‹ Les Soutanes sous la mitrailleChapitre 2 sur 9 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

procurer îe meilleur moyen de ne point la craindre.

Les récits des journaux, les citations à l'ordre de l'armée, les mises aux tableaux d'avancement et de concours pour la légion d'honneur et la médaille militaire, nous ont montré nos prêtres à l'oeuvre, donnant, autour d'eux, l'exemple de la bravoure, encourageant les hommes parleur attitude et la sérénité de leur humeur, leur apprenant à mourir en leur adoucissant le sacrifice de leur vie, pansant les blessures, bénissant et absolvant avant k ruée à l'assaut, célébrant le saint sacrifice en plein air, en laissant voir, sous les vêtements sacerdotaux, leur pantalon rouge et leurs brodequins, rampant entre les tranchées adverses pour sauver quelque blessé, recueillant les dernières volontés des mori» bonds.

Mais ce n'était pas assez de ces récits épars et de ces citations ; il convenait de les grouper, de les condenser dans un livre qui fut comme un monument élevé pour la glorification de l'œuvre de notre beau clergé catholique français.

C'est ce livre que M. René Gaëll nous présente, en homme qui, parfaitement documenté — et pour cause — sur l'âme du prêtre et sur celle du soldat, nous les montre, tautôt côte à côte, tantôt se eonfon-

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dant en un seul et même personnage, toujours en action et pris sur le vif.

Il nous peint le soldat français, tel que je l'ai connu au cours de ma longue carrière, avec son langage imagé, sa belle crânerie, le sourire gouailleur dont il se plait à couvrir une sentimenta- Kté dont il a la pudeur ; il nous le fait voir soucieux de l'au-delà, parce qu'il a un fond religieux, et pro* fitant, avec empressement, de la présence du prêtre pour éliminer une préoccupation qui l'assiège et pourrait le rendre moins vaillant, moins disposé à « mettre sa peau en banque > . Il nous le montre ■lAtant ta douleur, crânant jusque sur le « billard » à opérations, sachant admirablement, en préaence de la sciur, de l'infirmière et du prêtre, ramener ion langage au « pittoresque > et s'adaptant, sans effort, à un milieu qui n'est plus celui de la chambrée.

Je sais un gré infini à M. René Gaëll de nout l'avoir ainsi mis au point, sous une attitude vraie, tcssi éloignée du trivial que d'un ifivraisemblable idéal, et d'avoir, dans des tableaux très réels sans ^tre réalistes, provoqué, tour à tour, l'admiration, l'enthousiasme du lecteur devant les faits et gestes de nos inimitables troupiers.

11 m'a paru — car, sous ce rapport, je ne lauraif

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être, comme pour le soldat, un juge compétent — que ses prêtres aussi sont très vrais. Le séjour à la caserne leur a donné la « manière » de s'adresser aux difiFérents troupiers ; il leur a enseigné comment, en mêlant à l'autorité morale la nuance d'abandon qui convient à chaque cas, on met le soldat en conûance, et l'on provoque ses confidences, son retouï aux pratiques religieuses. L'expérience acquise au milieu des misères de la caserne est exploitée au profit de l'exercice du ministère sacré.

Les prêtres de M. René Gaëil sont vivants et agissants, sublimes dans et par leur simplicité. À tous leurs actes militaires est associé un sentiment chrétien et sacerdotal et la description de ce mélange du devoir militaire et du devoir spirituel, l'un étayant et sanctifiant l'autre, est un des charmes du livre.

D est un passage — et J6 ne citerai que celuiJà pour ne pas gâter le plaisir du lecteur — qui a particulièrement retenu mon attention. Un prêtre, sergent, s'est offert pour accomplir une mission périlleuse ; le salut des siens commande que l'éveil ne soit pas donné. Une sentinelle ennemie est là, que le moindre bruit peut avertir et qui, alors, donnera l'alerte. Il faut la supprimer, et sans bruit. Le ser-

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gent s'approche en rampant, l'étrangle et racliève d'un coup de baïonnette. Il vient d'agir en soldat, en soldat avisé, qui a mis au service de sa mission, toute son intelligence, son courage, sa force musculaire, puis sa baïonnetle, l'arme silencieuse. Le travail fait — et il a dû coûter à son âme de prêtre — le soldat redevient prêtre, et il prie pour l'âme de celui qu'il vient d'immoler par devoir. Plus tard, à l'ambulance où il soignera sa blessure, sa première messe sera dite à l'intention de sa victime.

