ad ognuno : a volgari il non parlare latinamente, per non diminuir la riputatione di questa lingua divina ; a literati, che mai da loro, se non costretti d'alcuna nécessita, non si parlasse volgare alla maniera de gl'ignoranti ; acciochè'l vulgo arrogante con l'essempio et autorità de grandi huomini, non prendesse argomento di far conserva délie sue proprie brutture et ad arte ridurre la sua ignorantia.
CoRTEG. — Messer Lazaro, qui tra noi ditene il maie che voi voleté di questa lingua thoscana ; solamente quello non fate, che fece l'anno passato messer Romolo in questa città ; ilquale orando publicamente, con tante et tali ragioni biasimô cotai lingua, ch'hora fu, che inanzi harei tolto d'esser mono famiglio di Cicérone, per haver bene latinamente parlato ; che viver hora con questo Papa thoscano.
Laz. — Se io credessi bisognarmi persuadere a schoLiri di Pa-
f^ dova, chc la lingua latina fosse cosa da seguitare, et da fuggir la thoscana. 6 io non v'anderei a legger latino, o spererei che délie mie lettioni poco frutto se ne dovesse pigliare ; che da se stessi nô'l conoscendOj^gjuJicarei che essi mancasserO-d'inteTletto. non sappiendo distinguere tra principii per se noti et tra le conclusioni ; ilquale dit'etto non ha rimedio nissuno. Onde io vi dico che più tosto vorrei saper parlare come parlava Marco Tullio latino, ch'esser papa Clémente.
CoRTEG. — Et io conoscodi niolti huomini, che peresser niediocri Signori. si contentarebbono d'esser muti. Già non dico ch'io sia uno di questo numéro ; ma dico bene, et dicolo con vostra gratia, poi cliè il dit'etto è dal mio poco intelletto, [o non vedo per quai ragione debba l'huonio apprezzare la lingua greca né la latina ; che per saperle sprezze mitre et corone ; che se cio fosse, stato sarebbe di maggior dignità il Canevaio o'I Cuoco di Demosthene et di Cicérone ; che non è hora Timperio et il papattx
Bk.m. — Xon creggiate che messer Lazaro brami solamente la lingua latina di Cicérone, laquale era comune a lui et a gi^altri llomani : i-n}^ '".sieme con !■■ pnrnl^- latine, egli disidero— Lxloquentia et la sapientia di lui^^çhe fu .sUj.u.proprjaj^ et non d'altri ; laquale tanto più eccellente dee riputarsi d'ogni mondana grandezza, quanto aU'altezza di principati si sale per successione o per sorte : ove a quella délie scientie monta l.uiima nostra non con altre ali, che con quelle del suo ingegno et délia sua industria. Io -so nulla per rispetto a que' gloriosi ; ma quel poco che io ne so délie lingue, non Io cangierei al Marquesato di Mantova.
La/.. - Io non credo, Monsignor mio, che voi creggiate, che molli de Senatori et de (Àmsulari di Roma, non che tuita la plèbe, co.si latino parlasse, come facea Marco Tullio : alli cui studii più fu Roma obligata, che aile vittorie di Cesare. Onde io dissi, et hora dico di nuovo. che piii istinio et .nnniii'o la lingua latina di Cicérone, che Timperio d'Auguste). Délie laiidi dellaqual lingua parlarei al présente, non tanto per sodisfare al disiderio di questo gentiriiuonio d.i bene, quanto perché io sono obligato di farlo ; ma ove voi sete, non si conviene, che altri che
voi ne ragione : et chi facesse altramente, farebbe ingiuria alla lingua, et egli sarebbe tenuto prosontuoso.
Bem. — Questo officio di lodar la lingua latina per moite ragioni dee esser vostro : parte per esser già destinato ad insegnarla puhlicamente ; parte per esserle più partigiano che io non sono io, ilquale non l'istimo cotanto ; si che perô io dispregi la volgare thoscana ; et anche io non la preposi senon ad un Marchesato, ove voi l'havete messa disopra ail' imperio di tutto'l mondo. Dunque a voi tocca il lodarla : che lodandola sarete grato alla lingua, allaquale il nome vostro et la fama vostra è grandemente obligata ; et con questo buon gentil'huomo cortesemente operarete, ilquale dian/.i non si euro di confessare d'haver anzi dello scemo, che no, per udir voi ragionar délia sua eccellentia.
Laz. — Et io, poi chè voleté cosi, volentieri la loderô, con patto di potere insiememente biasimar la volgare, se voglia me ne verra, senza chè voi l'habbiatc per maie.
Bem. — Son contento : n^a sia il patto comune, che quando voi vituperarete, io possa difendere.
L.\z. — Volentieri. Ma a voi gentil'huomo dico ch'io posso bene incominciare a lodare la buona lingua latina, rendendovi la ragione perche io la preponga alla signoria del mondo ; ma tinire non veramente, tanto ho da dire intorno a questa materia ; non per tanto mi rendo sicuro, che quel poco ch' io ne diro, vi persuadera ad esserle molto più aniico, che voi non siete al présente alla corte di Roma.
CoRTEG. — Qiiesto voi farete dapoi. Hora io voglio per la mia parte che quai hora cosa direte, che io non intenda, iuterrompendo il ragionamento, possa pregarvi che la chiariate. >r
L.\z. — Son contento. Dunque senza altro proemio fare io I 1/ dico incominciando, che quantunque in moite cose siamo diffe- i*^ renti dalli bruti animali, in quest' una principalmente ci discostiamo da loro, che ragionando et scrivendo comunichiamo l'un l'altro il cor nostro ; laqualcosa non possono fare le bestie. Dunque se cosi é, quegli più diverso sarà dalla natura de bruti, ilquale parlera et scriverà meglio. Per laqualcosa chiunque ama
Il6 APPENDICE
■d'esser huomo perfcttamcnte, con ogni studio dee ccrcare di parlare et scrivcrc pcrfcttameutc : et chi lia vertu di potcrlo tare, ben sipuô dire a ragione lui esser taie fra gUaltri huomini, quali sono gFhuQmini istessi per rispetto aile bestie. Laquai vertu Ji parlare, et di scrivere i greci et latini quasi ugualniente s'appropriarono. Onde le loro lingue vengono ad esser quelle, che sole tra tutte l'altre del monde ci fanno diversi per eccellentia dalle barbare et dalle irrationali créature. Et è ben dritlo, conciosia cosa chè tra poeti volgari niuno ve n'habbia, ilquale a giudicio di Fiorentini possa agguagliarsi a \'irgilio né ad Honiero, ne tra gli oratori a Demosthene, o a Marco Tullio. Lodate quanto voleté il Petrarca et il Boccaccio : voi non sarete si arditi, che ne eguali perô, né inferiori troppo vicini gli iacciate a gli antichi : anzi da loro tanto lontani li troverete, che tra quelli non sarete osi d'annoverargli. Hora non voglio nomiuar d'uno in uno i scrittori greci et latini di grande eccellenza, ch' io non ne verrei a capo in un niesc ; ma son contento di queste due coppie. Troverassi a costoro in altra lingua alcuu pare ? Dir6 di me : mai non sono di si rea voglia et si tristOj che leggendo i lor vcrsi et lorationi, non mi rallegri. Tutti gl' altri piaceri, tutti gUaltri diletti, teste, giochi, suoni, canti vanno dietro a quest' uno. Né dee huomo meravigliarsene, perochè gl' altri solaz/.i sono del corpo, et qucsto è dell animo ; onde quanto è più nobile cosa l'intelletto del senso, tanto è maggiore et più grato questo diletto di tutti gli altri.
CORTKG. — Ben vi credo ciô che dicete ; perochè qualunche volta io leggo alcune novelle del nostro Boccaccio, huomo certamente di minor fama, che Cicérone non è, io mi sente tutto cangiare, massimamente leggendo quella di Rustico, et d'.Mibech, d'Alathiel, di Peronella, et altre cotali, lequali governano i sentimenti di chi le legge et fanno iargli a lor modo. Per tutto cio io non direi dover huomo arguire l'eccellentia d'alcuna lingua più tosto credo la natura délie cose descritte lia\'ere \'ertù d"imniutare il corpo et l.i mente di clii legge.
Be.m. — Questo no ; ma la facondia èsola o priiicip.ile cagione di far in noi cosi mirabili elletti ; et ch' egli sia il vero, leggete Virgilio volgare, latino Homero et il Boccaccio non thoscano ; et
uon faranno questi miracoli. Dunque messer Lazaro dice il vero, quando di tali effetti pone la cagion nelle lingue ; non prova per questo la sua ragione non si dover imparar altra lingua, che latina et greca. Peroché se la nostra volgarehoggidinon è dotata di cosi nobili auttori ; già non è cosa impossibile, che ella n'habbia, quando che sia, poco meno eccellenti di Virgilio et d'Homero ; cioè che tali siano nella lingua volgare, quali sono costoro nella greca et nella latina.
