‹ Les souvenirs d'un artisteChapitre 20 sur 46 · XX VII · texte numérisé non relu

XX VII

Résumons-nous :

La nature humaine, produisant spontanément l’idée et l'idéal, est poussée par sa propre action vers la vérité; elle est donc perfectible, rachetee, sanctifiée de par son essence ; elle n’a pas besoin de rédempteur, et le péché originel n’est qu’un blasphème.

Le mal n'étant qu'une force qui engendre le bien, le monde moral suit le progrès avec la nécessité d’une

loi immanente et n’a besoin ni de gräce, ni de sacrement pour arriver, au moyen de la vérité, à la vertu et au bonheur.

La justice, ne reposant pas sur une loi primordiale, mais sur le rapport entre la conscience individuelle et la conscience collective, ne peut être formulée en théorie absolue. Conduisant l’homme du fatalisme à la liberté, elle constitue un problème pratique qui se pose à chaque conflit et ne se résout nullement par l'infliction d’une peine, mais seulement par un acte d’équation.

Le sens moral, n’étant pas un organe, mais une pondération de deux fonctions, ne peut pas être éduqué ni par la foi, ni par le commandement, qui ne font que substituer l’autorité stérile d’un dogme à l’autonomie fertile de la conscience.

La conscience, se composant de sentiment et de pensée, ne peut être moralisée que par la vérité esthétique et la vérité dialectique, qui seules agissent sur les fonctions fondamentales du for intérieur engendrant la volonté.

Le bien, n'étant que l’union du beau et du logique, ne peut être produit qu’au moyen de la science qui développe l'intelligence, et de l’art qui développe le sentiment.

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