LES SI’A DASS1NS
— Ciel ! murmura le chevalier.
— Marié! exclama le baron chancelant sur lui-même comme un homme aviné qui n’a plus conscience de sa propre existence.
— Bien joué, Léona! murmurait en même temps M. d’Asti, qui d’un regard complimentait l’aventurière, car c’était elle qui venait d’apparaitre ainsi pour jouer le rôle que lui avaient imposé le colonel Léon et l'association redoutable.
Il y eut un moment de terrible silence dans cette salle, en présence de ce cadavre, de ce père qui voyait le déshonneur descendre sur sa maison, en présence de ces serviteurs qui apprenaient du même coup la fuite de leur jeune maîtresse et son malheur irréparable. Puis à ce silence succéda une explosion de murmures et de menaces de mort contre le ravisseur, et le père foudroyé se redressa, l’œil étincelant, le courroux au cœur : — Ah ! malheur à lui! s’écria-t-il, malheur! il mourra de ma main...
— Vous vous trompez, mon oncle, répondit le chevalier d’Asti, c’est à moi, votre neveu, qu’il appartient de venger notre honneur !
Et M. d’Asti prit une attitude belliqueuse et indignée à laquelle tout le monde se trompa. Mais un nouveau personnage venait d’apparailre, et ce personnage, au lieu de rire bruyamment selon son habitude, avait cette attitude réfléchie et songeuse des gens qui évoquent un souvenir lointain dans lequel ils trouveront la clef de l’énigme des