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Monographie de Bag nevcs-dc-Liichon

Froide. Mais, si à l'eau devenue laiteuse on ajoute de l'eau de la Grotte, la transparence du mélange est rétablie comme avec un réactif.

Si on abandonne à elle-même l'eau blanchie, elle laisse précipiter un dépôt, presque entièrement composé de soufre; et à mesure que ce dépôt se forme, l'eau reprend sa transparence. Outre le soufre en grande quantité, les eaux de Luchon contiennent un peu d'iode et des traces de phosphates. Ce sont les eaux les plus alcalines des Pyrénées. Aussi la plupart des maladies cutanées ne résistent-elles pas à leur bienfaisante action.

Les eaux de Saint-Sauveur (Hautes-Pyrénées) donnent à la peau la sensation d'une liqueur oléagineuse, tant est grande la quantité de barégine qu'elles tiennent en suspension. Elles sont excellentes contre les maladies nerveuses. Elles ne sont pas très chaudes, surtout après qu'elles ont passé par les conduits, car leur température au griffon est de 54 degrés ; elles contiennent 0^',0253 de sulfure, et de l'azote qui se dégage du verre en pétillant, et rend leur digestion facile.

Ax (Ariège) s'écrivait autrefois Aqcs. Cette orthographe, comme le remarque M. le docteur Garrigou*, témoigne de son origine latine. Ce nom bien caractéristique, lui fut donné sans doute à cause des sources nombreuses qui naissent dans son périmètre. Elles sont si chaudes qu'elles recouvrent la ville de vapeurs, et qu'on respire de tous côtés les émanations sulfureuses. La source des Canons a une température

1 . Élude chimique et médicale des eaux sulfureuses d'Ax (Ariège).

de 75 à 76 degrés; le Rossignol supérieur marque ordinairement 77%50, 77%20f 77%80; en 1835, cette dernière source ne marquait que 71%80. Les autres sources ont également éprouvé d'assez grandes variations dans leurs températures.

C'est de la pegmatite que sourdent les eaux d'Ax, sur plusieurs points de la vallée, au milieu d'alluvions et de débris de roches dans lesquelles elles sont captées d'une manière imparfaite.

Comme les eaux de Ludion, elles sont sujettes à s'altérer. Certaines sources prennent une coloration bleue sous l'influence de l'air. Le blanchiment et le bleuissement sont des phénomènes identiques. L'eau bleue du Tech a des vertus particulières, elle est excellente comme diurétique.

11 y a aussi à Ax, un bassin a présentant, dit M. Garrigou, un phénomène merveilleux pour les gens du pays : toutes les fois qu'on le nettoie, il se dégage du fond des matières rouges qui ressemblent, m'a- 1-on dit, à des matières en feu. Je n'ai pas eu l'occasion de voir vider et nettoyer ce puits merveilleux mais je suppose fort que c'est de la barégine rouge qui, déposée dans le fond du bassin, monte à la surface lorsqu'on agite l'eau, et retombe ensuite. »

Plusieurs sources d'Ax contiennent du soufre en nature, ainsi que des composés sulfureux, principalement des sulfures de sodium et de potassium.

Les maladies qui se guérissent surtout à Ax sont : les affections cutanées, le rhumatisme et la scrofule.

Le climat d'Amélie-les-Bains, qu'on appelle aussi Arles, est si doux que beaucoup de baigneurs y pas-

i'OC) LES SOURCES

sent l'hiver. La station est établie sur la rive gauche du Tech, à 32 kilomètres de Perpignan. Un des établissements est une construction romaine aux proportions colossales dont les murs ont 2 mètres d'épaisseur, et où Ton voit encore les pavés de marbre blanc des anciennes piscines. Les sources sulfureuses sont assez nombreuses. La plus chaude a fil degrés centigrades. L'eau de la source Mavjolet se prend en boisson, dans les maladies chroniques de la poitrine. Mais ce sont surtout des dartreux, des scrofuleux et des rhumatisants que l'on envoie à Amélic-les-Bains.

