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Chapitre Septième. — Troisième splendeur de la Foi

— Celui-ci a été établi pour être la ruine et la résurrection de beaucoup. (Luc, chap. ii,^34.) Après avoir rendu à Marie sa mère le petit Enfant Jésus, que rien ne distingue à l'extérieur des autres enfants de son âge, qui ne porte aucun signe de force ou de puissance, qui ne bégaye même pas encore, qui ne parle que par son

sourire, le vieillard Siméon, la bénissant, lui adresse cette parole prophétique vraiment étrange, inouïe, et d'une portée immense : Celui-ci est établi pour la ruine et là résurrection DE beaucoup 1 C'est-à-dire qu'il sera comme le maître souverain et l'arbitre unique du genre humain, que de lui seul dépendra la perte ou le salut, l'élévation ou la ruine des Etats et des hommes, que sur lui seul reposeront désormais les destinées de l'univers I

Si cet enfant n'est pas Dieu, cet oracle est une folie! Et cependant il s'est accompli à la lettre ! Sur toute la surface de la terre, et dans toute la suite des générations, depuis le jour où elle fut prononcée jusqu'à nos jours, celte parole est le résumé le plus fidèle et le plus saisissant de toute l'histoire. Le sort de beaucoup de ceux qui résistent avec opiniâtreté à Jésus-Christ est de périr, môme en ce monde ; la destinée de beaucoup de ceux qui combattent sous son étendard, est de vaincre.

La ruine de beaucoup. — Le peuple juif. — Non content de méconnaître celui que Dieu avait envoyé, la nation juive le persécute et le met à mort, aussi estelle la première dont Jésus-Christ fut la ruine. Dans le siège à jamais mémorable de Jérusalem, par une complication de maux sans exemple, les tremblements de terre, la famine, la contagion, la guerre étrangère et intestine, on vit périr dans l'espace de quelques mois, jusqu'à onze cent mille hommes 1 De la ville immense et du temple si magnifique de Jérusalem, il ne. resta pas pierre sur pierre. Dispersés par toute la terre, les restes de ce malheureux peuple semblent avoir pour mission de donner en spectacle à tout l'univers le cadavre mutilé et toujours vivant d'une nation réprouvée, s'adjugeanl la terre et se déshéritant du ciel.

Rome païenne. — Elle fut, après la nation juive, la plus implacable ennemie du nom chrétien ; elle sera la seconde victime immolée à la gloire du Dieu de l'Evangile... Cette ville orgueilleuse était encore au plus haut point de sa splendeur et de sa puissance, quand Jean 1 Evangéliste oroclamait, trois siècles à l'avance, ses

humiliations et sa chute; il désignait les futurs vainqueurs ilu peuple tant de fois invincible, et les représentait d'abord alliés, puis ennemis. On croit voir les Goths, les Huns, les Hérules....On discerne les tireurs d'un Alaric et celles d'un Tolila, qui consommèrent enfin la désolation de l'ancienne Rome, la grande ville, bâtie sur sept collines, qui règne sur les rois, la mère des fornications de la terre, enivrée du sang des saints et des martyrs de Jésus!

les déicides. — Judas. — Il jeta ses trente pièces d'argent dans le temple, s'en alla et se pendit. Son corps s'ouvrit par le milieu et ses entrailles se répandirent sur le sol.

Pilate^. — Il trouva au tribunal de Caligula, successeur de Tibère, un juge digne de lui. Exilé à Vienne, capitale des Aliobroges, il se donna lui-même la mort.

Caïphe, qui avait déchiré sa robe de grand prêtre, en s'écriant que Jésus avait blasphémé , dépouillé de la pourpre par un proconsul romain, tomba dans le désespoir et mit fin à ses jours.

Anne, père de Caïphe, finit lui-même par le suicide.

Les tyrans et les persécuteurs des chrétiens. — Hérode Agrippa. — Premier des persécuteurs, il fit mourir saint Jacques le Mineur et emprisonna saint Pierre. Venu à Césarée pour présider des fêtes en l'honneur de César, il éblouissait par l'éclat de ses vêtements, et le peuple criait : « Jusqu'ici nous vous regardions comme un homme, aujourd'hui nous reconnaissons qup vous dominez la nature ! » Au môme moment un mge lui apparut, et il comprit que c'était le messager des vengeance divines. Pris de douleurs très-vives d'entrailles, il se tourne vers ses flatteurs et leur dit : «Voici que Dieu me condamne à quitter celtû terre. » Transporté dans son palais, et voyant de son lit le peuple prosterné sur la place, il pleure, et meurt cinq jours après dans des douleurs insupportables.

Néron. — Déclaré par le Sénat ennemi du bien public, et condamné au supplice de la roche Tar-

péienne, il est gardé à vue sur le mont Palatin. Gagnés à prix d'argent, les soldais quillent leur corps de garde et vont se promener dans les faubourgs de Rome. Néron resté seul, vase donner un coup de couteau dans une cave qu'un de ses affranchis a bien voulu lui prêter pour mourir.

Domitien. — "11 a été si cruel, il est devenu si odieux, que ses affranchis, ses officiers et sa femme conspirent contre lui et le tuenL

Galère- Maxime.. — Il se préparait à célébrer, par des cruautés nouvelles contre les chrétiens, la vingtième année de son régne, lorsqu'un ulcère affreux envahit toute la partie inférieure de son corps. Un sang noir corrompu s'en échappe incessamment avec des vers toujours renaissants. Ses souffrances sont intolérables, il voudrait n'avo-ir jamais persécuté les chrétiens, mais il est trop tard, et il meurt désespéré.

Maximin II-Daia. — Il a avalé du poison, mais la dose est trop faible ou trop forte. Il est en proie à un délire furieux accompagné de douleurs horribles, causées surtout par un feu intérieur avant-coureur du feu de l'enfer. Il croit voir Jésus-Christ armé de la foudre, venant venger ses serviteurs égorgés, et meurt remplissant son palais de ses hurlements sinistres.

