‹ Les sourcesChapitre 39 sur 109 · Elisée Reclus. Loc. cit · texte numérisé non relu

Elisée Reclus. Loc. cit

l'abondance des pluies et l'activité de l'évaporation.

La moyenne du débit de l'Obi, de l'Yenisséi, de la Léna est pour chacun d'eux de 10 000 mètres cubes d'eau par seconde, quadruple de la portée du Rhône ou du Rhin. Pendant l'été, le débit est infiniment plus considérable, car « en hiver, les dalles glacées de la surface retardent la marche des eaux profondes et celles-ci n'occupent alors qu'une moindre partie du lit. Les petits cours d'eau s'arrêtent même complètement, la masse liquide est prise jusqu'au fond du lit : l'épaisseur de la couche glacée, sur les rivières et les lacs des hautes latitudes, variant d'environ i mètre à 2'", 40 centimètres, les ruisseaux et même des cours d'eau considérables se trouvent changés en masses solides, d'autant plus facilement que les glaces du fond se sont élevées çà et là de manière à former des barrages sur lesquels s'appuient les glaces supérieures. L'eau des sources ou des ruisseaux non encore gelés qui cherche à s'écouler par le lit fluvial doit rompre la voûte de cristal et s'épancher à la surface, où elle se gèle aussitôt, et c'est ainsi, par les épanchements superficiels ou nabdi, que l'eau solidifiée s'accumule à une hauteur de plusieurs mètres.... A l'exception des rivières qu'alimentent de grands lacs par des ruisseaux souterrains, toutes celles qui naissent au nord du cercle polaire doivent tarir complètement en hiver, puisqu'il ne sourd point de fontaines dans ces régions au sol toujours solidifié par les glaces ^ »

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