Laz. — Qiiando egli avverrà che la lingua volgare habbia i suoi Ciceroni, i suoi Virgilii, i suoi Homeri, et i suoi Demostheni, allhora consiglierô che ella sia cosa da imparare, come è hora la latina et la greca. Ma questo mai non sarà : conciosia cosa chè la lingua non lo patisce per esser barbara, si come ella è et non capace ne di numéro, ne di ornamento. Che se que' quattro, non chè altri, rinascessero un' altra volta. et con Tingegno, et con la industria medesima, con laquale latinamente poetarono et orarono, parlassero et scrivessero volgarmente, essi non sarebbero degni del nome loro. Non vedete voi questa povera lingua havere i nomi non declinabili, i verbi senza conjugatione et senza participio ; et tutta fmalmente senza nissuna bontà ? Et meritamente per certo ; conciosia cosa chè per quello che io n' oda dire da suoi seguaci, la sua propria perfettione consiste nel dilungarsi dalla latina ; nella quale tutte le parti dell' oratione sono intere et perfette. Che se ragione mancasse di biasmarla, questo suo primo principio, ciô el scostarsi dalla latina, è ragione dimostrativa délia sua pravità. Ma chè ? ella mostra nella sua ironte d'haver havuto la origine et l'accrescimento da barbari, et da quelli principalmente, che più odiorono 11 Romani, cioè da Francesi et da Provenzali ; da quali non pur i nomi, i verbi et gli adverbi dilei, mal'arte anchora dell' orare et del poetare si derivô. Oh ! glorioso linguaggio ! nominatelo come vi place, solo che Italiano non lo chiamate, essendo venuto tra noi d'oltre il mare, et di là dall" Alpi, onde è chiusa ritalia ; che già non è propria di Francesi la gloria, che stati ne siano inventori et accrescitori ; ma dall' inclinatione dell' Imperio di Roma in qua, mai non venne in Italia natione nissuna si bar-
Il8 APPENDICE
bara, et cosi priva d'humanità, Huuni, Gotti, Vandali, Loiigobardi, ch' a guisa di tropheo, non vi lasciasse alcun nome o alcun verbo di più eleganti ch' ella habbia ; et noi direnio che volgarmente parlando possa nascere Cicérone o Virgilio ? \'cramente se questa lingua fosse colonia dclla latina, non oserei contessarlo ; molto meno il dirô, essendo lei una indistinta confusione di tuttc le barbarie del mondo ; nelquale Chaos prego Dio che mandi anchora la sua discordia ; laquale separando una parola dair altra, et ogn' una di loro mandando alla propria sua regione, finalmente rinianga a questa povera Italia il suo primo idioma ; per loquale non meno tu riverita dalle altrc provincie, che temuta per le armi. lo veramente poco ho letto di queste cose volgari, et guadagnato parmi d'havere assai in perdere di studiarle ; chè egli è meglio non le sapere che saperle ; ma quante volte per mia disgratia n' ho alcuna veduta, altretante mcco medesimo ho lagrimato la nostra miseria, pensando Ira me quale tu già, et quale è hora la lingua, onde parliamo et scriviamo. lù noi vedremo giamai Cicérone, o Virgilio thoscano ? più tosto rinasceranno Schiavoni, che Italiani volgari : salvo se per gioco non si dira in quel modo, che i servi t'anno il lor l^e, et i prigionieri lor podestà. Ma tal Virgilio et tal Cicérone, Mori et Turchi possono haver nelle lor lingue ; pero parlando una volta con un mio amico, che molto ben s'intendea délia lingua Arabesca, mi ricordo udir dire, che Avicenna havca composte di moite opère, lequali si conoscevano esser sue non tanto ail" inventione délie cose, quanto allô stile, nel quale di grau lunga avanzava tutti gl' altri scrittori di quella lingua, eccetto quello de l'Alcorano. Dunque come proportionevolmente Avicenna si direbbe Marco Tullio tra gli Arabi ; cosi contesso dover nascere, anzi esser già nato et forse morto il Virgilio volgare ; ma dico benechetal Virgilio è un Virgilio dipinto. Ma il buono et il vero Virgilio, il quale, lasciando l'ombre da canto, dovercbbe riuiomo abbracciare, ha la lingua latina, come la greca ha l'Homcro: et facendo altramcnte siamo a peggior conditione, ciie non sono gli oitramontani, liquali essaltano et riveriscono sonunamente la nostra lingua latina, et tanto ne apprendono, quanto possono
adoprar l'ingegno ; ilquale se pare in loro losse al disio, mi
rendo certo che di brève la Germania et la Gallia produrrebbe di
molti veri Virgilii. Ma noi altri suoi cittadini, colpa et vergogna
del nostro poco giuditio, non solamente non riionoriamo, ma a/
guisa di persone seditiose tuttavia proccriamo di cacciarla déliai
sua patria, et in suo luoco far sedere quest' altra, dellaquale (pea I
non dir peggio) u^n sj sa né patxia, ne nome. ^ a'
CoRTEG. — A me pare, messer La/.aro, che le vostre ragioni y persuadano altrui a non parlar mai volgarmente ; laquakosa non y si puô fare, salve se non si fabricasse una nuova città, laqualel J habitassero i litterati; ove non si parlasse se non latino. Ma quil/^ in Bologna chi non parlasse volgare, non harebbe chi l'iuten- W desse, et parebbe un pédante, ilquale con gli artigiani facesse i\) { TuUio tuor di proposito. 0.
Laz. — Anzi voglio che cosi corne per li granari di questi r ricchi sono grani d'ogni maniera, orzo, miglio, frumento, et altre biade si fatte, dellequali altre mangiano gl' huomini, altre le i-^iU, bestie di quella casa ; cosi si parli diversamente hor latino, hor volgare, ove et quando è mestieri. Onde se l'huomo è in piazza, in villa, o in casa col vulgo, co' contadini, co' servi, parli volgare et non altramente ; ma nelle schole délie dottrine et tra i dotti, ovepossiamoet debbiamo esser huomini ; siahumano, cioè latino il ragionamento et altrettanto sia detto délia scrittura ; laquale farà volgar la nécessita, ma la elettione latina, massimamente quando alcuna cosa scrivemo per disiderio di gloria ; laquale mal ci pô dar quella lingua, che nacque et crebbe con hi nostra calamità, et tuttavia si conserva con la ruina di noi.
Be.m. — Troppo aspramente accusate questa innocente lingua, laquale pare che molto più vi sia in odio, che non amate la latina et la greca. Perochè ove ci havevate promesso di lodar quelle principalmentc, et la thoscana alcuna volta, venendo il caso, vituperare, hora havete latto in contrario : quelle non havete lodato, et questa una fieramente ci biasimate ; et per certo a grau torto, perochè ella non è punto si barbara, né si priva di numeroet d'harmonia, come la ci havete dipinta. Che se la origine di lei iu barbara da principio, non voleté vol che in ispatio
di quattrocento o cinquocento unni sia divcnuta cittadina d'Ita-
lia ? Per certo si ; altramente li Romani medesimi, liquali di
Phrigia cacciati vennero ad habitare in Italia, sarebbero barbari ;
le persone, i costumi, et la lingua loro sarebbe barbara. L'Italia,
la Grecia, et ogni altra provincia, quantunque mansueta et hu-
, \ mana, si potrebbe dir barbara, se l'origine délie cose fosse bas-
' ^ 1 tante di recar loro questa infâme denominationc. Confesso
*V^ adunque la lingua nostra materna essere una certa adunanza non
confusa, ma regolata di moite et diverse voci, nomi, verbi et
altre parti d'oratione; lequali primieramente da strane et varie
^ ^»'nationi in Italia disseminate, pia et artificiosa cura de nostri pro-
f' , j^^enitori insieme raccolse, et ad un suono, ad una norma, ad un
(^r ordine si fattamente compose, che essi ne formarono quella lin-
( .r gua, laquale hora è propria nostra, et non d'altri ; imitando in
k fc questo la madré nostra Katura, laquale di quattro elementi di-
^^ Lversi molto fra loro per qualità et per sito ci ha formati noi altri
.lilii piii OL^rfetti etj2i2]'V''b'l' rlip pH ^^li-mcnti iTon sono. Imaginatevi,
\^ / messer La/.aro, di vedere Timperio, la degnità, iT'ricchezze, le
ûi dottrine, et finalmente le persone, et la lingua d'Italia in for/.a de
barbari, in maniera che il trarla lor de le mani sia cosa quasi im-
possibile, voi non vorrete vivere al mondo ? mercantare ? stu-
diare ? parlare voi et vostri figliuoli ? Ma lasciando da parte l'al-
tre cose, parlarete latino, cioè in guisa che non v' intendano i
Bolognesi ; ô. parlarete in maniera che altri intenda et risponda ?
