L^S STATIONS D'EAUX CHEZ LES ANCIENS ET CHEZ LES MODERNES
Des profondeurs du sol, (chaudes de sa chaleur mystérieuse, chargées des prmcipes qui sont ceux de notre sang, de nos tissus, les eaux minérales arrivent au jour, offrant à l'homme appauvri par la maladie, par le travail, par les plaisirs, tout ce qui lui manque pour continuera vivre. Elles sont riches en substances salines, riches aussi en substances organiques qui les rendent onctueuses et nourrissantes. Connnent nier sérieusement leurs vertus? Comment soutenir qu'elles ne sont qu'une affaire de mode? Les remèdes, comme beaucou|) de choses, ont leur heure : tel qui guérissait hier est impuissant aujourd'hui. — Mais les eaux minérales, aussi loin que nous nous reportions, ont soulagé mille maux. Les Grecs en usaient: « Tout le terrain aux environs de la grotte des Nymphes Anigriades est rendu humide et fangeux par la présence d'une source, dont les eaux se déversent en grande partie dans l'Anigrus, et comme ce fleuve, malgré sa profondeur, est peu rapide, son lit se trouve également converti en un marais stagnant, dont les eaux ont une
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odeur inlecte et sulfureuse qui se fait sentir à vingt stades à la ronde et rend immangeables les poissons qu'on y pêche. Les mythographes expliquent cette circonstance de différentes manières : Suivant les uns, des centaures blessés par les flèches d'Hercule auraient lavé leurs plaies dans le fleuve pour en exprimer le venin de l'hydre; suivant d'autres, Mélainpus aurait employé les eaux de l'Anigrus comme eaux lustrales pom* la purification des Prœtides. Toujours est-il qu'aujourd'hui on les prescrit en lotions contre toutes espèces de dartres. Il paraît même que le nom de l'Alphée vient de la propriété qu'ont aussi les eaux de ce fleuve de guérir les dartres appelées alphes. » (Strabon, livre YIII.)
Des ruines attestent le séjour des Romains sur les sources minérales qui sont extrêmement nombreuses sur les bords de la mer Morte; les colonnes et les autres pièces d'architecture ont été taillées dans le calcaire incrustant, et sont en partie engagées sous les nouveaux dépôts d'incrustation qui se sont effectués depuis, et qui ne tarderont pas à les recouvrir entièrement*.
Ces sources sont alignées d'une façon remarquable le long de la faille principale du bassin de la mer. Elles renferment des chlorures, des sulfates et des carbonates de chaux, de soude et de potasse, c'est-àdire les principales substances contenues dans les eaux de la mer Morte.
Parmi les plus remarquables sont les sources de
L Lartet. Voyage cV exploration à la mer Morte,
Zam, dont certaines atteignent une température de 45°. Elles se font jour au milieu des dépôts fort puissants qu'elles ont accumulés sur le plateau du même nom, où les Arabes cultivent du blé et du maïs.
C'est également dans la région de la mer Morte qu'est située la source de Callirhoë, célèbre par le récit de Josèphe, et par le soulagement qu'Hérode, sur la fin de sa vie, venait y chercher à ses maux. Josèphe prétend que deux sources, l'une très chaude, et l'autre très froide, s'échappaient du rocher par deux cônes en forme de mamelles. Des voyageurs plus sérieux ont seulement vu des jets très abondants d'eau chaude, qui, se mêlant au Zerka-Maïn, lui donnent sa haute température (31 degrés) et son apparence laiteuse. Près des sources de Callirhoë, Josèphe a signalé l'existence du soufre et de l'alun. Un autre auteur y a vu seulement de riches dépôts d'alun.
On trouve d'ailleurs les traces des Romains dans la plupart des stations que nous fréquentons aujourd'hui, et l'on reconnaît qu'ils avaient pour les eaux thérapeutiques une vénération plus grande encore que pour les eaux simples. Ainsi dans ce temple de Sérapis, si célèbre par les mouvements du sol sur lequel il est construit^ il y avait quatre sources thermales!
C'est souvent dans un état de conservation admirable que nous sont parvenus les thermes des Romains. A Raden-Daden, Civitas Aurélia, une magnifique piscine est encore revêtue de marbres et divisée en quatre compartiments dans lesquels un grand