Arago. Notices scientifiques, tome IIL
Dans l)eaucoMp de circonstances, l'impulsion de Teau ascendante a reçu des applications purement mécaniques. C'est ainsi que près de Béthune, dans plusieurs autres localités du Pas-de-Calais, en Touraine et en Angleterre, des meules de moulins sont mises en mouvement par des jets artésiens.
Enfin il est des cas maintenant nombreux où les puits forés fournissant de véritables sources minérales, propres à la table ou même douées de propriétés médicamenteuses.
Ainsi on vend sous le nom d'eau de Montrond (Loire) une eau acidulé fort analogue à celle de Saint- Galmier : elle provient d'un trou de sonde, pratiqué pour la rcclierclie du charbon, et d'où ont jailli des torrents liquides poussés par d'immenses quantités d'acide carbonique. L'histoire du sondage est fort bizarre et a fourni des données précieuses sur le régime des nappes aquileres souterraines.
A l'arsenal militaire de Rochefort un puits très profond a donné des eaux chargées de sulfates et propres au traitement de certaines maladies. Mais un exemple beaucoup })lus net encore existe dans les environs de Cuda-Pesth où l'on a obtenu par sondage des eaux extrêmement amères maintenant d'une application médicale courante.
Dans beaucoup de localités déjà dotées de sources minérales on a provoqué artificiellement diverses sorties d'eaux à l'aide de forages : un très grand nombre de stations thermales sont dans ces conditions et les baigneurs ne savent plus distinguer ces eaux provoquées des sources naturelles primitives. A la
Bourboiile, à Nauheim, à Buda-Peslh et dans une foule d'autres lieux, ce sont des sources provoquées qu'on exploite. Parfois elles sont jaillissantes et même intermittentes. Ainsi dans la source artilicielle de Vaisse, à Vichy, on voit l'eau du bassin descendre et le laisser complètement vide pendant 50 minutes, puis elle revient avec force, accompagnée d'une grande quantité de gaz, et jaillit ainsi pendant six à dix minutes. Elle accomplit toujours sa période dans l'espace d'une heure.
Les travaux de mines et les autres excavations provo- (|uent souvent de vraies sources analogues alors à celles des cavernes. Les machines d'exhaure des exploitations souterraines n'ont pas k extraire seulement les eaux de suintement venant d'en haut par les puits et les galeries qui se comportent comme des drains ; elles ont souvent à enlever le produit de véritables griffons.
C'est ainsi que pendant les percements du Saint- Gothard et du Mont-Cenis on a noté la rencontre de l)caucoup de sources dont plusieurs auraient pu être exploitées pour la thérapeutique. Nous avons vu nousméme des sources jaillissantes dans la portion de tunnel sous-marin partant de Sangatte, près Calais, à destination de l'Angleterre.
Une mine de houille à Carmaux (Tarn) a rencontré à 120 mètres de profondeur une source remarquable par le dépôt d'un sihcate de chaux prenant exactement par la dessiccation l'apparence du carton.
Dans l'ouest dos États-Unis les incomparables mini^s de Comstock ont provoqué des sources très volumi neuses et exceptionnclUMuent chaudes.