‹ Les sourcesChapitre 2 sur 109 · M. Elisée Reclus, Asie orientale · texte numérisé non relu

M. Elisée Reclus, Asie orientale

et c'est pour les étrangers que des signaux, formes d'arbrisseaux qu'on accumule sur les crêtes, jalonnent la route des caravanes. Quand le temps est clair, rien de plus facile que de se diriger dans le désert; mais quand le simoun se lève, l'air se remplit d'une poussière dont la finesse est telle qu'elle se tamise à travers les objets les plus hermétiquement fermés, pénètre dans les yeux, les oreilles et les organes de la respiration. Une chaleur brûlante, pareille à celle qui sort de la gueule d'un four, embrase l'air et brise les forces des hommes et des animaux. Assi-s sur le sable, le dos tourné du côté du vent, les Arabes, enveloppés de leurs burnous, attendent avec une résignation fataliste la fin de la tourmente, leurs chameaux accroupis, épuisés et haletants, étendent leurs longs cous sur le sol brûlant. Vu à travers ce nuage poudreux, le disque du soleil, privé de rayons, est blafard comme celui de la lune. Dans le Souf, ces vents ensevelissent les caravanes sous des masses de sables énormes; c'est ainsi que périt l'armée de Cambyse,et les nombreux squelettes de chameaux que nous rencontrâmes témoignent que ces accidents se renouvellent encore quelquefois^ »

Dans les déserts du Turkestan :

(( Notre station matinale portait le nom charmant d'Adamkyrylgan (traduisez : Endroit où périssent les hommes), et il suffisait de jeter un regard vers l'horizon pour se convaincre que cette appellation tragique ne lui avait pas été gratuitement donnée. Qu'on se

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