SCÈNE V BRATSBERG, ERIK, FIELDBO, THORAj SELMA
selma. — Chère Thora, te voilà? Tu n'es pas souffrante,]'espère?
ICO THEATRE
thora. — Moi? Non.
selma. — Si, si. Il me semble que tu- causes bien sérieusement avec le docteur depuis quelques jours.
thora. — Non, je t'assure.
selma. — Voyons, laisse-moi voir ! Ta figure est tonte brûlante! Qu'en pensez-vous, cher docteur? La chaleur est-elle passée?
fieldbo. — Tout a son temps, il le faut bien.
thora. — Le froid ne vaut pourtant pas mieux.
selma. — Non; une température moyenne. C'est aussi -ce que dit mon mari.
bratsberg (du jardin). — Toute la famille en tête-àtête intime ? Ce n'est pas très aimable pour nos hôtes.
thora. — Cher père, je vais tout de suite...
bratsberg. — Ah ! c'est vous, monsieur Stensgard, qui faites la cour aux dames ! Je vais surveiller cela.
thora (bas à Fieldbo). — Restez.
(Elle va dans le jardin.)
erik (offrant le bras à Selma). — Madame permet?
selma. — Viens!
(Ils s'éloignent tous les deux.)
bratsberg (les suivant des yeux). — Il ne faut pas penser à les séparer ces deux-là.
fieldbo. — Ce serait là une mauvaise pensée.
bratsberg. — Oui, il y a un Dieu pour les fous. (Appelant.) Thora, Thora, veille donc sur Selma! Porte-lui un châle et ne la laisse pas courir ainsi de façon à s'enrhumer! Ah! monsieur le docteur, nous ne sommes pas clairvoyants, nous autres hommes. Connaissez-vous un remède à cela?
l'union des jeunes 191
ftt ldbo. — L'expérience. On s'instruit à ses dépens, puis on profite ensuite de l'expérience du passé.
bratsberg. — Merci du conseil! Mais vous, qui vous considérez ici comme chez vous, vous devriez un peu vous occuper des étrangers.
fieldbo. — Oui, volontiers. Stensgard, voulez-vous que tous deux nous...
bratsberg. — Ah! mon cher docteur. Tenez voilà mon vieil ami Hejre...
fieldbo. — Qui se considère également ici comme chez lui.
bratsberg. — Ha, ha, ha! En effet, c'est vrai!
fiel! >bo. — Hé bien, je vais le rejoindre et nous ferons de notre mieux.