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Origine des fontaines

déré la cause des sources des fontaines naturelles, et le lieu de là où elles pouuoyent sortir, enfin i'ay conneu directement, dit-il, qu'elles ne procedoyent et n'estoyent engendrées sinon des pluyes. Voilà qui m'a meu d'entreprendre de faire des recueils des pluyes, à l'imitation et le plus près approchant de la nature, qu'il me sera possible; et en ensuyuant le formulaire du souuerain fontainier, ie me tiens tout asseuré que ie pourray faire des fontaines desquelles l'eau sera autant bonne, pure et nette, que de celles qui sont naturelles. »

L'illustre auteur des figulines, précise même le sujet en des termes tels qu'il n'y aurait rien à y changer, sauf la forme, pour en faire une exposition moderne :

(( Et les dites eaux tombantes sur les dites montaignes au travers des terres et fentes, descendent touf-iours, et n'ont aucun arrest iusques à ce qu'elles ayent trouué quelque lieu formé de pierre ou rochier bien contigu ou condensé; et lorsqu'elles se reposent sur un tel fond, et ayant trouué quelque canal ou autre ouverture, elles sortent en fontaines ou en ruisseaux et ileuues selon que l'ouuerture et les réceptacles sont grands : et d'autant qu'une telle source ne se peut ietter (contre sa nature) aux montaignes, elle descend aux vallées. Et combien que les commencements des dites sources venant des montaignes ne soyent gueres grands, il leur vient du secours de toutes parts, pour les agrandir et augmenter; et singulièrement des terres et montaignes qui sont à dextre et à senestre du cours des dites sources. Voilà en peu de paroles la

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cause des sources, des fonlaines, fleiiues et ruisseaux; et ne te faut chercher nulle autre raison que cellelà. »

« Venons à présent, dit-il plus loin, à la cause pourquoy il y a aussi bien des sources es plats pays et campagnes comme ès montaignes. Tu dois entendre que si toute la terre étoit sableuse, déliée ou spongieuse comme les terres labourables. Ton ne trouueroit iamais sources ny fontaines en quelque lieu que ce fust. Car les eaux des pluyes qui tomberoyent sur lesditcs terres, s'en iroyent tousiours en bas iusques au centre, et ne se pourroyent iamais arrester pour faire puits ny fontaines. La cause donc pourquoy les eaux se trouuent tant ès sources qu'ès puits, n'est autre qu elles ont tronué un fond de pierre ou de terre argileuse, laquelle peut tenir l'eau autant bien comme la pierre ; et si quelqu'un cherche de l'eau dedans des terres sableuses, il n'en trouuera jamais, si ce n'est qu'il y ait au-dessous de l'eau quelque terre argileuse, pierre ou ardoise, ou minéral, qui retienneut les eaux des pluyes quand elles auront passé au trauers des terres. Tu me pourras mettre en auant que tu as ueu plusieurs sources sortant des terres sableuses, uoire dedans les sables mesmes : à quoy ie répons, comme dessus, qu'il y a dessous quelque fond de pierre, et que si la source monte plus haut que les sables, elle nient aussi de plus haut : et ne t'abuses point en ta seule opinion, car tu ne trouuera iamais raisons plus certaines que celles que ie t'ay mises en plusieurs endroits de ce discours. »

Il faut d'ailleurs ajouter que cette origine, si clairement et si exactement expliquée par les nappes d'eau, ne s'arrête pas aux régions superficielles du sol : des niveaux d'eau peuvent se rencontrer à toutes les profondeurs. Ils constituent même un des principaux obstacles que l'exploitation de mines ait à vaincre.

Dans la plupart des cas, le volume de liquide formé par les couches aquifères dont il s'agit est assez grand pour que le jeu incessant de machines d'exhaure soit absolument nécessaire. Un arrêt de quelques heures dans les pompes, c'est l'inondation de la mine.

Dans le département du Nord, par exemple, le terrain crétacé superposé aux couches houillères comprend plusieurs niveaux d'eau dont l'un est assez important pour avoir mérité le nom de torrent d'Anzin. A chaque fonçage de puits il faut un outillage spécial pour que la traversée du torrent soit réalisable, et les dangers du travail ne sont égalés que par les dépenses qu'il entraîne.

L'importance de l'exploitation charbonnière a conduit à étudier le torrent d'Anzin avec une véritable minutie. On sait la composition de ses eaux chargées de sel et qu'on n'est pas très éloigne de considérer comme un vieux reste d'un océan géologique. On sait aussi qu'il manque d'écoulement; sa profondeur, variable de 2 à 14 mètres (en moyenne 9), a été notée en chaque point, et des cartes souterraines expriment tous les détails de son contour. Depuis de très longues années on s'est attaché à l'épuiser, et malgré la grandeur de la tâche, il est vraisemblable qu'on y parviendra; en 1845, la surface de cette mer sou-

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terraine était de 24^^,374; aujourd'hui elle s'est progressivement réduite à l '5^'^,^2Q. On extrait 206 000 mètres cubes d'eau par an*.

1. D'Ormoy. Topographie souterraine du bassin houillcr de VaencienneSf p. 117.

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