‹ Les soutiens de la sociétéChapitre 64 sur 131 · SCÈNE XIV BERNICK, Mll« LONA · texte numérisé non relu

SCÈNE XIV BERNICK, Mll« LONA

lona. — Richard, tu dis que nous avons résolu de te perdre! Et moi je vais te prouver quel brave cœur était l'homme que votre morale à vous autres traite en pestiféré, celui qui vient de te sauver par son départ.

bernick. — Mais il reviendra!...

lona. — Johann ne reviendra pas. Il a quitté cette ville à jamais et Dina est partie avec lui.

bernick. — Il ne reviendra jamais, et Dina est partie ^avec lui?

lona. — Oui, elle l'épouse. Tous les deux jettent ce défi à votre vertu... comme moi-même... autrefois...

bernick. — Partie... elle aussi... avec VIndian Girll

lona. — Non, il n'a pas voulu confier un si précieux trésors à ces mauvais sujets. Johann et Dina sont partis avec le Palmier.

•" S .il'

bernigk. — Ah! Ainsi... c'est... inutilement... (Il traverse rapidement la scène, ouvre violemment la porte de sa chambre et crie.) Krapp, empêchez VIndian Girl départir, elle ne prendra pas la mer, ce soir!

krapp {de la chambre). — L'Indian Girl est déjà en mer, monsieur le consul.

bernick {d'un air altéré). — Trop tardî... Et tout à fait inutilement...

lona. — Que veux-tu dire ?

bernigk. — Rien, rien, va-t'en!

lona. — Huml Écoute, Richard, Johann m'a prié de te dire qu'il me confiait le soin de son honneur, que tu lui as volé pendant son absence. Johann se taira; mais moi je puis faire, ou laisser faire ce qu'il me plaira. Tiens, vois, j'ai ici tes deux lettres, je les ai dans ma main.

bernick. — Tu les as? Et maintenant, maintenant, tu veux, dès ce soir... peut-être quand la sérénade...

lona. — Je n% suis pas venue te dénoncer, mais te pousser à parler volontairement. Je n'ai pas réussi. Eh bien, persiste dans ton mensonge. Vois, je déchire ces deux lettres. Prends les morceaux. Les as-tu? Nous n'avons plus aucune arme contre toi, Richard; sois tranquille maintenant et heureux, si tu en as le cœur.

bernigk {désespéré). — Lona, pourquoi n?as-tu pas fait cela plus tôt? Il est trop tard, à cette heure, j'ai brisé ma vie!

lona. — Qu'est-il donc arrivé?

bernigk. —Ne m'interroge pas! Et cependant!... Il faut que je vive! Il faut que je vive pour mon fils ! C'est 1 li qui expiera et qui réparera.

lona. — Richard !

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