‹ Les spadassins de l'opéraChapitre 14 sur 17 · XL · texte numérisé non relu

XL

A peine le bruit du cabriolet qui avait amené M. de Verne s’éteignait-il au tournant de la rue, que le colonel prenait la plume et écrivait à M. d’Asti la lettre suivante :

« Mou cher chevalier,

» Ce niais d’Hector Lemblin que j’avais chargé d’expédier le petit de Verne, s’est fait embrocher comme un poulet. Il n’est pas mort, mais il n'en vaut guère mieux, et de longtemps il ne pourra recommencer. Me voici donc obligé de troubler votre lune de miel pour vous recommander le beau lieutenant, qui est à Paris et sort de chez moi. Nous ne pouvons donc, ni moi, ni Mort-Dieu, ni Emmanuel qui songe à épouser la baronne, nous battre avec lui.Gontran seul, et vous, pouvez vous charger de cette besogne. Mais, vous le savez, Gontran est un homme de plus en plus timoré ; il a déjà tué le géuéral et enlevé celle qui est devenue votre femme. L’état de prostration où l’a jeté cette dernière aventure fuit qu’on ne pcüt décemment s’adresser encore à lui. Il ne saurait tout faire.

Accourez donc, mon cher, laissez les Portes et votre jeune femme, prétextez une acquisition de chevaux ou le mariage d’un de vos amis, peu importe. Mais n’oubliez pas

Î)E L’OPEHA rw:

que je vous attends dans les quarante-huit heures qui suivront pour vous la réception de ma lettre. De Verne, parait-il, est de première force à l’épée. Peut-être vaudrat-il mieux s’arranger d« faqon à avoir le choix des armes et prendre le pistolet, que vous tirez à merveille.

» Sur ce, mon cher, mille compliments et à vous.

»*Colonel Léon. »

Cette lettre pliée et mise sous enveloppe, le colonel se dit: — Ce pauvre M. de Verne n’a réellement pas la moindre chance. Il est venu ici m’apporter le moule à fondre la balle que le chevalier lui logera dans la poitrine.

O destinée I

M. et madame de Verne avaient eu mourant laissé à leur fils adoptif, qui, du reste, croyait être leur enfant légitime, une vingtaine de mille francs de rente. Cette fortune, jointe aux douze mille francs de pension que lui appoitait madame de Mort-Dieu, devait permettre au jeune officier cette existence luxueuse du fils de famille qui promène chaque jour à Paris son oisiveté et son ennui. En dix-huit mois, Octave de Verne avait vu mourir son

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père et sa mère, et après eux le barou de Mort-Dieu; il n’était donc riche de trente-deux mille livres de rentes que depuis peu de temps, et ou comprendra facilement qu’il ne s’était décidé à donner sa démission qu’après la prise de Constantine qui terminait la campagne dont il avait fait partie.

Octave revenait à Paris, bien résolu à y vivre le plus agréablement du monde. Il s’était isolé rue de la Victoire, dans un vaste et coquet entresol qu’il avait fait meubler et décorer avec le plus grand soin ; puis il avait loué une écurie où il avait mis trois chevaux et une remise assez vaste pour loger deux voitures.

Un de ces grooms exigus qui nous viennent d’outre- Manche, une cuisinière passée cordon bleu, et un valet de chambre avaient été chargés d’exécuter les ordres du jeune viveur.

Octave comptait diner chez lui et déjeuner au Café de Paris.

En huit jours, appartement, écurie, domestiques, tout fut prêt , et notre héros inaugura sa réception en perdant mille louis au baccarat, se lia en huit jours avec une demi-douzaine d’hommes charmants et inoccupés comme lui, et s’entendit faire ce compliment par l’un d’eux qui le tutoyait déjà, à l'issue d’un diner qu’il donnait à ses nouveaux amis : — - De Verne, mon cher, tu es un homme accompli; tes chevaux sont de race, tes vins sont hons, tu perds galamment, ton tailleur mérite des éloges. Il ne te manque plus qu’un duel au pistolet et une favorite en titre.

