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Jean Banc

Mais tous les contemporains de Jean Banc n'étaient pas de son avis, et du temps de Louis XIV la mode était aux saisons d'eaux autant qu'à présent.

La vie était la même, et si Mme de Sévigné était encore de ce monde, elle écrirait encore, de Vichy : « On va à six heures à la fontaine : tout le monde s'y trouve; on boit, et l'on fait une fort vilaine mine ; car imaginez-vous qu'elles sont bouillantes, et d'un goût de salpêtre fort désagréable. On tourne, on va, on vient, on se promène, on entend la messe, on rend ses eaux, on parle confîdemment de la manière dont on les rend : il n'est question que de cela jusqu'à midi. Enfin, on dîne. Après dîner, on va chez quelqu'un.... J'ai commencé aujourd'hui la douche; c'est une assez bonne répétition du purgatoire... Représentez-vous un jet d'eau contre quelqu'une de vos pauvres parties, toute la plus bouillante que vous puissiez vous imaginer. On met d'abord l'alarme partout, pour mettre en mouvement tous les esprits ; et puis on s'attache aux jointures qui ont été affligées; mais quand on vient à la nuque du cou, c'est une sorte de feu et de surprise qui ne se peut comprendre; c'est là cependant le nœud de l'affaire. Il faut tout souffrir, et l'on souffre tout, et l'on n'est point brûlée, et on se met ensuite dans un lit chaud, où l'on sue abondamment, et voilà ce qui guérit. »

Les détails piquants abondent chez Mme de Sévigné : les médisances, les anecdotes égayent les conversations des baigneurs qui se rencontrent. Ce n'est pas notre époque, qui a inventé d'amuser des gens condamnés à se gorger d'eaux pins ou moins gazeuses : depuis

LES STATIONS D'EAUX MODERNES 175

longtemps le bon sens a assimilé une saison d'eaux à des vacances. Déjà les gens du pays s'ingénient à leur procurer des distractions : des jeunes filles vien^ nent devant eux danser la bourrée, et Mme de Sévigné les compare aux bergères de ses grands romans précieux.

(( Se distraire, dit le docteur Nicolas dans son excellente étude sur la Bourboule actuelle^ c'est changer l'objet de ses occupations et de ses préoccupations. Il est malheureusement plus facile de recommander les distractions aux malades que de leur enseigner le moyen de s'en créer d'utiles ou même d'utiliser celles qui se trouvent à leur portée. Dans les villes d'eaux, on s'attache à les réunir en grand nombre; il faut, en effet, qu'elles soient des plus variées afin que chacun puisse y trouver son compte; il faut, en outre, qu'elles ne s'imposent pas forcément à ceux des baigneurs qui, recherchant surtout le calme et la retraite, désirent s'y soustraire. »

D'après les recensements opérés en 1883 et 1884 par l'administration des Mines, M. Jacquot* constate que le nombre des sources minérales existant sur le territoire français, l'île de Corse comprise, dépasse le chiffre de 1200.

Ces 1200 sources sont très inégalement réparties. C'est le département du Puy-de-Dôme qui tient la tête de la liste avec 130 sources; celui des Pyrénées-Orientales en compte 100; l'Ardèche 77; les Vosges 76:

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