‹ Les soutiens de la sociétéChapitre 68 sur 131 · SCÈNE XVIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVIII

rorlund. — Monsieur et très honoré consul, à l'étonnement que je lis sur votre visage je vois que nous sommes des hôtes inattendus dans le cercle de votre heureuse famille, à votre calme foyer, où vous entourent tant d'amis si probes et si infatigables dans leurs belles et bonnes œuvres, si profitables à tous. Mais notre cœur a éprouvé le besoin de vous offrir nos sincères hommages. Ce n'est certes pas la première fois que nous avons ce bonheur, mais jamais cette manifestation n'avait revêtu un caractère aussi grandiose. Depuis longtemps déjà nous voulions vous offrir nos actions de grâce pour le solide appui moral que vous prêtez à notre société, si j'ose m'exprimer ainsi. (Voix dans la foule et ~Wiegelan& qui crient : Bravo! bravo/) Aujourd'hui nous rendons hommage d'abord au citoyen dévoué, infatigable, désintéressé et clairvoyant qui a pris l'initiative d'une entreprise dont les brillantes apparences permettent de croire qu'elle contribuera pour une large part au bien-être matériel et moral de notre société. (Des voix crient : bravo l) Monsieur le consul, depuis de longues années vous avez été pour notre ville un exemple lumineux. Je ne parle point ici de votre irréprochable vie de famille et de votre moralité sans tache; ce sont là choses auxquelles on ne peut toucher au milieu d'une fête pareille! Mais je veux parler de l'activité que vous montrez à nos yeux. Des navires merveilleusement équipés sortent de vos chantiers et portent vos drapeaux sur

les mers les plus lointaines. Une nombreuse armée d'heureux travailleurs vous regarde comme son père ; vous avez ouvert au commerce des horizons inconnus; vous avez créé des ressources qui alimentent des centaines de familles; en d'autres termes, vous êtes, au sens absolu du mot, la pierre angulaire de notre société. (Voix : Ecoutez ! écoute^ ! bravo !) Et c'est précisément le désintéressement dont toute votre vie a porté le sceau qui a produit des résultats si satisfaisants, surtout en ces dernières années. A l'heure actuelle, vous êtes sur le point de nous donner, je n'hésite pas à prononcer ce mot prosaïque, un chemin de ferî (Plusieurs voix: bravo ! bravo !) Cette entreprise, il est vrai, semble au premier abord devoir présenter quelques difficultés, dont on trouverait facilement l'origine dans des considérations étroites et égoïstes. (Voix: Ecoute^, écoutez \) On n'ignore pas suriout que certains individus, qui n'appartiennent pas à notre société, ont prévenu nos industrieux ■concitoyens et trouvé le moyen de faire de grands bénéfices qui auraient du profiter à notre ville (Voix : oui, oui, écoutez 1) Vous avez naturellement eu connaissance de cet incident déplorable, monsieur le consul, mais vous n'en avez pas moins persisté, avec une fermeté remarquable, dans votre entreprise, parce qu'un bon •citoyen ne doit pas seulement avoir en vue le bonheur de sa propre cité. (Plusieurs voix : Hum\ hum\ No?i\ Ouil ouil) Aussi, est-ce en même temps au citoyen de l'Etat qu'au bourgeois de la ville, en un mot à l'homme, dans son acception la plus complète, que nous présentons nos respects ee soir. Puisse votre entreprise tourner au profit durable et réel de la société entière. Le chemin

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