Dunque una volta il parlar volgarmente era forza in Italia ; ma
in processo di tempo ÎQCt l'huonio (corne si dice) di quella forza
et nécessita l'arte et l'industria délia sua lingua. Et cosi come nel
principio del mondo, gli huomini dalle fere si difendevano lug-
gendo ei uccidendo senza altro, hor passando più oltre a bene-
fîtio et ornamento délia persona, ci vestiamo délie lor pelli ; cosi
da prima, a fine solamente d'essere intesi da chi regnava, par-
lavamo volgare ; hora a diletto et a mcmoria del noslro nome,
k • O* parliamoet scriviamo volgare. O egli sarebbe meglio che si ragio-
\ /v nasse latino .'* Non lo uego, ma meglio sarebbe anchora che i barbari
N^ mai non havessero presa né distrutta l'Italia, et che l'imperio di
^ Roma fosse durato in eterno. Dunque sendo altrainente, che si
dec fare ? vogliam morir di dolore ? restar mutoli ? et non parlar mai, fin ché torni a rinascere Cicérone et Virgilio ? Le case, i tempii, et finalmente ogni artificio moderne, i disegni, i ritratti di métallo et di marmo non sono da esser pareggiati a gli antichi ; dovemoperô habitare traboschi Pnondipingere, nonfundere, non isculpire, non sacrificare, non adorar Dio ? Basta a l'huomo, niesser Lazaro mio charo, che egli facciaciôche eglisaetpuôfareet si contenti délie sue forze, Consiglio adunque et ammonisco ciascuno che egli impare la lingua greca et latina, quelle abbraccie, quelle habbia chare, et con l'aiuto di quelle studie a farsi immortale. Ma a tutti quanti non ha partito ugualmente Domenedio ne l'ingegno nè'l tempo, più vi v6 dire : sarà alcuno per aventura, cui ne natura ne industria non mancherà ; nulladimeno egli sera y quasi chè dalle stelle inclinato a parlare et scriver meglio volgare,/ v/ che non latino in un soggetto et in una materia medesma. Che dee tare egli ? Che ciô sia il vero, vedete le cose latine del Petrarca et del Boccaccio, et agguagliatele aile loro volgari ; di quelle niuna peggiore, di queste niuna migliore giudicarete. Dunque da capo consiglio et ammonisco voi, Messer Lazaro, scrivere et parlare latino, come quello che assai meglio scrivete et parlate latino, che non volgare. Ma voi, gentilhuomo, ilqualc G la prattica délia corte ô l'inclinationc del vostro nascimento stringe a far altramente, aitramente consiglio; et facendo altramente non solamente non viverete inhonorato ; ma tanto più glorioso, quanto scrivendo et parlando bene volgare, almeno a volgari sarete charo ; ove malamente scrivendo et parlando latino, ^vile sareste a dotti parimente eLjjjdotti. Ne vi persuada l'eloquentia di messer Lazaro più tosto a divenir mutolo, che coniponere volgarmente ; perochè cosi la prosa, come il verso délia lingua moderna, è in alcune materie poco meno numerosa et di omamenti capace délia greca, et délia latina. I versi hanno lor piedi, lor harmonia, lor numeri ; le prose, il lor flusso di oratione, le lor figure et le loro elegantie di parlare : repetitioni, conversioni, complessioai, et altre tai cose ; per lequali non è forse, come credete, diversa una lingua dall' altra : chè se le parole sono diverse, Tarte del I comporle et dell' adunarle è una cosa medesma nella latina et I
nelki thoscana. Se messer Lazaro ci negassc questo, io li donianderci, onde é adunque elle le Cento Xovelle non sono belle cgualmente, né i sonetti del Petrarca tutti parimente perfetti ? Certo bisoguarebbe che egli dicesse niuna oratione, niun verso thoscauo non esser né più brutto, né più bello delTaltro, et per conseguente il Seraphino esser eguale al Petrarca ; o veraniente cont'essarebbe fra le moite compositioni volgari, alcuna più, alcuna meno élégante et ornata dell' altra trovarse ; laquai cosa non sarebbe cosi, quando elle fossero dcl tutto prive dell" arte de l'orare et del poetare.
Laz. — Monsignore, io uegai la lingua nioderna haver in se numéro, né ornamento, né consonantia, et Io nego di nuovo, non per esperientia ch'io n'habbia, ma per ragione ; che se l'huonio, senza punto saper sonare né tamburo né tromba, solo che egli oda una volta, per la loro spiacevolezza, puo giudicare quelli non essere strumenti atti a tare harnionia né ballo; cosi udendo et U iormando per me medesimo queste parole volgari, al suono di
S' , I ciascuna di loro ;eparata dall'altre, senza ch"io le compona altra- ■Xy I mente, assai bene coniprendo che diletto possano recare a \^ Igrorecchi de gli ascoltanti le prtjse et i \ersi che se ne tanno. I ^ \'ero é che questo giudicio non l'ha ogn" unt), ma coloro solafj ^ mente, i quali sono usati à ballare al suono de i leuti, et de i violoni. E mi ricorda, essendo una volta in Venetia, ovc erano giunte alcune navi de Turchi, udire in quelle un rumore di molti strumenti ; del quale né'l più spiacevole, né'l più noioso non udi mai alla \'ita mia ; nondimeno a coloro, che non sono usi aile delitie d'italia, parea quella una dolce musica ; altrotanto si puô dire délia numerosità dell' oratione et del verso di questa lingua. Alcuna volta qualche consonantia vi si ritrova, che meno ingrata et nien brutta l'a l'una delTaltra ; ma quella in^,:té3:4lima(>nijl,.j^nuisica di tamtuiri.anzi d'archibusi et ikon^ti^che igtjiona ajtrui Fintelletto, et^Jj^w^et stroppia si fattamente, che egli non é più atto a ricevere impressione di più delicato strumento, né secondo quello operare. Per laquai cosa, clii non ha tempo o vertu di sonare i leuti et i violoni délia latina ; più tosto si dé stare otioso, che por mano a i tamburijt't
aile ca^jjjane délia volgare,; imitando l'essempio di Pallade ; laquale, per non si distorcere nella faccia sonando, gittô via la piva, di che era stata inventrice ; et fu a lei più gloria il partirlada se et non degnar d'appressarlasi alla sua bocca , che non fu utile a Marsia il ricoglierla et sonarla : onde ne perdette la pelle. Vero diceste, Monsignore, que' primi antichi thoscani essere stati sforzati a parlare in questa maniera, non volendo con silentio trapassar la lor vita, et che noi altri posteriori habbiamo latto dell'altrui forza nostra virtù; questo è vero; ma maggior laude dà altrui quella violentia, che a noi non reca questa vertu Gloria lu a loro l'esser solerti nelle miserie, ma biasmo et scorno è a noi altri, hora che liberi semo, il dar ricetto et conservare lungamente un perpetuo testimonio délia nostra vergogna , et quello non solamente nudrire, ma ornare : altro non essendo questa lingua volgare, che uno inditi£uiiniostrativo délia serviiù de gl'Italiani. Guerreggiando una volta la vostra Republica, et non le bastando l'oro et l'argento a pagare i soldati, iece (come si dice) stampare gran quantità di denari di cuoio cotto co'l conio di San Marco, et con quelli sostentô et vinse la guerra, et fu sapientia Venetiana questa. Ma se a tempo di pace havessero atir^ continuato a spendere questa moneta et a farla di giorno in giorno '
più bella et di miglior corame, giàsarebbe couvertita in avaritia la sapientia. Hora se alcuno ci havesse, ilquale, sprezzato l'oro et 'argento, facesse de! cuoio thesoro. non sarebbe egli pazzo ^^ç^Jy cosiiii? Si veramente. Ma noi altri, cui mancando il thesoro 1 tino, la nostra calamità fece provedere di moneta volgare ; quella non ci basta di spendere tuttavia col volgo, che altra non ne couosce né tocca ; ma venutone fatto di ricovrar le perdute ricchezze, lei tuttavia conserviamo ; et ne i secreti dell'anima nostra, ove solevano serrar l'oro et l'argento di Roma, diamo ricetto aile reliquie di tutta la barbarie del mondo.
CoRTEG. — A me pare, messer Lazaro, che questo non sia né lodar la lingua latina, ne vituperar la volgare, ma più tosto un certo lamentarsi délia ruina d'Italia : laqualcosa, conie è poco fruttuosa, cosi è molto discosta dal nostro proponimento, onde non vi vedo partir volentieri.
Laz. — Parvi chcl biasmo sia poco, quando io congiungo il nascimento di lei alla dostruttionc dcU'imperio et del nome latino ? et raccrescimcnto di Ici, al mancamento del nostro intelletto ? Già me non laudarete in qucsta maniera, per farmi piacere.
CoRTEG. — Ciô non giudico biasimo, ma meraviglia più tosto ; chè gran cosa dee esser qiiella, di cui non puô l'hucmo parlare, tacendo la roina di Roma, che tu capo del mondo ; et che questo sia vero, poniamo che non i barbari, ma i grcci l'havessero disfatta, et che da indi in qua parlassero atheniese gl'Italiani ; voi biasimareste la lingua attica, perochè l'uso di lei fosse congiunto alla servitù nostra ?
Laz. — Se ciô stato fosse, non sarebbe suta guasta, ma riformata Tltalia, perché non solamente non biasimerei il disfacimemo di questo imperio, ma lodarei Dio, chelui havesse voluto ornare di linguaggio convenevole alla sua dignità.
CoRTEG. — Dunque maggiore é il danno d'havcr perduta la lingua, che la libertà ?
Laz. — Si senza dubio, perochè in qualunche stato sia l'huomo o franco o soggetto, sempremai è huomo, ne dura più d'huonio ; ma la lingua latina ha vertu di lare d'huomini dei, et di morti, non che di mortali che siamo, immortali per fama. Kt che ciô sia vero, l'imperio Romano, che si distese per tutto, è già guasto ; ma la memoria délia grandezza di lui conservata nell'historie di Salustio et di Livio dura anchora, et durera lin che'l cielo si moverà ; et altrotanto si puo dire dell' imperio et délia lingua de Greci.
CoRTEG. — Questa vertu di far le persone famose per molti seculi non l'ha, che io creda, la historia greca et latina come grcj^a et latina ma come historia che eljaù : la quale, in qualunciie idioma sia scritta da alcuuo, è sempremai (come alcuu dice; tcstimonio del tempo, luce délia verità, vita délia memoria, maestra délia vita d'altrui, et rinovellamento dell' antichità.
Laz. — Voi dite il vero, non esser propria questa vertu dell' historié grece et latine, non che altra lingua ne sia partecipe ; ma perciochè tutte l'historié j;rece et latine non lianno ha\'Uto
tal privilégie, ma quelle solamente, lequali artificiosamente corn- . y pose alcuno huomo eloquente^endo perfettè^uelle due lingue. Onde gli annali di Roma, liquali senza alcuno ornamento, con semplici et anchora rozze parole, narravano gl'avenimenti di lei, non durarono molti anni ; né di loro si parlarebbe, se altro scrittore, quasi da compassione mosso, non ne facesse parola. Dunque se quelli il tempo ha fatto divenir nulla, liquali assai dovevano haver d'elegantia, essendo scritti latinamente, hor che sia deirhistorie volgari ? cui né naturale dolcezza di lingua, ne artificiosa eloquentia di scrittori non puôlarchare, ne gratiose giamai ?
CoRTEG. — Non intendo anchora ben bene in che cosa consista la soavità délia lingua et délie parole latine, et la barbarica spiacevolezza délie volgari; anzi, confessandovi liberaraente la mia ignorantia, graudissimo numéro de nomi, et participii latini con loro strana pronontiatione, le più volte mi suonano non so che bergamasco nel capo ; altrotanto sogliono fare alcuni modi et tempi de verbi ; allequali parole uua simile délie volgari la nostra Corte Romana non degnerebbe di proferire.
