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révoltaient contre la guerre. J'étais en a
lors de la guerre des Balkans et j'ai pu Ra si
sombien le pays était épuisé. Mais, contre la vo- “+
Jonté du peuple, la Bulgarie fut sous la pression
de l'Allemagne contrainte de commencer les
hostilités : ‘et elle est devenue, elle aussi, vas-. sale de l'Allemagne. L’Autriche-Hongrie, grande no
: puissance alliée de l'Allemagne, se glorifie de . |. vaincre à ses côtés, mais quelle est en fait sa …
Plus pauvre que, l'Allemagne, plus ee
‘épuisée, elle n’a pas voix au chapitre; remorquée par l'Allemagne elle est contrainte de lui obéir.
Pourquoi? Parce que l'Allemagne est la plus :
forte. Le plus forta toujours raison,—c'est là la
morale, le, droit et la profession de foi des geo vernements en régime capitaliste. L’Angleterre ne est, aujourd” hui maitresse de la situation pn .
ob
De id Todtus
‘ les alliés. La France est réduite à la suivre. - Quant à nous, nous sommes sous le-joug “des
deux parties belligérantes parce que nous sommes les plus pauvres. Æt il est évident que plus la guerre se prolongera et plus nous nous épuiserons, jusqu’à perdre toute indépendance.
Si cette situation continuait nous serions, à la fin des fins, infailliblement écrasés sous/le talon soit de l'Allemagne, soit de l’Angleterre, parcé que nous sommes les plus pauvres, les plus épuisés. Nous n’avons que le choix entre ces dèux jougs. Mais nous ne nous accommodons pas de cette alternative, nous espérons garder notre indépendance, nous espérons trouver un appui dans
la révolte de la classe ouvrière de tous les pays
et c’est précisément pour cette raison, dans l’es-
poir que la révolution se propagera dans tous les
pays et dans tous les camps, qu'il importe d’épargner nos forces, de nous réorganiser au plus vite, de réformer tout notre système économique et enfin, de créer une force armée au sein de notre république — l’Armée Rouge des paysans et des ouvriers.
C'est là, camarades, notre principal souci; le problème n’est pas encore résolu. Nous n’en sommes qu'aux commencements, maïs le pouvoir est entre nos mains et nous ne l’abandonnerons
pas. Pourtant le pouvoir est, entre les mains de
Ta classe ouvrière, une arme qu'il faut apprendre
- à manier. L’arme: n’est bonne à rien si l’on ne
Sait pas s’en servir. Ai-je, par exemple, les outils
du menuisier ? Si je ne connais pas la manière de s’en servir, ils ne pourront me servir à rien. Il à fallu que la classe ouvrière s’emparât du
peuvoir pour qu'elle apprit à s'en servir, afin de réorganiser la vie économique sur de ouvelles bases. D’aucuns disent: Pourquoi vous êtes-vous emparés du pouvoir si vous ne saviez pas com .
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t l'appliquer? Mais la réponse nous est fa-
>: Comment voulez-vous qu'un menuisier apprenne son métier sans toucher à ses outils © nr >our apprendre à gouverner un pays, il faut se À aisir du gouvernail, c’est-à-dire de l’État. Per- : sonne ne fait de l'équitation en chambre. Pour A
pprendre à monter, il faut seller le cheval et le , monter. Peut-être se cabrera-t-il et serez-Vous
té à terre: relevez-vous alors et recommencez
’épreuve, remettez-vous en selle. On apprend ainsi, camarades. Et ceux qui nous disent: ne mettez pas le pouvoir entre des mains inexpéri-
mentées, se font les défenseurs de la bourgeoisie
de ses intérêts. Ils veulent dire: le pouvoir . est pas fait pour les classes inférieures; la jourgeoisie, les’ classes civilisées ont un droit acré à l'exercer: elles possèdent des capitaux, s universités, des journaux, des bibliothèques, a Science, elles possèdent tout; c’est pourquoi elles sont appelées à gouverner, tandis que le uple doit s'instruire d’abord. Mais où s’insuira-t-il? A la fabrique, aux usines, dans un labeur sans trève? Allons-donc La fabrique, usine, notre peine quotidienne nous enseignent . seulement que nous devons à tout prix nous emparer du pouvoir. Nous avons fini par l’apprendre et cette science n’est pas facile. Il nous a fallu des digaines et même des centaines d'années pour : nous l'assimiler; nous avons dû passer par un. labeur de forçats, par des hécatombes, par mille souffrances. Nous avons vu mitrailler des. foules de travailleurs — qu’on se rappelle du massacre de la Léna, etc. — et il nous a fallu toute cette expérience avant que le peuple ne s’emparât du pouvoir. Nous apprenons maintenant à nous en servir pour faire de l’ordre et organiser une éCOnomie rationnelle. Mais nous n'avons en ce Moment ni l'un, ni l’autre, et c’est dans ce sens
que nos efforts doivent tendre tout d’abord. Nous si -