‹ Les soutiens de la sociétéChapitre 24 sur 131 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Les Mêmes, JOHANN TONNESEN , M"« LONA , M"« DINA OLAF

(Johann Tonnesen et Dina, puis Lona Hessel et Olaf arrivent par le jardin).

/ohann. — Eh bien, nous sommes sortis, nous sommes

allés revoir • toutes les anciennes rues, les anciennes places.

bernick. — Il y a bien des changements, n'est-ce pas?

mademoiselle lona. — Il y a surtout les beaux travaux du consul Bernick. Nous avons aussi visité les établissements dont tu as doté la ville.

BERNIGK. — Aussi!

mademoiselle lona. — «Offert par le consul Bernick» avons-nous lu à l'entrée. Tu es bien le premier citoyen de la ville.

johann. — Et tu as de magnifiques navires. J'ai rencontré le capitaine du Palmier, qui est un ancien camarade de classe.

mademoiselle lona. — Tu as aussi construit une nouvelle école.

johann. — D'après ce que j'apprends, c'est à toi que la ville est redevable de l'aqueduc et de l'usine à gaz.

bernick. — Il faut bien faire quelque chose pour la société dans laquelle on vit.

mademoiselle lona. — C'est très bien, beau-frère. Aussi est-ce une vraie joie d'entendre comment on parle de toi, je ne pense pas être vaniteuse; cependant je ne pouvais m'empêcher de penser, pendant que nous causions avec les uns et les autres, que nous sommes de la même famille.

HILMAR. — Oh ! Oh l

mademoiselle lona. — Tu en es encore à tes : Oh ! Oh I

hilmar. — Non, c'est : Ah I Ah ! que je disais.

mademoiselle lona. — Du reste, ne te gêne pas, mon cher... Mais vous êtes tout à fait seuls aujourd'hui?

madame BKRNiGK. — Oui, aujourd'hui, nous sommes seuls.

mademoiselle lona. — Tant mieux I Nous avons encontre sur la place quelques-uns de ces... moralisa-

urs; ils ont feint d'être pressés. Nous n'aurions pas ii grand'chose à leur dire non plus. Je les avais vus ici nier, avec le pasteur.

HiLMAit. — Le vicaire.

mademoiselle lona. — Le pasteur... Mais que dites- ! vous de mon garçon? N'est-ce pas que c'est un solide gaillard ? Qui reconnaîtrait le mauvais sujet d'il y a quinze ans ?

hilmar. — Oh !

johann. — Lona, ne te vante pas tant l

mademoiselle lona. — Gomment ne serais-je pas fière de toi ? Tu es du reste la seule personne que j'ai guidée dans la vie.

hilmar. — Guidée ! Oh ! Oh !

mademoiselle lona. — Oui. Johann, quand je pense comment nous avons débuté là-bas, avec nos quatre mains vides

hilmar. — Vides ? je dois dire...

mademoiselle lona. — Que dois-tu dire ?

bernick. — Hum 1

hilmar. — Je dois dire... Oh! Oh! (Il sort par le per ron.)

mademoiselle lona. — Mais qu'a-t-il donc ?

bernick. — Oh ! ne faites pas attention à lui; il est un peu nerveux en ce moment. Veux-tu venir faire un tour dans le jardin ? Tu n'y es pas encore allée. Justement j'ai une heure libre.

mademoiselle lona. — Avec plaisir. Tu peux m'en croire, bien souvent je me suis trouvée parle cœur, auprès de vous, dans ce jardin...

madame bernigk. — Tu vas voir. Là aussi on a fait de grands changements.

(Le consul, sa femme et Lona, descendent dans le jardin où on les voit, de temps en temps, passer et repasser.

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