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Eaux minérales des Pyrénées

dont la composition offre manifestement des rapports avec la leur. Ainsi, pour ne citer qu'un exemple bien net, àLamalou (Hérault), Teau qui surgit d'un fdonde barytine contient de la baryte en dissolution. Plusieurs des sources de Lamalou apparaissent au jour sur les parois d'anciennes galeries de recherches ouvertes sur des filons de plomb et de cuivre.

La roche schisteuse, successivement altérée, divisée, puis détrempée, est en plusieurs points, notamment sur le prolongement des filons et sur les lignes de retrait, corrodée et entraînée. Ces actions successives y ont même donné naissance à des cavités allongées en chapelet, que M. François^ considère comme étant en voie de remplissage actuel par les eaux minérales.

« L'état et l'aspect des lieux, dit le savant ingénieur, ne permettent pas de se tromper quant au fait de remplissage des cavités de la roche (nids, poches et fentes) par les eaux minérales. On ne pouvait mieux prendre la nature sur le fait. Les matières de remplissage déposées par les eaux se composent d'une association irrégulière, plus ou moins compacte et serrée, selon le dépôt d'ancienneté, de cristaux de baryte sulfatée, de quartz cristallisé, de quartz amorphe, de pyrite de fer et de mouches de cuivre, qui sont évidemment en voie de formation.

c( Cette association rappelle d'une manière exacte la composition et la structure de la pâte, ou matière de remplissage de filons anciens du voisinage. »

1. Comptes rendus de l'Ac. des science, séances du 2 décembre 1861.

Les faits de ce genre, très multipliés et très iiislruclifs autant par leurs variantes que par leur répétition, ont amené à reconnaître ce que d'autres considérations aussi avaient enseigné : que les filons sont réellement des dépôts de sources plus ou moins anciennes.

Les filons métallifères, produits du remplissage progressif de crevasses du sol où des eaux minérales ont circulé longtemps, sont parfaitement comparables aux tuyaux de conduite qui s'incrustent et se bouchent peu à peu. Seulement les eaux, étant plus chaudes, ont du dissoudre des corps plus variés et réaliser ainsi une espèce de concentration locale de substances précieuses ailleurs disséminées dans les roches en particules indiscernables. Certains pays sont traversés de réseaux compliqués de pareils filons : la Saxe, la Bohême, le Cornwall, l'ouest des Etats-Unis, le Pérou, le Cliili, sont dans ce cas.

Quand on examine la composition et la structure des filons, on reconnaît que les eaux incrustantes dont ils sont des dépôts ont fréquemment et brusquement changé de composition durant leur formation. A un dépôt de galène, par exemple, succède tout à coup de la barytine, puis vient du quartz, puis de la galène encore, ou de la blende, de la fluorine, puis de la pyrite, etc. : quelques filons sont d'une complication extrême ; d'autres ne comprennent qu'une ou deux combinaisons.

La température des eaux filoniennes devait dans l)caucoup de cas être relativement élevée, et de Sénarmont est parvenu, en opérant avec le concours d'eau chauffée en vase clos à 150 ou 200 degrés, à reproduire

la plupart des substances caractéristiques des gîtes métallifères.

Dans quelques-uns même on trouve que l'eau devait nécessairement' être en vapeurs, et c'est dans des conditions de ce genre que se sont formés par exemple les filons qui nous fournissent l'étain. Des expériences ont encore permis, comme Gay-Lussac l'a montré le premier, d'imiter la nature dans cette voie nouvelle.

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