1)E L'ÛPÉKA

— Très-bien, répondit Octave en s’inclinant, va pour la favorite, mais à quoi bon un duel? Je me suis battu dixsept fois et j’ai tué cinq hommes.

— C’est peu, mais suffisant, dit un des convives en vidant avec sang-froid son verre à champagne.

— T’es-tu battu au pistolet? demanda le premier interlocuteur.

— Jamais.

— Eh bien ! cher, il te faut ton duel au pistolet, c’est indispensable. Je sais bien que l’épée est l’arme du gentilhomme, mais l’olïicier qui quitte le service ne peut entrer dans la vie civile sans en accepter les us et les côutumes.

— Soit! répondit flegmatiquement Octave, je me battrai au pistolet à la première occasion. Passons à l’autre article.

— C’est plus grave, reprit le mentor. La lionne d’un homme comme toi, mou cher, ne doit être ni jeune ni vieille, un peu blasée, spirituelle sans être bavarde comme une provinciale : elle doit avoir été du monde et n’en être plus; si on s’est quelque peu brûlé la cervelle pour elle, l’affaire est excellente. Tu ne dois pas l’aimer, mais tu dois la traiter avec les plus grands égards.

— A merveille ! dit Octave, je vois que, selon toi, cela fait partie du mobilier. C’est un cheval à l’écurie.

Absolument.

— Mais où trouver ce phénix ?

— Dame 1 c’est difficile, mais enfin on le trouvera.

— Tiens! dit l’un des convives, j’ai le phénix sons la main.

— Son nom ? demanda-t-on.

— Messieurs, continua gravement l’interrupteur, vous avez tous connu Gontran de Lacy?

— Parbleu !

— Et saLéona?

— Léona ! oui, oui.

■ — Eh bien! messieurs, Gontran se range. J’ai depuis trois jours à mon service l’ancien groom de Léona, et il m’a appris que la lune de miel tournait en lune rousse.

— Parbleu ! s’écria le mentor du viveur novice, voilà pour toi, cher, une bien belle occasion d’avoir à la fois ta lionne et ton duel au pistolet.

— On verra, répliqua tranquillement Octave. Qu’est-ce que Léona?

— On ne sait pas.

— Mais encore !

— C’est une femme qui a vingt-six ans, brune comme une Andalouse, spirituelle et mordante comme un petit journal famélique, sans cœur comme une statue, capricieuse comme le sphynx antique.

— Bon! dit M. de Verne, j’aime déjà Léona.

— Mais, objecta l’un des convives, Léona n’a pas encore rompu avec Gontran de Lacy.

— On la lui enlèvera, répondit tranquillement le jeune fou.

Diqi

îdby

— Bravo! cria-t-ou à l’entour de la table, bravo! de Yerne.

— Messieurs, reprit le nouveau lion, j’ai depuis hier ma loge aux Italiens : qui de vous veut entendre avec moi la Cenerentola ?

— Moi, moi, répondirent plusieurs voix.

— Alors, venez, dit Octave.

Et il se rendit aux Italiens, suivi de quatre de ses invités , parmi lesquels le précédent donneur de conseils.

Une de ces prime-donnequenous expédie l’Italie chaque année , avec d'incomparables épithètes d’admiration , réuuissait ce soir-là le Paris élégant dans la salle Ventadour.

Dans une loge placée vis-à-vis de celle d’Octave de Verne, il y avait un homme tout seul et vêtu de noir comme un corbillard. Cet homme, une lorgnette à la main, braquait son regard sur la loge d’Octave de la façon la plus impertinente,

— Hé! hé ! dit à son élève le mentor, j’ai idée, cher, que ce monsieur tire le pistolet.

— Hein! lit Octave.

— 11 nous lorgne d’une façon bien impertinente. Qu’en dis-tu ?

— Diable ! fît M. de Verne, cela m’en a tout l’air, Mais Gontran ?