Julien t Apostat. — Il est entré en Perse à la tête d'une armée immense, et suivi d'une flotte considérable. Son arrière-garde est brusquement attaquée par les soldats de Sapor; il vole à son secours sans avoir eu le temps d'endosser sa cuirasse ; un dard lancé par une main inconnue lui perce le flanc et pénètre profondément dans le foie. Théodorel raconte que portant la main à sa blessure, il la remplissait de sang qu'il lançait vers le ciel, en s'écrianl :«Tu as vaincu, Galiléen ! »

Valérien. — Poussé par Macrien un de ses généraux, il persécuta violemment tous les chrétiens de son empire. Fait prisonnier par Sapor, il se vit en^ bulte aux traitements les plus indignes et les plus cruels. Le roi le faisait servir de marchepied lorsqu'il montait a

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cheval ; il le fit ccorcher vif, et quand il fut mort, il fit apprêter sa peau pour servir de tapis.

Diodétien. — Constantin, son vainqueur, avait fait abattre ses statues : il en conçut un tel chagrin, qu'il résolut de mourir. Il errait de côté et d'autre, agité de continuelles inquiétudes, sans prendre ni nourriture ni repos ; ne faisant que gémir et répandre des larmes. Méprisé, maltraité, réduit à haïr la vie, il se laissa mourir de faim et de désespoir.

Raine des ennemis de l'Eglise et des Papes. — C'est un des grands enseignements de l'histoire, dit M. de Maistre : tout prince qui ose porter la main sur le souverain Pontife, ou l'affliger sans mesure, peut compter sur un châtiment temporel et visible : mort violente ou honteuse, mauvais renom pendant la vie, et mémoire fléti'ie après la mort!

Adolphe et Didier, rois des Lombards. — Ils font la guerre aux papes Etienne II, Etienne III, Adrien I"; Pépin et Charlemagne marchent contre eux, mettent fin à l'empire lombard et donnent l'exarchat do Ravenne au Pape.

Henri IV, empereur d'Allemagne. — Trop célèbre pas ses luttes impies et violentes contre les papes Grégoire VII, Victor III, Urbain P*", il meurt misérablement à Liège, solennellement dépose, chassé honteusement par ses sujets conjurés contre lui, implorant en vain l'intervention du souverain Pontife et des Evoques.

Henri F, empereur d'Allemagne. — Marchant sur les traces de son père, il ne cesse pas de persécuter le pape et l'Eglise; il meurt excomuiunié et sans laisser de postérité.

Henri VI, empereur d'Allemagne. — Excommunié par Célestin III, a qui il a enlevé le duché de Bénévent, il meurt peu après, âgé seulement de trente-deux ans.

Ollwn IV, empereur d'Allemagne. — Infidèle à ses engagements, excommunié et déposé par Innocent III, il meurt dans un oubli profond.

Frédéric II, empereur d'Allemagne. — Excommu-

nié par le Concile de Lyon, pour avoir voulu dépouiller le Sainl-Siége de son pouvoir temporel; déclaré déchu de sa dignité, il meurt dans un coin ignoré de l'Italie. Son fils ne lui survit que de quelques mois; son petil-fils meurt sur l'échafaud ; son fils naturel, Mainfroid, probablement son assassin, usurpateur de la Sicile, à son tour, et excommunié, est tué à la bataille de Bénévent, son corps fut jeté dans un fossé, sa femme, ses enfants, ses trésors furent livrés au vainqueur.

Philippe le Bel, roi de France. — Irrité de l'excommunication lancée contre lui par le pape Boniface III, il envoie en Italie un député chargé en apparence de notifier son appel au futur Concile, mais en réalité de se saisir de la personne du Pape, que cette violence fit mourir de chagrin. Philippe périt d'une chute de cheval, âgé seulement de quarante-six ans.

Louis 17F, roi de France. — L'attitude ferme du Saint-Siège, dans les affaires de la Régale, du droit de franchise des ambassadeurs, de la déclaration du clergé de France, l'indisposa fortement; il fit des menaces et s'empara du comtat d'Avignon. A partir de cette fatale époque, l'éclat du Roi-Soleil marcha rapidement vers son déclin. La gloire de son drapeau pâlit, il étonna l'Europe par ses revers. Dieu appesantit visiblement son bras sur lui, et l'attaqua par les endroits les plus sensibles. Il se fit l'esclave des volontés, heureusement bonnes, de M™^ de Maintenon, qui le fit mourir en chrétien fervent et résigné.

Le Directoire de la République française. — Après avoir fait signifier à Pie VI, que le peuple romain reprenait sa souveraineté et ne le reconnaissait plus pour son chef temporel, il le fit enlever malgré ses trèsgraves infirmités et le fit enfermer dans la citadelle de Valence où il mourut. On se glorifiait de voir les vieilles idoles brisées, ainsi que le voulaient la liberté et la politique! Trois mois après, aux risées de la France, le Directoire s'inclinait devant l'épée d'un jeune général et disparaissait de la scène.

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Napoléon /", empereur des Français. — Vainqueur de l'Europe entière, à l'apogée d'une gloire qui surpasse celle d'Alexandre le Grand, l'empereur tomba à son tour sur la pierre angulaire et fui brisé. Excommunié par Pie VU, après l'envahissement de Rome, il fait enlever de force l'auguste vieillard, le tient prisonnier dans le palais de Fontainebleau, l'abreuve d'ennuis et de vexations, le sépare de ses conseillers, etc. Il espérait toujours qu'il l'amènerait à ses fins, l'abandon du pouvoir temporel et la cession des États pontificaux. « C'est vraiment étrange, dit un jour Napoléon, au noble et saint vieillard, tous les princes de l'Europe obéissent à mes ordres, tous les peuples s'inclinent devant mes armes triomphantes, seul, un vieillard mon prisonnier, refuse mon amitié... — Votre amitié me serait douce, mais ce que vous demandez est injuste I — Puisque vous repoussez mon amitié, éprouvez ma haine! — Âlajesté, je mets vos menaces aux pieds du crucifix, j'abandonne à Dieu le soin de ma cause. — Sotte exaltation ! — Empereur, taisez-vous, l'ancien Dieu vit encore ! Il vous brisera quand la mesure sera pleine ! » Douze ans plus tard, Napoléon prisonnier à Sainte-Hélène, disait a un jeune page témoin de la terrible scène de Fontainebleau : « Te rappelles-tu PieVII, sa prédiction, sa parole? — Oui, Sire ! l'ancien Dieu vit encore 1 il vous brisera ! Le Pape n'a pas été faux prophète. Mon sceptre ne fut pas brisé par les hommes, mais par Dieu I »

