CHAPITRE XIII
Les bienfaits que les sources répandent autour d'elles, les- transformations profondes des régions déshéritées jusque-là où inopinément une source a été découverte, ont conduit bien vite les hommes à chercher les moyens de faire sortir du sol les eaux qui peuvent y circuler d'une manière plus ou moins occulte. La baguette de Moïse a fait bien des envieux.
Depuis quelques années on a trouvé moyen d'obtenir un puits instantané en enfonçant à coups de maillet un tube étroit dans la terre, jusqu'à la nappe d'eau, et en adaptant une pompe à sa partie supérieure, si l'eau n'a pas une force ascensionnelle suffisante pour jaillir au niveau du sol.
L'opération s'exécute généralement sans difficulté : le tube, en raison de son petit diamètre, repousse les obstacles de côté, et neuf fois sur dix arrive à la profondeur voulue. Il faut en moyenne une heure pour parvenir jusqu'à l'eau, avec un tube de dix mètres.
L'idée, des puits instantanés est due, dit-on, à des soldats américains de l'Armée du Nord, qui, pendant la guerre de Sécession, se procurèrent de l'eau au
moyen de canons de fusil qu'ils brisaient et enfonçaient dans la terre. C'est M. Norton qui, plus tard, a perfectionné et rendu pratique cette invention ^
Les Anglais, en Abyssinie, retirèrent beaucoup d'avantages de l'emploi des puits instantanés, ainsi qu'en témoigne cette lettre d'un commandant de l'armée expéditionnaire, à la date du 20 janvier 1868 :
« On vient de découvrir à Koomaylée, à l'aide du puits tubulaire américain, une source chaude, et comme Koomaylée, la première station sur la route de Senafé, n'est qu'à treize milles de distance de la baie d'Annesley, on parle d'y faire venir l'eau par des
tuyaux Une des plus grandes difficultés de la
Passe de Senafé était le manque d'eau entre le Sooroo supérieur et le Rayray-Guddy, sur une distance de trente milles environ. Un puits tubulaire vient d'être établi à Undul, qui se trouve à ^peu près à moitié route de ces deux endroits, ce qui facilité singulièrement le mouvement des troupes et les approvisionnements jusqu'à Senafé. »
En Lombardie, dans la Vénétie, et autres lieux du nord de l'Italie, on se procure une grande quantité d'eau pour l'irrigation, au moyen des fontanili. Ce sont des cylindres de bois, ayant un mètre environ de diamètre, et assez longs pour atteindre une nappe d'eau qui, ordinairement n'est qu'à deux ou trois mètres de profondeur. L'eau monte et se déverse dans le canal creusé pour la recevoir, qui d'habitude est alimenté par d'autres fontanili. Ces sources donnent jus-