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position choisit pour whips des pairs qui jadis ont servi le Gouvernement en cette qualité, ou espèrent le faire un jour. Ce sont là les whips parlementaires ou « indocr whips ». Mais il y a, en outre, en dehors des Chambres, un groupe (outside firm) de whips professionnels. Ce sont des juristes, des lawyers. Cette seconde catégorie de whips a une influence peut-être plus grande que les autres, que les indoor whips. Ils sont admirablement renseignés sur le compte de tous les membres du Parlement, connaissent la vie privée et publique de chacun d'eux, celle de leurs familles, sont au courant de toutes leurs opinions, savent leurs côtés faibles et par où on pourra les prendre.
Ces whips officieux sont en quelque sorte les pourvoyeurs des whips parlementaires, leur fournissant des renseignements, des rapports et des avis sur la ligne de conduite à suivre.
Les whips sont un organe indispensable du Gouvernement parlementaire en Angleterre. C’est d'eux que dépend souvent le scrt d’un ministère ou le triomphe d’une politique. Ils sont les vrais autocrates de la Chambre : rien ne se fait sans leur avis et tout effort, privé de leur concours, est voué à l’insuccès. Ils interviennent dans tout, sauf dans l'initiative des mesures : c’est le Cabinet qui arrête le plan d’une campagne, mais ce sont les whips qui en règlent les détails. Ils choisissent le terrain de combat, groupent et disciplinent les forces de chaque côté, règlent l’ordre et la marche des hostilités et décident de la durée du combat. Leur champ d'action s'étend à la fois en dehors et au dedans du Parlement : il a pour théâtre les clubs et les salons aussi bien que les couloirs de Westminsier.
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Pour être un bon whip, il faut posséder de rares qualités : beaucoup de tact, une grande énergie, une profonde connaissance des hommes, du sang-froid, de la confiance en soi-même, et surtout une vigilance qui ne sommeille jamais (unslumbering watchfulness). Pour gagner un vote, il faut subir nombre de rebuffades, car les honorables membres sont souvent bien aise de « rembarrer les whips ». Observer tout, sans avoir l'air de rien, avoir connaissance de tout sans faire étalage de curiosité, et rapporter fidèlement au premier ministre tout ce qu'il a vu ou entendu, telle est la mission du whip ministériel. Son adversaire, le whip de l'opposition, agit de même pour le leader de son parti. Les deux chefs organisent leur tactique sur des données fournies par les whips. Le premier ministre peut regarder un bill comme l'incarnation d’un principe politique : le whip envisage toute chose sous le point de vue question.
Décrivons quelques-unes des opérations du whipping. Chemin faisant, je mettrai en relief les particularités que présente le rôle du secrétaire de la Trésorerie, premier whip du Gouvernement.
Je suppose qu’un débat très important doive avoir lieu le lendemain à la Chambre des Communes ; l'opposition a médité un plan d'attaque à l'encontre du Cabinet sur une question de politique extérieure ; la lutte promet d’être chaude. Les débats seront clos par une « division » (1) qui décidera du sort du ministère. Il faut à tout prix que le parti se rassemble en masse à la Chambre pour suivre la discussion et voter comme un seul homme. La première tâche du whip
(1) La division est une façon spéciale de voter, propre aux Chambres anglaises. Je la décrirai plus loin.
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sera de raccoler, par tous les moyens possibles, ses partisans et de les entraîner, même malgré eux, là où leur devoir les appelle. La veille, dès six heures du soir, le whip du Gouvernement sait qu’il y aura une grande discussion le jour suivant. Ii donne immédiatement des ordres au personnage qui lui sert de secrétaire. Celui-ci se retire alors dans son bureau à King Street : les machines lithographiques sont mises en mouvement et, avant l’arrivée de la poste, le lendemain matin, on aura préparé à l'adresse des députés, au dessous des informations parlementaires, des noies doubles, triples et quadruples pour les mettre au courant des affaires qui seront discutées. On préviendra au: besoin les honcrables membres par des télégrammes, on leur dépêchera même des courriers individuels. Cela s'appelle, en terme de whipping, lancer le fouet. Mais, une fois le fouet lancé, la grosse affaire, pour le whip, est de veiller à ce que les membres qu'il a fait prévenir ne glissent pas entre ses doigts. C’est la partie délicate de sa tâche ; il y doit déployer une activité extraordinaire, en même temps qu'un tact parfait. Un acrchate n'est pas plus agile que lui, ni Cerbère plus vigilant. Beaucoup de parlementaires mettent peu d'empressement à se rendre aux séances : certains n’assistent qu'aux débats exceptionnels, ou invoquent toutes sortes de prétextes pour rester chez eux, maladie, éloignement de leur domicile, etc. Le -Whip a souvent fort à faire pour vaincre l’apathie des députés récalcitrants. Il essaie de tous les moyens
circulaires pressantes, intervention personnelle, et, si cela ne suffit pas, il a recours a des procédés plus efficaces. C'est un grand homme du voisinage qui agira par persuasion sur un Commoner entêté : c'est