Loms-Philippe, roi des Français. — Il voyait dans la religion un moyen de gouvernement : la loi devait être athée, c'est-à-dire indifférente à tous les cultes. Libéral, il conseilla mal Pie IX au début de son pontificat. Lors de son dernier entretien avec M^' Aiïre, qui avait osé dire que l'Eglise demandait la liberté et non la protection, qui maintenait le droit qu'avaient les Evêques de se réunir pour traiter des intérêts de leurs diocèses, qui refusait de lui dire quelle concession un délégué des évoques était allé demander au souverain Pontife, Louis- Philippe se leva, prit l'archevêque

par le brns, et lui dit : « Souvenez-vous qu'on a brisé plus d'une mitre !» L'Archevêque se levant k son tour, lui dit : « Cela est vrai 1 mais que Dieu conserve au roi sa couronne, car on a brisé aussi bien des couronnes I » Le 24 février, le roi, déjà abattu parla mort tragique du duc d'Orléans, montait précipitamment dans un fiacre avec la reine, sans escorte, sans argent, sans provisions de voyage, et se faisait conduire à Versailles d'abord, puis à Dreux, déguisé, à travers mille terreurs d'être reconnu, arrêté, jugé. De Dreux, il atteignait les côtes de la Manche, et monté sur une frôle chaloupe, par une mer très-agitée, il débarquait enfin en Angleterre, et mourait après un exil assez court.

Charles-Albert, roi de Piémont. — 11 flatta la Révolution même dans ses persécutions contre le catholicisme. Il laissa violer les saints asiles des religieux et des prêtres, piller les maisons de Jésuites, et envahir les palais épiscopaux de plusieurs prélats très-recommandables. Vaincu à la bataille de Novare, il abdique le même jour la couronne, et va mourir de chagrin et de honte à Oporto, dans une cabane de pêcheur.

Napoléon III, empereur des Français. — Les premières années de son régne furent heureuses. Il avait voulu que Pie IX fût le parrain du Prince impérial. Mais il était depuis longtemps hostile au pouvoir temporel des papes ! On le pressa vivement de ne pas signer le traité de Septembre, par lequel il s'engageait à retirer ses troupes de Rome dans deux ansi On lui rappela les destinées de son grand oncle 1 Tout fut inutile. Les Etats pontificaux furent envahis 1 Rome devint la capitale du royaume d'Italie. En même temps au château de Bellevue, Napoléon III vaincu, écrasé, humilié, rendait son épée au roi Guillaume, et partait pour le lieu de sa prison. Moins de deux ans après, il mourait dans l'exil, dépouillé de tout son prestige, dans le modeste manoir de Chislehurst, heureusement réconcilié avec Dieu.

Ruine des impies, des hérétiques, des schismatiques. —

Simon le magicien. — Il se disait Fils de Dieu, et se vantait de monter au ciel. Il promit à Néron une ascension solennelle en sa présence. Il s'éleva en effet dans les airs sons les yeux de l'empereur, mais à la prière de saint Pierre, il tomba, se rompit les jambes et mourut.

Ârius. — Au moment où il faisait son entrée triomphante dans l'Eglise de Constanlinople, saisi d'un violent mal d'entrailles, il se retira dans un lieu secret et mourut subitement.

IS^eslorius. — Expulsé par Tliéodose de tout l'empire d'Orient, il fut pris par des nomades. Rapatrié, il fut encore exilé trois fois, et mourut, le corps en décomposition, la langue rongée par les vers.

Luther. — Assis à la table somptueuse des comtes de Mansfield, tout en vidaiit de larges coupes de vins précieux, il épanche sa bonne humeur en sarcasmes contre le Pape, l'empereur, les moines, et le diable aussi. Puis se levant, il détache de la muraille un morceau de craie et écrit ce vers fameux : Peslis eram, vivens, moriem tua mors ero, Papa, — vivant, j'étais ta peste, ô Pape! mourant je serai ta morti — Tout aussitôt il se sent frappé d'une tristesse invincible qui ne le quitta plus. Dans la uuit .du '17 au 18 février 1545, de mortelles angoisses torturent son âme, il entre en agonie et meurt, après avoir protesté dans une prière sacrilège qu'il a confessé, prêché le Christ, mais le (Ihrist que le Pape déshonore, persécute et blasphème I

Calvin. — Un de ses disciples raconte ainsi sa mort : « Calvin mourut en désespéré, torturé et consumé par cette maladie très-honteuse et très-cruelle, dont Dieu afflige les rebelles et les maudits... J'ai vu de mes yeux sa fin, sa ruine et son supplice. »

Henri VllI, roi d'Angleterre. — Ses débauches habituelles lui avaient donné une corpulence telle, qu'il ne ipauvait se mouvoir qu'à l'aide de mécaniques inventées pour lui. Mais il n'avait rien perdu de sa férocité et de sa passion pour le sang. Il était déjà

étendu sur son lit de mort, sans que personne osât l'avertir de son état ; car la mort la plus prompte et la plus violente n'aurait pas manqué de suivre cet avertissement. Il mourut donc avant de savoir qu'il arrivait au terme de sa vie, et sans avoir pu signer un grand nombre d'arrêts de condamnation qu'il avait résolus. On affirme que dans sa dernière agonie, regardant ceux qui entouraient son lit, il leur aurait dit : « Messieurs, nous avons tout perdu, l'Etat, l'Eglise, la conscience et le ciel ! »

Elisabeth, reine d'Angleterre. — Capable de tous les crimes, elle n'avait pas réussi à étouffer les remords que la conscience de leurs forfaits impose à l'âme des tyrans. Dans sa dernière maladie, épouvantée de l'abomination de sa vie, elle disait aux médecins empressés de lui prodiguer leurs soins : « Laissez-moi , je veux mourir, la vie m'est insupportable. » Les grands de la cour et l'archevêque de Cantorbéry se jetèrent a ses pieds, la suppliant de prendre quelques remèdes, ils ne purent rien obtenir! Elle était résolue de mourir, se tuant ainsi elle-même.