En même temps qu'il nous a fait pénétrer dans la conscience du prêtre -soldat, qu'il nous a fait entrevoir tout ce qu'a de douloureusement pénible cette antinomie entre le meurtre légal qu'il commet pour le compte de sa patrie et la mission de paix à laquelle il a voué son existence, M. René GaëUa voulu — et il y a très heureusement réussi — fixer un point de doctrine. Jlnous a montré comment une âme droite sait concilier, sans les sacrifier l'un à l'autre, deux devoirs en apparence inconciliables elles accomplir tous deux en vaillant soldat et en prêtre scrupuleux. Ce chapitre du livre est vraiment beau.

Point n'est besoin de souhaiter à l'œuvre de M. René Gaëllun bo-n accueil. En la lisant, le soldat ne pourra que se féliciter d'avoir été, ainsi, photo-

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graphie sous la forme d'instantanés, tour à tour gais, émouvants, poignants et toujours pris au bon moment ; le prêtre se convaincra, une fois de plus, et l'histoire ne cessera de l'enseigner, que l'épreuve subie avec résignation et accueillie avec fierté tourne toujours au profit de celui à qui elle a été imposée et souvent — c'est ici le cas — à sa glorification.

Quant au lecteur qui, ni prêtre ni soldat, voudra tirer de ce livre un enseignement, il pourra y puiser, s'il ne l'a déjà, la conviction que la religion est et sera toujours un puissant levier, qu'elle constitue l'appui le plus sûr et le plus efficace du patriotisme, et que, ne fût-ce qu'à ce titre, elle mérite de tenir la ^ace d'honneur dans l'éducation d'une nation.

Général Humbel.

& APPEL DU DETOIB

— • Cette fois, m© dit mon vieil ami le général, je crois que ce n'est plus pour rire.

C'était au soir du Congrès international de Lourdes. Toutes les voix s'étaient unies pour la> prière incomparable et dans tous les cœurs se prolongeait silencieusement l'hosanna de l'univers.

Moi aussi je vivais ce rêve de paix qui semblait ne plus pouvoir finir.

Et lui, soucieux, presque brutal, entré déjà dans; la réalité, dispersait nos illusions heureuseï, eelle» qu'une confiance nouvelle avait fait oâttr* 40 nos âmes :

— Non, dit-il, avec cette belle énergie qui tait regarder en face les nécessités doulouï'euseï tt calmela fièvre que fait monter aux cerveaux la paniée du redoutable imprévu. Non I ce n'tst plus pour fire, nous avons la guerre,,.

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Et il 66 mit à m'expiiquer rencliaînement des ■complications internationales, l'effroyable orgueil de l'Allemagne, serrée entre ces deux alternatives : s'agrandir ou périr. Il me montra l'inutilité de la diplomatie, la mauvaise foi des interventions pacifiques, la ruée des événements vers la catastrophe inévitable et sanglante.

— Dans une semaine, et moins peut-être, des millions d'hommes seront en marche et l'Europe va suer du sang.

... Cinq jours après, je quittais Lourdes presque déserte. Sur le fascicule rouge de mon livret militaire, j'avais lu — et je crois bien que c'était la première fois — ma destination pour l'heure tragique, l'ordre de rejoindre mon poste de mobilisation. Et cette feuille banale m'était a[7^rae soudain d'une éloquence formidable.

J'étais soldat, encore, etcette fois « pts pour rire »,. comme disait le général, mais pour la guerre.

En moi, le citoyen frémissait comme nous avons tous frémi pendant ces heures dont l'émotion se prolonge encore et n'est pas près de finir.

Mais le prêtre se sentait plus grand, plus humam, pius consolateur. Et ù ceux qui nous rencontraient alors, avec cette question qui pressait toutes les lèvres : ■ Vous partez ? » nous répondions : « Oui, mais pas pour tuer ; pour soigner, pour guérir, «t surtout pour absoudre • .

Et oous sentions que des yeux hamidefl nous regardaient et que, sur notre passage, c'était de U oonHanoe, é» la sécurité, du réconfort qui s'efiirmaienL

Une mère dont les cinq fils allaient partir sur le front de bataille — une inconnue pourtant, et que l'imprévu d'un voyage bousculé avait placée près do moi — me disait d'une voix, ferme que n'altéraient point ses larmes courageuses :

— lis ont semé les aumôniers dans les régiments. .Vous serez parlent, et c'est la revanche de Dieu.

Que d'angoisses calmées et que de sacriûces mieux acceptés, que décourages idéalisés par cette pensée : « Ils seront là... »

C'est au dépôt de la ..." section du service de santé, aux premiers jours de la mobilisation. Là, comme partout, c'est la ûèvre des grands préparatifs, la tumultueuse activité dans l'ordre admirable du gra.:^! mouvement prévu et préparé. Dans la grande ^iile passent les régiments qui s'en vont au feu, acclamés, fêtés, fleuris, parés, assaillis de bravos, poursuivis de baisers.