Laz. — lo vi ricordo, gentil'huomo, che l'auttorità concisto- riale noj:i, è giudice compétente del suono, et de Faccenti délie parole latine ; onde se alcuna voÏÏa la hngïïa latina le pare tener délia bergamasca, ella non è perô bergamasca ; ne perché taie sia giudicata, più vi dovete meravigliare, che già vi siate nieravigliato, havendo letto in Ovidio Mida Re più solere lodare lo stridere délie cannuccie di Pan, che la soavità délia cetra d'ApoUo.
CoRTEG. — Ecco io son contento di cont'essarvi, che le mie orecchie in tal caso non siano humane, ma d'asino; se voi mi dite per quai cagione la numerosità et consonantia dell' orationi et de versi di questa lingua chiamaste musica d'archibusi ; conciosia cosa chè i gran maestri di canto, cui è propria protessione l'harmonia, rade volte, o non mai, fanno canto o mottetto, che le parole di lui non siano Sonetti o Canzoni volgari. Questo è pur segno che^nostri v-^pi ^nr '^' "'; p'^"' di mf^lmii:] .
Laz. — Già non è, gentil'huomo (corne torse pensate), l'har-
ua.
nionia dcl canto et quellu dcllc prose, et de" versi una cosa medesima ; ma moite sono, et diverse : onde non solamente délie cose volgari, ma de rWr/V anchora et de i 5iï«[("J/;(i" si fanno canti et mottetti; délia cui harmonia generalmente s'intende ogni orecchia, perochè quali sono i sapori alla lingua, et a gl' occlii et al naso i colori et gl' odori, taie è il suono à gl' orecchi de gl' huomini, liquali per lor natura, et senza studio veruno tacil- . mente discernono tra'l piacevole e"l dispiacevole. Ma jljiuiucw-i I et l'harmonia dell' oratione et del verso latino non é altro, che V artificiosa dispositione di parole : dalle cui sillabe, secondo la brervità et la lunghez/a di quelle, nascuno alcuni numeri, chenoialtri chiamiamo piedi ; onde misuratamente camina dal principio alla fine il verso et l'oratione. Et sono di diverse manière questi tai piedi, tacendo i lor passi lunghi et corti, tardi et veloci, ciascheduno al suo modo. Et è bell' arte quelli insieme adunare si fattamente, che non discordino fra se stessi, ma l'uno ail' altro et tutti insieme siano confornii al soggetto ; perocliè d'alcune niaterie alcuni piedi sono quasi peculiari; et ira lor piedi, quali meglio, quali peggio s'accompagnano al loro viaggio : e qualunche persona quelli a caso congiugne, non havendo riguardo ne alla natura di quelli, né aile cose di che intende di ragionare, i versi et l'orationi sue nascono zoppe ; et non dovrebbe nutrirgli ; et di questa cotai melodia non ne sono capaci gl' orecchi del vulgo, ne lei altresi possono formare le voci délia lingua volgare ; la cui prosa, io non so dire per quai ragione sia numerosa chiamata, se l'huomo in lei o non s'accorge o non cura né di spoudei, né di dattili, né di trochei, né d'anapesti, et finalmente di niuna maniera di piedi, onde si move l'oratione ben regolata. Veranientc questa nuova bestia di prosa volgare o é senza piedi, et sdrucciola a guisa di biscia ; o lui quelli di specie diversa molto dalla grcca, et dalla latina ; et per conseguente di cosi tatto animale, come di mostro a caso creato, oltra il costume et l'intentione d'ogni buono intelletto, non si dovrebbe tare né arte né scientia. I versi veramente, inquanto son fatti d'undici sillabe, non paiono in tutto privi di piedi ; clié le sillabe in loro hanno luoglio et officio di piedi ; nia in quanto quelle cotali pt)ssono esseï- lunglie,
et brevi a lor voglia, mai non dirô chc sia diritto il lor calle ; salvo seMonsignor non dicesse le rime esser l'appoggio de versi^ che gli sostengono et fanno andare dirittamente. La quai cosa non mi par vera : perochè. per quello ch' io n' oda dire, le rime sono più tosto corne catena al sonetto et alla canzone, che piedi o mani di versi loro. Et tanto voglio che ne sia detto da me brevemente certo, per rispetto a quello che se ne puô ragionare, ma a bastanza, se alla vostra richiesta, e troppo forse, se alla presenza di Monsignore si riguarderà ; ilquale meglio di me conosce et puô numerare i difetti di questa lingua.
Bem. — Questa cosa dinumeri, come si stia, et se cosi laprosa corne il verso thoscano n'ha la sua parte, et in che modo la si habhia, per essere assai facile da vedere, ma lontana dal nostro proponimento, hora con esso voi non intendo di disputarla ; anzi confessando quello esser vero, chc ne diceste, non tanto perché sia vero, quanto perché si veda cio chc ne segue ; io vi dico questa lingua moderna, tutto ché sia attempatetta che no, esser perô anchora assai picciola et sottile verga ; laquale non ha appieno tiorito, non chc tVutti produtti, che ella puô tare : certo non per difetto délia natura di lei,. essendo cosi atta à generar come le altre, ma per colpa di loro, che l'hebbero in guardia, che non la coltivorno a bastanza ; ma a guisa di planta selvaggia, in quel medesimo deserto, ove per se a nascere cominciô, senza mai né adacquarla, né potarla, né difenderla da i pruni, che le fanno ombra, l'hanno lasciata invecchiare et quasi morire. Et se que' primi antichi Romani fossero stati si negligenti in coltivare la latina, quando a puUular cominciô, per certo in si poco tempo non sarebbe divenuta si grande; ma essi, a guisa di ottimi agricoltori, lei primieramentetramutarono da luogo selvaggio a domestico ; poi, perché et più tosto, et più belli et maggior trutti tacesse, levandole torno le inutili frasche, in loro scambio l'innestarono ramuscelli maestrevolmente detratti dalla greca ; liquali subitamente in guisa le s'appicarono et in guisa si ferno simili al tronco, che hoggimai non paiono rami adottivi, ma naturali. Quindi nacquero in lei que'fiori et que' frutti si coloriti dell' eloquentia, con
hé et più via d'at- I ) d'alcuni jf
quel numéro et con quel!' ordine istesso, ilquale tanto cssaltate ; liquiili, non tanto per sua natura, quanto d'altrui artitîcio aiutata, sud produrreogni lingua. Peroché'l numéro nato per magistère di Thrasiniacho, di Gorgia, di Theodoro ; Isocrate finalmente fece perietto. Dunque se Greci et Latini liuomini più solleciti alla coltura délia lor lingua, che noi non semo alla nostra, non trovarono in quelle, senon dopo alcun tempo et dopo molta fatica, ne leggiadria, ne numéro; già non dé parer meraviglia, se noi auchora non n"havemo tanto che basti, nella volgare ; né quindi de prender huomo argumente a sprezzarla, come vil cosa et da poco. O la latina è megliore d'assai, o quanto sarebbe meglio dir fu, et, non è, ma sia stata per lo passato et sia anchor tuttavia si gentil cosa ; tempo Ibrse verra, che d'altra tanta eccellentia fui la volgare dotata ; che se per essere a nostri giorni di niuno stato et men gradita, non si dovesse apprezzare la greca, laquale era già grande su"l nascimento délia latina, ne' nostri animi non dovea lasciar t'ermare le radici d'un altra lingua novella; et altrettanto direi délia greca, per rispetto alla hebrea.
1 Concluderebbesi hualmente dalle vostre prémisse, dover essere al mondo sota una lingua, et non più, onde scrivessero etparlassero li mortali ; et avverebbe che o\e voi credereste d'argumentar solamente contra la lingua thoscana, et quella con vostre ragioni estirpare del mondo, voi parlareste etiando contra la latina et la greca; benchèquesta pugna si estenderebbc non solamente contra i linguaggi del mondo, ma contra Dio ; il quale ab etcrno diede
I per legge inmiutabile ad ogni cosa criata non durare eternamente, ma di continue d'une in altre stato mutarsi, hora avanzando et hora diminuendo, finchè finisca una velta, per mai più pescia non rinovarsi. Voi mi diretc, troppe indugia hoggimai la perfettione délia lingua materna : et io vi dico che cosi è, ceme dite : ma taie indugio non dee lar crcdere altrui esser cosa impessibile, che el!a divenga perfetta ; an/.i vi pui") iar certo lei doversi lungo tempo godere la sua perfettione, quai' hora egli avverrà ch' ella se l'habbia acquistata. Chè cosi vuol la natura; laquale ha deliberato, che quai arbor teste nasce, fiorisce et fa frutte, taie teste invecchie et si muoia ; et in contrario, che
qucUo duri per molti iinni, ilquale lunga stagionc harà penato à far fronde. Sara adunque la nostra lingua, in conservarsi la sua dovuta perfettiont" lungamentc desiderata et cercata, simile forse ad alcuni ingegni, liquali, quanto nien facilmente apprendono le dottrine, tanto difficilmente le si lasciono uscire délia memoria. O ella è testimonio délia nostra vergogna, essendo venuta iu Italia insieme con la roina di lei ? Più tosto ella è testimonio délia nostra solertia, et del nostro buono ardimento : che, cosi corne venendo Enea da Troia in Italia, ad honor si recô lasciare scritto in un certo tropheo drizzato da lui, quelle essere state l'armi de vincitori délia sua patria, cosi vergogna non ci puo essere l'haver . cosa in Italia tolta di mano a colorp, <■\^,- npj ^plsero di libertà. ^ Direi, finalmentc, quando esser volessi maligne, più tosto doversi adorar dalle genti il sole oriente, che l'occidente ; la lingua greca et latina già esser giunte ail' occaso ; ne quelle esser più lingue, ma charta solamente et inchiosti'o ; ove quanto sia difficile cosa l'imparare a parlare, ditelo voi per me, che non osate dir cosa latinamente con altre parole, che con quelle di Cicérone. Onde, quanto parlate et scrivete latino, non è altro che Cicérone trasposto più tosto da charta a charta, che da niateria a materia, henchè questo non è si vostro peccato, che egli non sia anche mio, et d'altri assai et maggiori et migliori di me ; peccato perô non indegno di scusa, non possendo farsi altramente. Ma queste poche parole dette da me contra la lingua latine, per la volgare non dissi per vero dire ; solo volsi mostrare quanto bene difenderebhe questa lingua novellachi per lei farvolesse difesa, quando à lei non manca ne core né armi d'offendere l'altrui.