— Ah! répliqua le mentor, peut-être que Gontran te cédera Léona en te serrant la main avec gratitude, ce

LES SVALtAsSI.N»

que doit toujours faire un galant homme quand on le débarrasse d’une chaîne.

— Tu crois?

— Et puis, s’il se fâche, qui sait s’il ne choisira point l’épée, en sa qualité d’ancien officier de la garde royale ?

— C’est juste, et ton raisonnement est plein de logique; aussi bien, je vais m’enquérir de l’opinion de ce monsieur sur le duel au pistolet.

Et M. de Verne attendit l’entr’acte, puis il quitta sa loge en compagnie du mentor, et alla frapper à la porte de celle que le monsieur vêtu de noir occupait tout seul.

— Monsieur, lui dit Octave, M. de Blagny que voici et qui est mon ami intime, vient de me débiter un paradoxe dont je désirerais vous faire juge.

L’homme vêtu de noir s’inclina poliment.

— Je vous écoute, monsieur, dit- il.

— Mon ami prétend, continua Octave, qu’un officier qui abandonne le service pour jouir eu paix de trente mille livres de rentes doit, après avoir monté ses écuries et sa maison, se procurer une favorite en titre et un duel au pistolet.

— Monsieur n’a peut-être pas tort, répliqua froidement l’homme vêtu de noir.

— J’ai la première sous la main, poursuivit Octave,

mais... ‘ .

— Je comprends : vous cherchez l’autre.

— Précisément.

Et M. de Verne regarda son interlocuteur d’un air hautain.

— Monsieur, dit celui-ci, rien n’est plus facile à rencontrer qu’une querelle, quand on a, comme vous, la mine impertinente et un de ces visages qui déplaisent au premier coup d’œil.

— Très-bien, monsieur, répliqua Octave, je vois que vous êtes plus spirituel que votre costume et*quevous comprenez à demi-mot.

— Toujours, monsieur.

— Ainsi vous n’avez aucune répugnance pour le pistolet?

— Aucune.

— Tant mieux! car je suis las de me battre à l’épée, et, bien que vous me déplaisiez autant que je parais vous déplaire, je ne puis vous offrir d’autre satisfaction que celle que je vous propose.

— A merveille, monsieur, répondit courtoisement l’homme vêtu de noir. Il me suffira de vous planter une balle dans le front, à la naissance du nez, pour être satisfait.

Les deux adversaires se saluèrent à ces mots.

— Monsieur, reprit Octave en tendant sa carte, je suis M. de Verne, ex-lieutenant aux chasseurs d’Afrique, et je demeure rue de la Victoire.

— Moi, dit l’inconnu, en prenant la carte d’Octave et lui donnant la sienne, je me nomme le chevalier d’Asti,

et j’habite rue Taitbout.

LF. S SPADASSINS

Ils s'inclinèrent de nouveau tous deux.

— Aiusi, monsieur, acheva Octave, demain, à sept heures, au bois de Boulogne, à la porte Dauphine.

— Convenu, monsieur.

Ils échangèrent un dernier salut, et M. de Verne se retira. Peu de temps après, le chevalier d’Asti, car c’était bien lui, quitta sa loge et le théâtre, et se rendit chez le colonel. „

— Il a mordu à l’hameçon, dit-il, Demain à sept heures, au bois de Boulogne. Il choisit le pistolet. Maintenant il me faut un témoin.

— Prenez le premier venu. Cela n’a aucune importance, répondit froidement le chef de la terrible association,

Pendant que M. d’Asti, un pistolet à la main, mariait quelques balles sur une plaque, dans le petit salon de son entresol de garçon qu'il avait conservé en dépit de son mariage, et eu attendant que l’hôtel du baron de Pons, son beau-père, fût restauré, Octave de Verne avait avec ses amis, la conversation suivante dans sa loge.

— Comment ! disait l’un, c’est là le chevalier d’Asti ?

— Oui.

— Un homme à la mode, ma foi! et qui passe pour un tireur émérite.

