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Vitruve, livre VÏÏI. cliap. v

Ll^S SOURCES

milieu de cette plaine déserte; c'est un spectacle grandiose qui ne s'efface pas de la mémoire. »

Il y a de grandes différences dans la construction des différents aqueducs romains. C'est ainsi que Marcia, qu'il était facile de mener à bien avec les 263 mètres de pente dont disposait l'ingénieur, suit exactement, depuis Tivoli, le bord de l'Anio, dont la vallée est très contournée. « Le tracé de Marcia est fait avec la timidité de l'ingénieur primitif : la ligne droite est }M'esqua inconnue sur ces développements sinueux. » Aussi sa longueur était-elle de 91 639 mètres, tandis que l'aqueduc Pia, qui dciive les mêmes sources, et qui a été inauguré en 1.870, n'n, grâce à ses siphons, quô 52 000 mètres.

Claudia, au contraire, « a été dirigé avec la perfection de l'art moderne. Bien avant Tibur, il s'élève sur les cotoaTO, pour en éviter les longs contQurs. Sur toute la pente de l'Apennin, depuis Castel-Madama jusqu'à la cîtnîpagne de Rome, versFrascatû son tracé ne laisse rien à désirer^ et l'ingénieur moderne le plus habile n'y ferait que des changements insignifiants. Il va sans dire que les siphons de fonte ne pouvaient cire employés, pour franchir les vallées, puisque les tuyaux de fonte n'étaient pas connus des Romains^ »

Sur certains points de leurs tracés, les aqueducs de l'Apennin se rencontraient forcément. « Parmi les points défavorables, dit encore Belgrand, on peut citer la vallée Degii-Arci sur la rive gauçhe de l'Anio, un peu en amont de Tivoli; les quatre aqueducs de l'Apennin

i. Belgrand. Les Aqueducs ro))mins

franchissent ce ravin; Claudia à 2000 mètres environ de TAnio, sur de magnifiques arcades; Ânio- Vêtus, Marcia, Anio-Novus, sont près de la rivière, sur des ponts moins longs, mais néanmoins très importants.

« Le massif volcanique de Tusculum est séparé de l'Apennin, entre le pied du mont S. Angelo et le village Gallicano, par une large dépression, où se préci pitent une multitude de torrents, qui y ont creusé de nombreux ravins. Le tracé des aqueducs a dû chercher les passages favorables de cette dépression. C'est ainsi que Marcia et Anio-Vetus franchissent, sur les arcades du pont S. Antonio, une gorge étroite à la jonction de cinq ravins; près de là, à Ponte LupOy les quatre aqueducs se réunissent sur un seul pont, audessus d'une gorge encore plus étroite. . .

(( Après Gallicano, les quatre aqueducs contournent le massif volcanique, à la naissance même des ravins de la campagne, évitant ainsi des travaux dispendieux. Ils se dirigent ensuite vers Rome, sur l'étroit plateau compris entre la naissance des affluents de la rive gauche de l'Anio et la Mairana, affluent du Tibre. Ils s'y réunissent à deux autres aqueducs, Tepula et Julia; le passage est parfois si étroit, que tous les aqueducs se réunissent en un seul faisceau. Telle est la Tour Fiscale.

« Le besoin de plus en plus prononcé d'eau à haute pression, obligea les ingénieurs romains à franhcir cette plaine sur des arcades de plus en plus élevées. C'est ainsi que l'altitude de Marcia étant devenue insuffisante, Tepula, dix-neuf ans après, fut construit au-dessus, quatre-vingt-douze ans après, Julia s'élevait au-dessus de Tepula. Quatre-vingt-quatre ans

plus tard, les eaux parurent trop basses encore, et les hautes arcades de Claudia, surmontées de celles d'Anio- Novus, s'élevèrent jusqu'à 109 pieds au-dessus de la plaine (52"\40). »

Il est difficile d'évaluer la quantité d'eau distribuée journellement dans Rome. On a prétendu qu'elle atteignait 1 500 000 mètres cubes ; mais ce chiffre est fort exagéré; Belgrand dit qu'en adoptant le volume de 955000 mètres cubes, indiqué par les calculs sérieux, on est encore au-dessus de la vérité.

C'était le prince seul qui accordait les concessions privées. Il fallait lui en faire directement la demande. Quand elle était favorablement accueillie, on indiquait au concessionnaire le module à prendre, et l'on veillait à ce que la conduite qu'il établissait eût bien le diamètre voulu. Aucun particulier ne pouvait tirer l'eau des canaux publics ; c'était du château d'eau privé, dont l'emplacement avait été originairement fixé par le curateur, que partait la conduite. Frontin fait observer que cette mesure avait été prise, afin que les canaux et tuyaux publics ne fussent pas fréquemment endommagés.

C'est juste le contraire de ce qui se pratique aujourd'hui. Il est absolument interdit à un particulier de prendre l'eau dans un réservoir. C'est sur les conduites publiques que sont branchées les prises d'eau des abonnés. La solidité de la canalisation n'est jamais compromise par ces petites blessures ^

Le service public était magnifiquement fait. Pline

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