CoRTEG. — Parmi, Monsignor, che cosi temiate di dir maie délia lingua latina, come se ella fosse la lingua del vostro Santo da Padova ; allaquale è di tanto conforme, che come quella fu di persona già viva, la cui santità è cagione che hora posta in un tabernacolo di cristallo sia dalle genti adorata ; cosi questa degna reliquia del capo del mondo, Ronia, guasto et corrotto già molto tempo, quantunque hoggimai fredda et secca si taccia, nondimeno fatta idolo d'alcune poche et superstitiose persone, colui da loro non è christiano tenuto. che non l'adora per Dio. Ma adoratela
a vostro scnuo, solo clic non parliatc con csso lei ; et volcndo tenerla in bocca, cosi morta corne è, sia vi lecito di poterlo f'are ; ma parlate tra voi dotti le vostre morte latine parole, et a noi idioti le nostre vive volgari. con la lingua che Dio ci diede, la.sciate in pace parlare.
Bem. — Dovevate, per agguao;liarla compitaniente alla lingua di qualche santo, soggiungere qualmente l'orationi di Cicérone et i vèrsi di Virgilio le sono degni et pretiosissimi tabernacoli ; onde lei corne cosa beata riverianio et inchiniamo. Ma per certo I ne Tuna né l'altra non meritava che la teneste per morta, ope- / l rando tutt"hora ne" corpi nostri et nell'anime quella sainte, 1 questavirtute. Con tutto ciô lodo sonmiamente la no^^tra lingua 1 volgare, cioè thoscana, acciochè non sia alcuno che intenda délia volgare di tutta Italia ; thoscana dico, non la moderna, che usa il vulgo hoggidi. ma l'antica, onde si dolcemente parlorno il Petiarca et il Boccaccio ; chè la lingua di Dante sente bene et */\ spesso più del lombardo, che del thoscano ; et ove è thoscano, é Ipiu tosto tlioscano di j;(.^nt:id() ^k' di cit tà^ Dunque di quella "parlo, quella lodo, quella vi persuade apparare ; quantunque ella non sia giunta alla sua vera perfettione, ella nondimeno le è già venuta si presso, che poco tempo vi è a \olgere ; ove poi chè arrivata sarà, non dubito punto, che quale é nella greca e nella latina, taie sia in lei virtù di lar vivere altrui mirabilmente dopo la morte. l:t allhora si le vedremo noi l'are di molti, non tabernacoli, ma tempii et altari ; alla cui visitatione concorrerà da tutte le parti del mondo brigata di spiriti pellegrini, che le faranno lor voti et saranno esauditi da lei.
CoRTKG. — Dunque se io vorro bene scrivere volgarmente. converrami tornare a nascer thoscano ?
Bi;m. — Nascer no; ma studiar thoscano ; chè egli e meglio
per aventura nascer lombardo, che iîorentino, perochè Tu.so del
parlar thosco hoggidi è tanto contrario aile regole délia buona
y thoscana, che più noce .iltrui l'esser natio di quella provincia,
che non gli giova.
CoRTF.G. — Dunque una persona medesima non puo esser thosca per njturu et per arte ?
Bem. — Difficilmente pcr ccrto, csscndo l'usan/.a, che pcr lunghe/.za di tempo é quasi convertita in natura, diversa in tutto dair arte. Onde, corne chi è giudeo o heretico, rade volte diviene buon christiano, et più crede in Christochi nulla credcva, quando fu battezzato ; cosi qualunche non è nato thoscano, puo meglio iniparare la buona lingua thoscana, che colui non fa, ilquale da fanciuUo in su, sempremai parlô perversamente thoscano.
CoRTEG. — lo. che mai non nacqui ne studiai thoscano, maie posso rispondere aile vostre parole ; nondimeno a me pare che più si convenga col vostro Boccaccio il parlar fiorentino moderno, che non fa il bergamasco. Onde egli potrebbe esser molto bene, che huomo nato in Melano, senza baver mai parlato alla maniera lombarda, meglio apprendesse le regole délia buona lingua thoscana, che non farebbe il fiorentino per patria ; ma che egli nasca et parle lombardo hoggidi, et dimanda mattina parle et scriva regolamente thoscano meglio et più facilmente del thoscano medesimo, non mi puô entrare nel capo. Altraniente, al tempo antico, per bene parlare greco et latino, sarebbe stato meglio nascere spagnuolo, che romano, et macedone, che atheniese.
Bem. — Questo no, perché la lingua greca et latina a lor tempo erano egualmente in ogni persona pure et non contami- nate dalla barbarie delF altre lingue ; et cosi bene si parlava dal/ ' popolo per le piazze, come tra dotti nelle lor schole si ragionavai ' Onde egli si legge di Theophrasto, che fu l'un de lumi délia greca eloquentia, essendo in Athene, aile parole essere stato giudicato forestière da una povera feminetta di contado.
CoRTEG. — lo per me non so come si stia questa cosa ; ma si vi dico, che dovendo studiare in apprendere alcuna lingua, più tosto voglio imparar la latina et la greca, che la volgar ; laquale mi contento d'haver portato con esso meco dalla cuna et dalle fasce, senza cercarla altramente, quando tra le prose, quando tra versi degli auttori thoscani.
Bem. — Cosi facendo voi scriverete et parlarete a caso, non " per ragione, perochè niuna altra lingua ben regolata ha l'Italia, f ^ senon quell'una, di cui vi parlo.
CoRTiiG. — Almcno diro qucllo chc io havoro in core ; et lo . studio che io porrei in infilzar parolcttc di qucsto et di quello, si lo porro in trovare et disporre i concetti dell' anime meo, onde si dériva la vita délia scrittura ; chè maie giudico potersi usare da noi altri a significare i nostri concetti quella lingua, thosca o latina ciie ella si sia, laquale impariamo et essercitiamo non ragio- .jj^mdo tra noi i nostri accidenti, ma leggendo gli altrui. Q.uesto a di nostri chiaramente si vede in un giovane Padovano di nobilissimo ingegno ; ilquale, benchè talhora con molto studio che egli vi mette, alcuna cosa ciMnponga alla maniera del Petrarca, et sia lodato dalle persone, nondimeno non sono da pareggiare i sonetti et le canzon di lui aile sue comédie, lequali nella sua lingua natia naturalniente, e da niuna arte aiutate par che (e)gli eschino délia bocca. Xon dico pero cho liuomo scriva né padovano ne bergamasco ; ma voglio bene, che di tutte le lingue d'Italia possiamo accogliere parole et alcun modo di dire, quello usando comc a noi piace, si fattamente, che'l nome non si discordi dal verbo, ne Tadiettivo del sostanti\-o ; laquai rcgola di parlare si puo imparare in tre giorni, non tra gramniatici nelle scole, ma nelle corti co" gentilhuomini : non istudiando, ma giuocando et ridendo, sen/.a alcuna latica, et con diletto de discepoli et de precettori.
Bi-;:.î. — Bene starebbe, se questa guisa di studio bastasse altrui a tar cosa degna di laude et di meraviglia ; ma egli sarebbe troppo leggiera cosa il farsi eterno per fama, et il numéro de buoni e lodati scrittori in piccol tempo diveiiterebbe molto magtfiore, che egli non è. Bisogna, gentilhuomo mio charo, volendo audar per le mani et per le bocche délie persone del mondo, lungo tempo sedersi nella sua caméra ; et chi morto in se stesso, disia di viver nella memoria de gli huomini, sudare et agghiacciar più volte, et quando altri mangia et dorme a suo agio, patir famé et vegghiare.
CoRTKG. — Con tutto cio non sarebbe lacil cosa il divenir glorioso, ove altro bisogna ciie saper l'aNellare. Che ne dite voi, mcsser La/.aro?Io per me son contento, contentandosi Monsignore, che la vostra senten/.a ponga (ine aile nosire liti.
Laz. — Cotesto non farô io, chc io vorrei che i difensori di questa lingua volgare fossero discordi tra loro ; acciô che quella, a guisa di regno partito, più agevolniente rovinassero le dissension! civili.
CoRTEG. — Dunque aiutatemi contra ail' oppenion di Monsi- a
gnore, mosso non solamente dall' amor délia verità, la qualc f y}.'' dovete amare et riverire sopra ogni cosa ; ma dairodio che voi portate a questa lingua volgare ; chè vincendolo, vincerete il miglior difensore délia lingua volgare, che habbia hoggidi la sua dignità ; dal giudicio del quale prcndc il mondo argumcntol »jf^
d'impararla et usarla. '■y)
Laz. — Combattete pur tra voi due, accio che con quelle arnii medesme, che voi oprate contra la latina et la greca, la ,', », vostra lingua volgare si ferisca et si estingua. ^
CoRTEG. — Monsignore, ne à voi sarebbe gloria vincer me debole combattitore et già stanco nella battaglia dianzi havuta con messer Lazaro ; né a me sia vergogna l'essere aiutato d'altrui incontra ail' auttorità et dottrina vostra ; le quali ambedue insieme mi danno guerra si fattamente, ch'io non conosco quai più. Perché, non volendo messer Lazaro congiurar con esso meco a ditendermi, prego voi, signore Scholare, che con si lungo silentio et si attentamente ci havete ascoltati, che havendo alcuna arme, con la quale voi mi possiate aiutare, siate contento di trarla fuori per me ; che poi chè questa pugna non è mortale, potete entrarvi senza paura, accostandovi a quella parte, che più vi place ; benchè più tosto vi dovete accostare alla mia, ove sietc richiesto, et ove è gloria l'esser vinto da cosi degno avversario.
