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Paul de Sède. La Nature, 1885, l*^' semestre

ment qui a mis à découvert les canaux qui l'alimentaient il s'est singulièrement calmé ; il n'est plus même, à vrai dire, un véritable geyser, mais ce que les Islandais appellent un hvër (chaudière), c'est-à-dire une source qui dégage des vapeurs en abondance, mais dont l'eau reste toujours au même niveau. Le Vieux Geyser se compose de deux bassins ovales dont le plus grand a 5 mètres d'ouverture ; leurs parois sont d'une blancheur éclatante ; elles laissent échapper par une échancrure, un mince hlet d'eau.

Strockr ou Strockur (baratte) tel est le nom que les Islandais ont donné à la plus merveilleuse de leurs sources. Cette importance lui a été donnée par le tremblement de terre de 1789, car avant cette époque c'était un geyser peu considérable.

L'eau s'échappe directement du canal souterrain, un véritable puits, large de 1"',50 à 2 mètres, qui a une margelle peu élevée formée par des concrétions siliceuses. C'est sans doute au peu d'ancienneté du geyser qu'il faut attribuer l'absence de bassin. Dans le canal l'eau bout avec un bruit terrible, en projetant une écume jaunâtre, car elle est limoneuse. Quelquefois elle s'abaisse assez pour qu'on puisse voir dans l'intérieur du puits jusqu'à une profondeur d'une dizaine de mètres : il va toujours se rétrécissant et oblique vers le nord.

Le Strockur présente ce caractère particulier de répondre aux provocations des observateurs qui, en lui jetant des pierres ou des masses de terre, en obtiennent des éruptions. Les choses se passent alors d'une façon singulière : le tumulte s'apaise peu à peu, le si-

lencc se fuit presqiie complètement : on ne perçoit plus que les faibles secousses et les bruits métalliques d'un liquide qui commence à bouillir; mais ce diminuendo ne dure pas, et le geyser commence un crescendo qui, au bout de quelques minutes, se termine, en manière de point d'orgue, par la sortie d'un premier jet haut de 7 tà 8 J^ieds, et d'un diamètre égal à celui du puits. L'éruption est commencée ; les gerbes se succèdent sans interruption, l'une sortant souvent avant que l'autre soit retondjée; les plus élevées allant jusqu'à 30 et 40 mètres. C'est le rétrécissement de sa cheminée, qu'on oblitère facilement, qui permet d'obtenir ces éruptions.

Toute l'eau sortie du Sirockur y relond)e; pas une éclaboussure ne s'égare au debà de 2 à 5 mètres ; cette régularité est fort commode tà l'explorateur. Le Strockur n'est perfide que quand il est au repos, parce qu'on ne le voit pas. Des animaux y tond)ent quelquefois, et leur corps en land)eaux est rejeté au bout de de quelques instants.

Quand les touristes ne l'importunent pas, le Sirockur a des éruptions spontanées, et des plus imposantes. Ohlsen l'a vu lancer de l'eau bouillante pendant deux heures consécutives jusqu'à une hauteur de 150 pieds ; et Henderson rapporte qu'il a été téjuoin d'un spasme de trois quarts d'heure j)endant lequel les jets atteignirent 200 pieds de haut.

En pleine Asie, dans une région traversée par l'un des affluents du Tsangbo, le Namling, né du Khalamba la, dans le voisinage de Tengri nor, s'élancent à une hauteur de 18 mètres deux geysers d'eau sulfureuse.

Sauf pendant l'été, l'eau qui retombe se gèle autour de l'orifice en une margelle de cristal hérissée de hautes stalagmites ^

C'est dans le grand bassin du Firehole que se trouvent les geysers les plus puissants des États-Unis, et peut-être du monde. La vallée entière, formant une surface de 3 milles de large, est couverte d'une croûte de silice blanche comme la neige. De fort loin, on aperçoit des colonnes de vapeur indiquant les groupes les plus importants.

Les geysers sont répartis en deux bassins. Les premiers ou geysers inférieurs occupent une surface de 5 milles de longueur. Ce ne sont pas des sources de premier rang; mais ils n'en sont pas moins fort intéressants. 11 y en a environ un millier, à différents états d'activité ou de dessèchement. Beaucoup vomissent des colonnes d'eau de 2 à 6 pieds de diamètre et d'une hauteur de 15 cà 50 pieds. Un de ces geysers, dont 4'oriiice est fort étroit, lance tous les quarts d'heure une colonne d'eau de 20 à 30 pieds de hauteur. Un grand nombre de ces sources, dans un état d'ébullition continuelle, jaillissent cà 2 ou 4 pieds de haut; de temps en temps la colonne d'eau reçoit une impulsion extraordinaire, et s'élève jusqu'à 10 à 12 pieds. On a donné le nom de Fontaine architecturale à un geyser, autour duquel ses dépôts ont construit un véritable monument : le bassin entier a 150 pieds de diamètre. Sur une surface de plusieurs centaines de pieds s'étagent d'innombrables degrés demi-circulaires

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