Guide pratique aux principales eaux minérales
tout pour boire, à la Source-Vieille , dont l'eau claire, limpide et onctueuse au toucher, répand une odeur d'œufs conservés ; sa saveur est douceâtre ; sa température est de 52 degrés centigrades environ, et sa minéralisation de 0°',0217 de sulfure de sodium par litre. On va aux Eaux-Bonnes pour les maladies du larynx et de la poitrine.
Six kilomètres seulement séparent les Eaux-Bonnes des Eaux-Chaudes. Ce dernier village occupe le prolongement de la vallée d'Ossau qui, dans cet endroit, forme une gorge sombre et d'un aspect très sauvage.
Les sources, toutes sulfureuses, sont au nombre de six. Ce n'est que relativement aux Eaux-Bonnes qu'elles méritent le nom d'Eaux-Chaudes, car leur température ne dépasse pas 56 degrés. Leur minéralisation est plus faible que celle des Eaux-Bonnes : la source la plus sulfureuse contient à peine le tiers du sulfure qui se trouve dans les Eaux-Bonnes.
iVutrefois très fréquentées par les princes de Navarre et leur cour, les Eaux-Chaudes ont aujourd'hui perdu de leur vogue. En bains, elles sont efficaces contre certains rhumatismes, les douleurs nerveuses, etc.
Des touristes, mais non des malades, peuvent se rendre des Eaux-Bonnes à Cauterets, à travers la montagne en passant par le col de Torte. On arrive alors dans une jolie ville, dominée au levant et au couchant par une double chaîne de montagnes. La vallée est longue, étroite, sinueuse; il y pleut souvent, et les brouillards y sont fréquents le matin, ce qui n'est pas précisément bon pour les personnes malades de la poitrine.
Les sources thermales de Caulerets sont au nombre
de treize, dont la chaleur varie depuis 30 jusqu'à 53 degrés centigrades, et la minéralisation depuis 0^^005^ jusqu'à 0^'',0308 de sulfure de sodium. Cotte extrême diversité dans les propriétés physiques et chimiques communique à ces eaux des vertus bien différentes.
Les sources les plus actives sont César et les Espagnols; on les prend en boissons et en bains. Elles sont presque exclusivement réservées au traitement des rhumatismes, des dartres et de la scrofule. Les deux Pauces conviennent aux mêmes affections;, mais leur action est plus douce. César-Vieux est la meilleure source de Cauterets; on y boit, mais on ne s'y baigne pas. C'est la seule qui serve à l'exportation. Elle est bonne pour combattre le catarrhe des vieillards. LaRaillère est la rivale des Eaux-Bonnes; abondante, limpide, oncteuse au toucher, d'une saveur douceâtre, elle a 41 degrés au griffon, et 39 degrés à la buvette. Elle contient par litre 0^',0192 de sulfure de sodium. Elle soulage, comme la Source-Vieille les personnes atteintes de maladies des voies respiratoires ; mais elle est moins active et moins excitante.
L'eau de Mahourat, comme l'indique ce nom patois, jaillit dans un mauvais trou. Elle est très chaude, et on la puise dans une crevasse de rochers, sur les bords même du gave. Elle est spéciale contre les maux d'estomac; et les montagnards mêmes en font grand cas.
La source des OEufs^ à quelque pas au-dessus de la cascade du Mahourat, est, avec sa température de 55 degrés, la plus chaude de Cauterets. Elle sourd dans le lit même du torrent, sous un rocher, et elle
se perd dans le gave. Il est dangereux d'aller la visiter, les pierres qui l'entourent étant couvertes d'une couche de barégine qui rend leur surface très glissante.
Les bains de Luchon sont coinius depuis fort longtemps. Strabon les mentionne sous le nom de thermes Onésiens, à cause de la rivière d'One, un gave qui traverse la vallée de Luchon, et qui est formé par le gave d'Oo, venant du Portillon, le ruisseau de l'Arboust, descendant du pic de Pouylouby, et le gave d'Oueil prenant sa source au pic de Montné. Au delà de la butle de Castelviel, l'One entre dans le val de Luchon, où elle ne tarde pas à se réunir à la Pique. Ces deux rivières, après s'être confondues dans un lit commun vont s'unir au gave du Gar, qui naît dans la partie espagnole de ces montagnes. Tous ces cours d'eau réunis prennent le nom de Garonne, formé sans doute des noms de ses affluents Gar et One\
Les sources de Luchon jaillissent au pied de la montagne de Super-Bagnères. Elles sont extrêmement nombreuses. Parmi les plus importantes sont : les sources Bayen à 67 degrés centigrades, qui contient 0^'%085o de sulfure de sodium, Reine à 59 degrés (0^''',06'20) ; Chauffoir, à 47 degrés (0^',058i) ; Froide, 17 degrés (0^%0016). Cette dernière est presque de l'eau ordinaire.
Les eaux d'infiltration pénètrent dans les galeries de l'établissement thermal de Luchon sous forme de filets froids, qui autrefois se mêlaient à l'eau minérale et lui faisaient éprouver d'assez nombreuses va-