SCÈNE IV Les Mêmes, OLAP
olaf (qui arrive par le perron). — Tu as été poursuivi par un morse, mon oncle?
hilmar. — En rêve seulement, mauvais gamin. Tu joues encore avec cetarc ridicule? Pourquoi ne prends tu pas pour t'exercer une arme plus sérieuse?
olaf. — Je voudrais bien, mais....
hilmar. — Un arme à feu aurait un sens, au moins. Quand le coup part, on éprouve une sensation de.... cela vous contracte les nerfs et....
olaf. — Oui, et je pourrais tuer des ours, mon oncle, liais papa ne veut pas.
madame bernick. — Ne lui mets pas cette idée en tête, Hilmar.
hilmar. — Hum! C'est une génération qui pousse. On ne parle que d'exercices et de perfectionnements. Que Dieu ait pitié de nous! Tout n'est plus que jeux et simagrées. Où trouverait-on maintenant le vrai courage, le
courage qui regarde le danger virilement, en face?
Ne tourne pas autour de moi avec ton arc, tête folle! La flèche pourrait partir.
olaf. — Il n'y a pas de flèche, mon oncle.
hilmar. — Le sais-tu? Il y en a peut-être une. Enlèvela, te dis-je. Pourquoi, diable, n'es-tu pas allé en Amérique sur un des vaisseaux de ton père? Là tu pourrais chasser le buffle, ou guerroyer contre les Peaux-Rouges.
madame bernick. — Voyons, Hilmar
olaf. — Je le voudrais bien ! Je me mettrais à la recherche de l'oncle Johann et de tante Lona.
hilmar. — Ta ra ta ta!
madame bernick. — Allons, retourne au jardin, Olaf.
olaf. — Maman, est-ce que je puis aller dans la rue ?
madame bernick. — Oui ; mais n'y reste pas trop longtemps. (Il sort)