Thomas Cromwell. —Ce fut lui qui amena Henri VIII à se déclarer chef de l'Eglise d'Angleterre, et qui persécuta le clergé pour le forcer à se soumettre. Après l'abjuration solennelle du roi, il fut nommé son vice-roi et son •vicaire général pourlespirituel. Dégoûté d'Annede Cléves que Cromwell lui avait fait épouser, Henri VIII résolut de le perdre et le fit condamner à mort par son parlement comme hérétique et ennemi de l'Etat. Il eut la tête tranchée et tous ses biens furent confisqués.

Olivier Cromwell. — Il était devenu l'àme de la conspiration impie qui avait juré d'anéantir le papisme et le Pape. Il mourut dans son lit. Mais après quelles angoisses 1 Poursuivi par la conscience de ses crimes, il se croyait sans cesse menacé du glaive de la vengeance divine. Sans amis, sans serviteurs fidèles, n'osant se fier à personne, tremblant à chaque pas d'être assassiné, il ne couchait jamais deux nuits dans le même apparte-

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ment, et il avait ménagé dans chacune des chambres où il couchait, une trappe par laquelle il pût s'échapper.

Voltaire. — On raconte qu'entré jeune encore dans un couvent de Récollets, apostrophant le grand Crucifix qui se dressait au centre du cloître, il aurait dit : « Tues grand, toi, et moi je suis petit! Mais quand je serai grand, je le ferai petit! » Il tint parole et se fit l'ennemi personnel de Jésus-Christ et de sa sainte Eglise, les appelant infâmes et les combattant par toutes les armes possibles. Ecrasez l'infâme 1 C'était son cri de guerre infernal, qu'il répétaitsans cesse I En février 1778, il avait reçu l'autorisation de revenir à Paris, il y fut reçu en triomphateur ; on couronna son buste devant lui dans le foyer de la Comédie française. Le soir, épuisé démotions, saturé de flatteries, il fut pris d'une fièvre violente, 11 fit appeler l'abbé Gautier, prêtre de la communauté de Saint-Sulpice, signa en présence de témoins la rétractation qui lui était demandée; et reçut les derniers sacrements ! C'était un dernier acte d'hypocrisie. Sa chambre se remplit de nouveau des encyclopédistes qui ne le quittèrent plus. 11 plaisanta avec eux de ce qu'il appelait sa fantaisie de pénitence. An mois de mai, il fit une rechute grave. Il voulut encore appeler l'abbé Gautier, mais on ne le laissa approcher que lorsque le délire du moribond eut rendu son ministère impossible. Il mourut dans un désespoir hideux, faisant à ses disciples de sanglants reproches ; invoquant Dieu tour à tour, et le blasphémant. Tantôt d'une voix lamentable, le plus souvent dans des accès de fureur, il criait : «Jésus- Christ! Jésus-Christ! » Il se tordait sur sa couche et se déchirait la poitrine avec les ongles... « Je sens, criait-il, une main qui m'entraîne au tribunal de Dieu... Le diable est.là ! 11 veut me saisir, je le vois, je vois l'enfer, cachez-moi ! »

Dans un accès de soif ardente, il porta son vase de nuit à ses lèvres, le vida d'un seul trait, poussa un dernier cri, et mourut noyé dans ses ordures et dans le sang qui lui sortait à flots de la bouche et des narines.

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« Je ne me rappelle pas ce spectacle sans horreur! écrivait le célèbre docteur Tronchet à Bonnet de Genève. Dès qu'il vit que tout ce qui avait été tenté pour augmenter ses forces avait produit un effet contraire, la mort fut toujours devant ses yeux et grandit sans cesse la rage dans scn âme. » Ruine ! Ruine !

Condorcet. — Il avait de très-grandes qualités , dugénie, une douceur de manières qui contrastait avec son effervescence révolutionnaire. D'Alembertle comparait à un volcan couvert de neige, et l'appelait un mouton enragé. Ne reconnaissant dans ce monde que la matière, mais la matière douée d'une force de progrès éternel et d'une énergie divine, destinée à s'épurer et à s'agrandir elle-même, il fut comme le père de l'athéisme scientifique moderne. A l'exemple de tant d'imprudents novateurs, il semait les vents sans assez prévoir la tempête dont il devait être victime. Mis hors la loi, il se vit réduit à se cacher dans des carrières abandonnées où il passa plusieurs nuits. La faim l'obligea d'en sortir, il fut reconnu, arrêté, enfermé dans un cachot. Quand le geôlier revint après vingt-quatre heures, il le trouva mort d'un poison violent qu'il portait depuis quelque temps sur lui, pour échapper au supplice qui le menaçait.

Les coryphées de la grande Révolution française. — Chaumette, l'organisateur de la .fête de la Raison ; •Hébert, chef des athées ; Robespierre, l'inventeur et le pontife de l'Être suprême ; Pélhion, le complice des 2 et 3 septembre; Cloots, qui se déclarait l'ennemi personnel de Jésus-Christ ; Danton, l'organisateur de la boucherie des Carmes; Fouquier-Tinville, le féroce accusateur public; Carrier, le ministre des mariages républicains ; Lebon, prêtre apostat et bête féroce altérée de sang; Schneider, le nouveau Néron, etc., ont tous péri de mort tragique et violente 1 Et il arriva le plus souvent que leur arrêt de mort fut écrit sur des actes d'accusation imprimés à l'avance et laissés par eux en blanc. Ruines! Ruines!

