LES FONTAINES ET LES NAPPES D'EAU
capillaires que l'assise mouillée laisse entre ses grains.
Un autre cas fort analogue au précédent s'est pré senté à nous lors d'une excursion récente à Port-en- Bessin (Calvados). Une nappe d'eau, alimentée sans doute en grande partie par la Dromme et TAure, qui se perdent dans le sol auprès de Maisons, vient émerger sous la falaise, en un point que la mer recouvre à chaque marée. C'est un spectacle surprenant que de voir les blanchisseuses venir, des que le niveau de la mer est suffisamment abaissé, laver leur linge au fond du port.
On peut quelquefois apprécier l'écoulement des nappes d'eau souterraines par les objets qu'elles charrient et rejettent au jour. Sans nous arrêter au cas douteux raconté par Pierre Perrault S d'une tasse h boire qui serait sortie par une fontaine des îles Strophades après être tombée dans un gouffre de la Morée et avoir été entraînée par la nappe jusque dans l'île par-dessous la mer, nous mentionnerons les graines chariées par les eaux des puits forés de Tours et qui proviennent des points de la superficie où la pluie alimente les assises perméables.
Cette origine des sources ordinaires, dont nous retrouvons une foule d'exemples en des situations très diverses, a été sentie dès le seizième siècle par plusieurs bons esprits, en tête desquels Bernard Palissy mérite d'être cité avec honneur.
(( Quand i'ay eu bien long-temps et de près consi-