— Bah ! fit négligemment Octave.

— Il a fait des passions dans le monde et au théâtre.

— C’est un homme parfaitement né.

— Endetté avec distinction.

— Un homme avec lequel on peut se battre, car enliu ce dernier point est essentiel.

— En effet, messieurs, dit le mentor, maintenant que nous sommes de sang-froid, il faut avouer que nousavons commis une imprudence.

— Comment cela?

— Octave a provoqué le chevalier avant de lui demander son nom.

— A propos, demanda le mentor à Octave, tires-tu bien le pistolet?

— Je ne sais pas.

— Comment! tu ne sais pas?

— Je n’ai jamais essayé.

— Ah! dialîle! mais alors..,

— Alors, le chevalier d’Asti pst un homme mort, (fit tranquillement M. de Verne ; je seps cela au bout ffes doigts. Chaque fois que la veille 4’uu duel, j’ai eu une démangeaison à la main gauche, j’ai tué mon homme. Je suis superstitieux, moi.

Et M. de Verne attendit la fin de l'opéra ; puis il rentra chez lui avec son mentor, auquel il donna l’hospitalité, et ordonna qu’on tint son coupé prêt pour six heures prér çises. . N

A l’heure dite. Octave de Verne fut sur pied, fit une toilette minutieuse de tout point et boutonna son habit jusqu’au menton, cachant avec soin le blanc de sa chemise, la chaîne de sa montre et tout ce qui semblait pouvoir offrir un point de mire. Puis il monta en voiture, sif-

flottant un air de la Cenercntola, tandis que son témoin visitait soigneusement les batteries des pistolets.

Le cheval anglais d'Octave franchit en vingt minutes la distance qui sépare la rue de la Victoire du hois de Boulogne, et M. de Verne arriva ainsi le premier au rendezvous.

— Mon cher, lui dit alors le mentor, d’Asti tire trèsbien, et tu dois tirer mal : je vais m'arranger de façon que le hasard joue un grand rôle dans la rencontre : c’est le seul moyen d’équilibrer les chances. Tu te battras à quinze pas.

— Bon ! dit Octave, à quinze pas on ne manque point un homme : je le tuerai.

— Oui, si tu tires le premier ; mais à quinze ou trente pas, tu es un homme mort, si c’est lui.

Le mentor fut interrompu par le bruit d’une voiture. On vit arriver au grand trot un petit coupé de régie. Le coupé s’arrêta à vingt mètres de la porte Dauphine, et deux hommes en descendirent. L’un 'était le chevalier d’Asti, l’autre un homme déjà mûr, portant une grosse moustache, et dont la boutonnière était ornée d’un ruban rouge.

' — Messieurs, dit le chevalier en saluant, permettezmoi de vous présenter le major Heurtant, mon témoin.

Ce dernier, en homme qui a l’habitude de ces sortes d’affaires, après avoir salué Octave et son témoin, s’approcha du mentor et lui dit : — Il paraît, monsieur, que nous allons avoir à régler les conditions.

uigitizeo b'ÿ'G aogte

Le jnentor s’inclina.

— L’affaire est-elle arrangeable? demanda M. Heurtaut pour l’acquit de sa conscience.

— Non.

— Très-bien. Quel est votre avis sur la distance, le nombre de coups, etc.?...

— Voici, dit le mentor. Le motif de la querelle n’étant pas, au fond, de la dernière gravité, deux coups échangés me paraissent suffisants, même sans résultat.

— Bon! dit Heurtaut. Et la distance?

— De quinze à vingt pas.

— Soit.

— Nous allons tirer au sort les pistolets, et ensuite la priorité du coup de feu.

— Parfait, dit Heurtaut.

Les deux adversaires et leurs témoins laissèrent leurs voitures à l’entrée du bois et se dirigèrent vers cet endroit isolé qu’on nomme le pré Catelan, dont on a fait depuis un délicieux jardin, mais qui, alors, couvert de fondrières et d’épais fourrés, était l’endroit le plus propice à une rencontre.

