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fonctionnaire à cause des antécédents et de l’irresponsabilité de ce dernier. Leur état d'esprit politique est différent, leurs actes ont des conséquences et une portée dissemblables : ils verront fréquemment les mêmes choses sous des aspects divers : ils aboutiront souvent, par suite, à des solutions contraires.
Le fonctionnaire ne pourra guère renoncer à défendre certains préjugés, certaines traditions, qu’il a toute sa vie respectés par profession : ne cédera-t-il pas aussi avec trop de facilité aux sollicitations de subordonnés qui auront été ses collègues ? Vis-à-vis du ministre même qu'il considèrera avant tout, quoi qu’il en soit, Comme son supérieur hiérarchique, aura-til une attitude aussi libre qu'un membre du Parlement, pour qui le ministre n’est qu'un collègue ?
De plus le fonctionnaire, qui n’a pas la pratique du monde parlementaire, ne saura pas toujours, s’il est appelé à donner des explications devant le Parlement, présenter des arguments de nature à enlever les suffrages de ses membres. Lors même qu'il aurait cette habileté, les Chambres accepteront-elles de la part d’un fonctionnaire les observations, les considérations d’un caractère politique, qui, dans la bouche d’un ministre ou d'un sous-secrétaire d'Etat sort de leurs rangs, leur paraissent toutes naturelles ? L'accueil qui est fait aux commissaires du gouvernement, quand ils sortent par hasard du domaine technique pour entrer sur le terrain politique, permet d'en douter.
Le fonctionnaire sera sans doute pour le ministre un excellent conseiller, et pourra lui suggérer d’utiles solutions. Mais, s’il devait borner là son concours, on pourrait fort bien se passer de lui : on pourrait fort bien se contenter des avis fournis par les directeurs