Voyage en Terre sainle
iLu eiit taillés dans le roc vif à des niveaux successivement inférieurs, de manière que le premier, rempli directement par ces sources, déversât son trop-plein dans le second et celui-ci ensuite son trop-plein dans le troisième, à partir duqnel un aqueduc souterrain suivant les fleuves des vallées, et faisant tous les détours nécessaires pour conserver une pente constante, conduisait les eaux jusqu'à Jérusalem. Ces trois réservoirs, qui sont véritablement une merveille, se nomment El-Bourak, et pour les chrétiens, ce sont les vasques de Salomon. Au moyen âge, et probablement lorsque l'aqueduc fut réparé par le fils de Kelaoun, une forteresse nommée Qalâat-el-Bourak fut construite sur le flanc nord du réservoir supérieur, pour protéger et défendre au besoin cette prise d'eau. C'est aujourd'hui la demeure de quelques hommes préposés à la garde de ces vasques, qui pourtant n'envoient plus une goutte d'eau à Jérusalem. Quant à Taqueduc, il s'appelle aujourd'hui (du moins dans le voisinage de Beït-Lehm et du tombeau de Rachel) Qanal-el-Koufar (canal des infidèles).
« C'est à la réparation de cet aqueduc que Ponce- Pilate employa une partie du trésor du temple, à la grande indignation de la nation juive. Au moyen âge le soulthan d'Egypte, El-Malek-en-Naser-Mohammed- Ifn-Kelaoun, le fit réparer à son tour, et y établit un système de tuyaux de terre cuite, que l'on retrouve de temps en temps dans les parties dégradées et découvertes, lorsque l'on suit le trajet de cet aqueduc ruiné. »
L'aqueduc des eaux d'Etham aboutissait directe-
LES AOUEDUCS
lueiiL au teni[)lLS et était destiné au service du culte. Plus tard, on en fit un autre pour subvenir aux besoins de la population. « Ce furent cette fois les belles eaux de la source de Nephtoah, aujourd'hui Leftah, qui furent détournées et amenées à Jérusalem.
Aqueduc romaui.
Leftah n'est qu'à une lieue kilométrique au nord-ouest de Jérusalem. »
C'est à Rome qu'il faut aller pour voir dans tout son triomphe l'art des aqueducs.
Les eaux y abondaient. Dès l'origine, outre l'eau du Tibre, ses habitants utilisèrent celle d'un grand nombre de sources. On trouvait auprès du Cœlius, la fontaine de Mercure; au mont Palatin, la fontaine de Saturne; la fameuse grotte de la Louve laissait couler l'eau Lupercale; dans le voisinage, jaillissait la source
(le Castor et Pollux. Alberto Cassio, qui a publié en 1756 une Histoire des Aqueducs, parle encore des sources des Lautules, du Picus et du Faune, de Cybèle, de la nymphe Egérie : la plupart de ces fontaines coulent aujourd'hui sous les décombres de Rome. Il mentionne aussi Teau Argentine, qui n'est pas décrite par les anciens. L'eau de Saint-Damas, une des meilleures de Rome, jaillit au Vatican.
Pendant longtemps, les Romains se contentèrent de ces sources. Néanmoins, s'il faut en croire Pline, les aqueducs remonteraient à la plus haute antiquité. C'est ainsi que Marcia aurait été construit par le roi Ancus Marcius en l'an 127 de Rome; ruiné par le temps, il aurait été restauré par le préteur Quintus Marcius Rex.
Cependant, il est plus probable que le premier aqueduc est celui d'Appia et qu'il date seulement de l'an de Rome 442. Les censeurs C. Plantius, surnommé Venox à cause de son habileté à découvrir les veines d'eau, et Appius Claudius Crassus, l'auteur de la voie Appienne, étaient à la tête de l'entreprise; Appius Claudius trouva le moyen de se débarrasser de son collègue et donna son nom à la dérivation.
Les sources d'Appia se voient encore près du lieu dit Rustica, à peu de distance de la rive gauche de l'Anio (aujourd'hui Aniene et Teverone). La longueur de l'aqueduc était de 11190 pas^ Il recevait aux Gémelles, à son entrée à Rome, le ruisseau Augusta et une autre source, par un aqueduc de 6380 pas.
Viennent ensuite, par ordre d'ancienneté : Anio