TOUT APPRIS DE SON PÈRE
Jésus-Christ! Son cœur est si aimant, qu'il ne peut pas voir couler une larme sans se briser de tendresse. Il a toutes les puretés et il ne peut regarder un pécheur sans s'entr'ouvrir. II a toutes les impatiences, toutes les sdi\ntes\vàiesàeV?imom. Desideriodesideravi.JQuomodo coercitor,..! et il ne se lassera pas de frapper à la porte, heureux si,aprèsvingtans, trente ans d'attente, il parvient à conquérir une âme. Rien ne peut le refroidir, ni l'oubli, ni l'indifférence, ni la révolte, ni la trahison. L'ingratitude, fût-ce même celle de Judas, le ranime. Abandonné, méprisé, conspué, il n'a besoin de nul effort pour aimer plus encore et jusqu'à l'excès. Avant d'avoir donné jusqu'à la dernière goutte de son sang, il avait rêvé de se survivre dans l'amour! Par une admirable industrie il se condamnera volontairement à aimer à jamais, en tout temps, en tous lieux, et jusqu'à la fin du monde, dans l'adorable sacrement de son amour. Quelle gloire et quel bonheur pour la terre de posséder un cœur qui aime Dieu comme Dieu s'aime et qui aime les hommes d'un amour infini !
Jésus-Christ! Sa volonté est sainte, d'une sainteté absolue, essentielle ! Dons ineffables du Saint-Esprit, dons de sagesse, d'intelligence, de conseil, de force, de science, de piété, de crainte filiale de Dieu, la constituaient dans un état de vie toute divine, et d'extase incessante. L'Esprit-Saint ne s'est pas donné à lui avec mesure , il s'est reposé sur lui, suivant l'expression énergique d'Isaïe.
Jésus-Christ! Son corps immaculé est en parfaite harmonie avec la majestueuse beauté de son âme. Il résonnait sous l'action de la pensée la plus puissante, qui l'inondait des images les plus lumineuses et les plus vraies; il envoyait au plus ardent des cœurs les battements du sang le plus pur et le plus chaud. Imaginez Torga-
nisme le plus harmonieux qui puisse exister, le plus délicat et le plus fort, le plus sensible et le plus inaltérable: mctlez-le au service de la plus belle, de la plus grande des âmes, et vous aurez le corps très-saint et très-beau de Jésus-Christ. Bien qu'un voile discret enveloppât providentiellement ce loyer de radiations divines, il s'en échappait une atmosphère de lumière, de grâce , de vertu , et quelquefois comme sur le Thabor, une auréole de rayons d'une blancheur éblouissante. Habituellement son visage était doucement éclairé, un seul de ses regards conquérait les cœurs, une seule de ses paroles ravissait les âmes. Quelle imagination, quel crayon, quel ciseau, quel pinceau, quelle plume, pourra jamais esquisser la beauté toute divine de Jésus-Christ! Depuis que je l'ai contemplée, disait sainte Thérèse, l'ineffable beauté de Jésus-Christ est sans cesse devant mes yeux. Sa suprême splendeur me rend toutes les beautés d'ici-bas méprisables. « Ah ! que vous êtes beau^monbien-aimé, s'écriait Bossuet.que vous êtesbeau et agréable ! Cette admiration attire l'âme à un certain silence, qui fait taire toutes choses pour s'occuper de la beauté de Celui qu'elle aime. De sorte que tout ce que l'âme peut, dans cette bienheureuse admiration, c'est de se laisser attirer de plus en plus aux charmes de Jésus- Christ, et de ne répondre à l'attrait que par un certain Ah ! d'admiration ! 0 Jésus-Christ, ô Jésus-Christ, ô Jésus-Christ! c'est tout ce qu'on peut dire. Peu à peu, tout autre objet s'efface du cœur; ou bien le cœur dit : cela est beau, mais ce n'est pas Jésus-Christ ! Alors, dans une sainte impatience, tantôt on semble presser les créatures de parler hautement de ce bien-aimé. Hé I parlez donc ! Hé ! parlez donc I Dites encore ! Et l'on impose silence à tout ce qui ne parle pas de lui. Après, on ne peut soufïrir qu'on parle de lui, parce que toutes les créatures n^en peuvent pas parler comme il faut, et il devient insupportable à l'âme d'en entendre parler faiblement. Elle demande donc qu'on se taise, et elle prie Jésus déparier lui seul de ce qu'il est. Et puis, elle le