Nous sommes plus d© mille, et seulement des premiers appelés, car il en faudra bien d'autres. La moitié sont des prêtres, et nos soutanes attirent d'ardenles syrapalhios. Les deux amours si longtemps séparés, pouriant inséparables, de Dieu et de la patrie, se rencontrent, cette fois, fraternellement et s'unissent comme deux grandes choses nécessaires.

Lheure n'est plus à la blague, ni même à l'indilTérence. Notre mission s'a.Tirme, et la pensée du sacerdoce consolateur s'impose. On nous serre les mains, on se rapproche de nous : nous sommes la force qui rassure.

16 LES SOUTA?(ES SOUS LA HITRAILLl

Un officier vienl à nous, et, devant cett« masse d'hommes assemblés, nous salue :

— Messieurs, je voudrais vous embrasser tous, au nom de toutes les mères... Si vous saviez comme elles comptent sur vous, ces femmes, et comme elles bénissent les consolateurs que vous serez.... Nous ne savons pas les mots qui fortifient et nous ignorons les prières qui bercent l'agonie... Mai» vous...

Et, en disant cela, il pleurait, sans essayer de cacher son émotion, car il sentait déjà l'immensité du sacrifice et l'impuissance des hommes à consoler les horreurs de la mort en pleine jeunesse...

Non, ce n'était plus « pour rire » cette fois, et tous le sentaient profondément et l'aftirmaient par leurs regsrds de respect tournés vers nous.

Les autres, ces millions d'hommes en route vers la frontière, allaient vers l'inconnu. Chez nous, une certitude s'affirmait, nous faisait déjà voir la mission triste et sainte que la guerre nous pré-

l^arait : soigner les blessures et ouvrir le ciel

Panser des plaies et relever des courages abattut par l'épreuve trop lourde imposée à la chair. Grandir les volontés et rendre plus fortes les énergies. Jamais nous ne nous étions senti des âmes si apostoliques et des CG&urs si fraternels.

— Garde à vous !

Un silence plana. Les yeux ne voyaient plus que les champs lointains au là-bas tragique. Une voix appelait nos noms, nous désignait pour les tâches d'humanité, de secours et de charité.

D'abord les brancardiers... La liste était longuA

de ceux qui allaienl partir, dans deux heures, pour le front, avec la mission de relever les blessés, sur la ligne de feu, sous la mort, presque en pleine bataille.

De temps à autre, l'officier coupait la monotonie des appels par de brèves jéflexions, comme on en risque en ces minutes où chacun accepte la part (h sacrifice qai lui est dévolue, avec la sérénité d'âmes oublieuses d'elles-mêmes et disposées à tout accepter, parce que c'est le devoir.

— Vous serez aussi exposés que les combattants... L'ennemi tirera sur nos ambulances et la croix rouge des brassards et des pavillons ne protège pas contre les balles allemandes...

La liste s'allongeait. Tour à tour, les hommes de trente ans, de quarante ans, recevaient l'investiture du dévouement et du danger. Le chef continuait :

— Il en est parmi vous qui ne reviendront pas, et votre courage n'en sera que plus beau. On pourra vous tuer, vous ne tuerez pas. Votre seul devoir est d'aimer quand même la souffrance, quel que soit l'être mutilé tombé sur votre route et qui vous criera : « Pitié I ».

Une voix partit des rangs :

— Même les Boches ?

L'officier regarda, sourit un peu, puis, comme à regret :

— Eh oui ! même les Boches, mon ami...

Il y eut parmi nous un murmure de protestation gaie et sans conviction.

— Je vous comprends, dit le chef ; mais puisqu'il est entendu que votre devoir, à vous, est l'héroïsm»

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sans espdir de revanche... l'héroïsme tout court et l'abnégation surhumaine... celle des apôtres qui ont l'étoiTe des martyrs,.

Celui qui avait protesté tout à l'heure, et que le hasard du rassemblement avait placé près de moi, était un ami très cher, une de ces âmes vaillantes et joliment téméraires toujours tendues vers les tâches hardies et les entreprises audacieuses... C'était un beau et fier mousquetaire en soutane.

n était de ceux qui partaient sur le front, et lorsque son nom avait été prononcé tout à Fheure, une joie soudaine avait éclairé son visage.

— Eufin ! moi qui avais tant peur de rester !

Rester loin du danger, c'était pour nous tous comme une condamnation, une sorts de déchéance, une auréole perdue. Et nous le sentions, nous les anciens de la territoriale, destinés aux hôpitaux de l'Ouest, ceux qui devaient abriter les blessés hors des risques de l'invasion.

