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PAYSAGE

DE KNYFF ET AUTRES. LAMORINIÈRE.

Le sentiment réaliste s’est manifesté pareillement dans le paysage, et comme pour celui-ci il est beaucoup moins dangereux que pour la peinture d’histoire, il y a produit des œuvres fort remarquables. On y reconnaît, du reste, à première vue, l’influence de l’école française qui, soit dit en passant, a produit des paysagistes comme on n’en a vu depuis Ruysdael.

Il'est, d’ailleurs, facile à comprendre que la justesse du ton et de l’aspect, qualités tant recherchées par le réalisme, soit particulièrement favorable au paysage. Quelques anciens, il est vrai, montraient plus d’idée dans l’arrangement de leurs sujets : l’élément plas-

tique y dominait en traduisant plutôt la grandeur et l’étendue que le caractère intime de la nature. Mais comme dans le paysage l’impression de la couleur et le contraste de l’ombre et de la lumière est pour le moins aussi important que l'effet des lignes, les modernes gagnent en sentiment ce qu’ils perdent en majesté. Si les anciens nous font songer à l’immensité du globe, aux chaînes de montagnes se dressant les unes derrière les autres, aux nappes d’eau se déroulant au fond des vallées, à la puissance envahissante de la végétation — les modernes nous peignent un site sans prétention, mais respirant la fraicheur bienfaisante de la création et donnant la note particulière que cette nature à fait vibrer dans le cœur de l’artiste, et qui trouve un écho dans le nôtre.

Quels que puissent être, d’ailleurs, les défauts du réalisme, toujours est-il qu’il nous à délivrés de cet ennuyeux paysage historique, qui n’est ni paysage ni historique, mais bien une décoration de convention. En vue de ce bienfait nous lui pardonnons volontiers, à ce parvenu de la couleur, la nonchalance de ses études, qui sont plutôt des ébauches que des tableaux. Cette exécution d'ensemble, au surplus, a sa raison d’être. L’observateur, se plaçant à la distance prescrite par la réduction du cadre, ne distingue plus les détails, il n'embrasse que les masses. Les paysag'istes ont donc une bonne raison de ne pas compter les feuilles de leurs arbres et de traiter la nature, comme

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