Tandis que les combattants se tenaient à l’écart, le major Heurtaut et le mentor jetaient en l’air une pièce de cinq Iraucs.

— Pour les pistolets, dit le mentor.

— Face! répondit le major.

La pièce retomba et laissa voir l’effigie du roi Louis- Philippe.

— Très-bien, dit la mentor, le hasard est contre nous : M. d’Asti se battra avec ses pistolets. Vôyons maintenant qui tirera le premier.

Le major jeta à son tour la pièce en l’air.

— Pile! dit le témoin d’Octave.

— C’est face, répondit le major, M. d’Asti tirera le premier.

— Ah ! diable ! murmurait le mentor, je crois décidément que j’ai été un peu léger en cette circonstance 5 car enfin l’adversaire tire à merveille, il se sei t de ses pistolets et il tire le premier... voilà trois raisons pour que de Verne soit un homme flambé dans dix minutes. Diable!... diable ! c’est un peu moi qui suis la cause de tout cela... et... Bah! s’interrompit-il gaiement, on n'a jamais pu savoir...

Les deux champions furent placés à vingt pas, avec la faculté de faire cinq pas chacun, ce qui réduisait à dix la distance.

Le major chargea très-consciencieusement les arrpes sous les yeux du témoin d'Octave, puis il mit un des pistolets entre les mains du chevalier, en lui disant ; -r Vous tirez le premier.

— Très-bien, répondit celui-ci; alors c’est un homme perdu.

Le mentor imitait en ce moment le major en donnant son arme à M. de Verne.

— Vous essuyez le feu, dit-il.

DE L’OPÉRA m

— Je sais ce que c’est, répondit le jeune homme en souriant.

Et il s’effaça militairement, continuant à. fumer son cigare et tenant à la hauteur de sa tempe le canon de son pistolet.

Le major et le mentor se retirèrent à dix pas : le premier frappa solennellement les trois coups.

— Monsieur, cria le chevalier d’un ton railleur, je vous avais promis une balle dans le front, mais je serais honteux de défigurer un joli garçon comme vous; je vise au cœur.

Et le chevalier étendit le bras, ajusta, pressa la détente et fit feu.

Mais M. de Verne ne bougea point, il ne fit pas un seul mouvement, il ne chancela pas, et son adversaire demeura stupéfait et confondu de sa maladresse...

— Parbleu ! monsieur, répondit de Verne, qui fit volteface et leva le bras à son tour, lorsqu'on est aussi sur de son coup, on ne prend pas les côtes pour la région du cœur. Votre balle m’a écorché l’épiderme... et c’est dommage...

EtM. de Verne fit feu, et le chevalier tomba frappé d’une balle dans la gorge.

— Voilà un homme, murmura le mentor redevenu léger, qui, s’il en revient, aura une extinction de voix pour le reste de ses jours.

Quand le colonel Léon apprit ce qui s’était passé, il poussa une exclamation de rage.

— Comment! murmura-t-il, deux hommes tués, ou peu s’en faut, par ce blanc- bee! Je n’aurais jamais cru que ce poulet eût la vie si dure.

Et le colonel s’abandonna à une méditation profonde.

— Voyons, se dit-il enfin, l’association que j’ai fondée n’est cependant point une plaisanterie, et il faut à tout prix qu’elle triomphe. Le capitaine et le chevalier sont , hors de combat. Emmanuel ne peut pas tuer le neveu, puisqu’il doit épouser la tante; Mort-Dieu encore moins... restent le joueur et Gontran ! Mais le joueur estabsent, je l’ai envoyé à deux cents lieues d’ici... Ma foi! acheva le colonel, tant pis ! M. de Lacy tuera M. de Verne.

Puis un sourire lui vint aux lèvres, tandis qu’une pensée infernale traversait son esprit.

— Et il le tuera pour son propre compte, ajouta-t-il ; de cette façon il se battra de bon cœur. A moi, Léona!

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