L'abbé Duroy vivait déjà dans la réalité. Ses yeux voyaient le proche avenir et son ccsur, à cette minute, se donnait 6perdument à la tâche généreuse. Et je l'admirais, parce qu'il était beau et qu'il représentait, à cette heure, tout le sacerdoce, ami des souffrants, impatient de se donner aux besognes saintes qui font accepter la guerre et en adoucissent les horreurs.

Il s'en allait vers le là-bas terrible, vers l'angoisse ella mort, et en lui je croyaisvoir tous les prêtres de France, en route pour k frontière, investis de cette mission divine qui est d'ouvrir la vie éternelle â l'heure où périssent les vies mortelles.

LSS SOUTA.'VKS SOUS LA UITRAILLE 19

Lorsque nous fûmes dispersés, chacun préparant son fourbi pour le dé pari, Duroy m'entraîna sous les arbres.

— Tu es jaloux, me dit-il.

— Pourquoi pas?

— Jeté comprends. C'est si bien nous^ cette existence qui commence et ce dévouement qu'on nous réclame. Mais dis-moi, crois-tu qu'il était nécessaire d'être mobilisés pour faire ce que nous faisons ?... Qu'est-ce que l'ordre d'appel inscrit sur nos livrets militaires 'f Depuis vingt ans, depuis toujours, nous étions des hommes de la patrie, des soldats de bénédiction, et de soutien.

Un clairon sonnait. C'était la première annonce du départ.

Il me tendit la main ; nos regards s'unirent dans la même grande pensée et aussi dans la même lerrible crainte.

Je fus le plus faible et la question qui m'étreignait le cœur et me pressait les lèvres échappa à la violence de mon émotion :

— Quand se reverra-t-on ?

Lui, très fier et très fort devant cette évocation du danger, répéta comme un écho :

— ... Se reverra-t-on ?

Puis il rompit le court silence qu'il devinait déprimant pour son courage :

— Mourir comme cela, à trente ans... J'ai peur de ne pas mériter cette grâce...

Alors, redevenant le vrai soldat qu'il ne cessait jamais d'être, Duroy me frappa sur l'épaule.

— Une idée, mon cher... Je t'écrirai de là-bas.

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tant que je pourrai écrire. Et de tes impressions, mêlées aux miennes, je suis sûr que tu feras des pages émouvantes... Je suis ton correspondant de guerre.

Il m'embrassa et je sentis que sa promesse était de celles qui tiennent et ne trompent point.

Lui sur le front, moi dans un hôpital ; tous deux, avec des risques différents, occupés à la même tâche, c'était, en effet, de quoi tenter ma plunp.

Et voilà pourquoi j'ai entrepris celte œuvre. Elle ne contiendra que des pages de vérité, écrites au milieu de la douleur patiente, diï sacrifice et du

L'ordre de mobilisation m'a fait infirmier dans un hôpital queles obus allemands, ni les bombes lâchées des Taubes n'atteindront pas. Et pourtant, dans la vue de ces chairs mutilées des petits héros tombés face à l'ennemi, j'ai puisé les grandes et rudes leçons de la souff'rance endurée pour la cause subhme.

Parfois, sur mes mains qui écrivent, je retrouve les taches mal effacées du sang qui a coulé des blessures soignées durant des heures. Mon tablier blanc, qui est devenu mon uniforme, est rouge par endroits, et dans ce coin de la salle d'hôpital où nos enfants sommeillent ou gémissent, j'éprouve, à certaines heures, le frisson de la guerre. J'ai ma part de la douleur commune.

Un blessé de dix-neuf ans qui a le bras gauche broyé, m'a dit un soir, alors que j'essayais de ramener en son cœur !a résignation et la paix :

— Tout de môme, c'est bon, dans notre misère, d'être soignés par vous...

Et comme j'essayais de lui faire préciser ce qu'il trouvait de si bon dans nos soins, il m'attira tout près de lui, comme un enfant câlin.

— C'est, murmura-t-il, parce que vous nous aimez.

Les aimer 1 C'est notre tâche, notre doux devoir, notre passion I Chez tous, ils trouvent la bienveillance humaine ; chez nous, ils rencontrent la charité divine.

Un vieux marsouin du Maroc, à qui on a désarticulé quatre doigts broyés, clamait l'autre jour dans la salle :

— Moi, ça m'était égal de me faire casser quelque chose à la guerre. Du moment qu'on a des curés pour vous soigner, y a bon, comme disent les Arabes.

Actuellement, vingt mille prêtres de France assistent les blessés... Plus qae jamais, Dieu veille sar la patrie 1...

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