ScHOL. — Gentilhuomo, io non parlai fin hora, perochè io non sapea che mi dire, non essendo mia professione Io studio délie lingue ; ma volentieri ascoltai, bramando et sperando pur d'imparare. Dunque havendo a combattere in difesa d'alcuna vostra sentenza, non vi possendo aiutare, io vi consiglio, che senza me combattiate ;chè egl'è meglio per voi il combatter solo, che da persona accompagnato, la quale come inesperta deir armi, cedendo in su'l principio délia battaglia, vi dia cagione di temere et farvi dare al fuggire.
CoRTKG. — Con tutto cio, se mi potctc aiutarc, chc appcna credo clic sia altramcntc, scndo slato si attcnto al nostro contrasto, aiuîatcnii, chc io \-c ne prego ; salvo se non spre/./.ate ta! quistione, coine vil cosa et Ji si poco valore, che non dei;niate di entrare in campo con esso no\.
ScHOL. — Conie non degnarei di parlar di niatei'ia, di che il Benibo al présente et altra volta il Peretto, niio precettoi'e, insienie con niesser Lascari con non niinor sapientia che elegantia ne ragiono ? Troppo mi degnarei, se io sapessi, ma d'ogni cosa io so poco, et délie lingue niente, corne quello che délia greca conosco appena le lettere, et délia lingiui latina tanto solamente imparai, quanto bastasse per farmi intendere i libri di philosophia d'Aristotele ; liquali, per quello che io n'oda dire da niesser La/.aro, non sono latini, ma barbari. Délia volgare non parlo, ché di si latti linguaggi mai non seppi né mai curai di sapere, salvo il mio padovano ; del quale, dopo il latte délia nutrice, mi tu il vulgo maestro.
CoRTEG. — Pur a voi converrà di parlar, se non altro ; quello almeno, che n'appararaste dal Peretto et dal Lascari ; H quali cosi saviamente (ct)me voi dite) parlarono intorno a questa materia.
ScHOL. — Poche cose délie inlinite, che a tal materia [a]partengono, p6 iniparare in un giorno, chi non le ascolta per imparare, pensando che non bisogni impararle.
Bi-:.M. — Ditene al meno quel poco che vi rimase nella memoria ; che a me fie charo l'intenderlo.
Laz. — \'olentieri in tal caso udirorecitare l'oppenione del mio maestro Peretto ; ilquale, avvegna che niuna lingua sapesse dalla mantovana ini'uori, nondimeno, come huomo giuditioso et uso rade volte a ingannarsi, ne puo haver detto alcuna cosa co'l Lascari ; ché Pascoltarla mi placera. Pregovi adunque, che se niente ve ne ricorda, alcuna cosa del suo passato ragionamento, non vi sia gra\e di l'iteiarne.
ScHOL. — Cosi si i'accia, poi ché vi place ; ché an/.i voglio esser tenuto ignorante, cosa dicendo non conosciuta da me, chc discortese, riliutando que" prieghi, che deono essermi commanda-
menti. Ma ciô si faocia con patto, clie como a me non è honore il rilerirvi gli altrui dotti ragionamenti, cosi il tacerne alcuna parola, laquale dall'hora in qua mi sia uscita délia memoria, non mi sia scritto a vergogna.
CoRTEG. — Ad ogui patto mi sottoscrivo, pur chè diciate.
ScHOL. — L'ultima volta che messer Lascari venne di Francia in Italia, stando in Bologna, ovc volentieri habitava, et visitandolo il Peretto, come era uso di fare, un di tra gli altri, poi chè alquanto tu dimorato con esso lui, lo dimandô messer Lascari : « Vostra eccellenza, maestro Piero mio charo, che legge quest' anno ? »
Per. ^ Signor mio, io leggo i quattro libri délia Meteora d'Aristotile.
Lasc. — Per certo bella lettura è la vostra ; ma come fate d'espositori ?
Per. — De' latini non troppo bene ; ma alcun mio amico m'ha ser\-ito d'uno Alessandro.
Lasc. — Buona elettione taceste, perochè Alessandro è Aristotile dopo Aristotile ; ma io non credeva che voi sapeste lettere grece.
Per. — Io Tho latino, non greco.
Lasc. — Poco frutto dovete prenderne.
Per. — Perché ?
Lasc. — Perché io giudico Alessandro Aphrodiseo greco, come è, tanto diverso da se medesmo, poi ché latino é ridotto, quanto è vivo da morto.
Per. — Questo potrebbe esser che vero fosse ; ma io non vi faceva difterentia ; anzi pensava, che tanto mi dovesse giovare la lettione latina et volgare (se volgare si ritrovasse Alessandro), quanto a Greci la greca ; et con questa speranza incomminciai a studiarlo.
Lasc. — Vero è che egl" é meglio che voi l'habbiate latino, che non l'habbiate del tutto ; ma per certo la vostra dottrina sarebbe il doppio et maggiore et migliore, che ella non è, se Aristotile et Alessandro fosse letto da voi in quella lingua, nellaquale l'uno scrisse et l'altro l'espose.
13e APPENDICE
Per. — Pcr quai cagioiic ?
Lasc. — Perciochè più lacilmcnte et con maggiorc clegamia di parole sono espressi da lui i suoi concetti nella sua lingua, che neir altrui.
» Per. — Vero forse direste, se io fossi greco, si come nacque Aristotile : ma che homo lombardo studie greco, per dover farsi più facilmente philosopho, mi par cosa non ragionevole, an/i disconvenevole, non iscemandosi punto, ma raddoppiandosi la fiitica deir imparare ; perciochè meglio et più tosto pu6 studiar la scholare Loica sola, o solamentePhilosophia,chenon tarcbbe, y dando opéra alla grammatica, spetialmente alla greca.
Lasc. — Per questa istessa ragione non dovevate imparar ne latino ne greco, ma solamente il volgare mantovano, et con quelle philosophare.
Per. — Dio volesse in servigio di chi verra dopo me, che
I tutti i libri di ogni scientia, quanti ne sono greci et latini et hebrei, alcuna dotta et pietosa persona si desse a tare volgari : torse i buoni philosophauti sarebbcro in numéro assai più spessi, che / a di nostri non sono, et la loro eccellentia diventarebbe più ' rara.
Lasc. — O non v'intendo, o voi parlate con ironia.
Per. — Anzi parlt) per dire il vero, et come luionio tenero deir honor de gl' Italiani ; chè se l'ingluria de' nostri tempi, cosi presenti come passati, voile privarmi di questa gratia, Dio mi guardi, che io sia si pieno, ne cosi arso d'invidia, che io disideri di privarne chi nascerà dopo me.
Lasc. — Volentieri \-"ascolter6, se \i d,i il cor di prmarmi questa nuova conclusione ; chè io non la intendo, né la giudico intelligibile.
Per. — Ditemi prima, onde è clie gli huomini di questa età generalmente in ogni scien/.a son nien dotti et di minor prez/.o, che già non furon gli antichi ? Il chè è contra il dovere; conciosia cosa chè moito meglio et più facilmente si po.ssa aggiugnere alcuna cosa alla dottrina trovata, che trovarla da se medesimo ?
Lasc. — Ciie si puo dire altro, se non che andiamo di maie in peggio ?
Per. — Questo è vero, ma lu cagioni sou moite, tra Icquali una ve n'ha, et oso dire la principale : che noi altri moderni viviamo indarno gran tempo, consumando la miglior parte de nostri anni, laquai cosa uon avveniva a gli antichi ; et per distinguere il mio parlare, porto ferma oppeuione che lo studio délia lingua greca et latina sia cagione dell' ignorantia ; che se'l tempo, che intorno ad esse perdiamo, si spendesse da noi imparando philosophia, per avventura l'età moderna generarebbe quel Platon! et quegii AristotiH, che produceva Tantica. Ma noi vani, più che la canne, pentiti quasi d'haver lasciato la cuna et esser huomini divenuti ; tornati un' altra volta fanciuUi, altro no n facciamo diece et venti anni di questa vita, che imparare a p arlare chi latiuo, chi greco, et alcuno (come Dio vuole' thoscano ; liquali anni finiti, et finito con esso loro quel vigore et quella prontezza, laquale naturalmenie suol recare ail' intelletto la gioventù, allhora procuriamo di farci philosophi, quando non siajno atti alla speculatione délie cose. Onde seguendo l'altrui giudicio, altra cosa non viene ad essere questa moderna philosophia, che ritratto di quell' antica ; perô cosi come il ritratto, quantunque fatto d'artificiosissimo dipintore, non puo essere del tutto simile air idea ; cosi noi, benchè forse per altezza d'ingegno non siamo punto inferiori a gli antichi, nondimeno in dottrina tanto siamo minori, quanto lungo tempo stati sviati dietro aile favole délie parole ; coloro finalmente imitiamo philosophando, alli quali alcuna cosa aggiugnendo, dee avanzare la nostra industria.
Lasc. — Dunque se lo studio délie due lingue nuoce altrui si malamente, come voi dite, che si dee fare ? lasciarlo ?
