LES FONTAINES ET LES NAPPES D EAU
Les fontailies sont les sources les plus communes et les plus simples : de Teau qui sort de terre, entre les pierres ou les touffes d'herbe et qui alimente un petit ruisseau limpide. Tout le monde connaît des fontaines; chacun s'y est arrêté pendant les chaleurs de Tétc, à Tombre de quelque grand arbre, et a cherché à se rendre compte des conditions qui en déterminent la sortie. Les paysans, qui savent mieux que personne la valeur des sources, ont souvent à leur égard des idées fort exactes.
L'origine des fontaines e^t multiple et diverse, dépendant des lieux et des circonstances. Pour les cas les plus ordinaires, il s'agit simplement de l'affleurement d'une roche perméable imprégnée d'eau reposant sur une assise étanche. Aux environs de Paris, dès qu'on s'élève sur les flancs des coteaux jusqu'au point où la pente recouvre les lits horizontaux des manies vertes dont la formation de pierre à plâtre est constamment couronnée, et par-dessus lesquelles sont accumulés les sables fins dits de Fontainebleau, on rencontre des sources vives h chaque pas. La végéla
tion de saules, de peupliers et d'autres plantes aimables qui s'y pressent, la facilité d'y dessiner des jardins pittoresque et bien arrosés, ont déterminé à ce contact le développement d'un véritable horizon de maisons de campagnes qui le rend reconnaissable de bien loin. Les points les plus appréciés de Bellevue, de Louveciennes, de Cbevreuse lui appartiennent expressément.
Les localités oii des faits du même genre sont manifestes pourraient se compter par milliers. Un des plus nets, qu'il nous a été donné de voir par nous-même et qui laissera une vive impression à tout le monde, se développe au cap Blanc-Nez (Pas-de-Calais) le long de l'escarpement de la falaise. Celle-ci, constituée par différentes assises de terrains crétacés présente, sur une longue étendue, le contact de couches supérieures fissurées et poreuses avec des couches sous-jacentes marneuses tout à fait imperméables aux eaux. Il en résulte, à cause de la légère inclinaison des couches vers la mer, qu'il s'écoule constamment de la ligne suivant laquelle la falaise coupe le contact une chute d'eau douce et limpide.
Celle-ci nous permet de prendre sur le fait une nappe d'eau pendant son parcours souterrain inopinément interrompu. On voit que, malgré l'opinion vulgaire et bien naturelle, il ne s'agit aucunement d'une couche d'eau pincée entre deux couches de roches, mais simplement d'une assise rocheuse perméable et imprégnée d'eau : l'écoulement est dû à l'inclinaison de la couche imperméable sous-jacente, et d'ordinaire il n'est pas rapide, ayant lieu dans les espaces presque