Les coryphées de l'unité italienne. Le comte de

Cavour. — Dans son esprit, nos divines croyances auraient été un fléau, et retardaient le développement régulier et progressif du génie hiiinaini. Ce fut lui qui proclama Rome capitale de i'italie. Il est parvenu au sommet de la gloire, mais voici que son intelligence s'obscurcit, sa main tremble. Il meurt d'une lièvre pernicieuse le jour même où l'on célébrait par une grande fêle natio^nale ranniversaire de l'Unité. — Armellini, qui prononça ea 1818 la déchéance du Pape Souverain temporel, à qui sa femme reprochait sans cesse la violation du serment qu'il avait prêté comme avocat consistorial, meurt à Bruxelles, méprisé de tous les honnêtes gens. — Farini, qui dans sa jeunesse à Bologne, montrant son bras nu, criait qu'il le plongerait jusqu'au coude dans le sang des prêtres, est mort fou! Refusant de prendre aucune nourriture, les yeux hagards, poursuivi par l'ombre d'une victime innocente qu'il avait livrée aux mains d'une populace furibonde , faisant horreur à ses gardiens, il plonge son bras jusqu'au coude dans ses propres ordures et meurt.

De Lamennais. — Peu d'hommes, hélas! mêmepnrmi les hérétiques ont tini plus misérablement : Arius fut comme foudroyé dans un lieu immonde, mais il ne s'est pas exécuté lui-même, il ne s'est pas condamné à l'abandon de tous, à l'enfouissement civil, au corbillard des pauvres, à la fosse commune, au silence universe, ?Ur une tombe qui aurait du être si illustre. Tout cella ' dit Lacordaire, fait un spectre qui me poursuit, liuine !

Il a été placé pour la résdkrection de beaucoup ! — Le triomphe de beaucoup, des sociétés, des princes et des particuliers qui se sont attachés fidèlement à Jasus-Christ et à sa sainte Eglise, et ont mis en lui seul leur confiance, est à son tour un grand fait historique, certain et palpable.

Nations et Souverains. — Israël. — Il semblait qu'avec la léprobatioQ du peuple juif, les promesses faites aux patriarches et les espérances de l'univers fussent à

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jamais compromises. Mais tout renaît avec l'Eglise chrétienne et cette résurrection est admirable ! Jésus- Christ s'est réservé de toute la nation juive douze hommes humbles et ignorants. Il les sème dans le monde comme une graine féconde, et aussitôt une moisson abondante d'adorateurs en esprit et en vérité surgit de toutes parts.

Cnmlanlin. — Au début de sa glorieuse carrière, il lit dans le ciel même, au pied d'une croix lumineuse, la promesse de ses futurs succès. In hoc signo vinces ! Il fait graver ces mots sur la bannière de ses soldats, et la déploie comme étendard en tête de ses légions. Dès lors il ne compte plus ses années que par ses victoires ; il abat cinq empereurs idolâtres, qui lui opposent leurs armées; il devient maître du monde romain, auquel il fait adorer le divin Crucifié ; il fonde un second empire plus florissant que le premier et meurt dans une paisible vieillesse, après avoir régné trente ans.

Ciovis. — Au plus fort du danger il s'écrie : « Dieu que Clotilde adore, secourez-moi 1 Si vous me rendez victorieux je n'aurai pas d'autre Dieu que vous 11 11 a vaincu, et il a tenu parole. Le jour de Noël, il reçoit le baptême avec trois mille Francs, sans compter les femmes et les enfants. Quelle gloire pour lui d'être devenu le premier des rois chrétiens de ce beau pays de France par lesquels Dieu a fait tant et de si grandes choses!

Cliarlemagne. — Il monta sur le trône fort jeune encore, mais il n'avait de la jeunesse que la vigueur et l'aclivité, et il n'employa sa puissance qu'à étendre le royaume de Jésus-Christ. Aussi jamais gloire ne fut comparable à la sienne. Il marchait de victoire en victoire, de triomphe en triomphe. Sa majesté et sa bonté désarmaient les rebelles que ses mains n'avaient pas vaincus. Quel beau jour que celui où à Rome, dans la basilique de Saint-Pierre, le jour de Noël, le souverain pontife Léon III posa sur sa tête la couronne impériale, en même temps que le peuple romain répétait à grands cris : Vie et victoire à Charles très-pieux, cou-

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ronné de Dieu, grand et pacifique empereur! Le monde le compte au nombre de ses héros, et la Religion au nombre de ses saints! Résurrection !

les convertis illustres. — Mais la plus magnifique réalisation de l'oracle de Siméon, éclate surtout dans l'histoire des grands convertis. La conversion est un miracle de résurrection des âmes, plus étonnant, en réalité, que le miracle de résurrection des corps. Le corps mort, en effet, n'oppose à sa résurrection qu'une résistance passive , tandis que l'âme morte par le péché oppose à sa résurrection une résistance active et souvent trésopiniàtre. La conversion prouve donc invinciblement la divinité de la Religion au sein de laquelle elle s'opère, et parce qu'elle est propre de la Religion catholique, apostolique, romaine, exclusivement à toute autre secte chrétienne ; parce que ce sont les meilleurs affiliés de l'hérésie ou du schisme qui l'abandonnent pour se faire catholiques, vaincus par une conversion sincère, tandis que ce sont les mauvais catholiques qui passent à l'hérésie ou au schisme, par une perversion véritable ! L'Église catholique, apostolique, romaine, est seule divine.

Nous esquissons l'histoire de quelques-uns de ces convertis illustres.