Per. — Hora no, chè non si potrebbe ; perciochè l'arti et le scientie de gl' huomini sono al présente nelle mani de Latini et de Greci ; ma si fare debbiamo per l'avenire, che d'ogni cosa per tutto'l mondo possa parlare ogni lingua.
Lasc. — Come, maestro Piero, che è ciô che voi dite ? Dunque darebbevi il core di philosophare volgarmente ? et senza ha%-er cognitione délia lingua greca et latina ?
Per. — Monsignor si, pur chè gli auttori greci et latini si riducessero italiani.
Lasc. — Tanto sarebbc trasfcrir Aristotile di liugua grcca in lombarda, quanto traspiantare un narancio o una oliva da un ben colto horticcllo in un bosco di pruni ; oltra chè le cose di philosophia sono peso d'altre spallc, che da quelle di questa lingua volgare.
Pf.r. — lo ho per lernio, che le lingue d'ogni paese, cosi l'arabica et Tindiana come la romana et l'atheniese, siano d'un medesmo valore, et da mortali ad un fine con un giudicio formate ; chè io non \'orrei che \'oi ne parlaste corne di cosa dalla natura prodotta, essendo fatte et regolate dall' artihcio délie per- , sone a bene placito loro, non piantate né seminate ; lequali usiamo si corne testinioni del nostro aninio, significando tra noi i concetti dell" intelletto. Onde tutto chè le cose dalla natura criate et le scientie di quelle siano in tutte quattro le parti del mondo una cosa medesma ; nondimeno, perciochè diversi huoniini sono di diverso volere, pero sci'ivono et parlano diversaniente. Laquale diversità et confusione délie voglie mortali degnamente è nominata torre di Babel. Dunque non nascono le lingue per se medesnie, a guisa di alberi o d'herbe, quale debole et inferma nella sua specie, quale sana et robusta et atta meglio a portar la soma di nostri humani concetti ; ma ogni loro vertu nasce al mondo dal voler de mortali. Per la quai cosa, cosi come senza mutarsi di costume o di natione, il Irancioso et l'inglese, non piu' il greco et il rom.mo, si pùo dare a philosophare ; cosi credo che la sua lingua natia possa altrui compitamente comunicare la sua dottrina. Dunque traducendosi a nostri giorni la philosophia, seminata dal nostro Aristotile ne' buoni campi d'Athene, di lingua greca in volgare, cio sarebbe non gittarla tra sassi, in niezo a boschi, o\-e stérile di\'enisse; ma farebbesi di lontana propinqua et di forestiera, che ella è. cittadina d'ogni provincia, for.se in quel modt) che le spetiarie et l'altre cose orienta]! a nostro utile porta alcun mercatante d'india in Italia ; ovc meglio per avventura son conosciute, et trattate, che da coloro non sor.o, che oltra il mare le seminornii et ricolsero. Siniilmente le specuiationi del nostro Aristotile ci diverrebbono piii famigiiari, clie non sono hora ; et più iacilmente sarebbero
intese da noi, se di greco in volgare alcun dotto homo le riducesse.
Lasc. — Diverse lingue sono atte a signiticare diversi concetti, alcune i concetti di dotti, alcunealtre de gl' indotti. La greca vera- \ mente tanto si conviene con le dottrine, che a dover quelle significare, Natura istessa, non humano provediniento pare che l'habhia formata ; et se creder non mi voleté, credete almeno a Platone, mentre ne parla nel suo Cratillo. Onde ei si puo dir di tal lingua, che quale è il lume a' colori, talc ella sia aile discipline ; senza il cui lume nuUa vedrehbe il nostro humano intelletto. ma in continua notte d'ignorantia si dormirebbe. ^
Per. — Più tosto v6 credere ad Aristotile et alla vcrità, che lingua alcuna del mondo (sia quai si voglia) non possa haver da \ yy se stessa privilegio di significare i concetti del nostro animo, .' niji tiittp consista nello arbitrio délie persone. Onde chi vorrà parlar di philosophia con parole mantovane o milanesi, non gli pu6 esser disdetto a ragione, più che disdetto gli sia il philosophare et l'intender la cagion délie cose. \'ero è che, perché il mondo non ha in costume di parlar di philosophia se non greco o latino, già crediamo che far non possa altramente, et quindi viene che solamente di cose vili et volgari volgarmente parla et scrive la nostra età. Ma corne i corpi et le reliquie di santi, non con le mani, ma con alcuna verghetta per riverenza tocchiamo ; cosi i sacri misteri délia divina philosophia più tosto con le lettere deir altrui lingue, che con la viva voce di questa nostra moderna, ci moviamo a significare ; il quale errore conosciuto da molti, niuno ardisce di ripigliarlo. Ma tempo forse, pochi anni appresso, verra, che alcuna buona persona, non meno ardita che ingeniosa, porràmano a cosi tatta mercatantia, et per giovare alla gente, non curando dell' odio ne délia invidia de' litterati, condurrà d'altrui lingua alla nostra le gioie et i frutti délie scientie ; lequali hora periettamente non gustiamo né conosciamo.
Lasc. — Veramente né di lama ne di gloria si curera, chi vorrà prender la impresa di portar la philosophia dalla lingua d'Athene nella lombarda; chè tal fatica noia etbiasimogli recarà.
Per. — Xoia confesso, per la novitù délia cosa, ma non biasimo, conie credetc ; chè per uno che da prima ne dica maie, poco da poi, mille et mille altri loderanno et benediranno il suo studio ; quello avvenendogli che avvenne di Giesù Christo, il quale, togliendo di morir per la salute de gli huomini, schernito primieramente, biasimato et crucifisso d'alcuni hippocriti, hora alla fine, da chi'l conosce, corne Iddio et Salvator nostro si riverisce et adora.
Lasc. — Tanto diceste di questo vostro buon huomo. che di piccolo mercatante l'havete fatto Messia ; il quale Dio voglia che sia simile a quello che ancora aspettano li Giudei ; acciô che heresia cosi vile mai non guasti per alcun tempo la philosophia d'Aristotile. Ma se voi siete in efletto di cosi strano parère, che non vi late a di nostri il Redentore di questa lingua volgare ?
Per. — Perché tardi conobbi la verità, et a tempo quando la forza dell' intelletto non é eguale al volere.
Lasc. — Cosi Dio m'aiuti ; come io credo, motteggiate : salvo se, come fanno i malitiosi. quello meco non biasimate, che non potete ottenere.
Per. — Monsignor, le ragioni dianzi addotte da me non sono lievi, che io debba dirle per ischerzare ; et non è cosa cosi difficile la cognition délie lingue, che huomo di meno clie di médiocre memoria,et senza ingegnoveruno, non le possa imparare, quando non pur a dotti, ma a forsennati atheniesi et romani solea parlare eloquentemente Cicérone et Demosthene, et era inteso da loro. Certo anni et lustri miseramente poniamo in apprender quelle due lingue, non per grandczza d'oggetto, ma solamente perché allô studio délie parole contra la naturale inclinatione del nostro huniano intelletto ci rivolgiamo ; ilquale, disideroso di lermarsi nella cognitione délie cose, onde si diventa perl'etto, non contenta d'essere altrove piegato ; ove ornando la lingua di parolette et di ciancie resti vana la nostra mente. Dunque dal contraste che é tuttavia tra la natura dell' anima et tra'! costume del nostro studio, dipende la difficultà délia cognition délie lingue, degna veramente non d'invidia, ma d'odio, non di latic.i, ma di lastidio, et degna finalniente di dovere essere non appresa, ma
ripresa dalle persone, si corne cosa, laquale non è ciho, ma sogno et ombra del vero cibo dell' intelletto.
Lasc. — Mentre voi parlavate cosi, io imaginava di vedere scritta la philosophia d'Aristotile in lingua lombarda, et udime parlare tra loro ogni vile maniera di gente, facchini, contadiui, barcaroli et altre tali persone, con certi suoni et con certi acceuti, i più noiosi et i più strani, che mai udissi allavita mia. In questo mezo, mi si parava dinanzi essa madré philosophia vestita assai poveramente di romagniolo, piangendo et lamentaudosi d'Aristotile, che disprezzando la sua eccellenza l'havesse a taie coudotta, et minacciando di non volere star più in terra, si bello honore ne le era fatto dalle sue opère ; ilquale, iscusandosi con esso lei, negava d'haverla offesa giamai, sempremai haverla amata et lodata, ne meno che horrevolmente haverne scritto o parlato mentre egli visse ; lui esser nato et morto greco, non bresciano ne bergamasco, et mentire chi dir volesse altramente ; allaquai visione disiderava che voi vi foste présente.
Per. — Et io se stato vi fossi, harei detto non doversi la philosophia dolere, perché ogni huomo, per ogni luogo, con ogni lingua il suo valore essaltasse ; questo farsi anzi a gloria che a vergogna di lei : laquale se non si sdegna d'albergare ne gl' intelletti lombardi, non si dee anche sdegnare d'esser trattata dalla lor lingua. L'India, la Scithia et l'Egitto, ove habitava si volentieri, produsse genti et parole molto più strane et più barbare, che non sono horo le mantovane et le bolognesi. Lei, Io studio délia lingua greca et la latina haver quasi del nostro mondo cacciata, mentre l'huomo, non curando di saper che si dica, vanamente suole imparare a parlare, et lasciando l'intelletto dormire, sveglia et opra la lingua. Natura in ogni età, in ogni provincia et in ogni habito esser sempremai una cosa medesima ; laquale, cosi come volentieri fa sue arti per tutto'l mondo, non meno in terra che in cielo, et per esser intenta alla produttione délie créature rationali. non si scorda délie irrationali, ma con eguale artifîcio gênera noi et i bruti animali ; cosi da ricchi parimente et poveri huomini, da nobili et vili persone con ogni lingua, greca, latina, hebrea et lombarda, degna d'essere et conosciuta et lodata.