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prie bientôt de ne plus parler lui-même, car que pourrait-il dire en langage humain, qui fût digne de lui! Elle le prie donc de se taire et seulement de s'imprimer en elle dans le fond du cœur, d'attirer à elle toutes ses puissances, et de la laisser dire en secret: 0 Jésus-Christ! 0 Jésus-Christ ! » Quelle splendeur de la foi que ces accents inspirés d'un des plus beaux génies de l'humanité! Voici dix-huit siècles que, sous toutes les formes, l'art essaye de reproduire la divine figure du Dieu fait homme, sans avoir pu se satisfaire. Rien ne lui a manqué, ni le génie, ni la sainteté, ni la sainteté unie au génie. Le bienheureux Angélique de Fiésole a consacré à cette œuvre sublime tout ce que Dieu lui avait donné de talent, tout ce que son chaste cœur avait amassé d'idéal, tout ce que la plus ardente contemplation avait mis en lui de lumière. On s'agenouille involontairement devant son Ecce Homo, dont le regard, de la plus attendrissante beauté, ne rappelle rien qu'on ait déjà vu sur la terre ; on se joint entraîné à ce cortège ineffable de tous ceux qui ont aimé Jésus-Christ, et qui le portent au tombeau. Mais même dans cette composition vraiment céleste, on sent que l'art est vaincu! Rien n'égale le calme, la grandeur, la haule sérénité, la tendresse infinie du Christ dans la Cène de Léonard de Vinci. Ses yeux d'une beauté ravissante, ses lèvres dilatées par l'amour, ses mains étendues, je ne sais quelle tendre inclinaison de tout le corps vers le côté du cœur donnent à cette figure une onction pénétrante! mais ce n'est pas là encore Jésus-Christ! Jamais la main de Raphaël n'avait été plus sûre d'elle-même, jamais de plus ravissantes visions de beauté n'avaient saisi sou âme que dans le tableau de la Transfiguration. Des contrastes saisissants mettent en lumière la céleste apparition de l'Homme-hieu. Avec quel art il place à ses pieds cet enfant torturé par le mauvais esprit; et cette mère sublime dont les bras étendus respirent tant de foi! Que cet être souffrant et cette beauté humaine font bien ressortir la lumière, le calme, la gloire de l'humanité
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transfigurée en Jésus-Christ! Mais,ô art humain, avoue la défaile, ce n'est encore qu'une ombre de l'adorable beauté de Jésus-Christ, qui éclaire d'un jour resplendissant le mystère de l'Incarnation, J'ai emprunté les plus beaux traits de ce tableau magnilique de Jésus-Christ à Touvrage de M. l'abbé Bougaud.
Chapitre Trentième. — La Rédemption. — Le Verbe incarné, le Fils de Dieu fait homme, est mort volontairement sur la croix^ pour nous et pour notre salut. Homme, il a souffert ; Dieu, il a donné un prix infini à ses souffrances. Par sa passion et par sa mort, il a réparé surabondamment l'injure faite à Dieu son Père par le péché ; et il nous a rachetés de la damnation éternelle : c'est le mystère de la Rédemption 1
Dieu avait dit au serpent : « j'établirai des inimitiés entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité, tu essayeras de la mordre au talon, mais elle t'écrasera la tète!» Ce fut la première promesse de la Rédemption. Isaïe dit du Messie : « Le Seigneur a placé en lui las iniquités de nous tous. Il a été offert en sacrifice, parce que lui-même l'a voulu ; il a été blessé à cause de nos iniquités ; il a été broyé à cause de nos crimes, et nous avons été guéris par ses blessures. » Jésus-Christ a daigné nous le dire lui-môme : « Dieu a tellement aimé le monde, qu'il lui a donné son fils unique, afin que quiconque croit en lui, ne périsse pas, mais qu'il ait la
vie éternelle Dieu a envoyé son fils dans le monde,
pour que le monde soitsauvéparlui.» Saint Paul met dans la bouche de Jésus-Christ cette solennelle oblalion à son Père : « Vous n'avez pas voulu d'hosties ni d'offrandes, mais vous m'avez donné un corps. Les holocaustes pour le péché ne vous ont pas plu, alors j'ai dit: Me voici! »
Tous les symboles de la foi catholique nous obligent à croire que Jésus-Christ, fils unique de Dieu, pour nous et pournotre salut,asouffertsous Ponce-Pilate,aété crucifié, est mort et a été enseveli ! Rien donc de plus certain que le dogme delà Rédemption. Comment Jésus-Christ
Dieu a-t-il pu souffrir el mourir ? C'est le mystère de la Rédemption ; lequel, à ce point de vue, se confond avec le mystère de l'Incarnation. Jésus-Christ a pu souffrir et mourir parce qu'il était parfaitement homme !
Cela posé, la raison éclairée de la foi n'hésite pas à formuler les propositions suivantes, auxquelles on ne peut rien opposer :
1° Dieu qui avait nécessairement créé l'homme pour sa gloire, qui s'était constitué nécessairement sa fin dernière, ne pouvait pas ne pas exiger la réparation de l'offense commise contre lui ! L'homme avait péché, il fallait absolument que sa faute fût expiée, et que l'expiation fiit proportionnelle à l'offense , infinie comme l'offense, au moins par substitution et réversibilité.