Marie-Madeleine. — L'Évangile l'appelle la pécheresse de la ville ! Elle est possédée de sept démons ! Simon le Pharisien s'étonne que Jésus-Christ la souffre à ses pieds ! Mais elle se repent et elle aime ! Ses péchés lui sont remis, et sa vie ne sera plus qu'un long acte d'amour ! Renan en fait une foile ; Jésus-Christ en a fait une grande sainte dont le monde entier célébrera les louanges jusqu'à la fin des siècles! L'oracle s'est accompli ! Résurrection!

Sainl Paul. — C'est Benjamin, loup ravissant, qui le matin dévore sa proie, et le soir devient lui-même un agneau ! « Je tourmentais, dit-il, les saints dans les synagogues. Ma fureur s'augmentait chaque jour à l'excès. J'étais aux portes de Damas. Je vis une lumière

cj-ywj LES SPLENDEURS DE LA FOI.

plus éclatante que le soleil. Je tombai à terre... J'entendis une voix qui me disait : Saul, Saul, pourquoi me persécutez-vous? Je répondis : Qui êtes-vous, Seigneur? Le Seigneur me dit : Je suis Jésus que tu persécutes !.. Je t'envoie aux Gentils afin qu'ils se convertissent des ténèbres à la lumière, de Salan à Dieu I » En même temps que les compagnons de saint Paul, le prenant par la main, l'introduisaient dans Damas, Dieu apparaissait à Ananie et lui disait : Lève-loi 1 Va dans la maison de Judas et demande Saul de Tarse. Mais, Seigneur, il vient pour charger de chaînes ceux qui invoquent votre nom!.. 11 prie, reprend le Seigneur, et je l'ai choisi pour prêcher mon nom aux Gentils, aux rois et aux enfants d'Israël. Ananie alla, imposa les mains à Saul ; tout aussitôt des écailles tombèrent de ses yeux et il recouvra la vue I Et il prêchait dans les synagogues que Jésus est le Fils de Dieul... Son élan fut celui d'un géant. D atteignit d'un seul bond l'héroïsme de toutes les vertus, l'amour de Dieu, l'amour de Jésus-Christ, l'amour de ses frères, amis et ennemis I Et son ministère fut souverainement efficace ! Le plus savant des philosophes, Aristote, le plus éloquent, Platon, le plus illustre, Socrate, etc. , honorèrent la Grèce de leurs enseignements et des exemples de leur vie. Ils ne furent que des airains sonnants ou des cymbales retentissantes! Corinlhe, malgré la présence des Sept Sages, resta la ville la plus corrompue du monde : dans un seul temple de Vénus, on ne comptait pas m,oins de mille courtisanes I Paul, l'associé d'un juif qu'il aidait dans la fabrication des tentes, prêcha à celte ville impudique la mortification des sens et le mépris des richesses, et il la convertit!... Arrivé au terme de son divin aposlolat, Paul disait à Dieu dans la simplicité de son âme : J'ai consommé ma course ; j'ai combattu le bon combat; j'ai gardé la foi ! Reste la couronne de justice qui m'est réservée et que le juste juge ne me fera pas attendre... Sa noble et sainte tête est tombée sous le glaive du bourreau, mais son tombeau, plus

i.ri.nT nne celui des conquéranls, des emperems, t XloSes s plus vanL, est abrité par une ,miles philObOpue» ic- F i,,,iiini-p m'i viennent prier les

pèlerins du f «"^^/"'^«Ve e o zèle ardent pour' le son gonie, ^on e oquena ei ^ ^^^^^ ^

salut des âmes »",' /^'^ ^Pf '^[Q^aud je te contemple, je

*"'"'r fîaZeSlVM Renan! de sa plume scepsuis dans la s upelicuoui .|j £(„rf(, de saoïJ

tique et ^^'«^-îVo X' -"' ^"' '""' ""' '"'"''" Pa«/ dans «^f "».,"' ^ûilit des révélations person-

â:,l^/"ès\^onSrriàntôme, c'est lu,-mé.e qu'il ^-j^:u:UXrrP:::î'haSérEt le monde con.

"t.f/Cifrïr'opajr*..- Uni"« " voit entrer

. „f -IreonT^e d'All/ènes un homme au front vaste, au dansl Areopa e uv ^^^^^ p^^j

regard proond uvsa^ >P .^^^i ^, i, a,,i,„,

Il écoute, Il ."' !-°""'|' s;. ^,„ae savante, l'ensei-

"" '"r dV amt Pau e dé^ «ie dans une harmognement de s^'"* .'■"!' ',,. .i^iOTe au ciel. Il devient

jlie ^y^^^^[^^:\Z ivangnîa Garnie, il fonde

S'e de Paris il 'm ut martyr, illustrant à jamais la

Itu^euse co 1 ne arrosée de son sang, la splenbienheureuse cou ^ j son nom a jamais

dide b^'f n f =^'";,^'^ Je ses collègues de TAréo- ;':;gT'r:s'te' et:veirdrns un profond oubli. Résurrec-

"""«l;,,, Jmtin. - Il avait étudié tour à tour les doc-

SoîiK i^^^^^- ., j ristole de Platon, et son esprit

trines de Zi=n°"' ."''''„ '"' était de plus en plus

■ était resté ^^^f ' ^ ^p ZenaU sur le bord de la

■ ^"''""'n^Vura d'ïn onnu"^ d'un extérieur vénérable, mer, un '''='' a™ ^ dans les

1"' fP't" orophèts e IB* miracles de l'Evangile. Il s€ oracles des Pf^PJ^^f " nrêlrise, tout en conservant son !:!:nr r phTs^hlKme, aan., la première école

274 l^ES SPLENDEURS DE LV FOI.

ecclésiastique, des disciples illustres. Sa foi ardente se traduisit par des œuvres éclatantes; sa première apologie désarma l'empereur Adrien, la seconde fit une impression profonde sur l'esprit de Marc-Aurèle. Qu'il était éloquent quand il disait aux Romains : « J'ai été autrefois ce que vous êtes, soyez aujourd'hui ce que je suis. La force de la religion chrétienne m'a éclairé, elle a délivré mon âme de la servitude des passions; elle y a fait régner la sérénité et la paix. L'âme ainsi éclairée est sûre de se réunir un jour à son créateur. Païen, Justin serait resté un philosophe ignoré! Chrétien, Justin brille et brillera à jamais d'un éclat pur, vif et vivifiant. Résurrection !

