AVANT -PROPOS. VI
ment significatif : les progrès des sciences humaines oni été si lents, qu^il a fallu arriver au xix^ siècle pour faire pleinement ressortir le néant des objections minutieuses de la fausse science et de la demi-science.
Joseph de Maistre, au regard inspiré et prophéfique, dans ses Mémoires et Correspondances, a vu dans le . lointain celui qui, allant au plus profond des sciences, saurait les traverser jusqu'au point central où elles touchent Dieu, et les unir à la théologie. « Attendez, dit-il, que l'ÀFFiNiTÉ naturelle de la science et de la religion les ait réunies dans la lête d'un homme de génie; celuilà sera fameux, et mettra fin au déchaînement du xviii® siècle (à l'incrédulité et a la Révolution). »
Je ne suis pas cet homme de génie ; mais, savant et théologien, j'ai aspiré à être son précurseur, me reconnaissant indigne de dénouer les cordons de ses souliers.
La conciliation de la Foi et de la Raison est plus importante encore que la conciliation de la Révélation ei de la Science; car la Science est la fille et la servante de la Raison. Mon quatrième volume exigeait donc une attention particulière, et j'ai dû recourir aux grands moyens pour assurer son succès. Je l'ai fait précéder d'une autobiographie dans laquelle j'énumère mes titres et les preuves de ma compétence. Je m'exalte, mais sans vanité, dans l'intérêt de la grande cause que je veux gagner. En outre, pour mieux préparer le terrain, pour écarter de la raison l'ombre même d'une hésitation, je constate de nouveau, par un résumé très court des trois premiers volumes, l'accord parfait de la Foi et de la Science.
J'attends de ce quatrième volume, absolument complet par lui-même, un effet d'apaisement des volontés, d'éclaircissement des intelligences, de raffermissement des cœurs, sur lesquels j'ose fonder l'espoir de quelques conversions. J'espère d'autant plus, que je me suis appliqué à n'être que l'écho simple et vrai, autant qu'un
VUi LES SPLENDEURS DE LA FOI.
écho humain peut l'être, de la loi immaculée du Seigneur, qui convertit les âmes, du témoignage fidèle du Seigneur, qui donne la sagesse aux plus petits.
Si, dans ce trop long travail, il m'était échappé quelque erreur, je la condamne d'avance.
Si l'interprétation que j'ai donnée des textes scientifiques de la sainte Ecriture est hasardée, téméraire, contraire à celle que les saints Pérès et la tradition ont consacrée, je la désavoue.
Si j'ai donné à certains faits révélés une portée qu'ils n'ont pas, je me rétracte.
Je crois, et avec la grâce de Dieu je croirai toujours, tout ce que croit la sainte Eglise catholique, apostolique, romaine, dans le sein de laquelle je yeux vivre en enfant respectueux, soumis et dévoué.
En outre de la foi, il y a la charité ! Si, dans la qualification et la réfutation des erreurs, je me suis servi d'expressions trop vives ou trop dures, jeprie qu'on me les pardonne. Je hais l'erreur, parce qu'elle est essentiellement homicide, mais je suis plein d'affection et de tendresse compatissante pour les intelligences égarées. Je les plains de tout mon cœur, et je donnerais volontiers mon sang pour les éclairer et les sauver.
Puisque le souverain Ponlife Pie IX, de sainte et illustre mémoire, a daigné me faire dire par la plume d'un cardinal éminent qu'il m'aimait bien ; puisque, dans un bref apostolique, qui a été la gloire la plus pure et le plus grand bonheur de ma vie, Sa Sainteté a exagéré la bonté jusqu'à me féliciter de mes succès scientifiques, de la renommée qu'ils m'ont faite en France et à l'étranger, tl plus encore de ma religion, de mon intégrité, de ma soumission à la Chaire de Saint-Pierre, qu'il me soit permis, pour suppléer à ma faiblesse et à mon insuffisance, d'abriter mes Splendeurs de la bienheureuse recommandation que l'immortel Pontife, dans son