Gli augclli, i pesci et l'altrc bcstic tcrrcnc d'ogni maniera, lu)ra con un suono, hora con altro, senza distintione di parole, i loro affetti signiiicare ; molto meglio dovcr cio tare noi huomini, ciascuno con la sua lingua ; senza ricorrere alF altrui. Le scritture et i linguaggi essore stati trovati non a salute di lei, laquale (corne divina che ella è) non ha mestieri del nostro aiuto, ma solamente a utilità et commodità nostra ; acciochè absenti, présent!, vivi et morti, manifestando l'un Taltro i secreti del core, più facilmente conseguiamo la nostra propria félicita ; laquale é posta ludU intelletto délie dottrine-r-imn nel suono délie parole; et per conseguente. quell,) li^p" 1 ''t ']ui'1l:i ^riittura doversi usare da' mnrtali, lapuale con più agio apprendemo. Et come mcglio sarebbe stato (se fosse stato possibile) l'havere un sol linguaggio, ilquale naturalmente fosse usato da gli huomini, cosi hora esser meglio che l'huomo scriva et ragioni nella maniera, che men si scosta dalla natura ; laquai maniera di ragionare, appena nati impariamo, et a tempo, quando altra cosa non semo atti ad apprendere. Et altrotanto harei detto al mio maestro Aristotile ; délia cui elegantia d'oratione poco mi curarei, quando senza ragione fossero da lui scritti i suoi libri : natura haver lui addotato per figliuolo, non per esser nato in Athene, ma per haver bene in alto inteso, bene parlato et bene scritto di lei : la verità trovata da lui, la dispositione et Tordine délie cose, la gravit.'i et brevità del parlare esser sua propria, et non d'altri ; né quella potersi mutare per mutaniento di voce ; il nome solo di lui discompagnato dalla ragione (quanto a me) esscre di assai piccola auttorità ; a lui stare, se essendo lombardo ridotto) esser \-olesse Aristotile ; n(.)i mortali di questa età, cosi ha\'er chari i suoi libri trammutati nell" altrui lingua, come gli hebbero i (ireci, mentre (jreci li studiavano. Liquai libri con ogni industria procuriamo d'intcndere per divenire una volta non Atheniesi, maphilosophi. Ht con questa risposta mi sarei partitp tla lui. ~~
Lasc. — Dite pure, et disiderate cio che voleté : ma io spero. che a di vostri non vedrete Aristotile latto volgare.
Pkk. — Per cio mi doglio délia misera conditione di questi tenipi moderni, ne" quali si studia non ad esser. ma a parer
savio ; chè ove sola una via di ragionc in qualunque linguaggio puô condurne alla cognitione delk verità, quella da canto lasciata, ci mettiamo per strada, laquale in efFetto tanto ci dilunga dal nostro fine, quanto altrui pare che vi ci meni vicini ; chè assai credemo d'alcuna cosa sapere, quando, senza coguoscere la natura di lei, possiamo dire in che modo la nominava Cicérone, Plinio, Lucretio et Virgilio tra' latini scrittori: et tra' greci Platone, Aristotile, Demosthene et Eschine ; délie cui semplici parolette fanno gl' huomini di questa età le loro arti et scientie, in guisa che dir lingua greca et latina par dire lingua divina ; et che sola la lingua volgare sia una lingua inhumana, priva al tutto del discorso delF intelletto ; torse non per altra ragione, salvo perché questa una da fanciulli et senza studio impariamo, ove a queir altre con molta cura ci convertiamo, corne a lingue, lequali giudichiamo più convenirsi con le dottrine, che non fanno le parole dell' Eucaristia et del battesmo, con ambidue tai sacramenti. Laquale sciocca oppenione è si fissa ne gli animi di niortali, che molti si fanno a credere, che a dover farsi philosophi basti loro sapere scrivere et leggere greco, senza più ; non altramente, che se lo spirito d'Aristotile, a guisa di folletto in '''•i'^tallo, stesy rjn.-hiiisp n>-H' ;i]plT^V.(,^f<p> ,]\ Qreçia, et con lui insien^e fosse cosn:vr'^ JVnfrir jprn nell' intelletto a fargli propheti. Onde molti n"ho già veduti a miei giorni si arrogant!, che pnvi in tutto d'ogni scienza, confidandosi solamente nella cognition délia lingua, hanno havuto ardimento di por mano a' suoi libri, quelii a guisa de gli altrui libri d'humanità publicamente esponendo. Dunque a costoro il far volgari le dottrine di Grecia ^42arebbe__opra perduta ; si per la indegnità délia lingua, corne per ( l'angustia di termini^dentro a quali col suo linguaggio è rinchiusa ritalia ; vana istimando la impresa dello scrivere et del parlare in maniera che non l'intendano gli studiosi di tutto'l mondo. Ma quello che non è stato veduto da me, spero dover vedere fquando che sia) chi nascerà dopo me, et a tempo che le persone certo più dotte, ma meno ambitiose délie présent!, degneranno d'esser lodate nella lor patria, senza curarsi che la Magna o altro strano paese riverisca i lor nomi ; chè se la forma
liL-llc parole, onde i luturi philosophi ragioncranno et scri\-eranuodclle scientie, sarà conume alla plèbe, l'intelletto et il sentiniento di quelle sarà proprio de gli aniatori et studiosi délie dottrine ; lequali hanno ricetto, non nelle lingue, ma ne gli animi di mortali.
ScHOL. — Già s'apparecchiava niesser Lascari alla risposta ; quando sopravenne brigata di gentilhuomini, che venivano a visitarlo, da quali fu interrotto Tincominciato ragionamento : perché salutati l'un l'altro con promessa di tornare altra volta, il Peretto et io con lui ci partiamo.
CoRTKG. • — Cosi bene nii difendeste con l'arnii del maestro Peretto, che il por mano aile vostre sarebbe cosa supertlua ; per laquai cosa, avvegna che il parlare intorno a questa niateria fosse vostra professione, nondinieno io mi contento che vi tacciate ; ma del soccorso prestatomi, parte da l'auttorità di cosi degno philosopho, parte da le ragioni antedette, io ve ne rendo infinité gratie, et \\ promette) che per luggire il iastidio dello imparare a parlare con le lingue de morti, seguitando il consiglio del maestro Peretto, conie son nato, cosi voglio vi\'ere Romano, parlare romano, et scrivere romano. lu a voi, messer Lazaro, come a persona d'altro parère, predico elle indarno tentate di ridurre dal suo lungo esilio in Italia la vostra lingua latina, et dopo la totale ruina di lei, sollevarla da terra; chè se quando ella cominciava a cadere, non lu huomo, che sostenere ve la potesse, et chiunque alla rovina s'oppose, a guisa di Polidamante fu oppresso dal peso ; hora chè ella giace del tutto, rotta parimente dal precipitio et dal tempo, quai athleta o quai gigante potrà vantarsi di rilevarla ? Ne a me parc, se a vostri scritti riguardo, che ne vogliate far pruova, considerando che'l vostro scrivere latino non è altro, che uno andar ricogliendo per questo auttore et per quello, hora un nome, hora un verbo, hora un adverbio délia sua lingua ; il che facendo, se voi sperate (quasi nuovo Esculapio) che il porre insienie cotai fragmenti possa farla risuscitare, voi v'ingannate, non vi accorgendo, che ne! cadere di si superbo edificio, una parte divenne polvere et un' ultra dec csser rotta in più pe/./.i, liquali volere in uno ridurre.
sarehbe cosa inipossibile ; scnza chè moite sono Taltre parti, lequali rimase in fondo del mucchio, o involate dal tempo, non son trovate da alcuno ; onde minore et men ferma rifarete la fabrica, che ella non era da prima ; et venendovi fatto di ridur lei alla sua prima grandezza ; mai non fia vero, che voi le diate la forma, che anticamente le dierono que' primi buoni architetti, quando nova la fabricarono ; anzi ove soleva esser sala, farete le camere, confonderete le porte, et délie finestre di lei, questa alta, quell'altra bassa riformarete ; ivi sodé tutte et intere risurgeranno le sue muraglie, onde primieramente s'illuminava il palazzo ; et altronde dentro di lei con la luce del sole alcun fiato di tristo vento entrera, che farà inferma la stanza. Finalmente sarà miracolo più che humano provedimento il ritarla mai più eguale o simile a quell' antica, essendo mancata l'Idea, onde il mondo toise l'essempio di edificarla. Perché io vi conforto a lasciar l'impresa di voler farvi singulare da gl'altri huomini, affaticandovi vanamente senza prô vostro et d'altrui.
Laz. — Perdonatemi, gentilhuomo, voi non poneste ben mente aile parole del mio maestro Peretto; ilquale non solamente non ricusava, come voi fate, d'imparar greco et latino ; anzi si lamentava d'essere a farlo sforzato, disiderando una età, nella quale senza l'aiuto di quelle lingue potesse il popolo studiare et farsi perfetto in ogni scientia. Laquale oppenione io non laudo, né vitupero, perché quello non posso, questo non voglio ; dico solamente non essere stata bene intesa da voi ; onde la diliberatione vostra non havrà origine né dall' autorità né dalle ragioni, ma dal vostro appetito ; loquale seguite quanto v'aggrada, ché altrettanto io faro del mio. Ché se'l viaggio, che io tengo, é più lungo et più faticoso del vostro, perawentura non fia si vano, et al fine délia mia giornata a buono albergo sano, quantunque stanco, mi condurrà.
Bem. — Messer Lazaro dice il vero, et v'aggiungo che'l Peretto in quell'hora (come a me pare) disputô délie lingue, havendo rispetto alla philosophia et altre simili scientie. Perché, posto ché vera sia la sua oppenione, et cosi bene potesse philosophare il contadino, come il gentilhuomo, et il Lombardo, come