Saint Augustin. — Ame ardente et sensible, esprit vif et pénétrant, cœur aimant à l'excès, il suit trop facilement la penle des plaisirs et de l'erreur. Mais une mère incomparable, sainte Monique, veille sur lui avec tendresse, et prie pour lui avec ferveur. La grâce le poursuit incessamment. Un jour, il tombe à genoux et s'écrie : «Jusqu'à quand, Seigneur, dirai-je demain, demain? Pourquoi pas aujourd'hui, à l'instant môme? » Il entend une voix intérieure qui lui dit : « Prends et lis ! » Un volume des Epitres de saint Paul était à ses pieds. II le prend et lit: « Marchons honnêtement, non dans les excès de la table et de l'ivresse, non dans la dissolulion et l'impudicité, non dans la contention et la rivalité I Revêtons-nous du Seigneur Jésus et ne tenons aucun compte de la chair.» Aussitôt sa vie d'erreur et de plaisir lui apparaît dans toute son horreur, une lumière surnaturelle éclaire son intelligence, les charmes de la vertu ravissent son cœur. II est converti! Il se retire avec sa mère dans une solitude voisine de Milan, et ne la quitte que pour recevoir le baptême des mains de saint Ambroise. II retourne en Afrique, sans Monique, hélas! qui est morte à Ostie, et continue prés de Tagaste sa vie solitaire et laborieuse. Il accepte bien malgré lui les fonctions de coadjuteur de Valére, évêque d'Hippone. et lui succède plus tard, ne vivant plus que des œuvres

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de la Religion, ne rêvant plus que gloire de l'Eglise, elle bonheur de sa patrie, et meurt à soixante-seize ans, tué par la seule perspective des malheurs que le siège, dont elle est menacée, présage à sa chère ville d'Hippone; laissant à la postérité des monuments impérissables de son génie, de son érudition, de son zèle. Possidonius, l'un de ses contemporains, évalue le nombre de ses ouvrages à mille trente, en y comprenant les sermons et les lettres. Non ressuscité par Jésus-Christ, Augustin serait resté un rhéteur habile, mais depuis bien longtemps oublié; une ruine morale I Auteur d'une des quatre grandes règles de la vie religieuse, fondateur des clercs réguliers, père d'une multitude innombrable de religieux augustins et de religieuses augustines qu'il forme à la justice, il brillera comme une étoile dans les perpétuelles éternités. Résurrection!

Saint Ignace de Loyola. — Gentilhomme espagnol, il avait choisi la carrière des armes et menait la vi'e dissipée des camps. Si Dieu ne l'avait pas ressuscité, il serait resté vulgaire et inconnu. RIessé au siège de Pampelune et condamné à un repos forcé, il demanda un livre pour se distraire. 11 n'y avait au château qu'une Vie des Saints ! Cette lecture le touche profondément et le convertit; il prend aussitôt la résolution de se consacrer tout entier à la défense de la sainte Eglise et àja plus grande gloire de Dieu. Chevalier de Jésus-Christ et de sa divine Mère, il fait sa première veille d'armes dans la chapelle de Notre-Dame de Montserrat, et court se cacher dans la grotte de Manrèze, où Dieu semble lui avoir révélé ses Exercices spirituels, avec lesquels il fera la conquête des premiers compagnons de son apostolat, qui lui inspireront plus tard ses constitutions tant admirées et le feront père de l'immense famille d'apôtres qui sera l'édification de l'univers. Conduit à Rome par un attrait irrésistible, un jour qu'il priait dans une chapelle en ruine, il vit le Père éternel, qui le présenta à son divin Fils Jésus-Christ, chargé d'une lourde croix et lui promit de lui être propice. En effet, par une

buile du 27 s-oplembre 1540, le souverain Pontife approuva, sous le nom de Compagnie de Jésus, son nouvel ordre, spécialement dévoué à la personne du Souverain Pontife, à la sanctification des âmes et à l'éducation de la jeunesse. Se prodiguant sans réserve, il fonda tour à tour à Rome, en outre de sa savante congrégation, une maison de retraite pour les juifs convertis, un refuge pour les courtisanes repenties, des asiles pour les pauvres petits orphelins et les jeunes filles en danger de perdre leur innocence. Knfin, modèle accompli de toutes les vertus, et riche de mérites, après avoir reçu du souverain Pontife une bénédiction spéciale, in articula mortis, levant les yeux et les mains au ciel, il prononça le nom sacré de Jésus et expira tranquillement le 31 juillet 15o6. Sa vie se résume dans sa fameuse devise : Ad majorem Dei gloriam, et aussi dans les deux belles prières qu'il récitait sans cesse : Suscipe l et Anima Cliristi! La gloire lapins pure de saint Ignace et de sa Compagnie, est d'avoirété avec Jésus-Ciirisl l'objet spécial des contradictions de l'enfer et de ses suppôts : signum eut contradiceîur. On les a contredites partout, toujours et en tout. Splendeur!

Le Boulhilier de Rancé. — Jeune et fêté de tous, l'abbé de Rancé essayait de concilier ensemble le plaisir et la morale. « Je prêche le matin, disait-il, comme un ange, et je chasse le soir comme un diable. » Le Seigneur le rappela insensiblement à lui par plusieurs accidents successifs qui lui firent prendre la résolution de se consacrer entièrement à Dieu. Il se retira dans son château de Véret, en Touraine ; mais bientôt choqué de la magnificence et de la volupté que tout y respirait, il le vendit, avec sa vaisselle d'or et d'argent, en donna le prix aux pauvres, congédia ses domestiques, se démit de tous ses bénéfices, à l'exception de l'abbaye de la Trappe, où il s'établit en qualité d'abbé régulier, avec la volonté forte d'y rétablir la stricte observance. Inébranlable dans sa résolution, sans jamais se lasser de celte vie austère, toujours ardent dans la pratique de soQ éminente et.

