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« tel une encyclopédie d'arguments pratiques dont « chacun soit une réfutation concluante de l’opposi- « tion et des critiques. Quatre heures sonnent et le « ministre doit être à la Chambre..…., etc. »
On nous pardonnera cette citation un peu longue, mais qui peint avec des couleurs pittoresques l’existence surmenée du ministre anglais. Un seul homme n'y pourrait suffire. Mais le génie pratique a pourvu à tout. Chaque ministre a d’abord en la personne de son sous-secrétaire politique un collaborateur actif et dévoué qui l’assiste dans l’accomplissement de ses devoirs parlementaires ; siègent-ils dans des chambres différentes (cas le plus fréquent) ? le sous-secrétaire fait plus qu’aider son chef, il le supplée complètement ; sont-ils tous deux membres de la même assemblée ? le sous-secrétaire se révèle alors dans le rôle d’un aidede-camp merveilleux.
Mais un ministre n’a pas que des attributions politiques, il est aussi le chef d’un département, exécutif, il a la direction d’un ou de plusieurs services publics. De là un nombre incalculable d’actes à accomplir, d’ordres à donner, d'opérations à surveiller. I] y a dans ces multiples obligations de quoi accaparer tous les instants de l’existence la plus laborieuse. Or, pour un ministre anglais, les exigences de la vie politique ont le pas sur la besogne administrative et c'est à peine S'il peut suffire à celles-là ; il a done fallu trouver un arrangement qui tint compte de cette situation, et l'on a créé les sous-secrétaires permanents. Nous insisterons dans le chapitre suivant sur le caractère propre de ces fonctionnaires et sur les différences qui les séparent des sous-secrétaires politiques. Ce sont eux qui ont la direction effective du département ministériel :
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impulsion, surveillance et contrôle, sous l'autorité du sous-secrétaire politique et du ministre. Presque toutes les pièces sont signées de l’un des sous-secrétaires ; le ministre ne donne que très peu de signatures. Le sous-setrétaire permanent est « un homme considé- « rable, vieilli sous le harnais, mais n'ayant aucun « rôle politique, gardien vigilant de la tradition, réper- « toire vivant des précédents, connaissant à la fois le « personnel et les affaires » (1).
Ce besoin d’avoir un collaborateur investi de la direction de la besogne administrative, est rendu encore plus pressant par ce fait que les ministres anglais ne sont pas des hommes spéciaux ou plutôt des professionnels (2). Ce sont avant tout des hommes politiques. Le professionnel a toujours devant lui un horizon plus ou moins borné ; son esprit est enserré dans un cercle d'idées assez étroites que limitent les préoccupations uniformes de sa profession. Ce qui fait l'homme politique, ce sont les idées générales, c’est la puissance d’abstraction, de systématisation. Et quand cet homme politique met à l’œuvre sa philosophie
(1) De Franqueville. Le Gouvernement et le Parlement Britanniques. T. I, p. 521-522.
(2) Ibid. 520-522. « Jamais on ne voit un officier à la tête du « ministère de la guerre ou un marin chargé de l'adminis- « tration de la marine. On ne trouve pas davantage au minis- « tère des Indes ou des colonies d'anciens gouverneurs géné- « Taux ; C’est très exceptionnellement qu'un diplomate a le « portefeuille des affaires étrangères. Les finances ne sont « pas gérées par un banquier, ni le commerce par un négo- « ciant ou un ingénieur. Qu'un colonel fasse partie du Cabi- « net, on le trouvera placé à la marine, ou à la chancellerie « du duché de Lancastre, un libraire sera premier Lord de « l'Amirauté (de Franqueville). »
« — Il n'y a d'exception que pour le chancelier qui est ordinairement un légiste en grand renom »., Fischel. T, I, p. 238.