Aix-la-Chapelle, la ville aux grands souvenirs, la ville qui, sur les reliques de Charlemagne, a élevé un Dôme rempli de trésors, Aix, dont le nom rappelle que les Romains se servirent de ses eaux, n'offre pas aux malades les avantages accessoires, mais réels qu'on trouve dans la plupart des autres stations : l'air des champs, et la beauté des paysages. Aix n'a pas de promenades. Ses rues sont étroites, sans fraîcheur, sans propreté. C'est un centre important où le travail mène grand bruit. La saison d'eaux qu'on y passe n'est pas du tout une saison de vacances. Aussi les sources y ont-elles relativement peu de succès.

Elles sont sulfureuses, et leur température varie de 44 à 45 degrés. La source de VEnipereui\ la plus chaude et la plus minéralisée, laisse dégager une forte odeur d'hydrogène sulfuré. L'eau, vue dans les réservoirs, a une couleur un peu verdâtre; mais recueillie dans un verre elle est limpide et incolore. Des bulles de gaz la traversent. Elle est un peu salée. Le griffon est tapissé d'une énorme quantité de soufre subliirié

qui se renouvelle rapidement à mesure qu'on l'enlève. Il y a, en effet, une proportion considérable de sulfure et de gaz sulfhydrique dans cette eau, environ 0^',0800 par litre. Mais, comme elle est trop chaude pour pouvoir être employée en bains à la sortie du sol, on y ajoute de Teau pour la refroidir, et elle est tellement appauvrie, lorsqu'elle tombe dans la baignoire, que Fontan déclarait qu'elle avait perdu tout son principe sulfureux. Ce verdict, du reste, est est un peu sévère, car il est d'observation que les eaux d'Aix-la-Chapelle sont utiles dans beaucoup d'affections q^ui résistent aux eaux salines et cèdent aux eaux sulfureuses.

Selon Fontan, le soufre tire son origine de la décomposition des sulfites et de leur transformation en sulfure par les matières organiques contenues dans les terrains secondaires qu'elles ont traversées, ainsi que le témoignent les coquilles et les détritus de plantes marécageuses qu'on y rencontre. Ce seraient donc, comme celles dont nous avons déjà parlé, des sources primitivement salines, qui ne deviendraient sulfureuses qu'accidentellement.

En boisson, les eaux d'Aix-la-Chapelle n'ont pas une action bien sensible. Ce sont surtout les douches et les bains qui agissent, et en partie par leur thermalité. Les bains de vapeur, établis au-dessus même du griffon des sources, ont une grande puissance par Li chaleur vive et la quantité de souh^e qui se répandent dans l'atmosphère. On traite à Aix-la-Chapelle, en premier lieu les maladies de la peau; puis les vi(ux ulcères, certaines caries, le rhumatisme, la

goutte de forme rhumatismale, les engorgements articulaires chroniques, les tumeurs blanches, les gonflements osseux, et certaines paralysies.

Piatigorsk est une ville d'eaux créée en plein Caucase. Ses bains commodes, ses hôtels confortables, ses jolies promenades, ses habitants policés, sont de date relativement récente. En 1807, du temps de Klaproth, il n'y avait aux sources qu'un méchant bâtiment en bois, et un bain taillé dans le tuf, pouvant contenir six personnes à l'étroit.

Les baigneurs ne trouvaient près du bain, pour s'abriter, que des huttes de branchages; et ils étaient obligés d'aller se loger à Constantinogarsk à un peu plus de 5 kilomètres de là^

En outre, les malades devaient être forts et courageux, car Piatigorsk, située à la base méridional de la Machouka, dans le massif de Bechtaou, avait de turbulents voisins, les Tcherkess, dont il fallait souvent repousser les attaques. Des camps bien pourvus d'artillerie protégeaient les cures mouvementées de touristes aventureux.

L'endroit, qui possède des échantillons de presque toutes les sources médicinales, car il y en a de sulfureuses, de ferrugineuses et d'alcalines, méritait d'être conquis d'une façon définitive. Les Russes purgèrent la région des nomades et c'est avec la plus complète sécurité, qu'on va aujourd'hui s'y guérir sousl'administration d'un commandant des eaux du Caucase.

Piatigorsk est située à l'altitude de 475 mètres, ce qui

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