LA roi ET LA RAISON. 277

-ardente piété, il mourut, pénitent sublime, sur la paille -et sur la cendre, à la grande édification de la cour de Louis XIV. QueWe gloire pour le gentilhomme autrefois si léger, que d'être devenu le père, très-grave et très-vénéré, de ces familles nombreuses de trappistes qui réjouissent le ciel, étonnent la terre et font frémir l'enfer par l'héroïsme d'une vie mortifiée à l'excès !

Le R. P. Lacordaire. — 11 avait bu en province à la source même de l'incrédulité, et quoique, à son arrivée à Paris, il se fût mis en relation avec de fervents chrétiens, il ne songeait guère à devenir croyant. Voici comment il raconte sa conversion : « Aucune lumière ne me vint des hommes. Je vivais solitaire et pauvre, abandonné au travail de mes vingt ans, sans jouissances intérieures, sans relations agréables, sans attrait pour le monde, sans enivrement du théâtre, sans passions du dehors dont j'eusse conscience, si ce n'est un vague et faible tourment de la renommée. C'est dans cet état d'isolement et de mélancolie intérieure que Dieu vint me chercher. Il m'est impossible de dire à quel jour, à quelle heure, et comment ma foi, perdue depuis des années, réapparut dans mon cœur comme un flambeau qui n'était pas éteint. La théologie nous apprend qu'il y a une autre lumière que celle de la raison, une autre impulsion que celle de la nature, que cette lumière et celle impulsion émanées de Dieu, agissent sans qu'on sache d'où elles viennent et où elles vont. » Le II. P. Lacordaire a eu deux grandes gloires : celle de créer un genre d'éloquence neuve et à sa manière inspirée, qui a éclairé beaucoup d'esprits et touché bien des cœurs ; celle de restaurer en France l'ordre illustre des Frères Prêcheurs et de devenir le père d'une génération d'orateurs qui continuent avec éclat et avec succès sa sainte mission.

Le R. P. Libermann. — Son père, rabbin trèsinfluent, le destinait aux honneurs de la synagogue, et lui avait inspiré de bonne heure la haine que les juifs portent aux catholiques. La vue d'une croix le faisait

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fuir, la présence d'un prêtre lui arrachait des cris. Ses études, exclusivement rabbiniques, eurent pour résulta* une horreur pourles chrétiens poussée jusqu'au fanatisme- — Mais la grâce attendait le nouveau Saull II lui ouvri. largement son cœur, et reçut le baptême dans des sentiments de calme et de foi vraiment admirables. Ce n'était pas seulement un chrétien que Dieu donnait à son Eglise, c'était un prêtre, un fondateur de Congrégation religieuse et un apôtre. Echappé aux étreintes d'une maladie cruelle, l'épilepsie, qui devait le réduire à une impuissance absolue, à peine eut-il reçu le sacerdoce qu'il devint comme le fondateur et le supérieur général des Congrégations réunies du Saint-Esprit et du Cœur immaculé de Marie pour l'apostolat des nègres. Consumé en peu d'années, il a parcouru une immense carrière, il a brillé de vertus héroïques, et l'on instruit déjà la cause de sa béatification. Résurrection !

On pourrait multiplier à l'infini cette glorieuse liste des ressuscites de Jésus-Christ, conquêtes glorieuses de sa grâce, miracles vivants de sa toute-puissance toujours subsistants.

M''' Roess, le savant et pieux évêque de Strasbourg, a eu l'heureuse idée d'écrire l'histoire des principaux convertis de l'Allemagne depuis la Réformation jusqu'à nos jours. Ses douze volumes, dans lesquels figurent et resplendissent plusieurs milliers de ressuscites de Jésus-Christ, sont un monument incomparable élevé à la gloire de la sainte Église catholique, apostolique, romaine. Ah I • si l'on écrivait de même l'histoire des pervertis, quelque peu connus, qui ont passé au schisme ou à l'hérésie, que le contraste serait éloquent ! Là c'était la résurrection avec toutes ses gloires ; ici ce serait la ruine avec ses tristesses et ses ignominies.

les Saints et les Saintes. — Les ressuscites de Jésus- Christ sont enfin cette multitude innombrable de saints et de saintes, généreux vainqueurs du monde, de l'enfer et d'eux-mêmes, qui, portantdes palmes dans leurs mains et Hes couronnes sur leurs tètes, tout resplendissants

d'une lumière divine et enivrés de délices immortolles, célèbrent par des hymnes d'aclions de grâces la gloire de leur triomphe et les in^'iïables bienfaits de leur Sauveur. Qu'ils sont grands ! qu'ils font honneur à Jésus- Christ et à sa sainte Kglise, ces apôtres qui parcoururent le monde entier subjuguant par la force de la Vérité, par l'ascendant d\in pouvoir évidemment surnaturel les savants et les ignorants, les philosophes et leurs disciples, les peuples et les Césars ! qu'ils sont grands, ces prophètes inspirés du ciel qui prédirent plusieurs siècles à Tavance, cette étonnante révolution ÎOu'ilssont grands, ces UKirlyrs dont rien ne put abattre le courage ; ces confesseurs aux vertus héroïques et à la charité ardente ; ces A'ierges, lis radieux surgissant du sein des épines de tous les vices, etc., tous ces saints, en un mot, qui, bien mieux que le firmament, chantent la gloire de Dieu ! qui, dans la langue énergique de saint Paul, ont vaincu par la foi les royaumes, pratiqué la justice, conquis les promesses, fermé la gueule aux lions, éteint l'impétuosité des flammes, échappé au tranchant du glaive, triomphé de l'infirmité, prenant leur force dans la faiblesse, et mettant sens dessus dessousiecamp des infidèles, etc. Résurrection !

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