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L'Inde et riiKlo-Chine

Sources du Gange.

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nière partie de la route, il faut, en s'engageant clans plusieurs mauvais pas, gravir des parois verticales au moyen d'échelles branlantes, formées de pierres enfoncées dans la roche au-dessus du torrent. Un de ces escaliers est suspendu à une muraille perpendiculaire de rochers au confluent de la Bhagirati et de la Djanevi, qui coulent Tune et l'autre en des cluses effroyables. Les pèlerins qui se rendent au sanctuaire de Gangotri doivent faire leurs premières ablutions dans les eaux réunies des deux torrents ; ils y reçoivent le pain bénit de la main d'un brahmane et jettent dans le remous du courant une touffe d'herbes symbolisant sans doute leurs péchés. En aval, chaque lieu d'étape, chaque fontaine, chaque promontoire est un autre lieu sacré où les fidèles font leurs cérémonies préparatoires avant d'arriver au temple de la source.

(( La rivière Alaknanda, quoique moins sacrée que la Bhagirati dans l'opinion des Hindous, est cependant la branche maîtresse du fleuve; elle est presque deux fois plus large, et les montagnes qui lui envoient ses premières eaux dépassent en hauteur celles de Gangotri. L'Ibi Gamin, dont les flancs neigeux versent à droite et à gauche les hauts torrents qui forment l'Alaknanda, élève son dôme supérieur à 7781 mètres; de toutes les montagnes duTrans-Himalaya, c'est jusqu'à maintenant la plus haute qui ait été mesurée; son nom thibétain signifie a grand'mère de la neige » ; elle est consacrée à la déesse Nanda.

(( Un temple fréquenté ne pouvait manquer de s'élever au confluent de la Bhagirati et de l' Alaknanda, là où les deux rivières unies prennent le nom de Ganga :

c'est le « confluent divin. » Cependant c'est plus bas que se trouve le groupe le plus fréquenté des sanctuaires, celui qui a reçu le nom de Hardwar ou Haridwar, c'est-à-dire la « Porte de Vichnou, » ou bien Hara dwara, la a Porte de Siva, » car les sectateurs de chaque culte réclament pour leur dieu principal l'honneur d'avoir ouvert « la porte du Gange. » Il est probable toutefois que des temples s'élevaient déjà dans le défilé bien avant que fussent invoqués les noms de Vichnou et de Siva; maintes sculptures découvertes dans les débris de Mayapour, la cité qui précéda Hardwar, sont évidemment antérieures aux formes actuelles des religions hindoues —

« Les visites des pèlerins commencent au milieu de mars et continuent pendant près d'un mois. Les premiers voyageurs anglais évaluaient la foule qui se succédait à 2 millions d'hommes; en 1867, le camp des pèlerins occupait une surface de 57 kilomètres carrés. » Outre les dévots, il y avait, parmi cette foule, les marchands qui aiment à trafiquer dans les temples ou à leurs abords. Il est rare, dit encore l'éminent géographe, que maintenant le nombre des visiteurs dépasse 70 000, si ce n'est chaque douzième année, lors de la fête du Verseau. La ferveur s'est amoindrie, et la police anglaise se mêle des pèlerinages, qui étaient souvent des foyers d'épidémie, et où la foule s'écrasait; en 1819 la poussée de la multitude qui se précipitait vers le bain fut si grande, que 430 personnes s'y noyèrent. Souvent aussi les sectes rivales se battaient: on dit qu'en 1760, 18 000 cadavres couvrirent le sol autour des sanctuaires. » Enfin, ô sacrilège !

c'est à Hardwar que commence le grand canal d'irrigation du Doab, dérivé des eaux saintes du Gange.

Dans les cérémonies de tous les cultes, l'eau joue un rôle important. Les peuples les moins soucieux de la propreté dans leurs autres coutumes, les Juifs, les Musulmans, sont soumis, sous peine d'impiété, à un nombre réglementaire d'ablutions. Et ce n'est pas seulement chez les Hindous qu'il y a des sources particulièrement chères aux dieux : pour le culte de Jupiter, en Grèce, on ne pouvait se servir que de l'eau de l'Alphée. La Pythonisse de Delphes devait se plonger dans l'eau de la fontaine Castalie, avant de rendre ses oracles. Elever une fontaine, c'est faire œuvre pie. Il y a à Constantinople une jolie fontaine, appelée la fontaine du Sérail, tout en faïence et en marbres de diverses couleurs, avec cette inscription : « Buvez avec dévotion l'eau de Khan Ahmédié, et priez pour lui. » C'est bien là l'esprit de l'Orient : un verre d'eau vaut une prière.

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