%" Il était convenable que Dieu pardonnât à l'homme, ou que l'homme fût racheté et réhabilité , en ce sens que Dieu, qui n'avait pas fait grâce aux anges rebelles, pouvait faire grâce à l'homme. L'homme, en effet, restait après sa chute, le chef-d'œuvre et comme le résumé de la création entière. Il était encore une grande chose ; il conservait les grands traits de l'image divine, ineffaçable en lui. Il avait été sollicité au mal par une puissance extérieure qui avait abusé de sa simplicité et de son infériorité pour le faire tomber dans le piège. Adam n'avait cédé qu'aux séductions de la compagne que Dieu lui-même avait faite, os de ses os, chair de sa chair, sang de son sang, cœur de son cœur, âme de son âme. Il portait en lui une innombrable postérité. Il n'était pas un pur esprit, mais un esprit étroitementuni àla matière; ce qui rendait sa faute moins inexcusable quecelle de l'ange. 3° La Rédemption exigeait impérieusement deux choses : satisfaction pleine et entière de la justice divine; réhabilitation complète de l'homme ; c'est-à-dire retour à l'état surnaturel, à la justice orii^inelle, à la sanctification par la grâce, habituelle et actuelle ; appel à la vie future, à la restauration glorieuse, à la vision intuitive, au bonheur éternel.
4" Cette satisfaction et cette réhabilitation ne pouvaient
être procurées ni par l'homme lui-même, ni par une simple créature, quelque parfaite qu'on eût pu la concevoir. En effet, parce que le péché, l'offense commise contre Dieu revêt une malice virtuellement infinie, en raison de la dignité infinie de la personne offensée, la réparation devait revêtir elle-même une valeur infinie, par la dignité infinie du Rédempteur. Ce n'était pas assez que la victime fût sainte, immaculée, il fallait qu'elle fût Homme-Dieu ; homme, pour pouvoir, sur la base de la solidarité humaine, assumer sur elle la responsabilité de tous les péchés des hommes I Dieu, pour donner un prix infini à son expiation. Le Rédempteur ne pouvait être que l'être universel, à la fois Dieu et homme ; possédant en lui d'une manière ineffable la divinité et l'humanité, le ciel et la terre, tous les temps et tous les lieux, tous les crimes et toutes les innocences, pour tout purifier et tout réconcilier.
5° Parce que le péché, séparation violente de l'âme d'avec Dieu, avait eu pour conséquence et pour punition la mort, séparation violente de l'âme et du corps ; parce que la mort est le plus grand acte par lequel Dieu ait pu manifester son souverain domaine sur l'homme et sa haine infinie pour le péché , il convenait, pour que la Rédemption fût parfaite, que la mort fût volontairement acceptée par le Rédempteur. Qu'elle vienne donc la grande victime, à la fois divine et humaine, et qu'elle meure sur la croix, pour que le salut, comme le péché, descende de l'arbre, à la fois occasion du crime et instrument du pardon, et alors, alors seulement la rédemption sera si complète, que la sainte Eglise de Jésus-Christ s'écriera dans sa reconnaissance enthousiaste : Heureuse faute! 0 PÉCHÉ NÉCESSAIRE D'ÀDAM !
Parce que, au moment où Jésus-Christ expirait sur le Calvaire, nous étions tous en lui ; parce que le sang qui coulait de ses veines avait été puisé dans les nôtres, non pas altéré, car Marie sa mère avait été immaculée dans sa conception, mais surnaluralisé et déifié, en quelque sorte, par son union avec la divinité ; parce que celui
qui mourait était noire chef, la tête et le cœnr de l'humanité ; parce que dans le dogme chrétien, les douleurs, les tristesses, l'agonie de l'humanité viennent compléter ce qui manque à la passion de Jésus-Christ,. pour qu'elle deviennç individuelle ou nôtre ; en un mot, parce que Jésus-Christ a fait de sa mort et des nôtres une seule immolalion^ un seul kolocauste,, immense, dans lequel, victime unique, à la fois divine et humaine, innocente et criminelle, par une seule oblatiqn, la sanctificalion des élus est consommée pour l'Éternité. C'onsummatum est!
Le dogme de la Rédemption repose, il est vrai, sur es principe de substitution ou de réversibilité,, que les mérites de l'innocence sont applicables au pécheur; que l'innocent peut souffrir, mourir, mériter, expier à la place du coupable, etc.; mais ce principe est incontestablement une loi de la nature et de la justice humaine. A Rome, Décius, après s'être voué pour la République aux dieux Mânes et à Tellus, s'élance tout armé sur son cheval, et se précipite dans les rangs ennemis : il a fait le sacrifice de sa vie, il l'a fait par le ministère du pontife, avec la croyance qu'il ferait échapper sa patrie aux maux qui la menacent, et après avoir fait sa prière aux dieux. A. Athènes, sur la parole de l'oracle qui promet la victoire à celle des deux armées qui perdra son général dans la bataille, Codrus court volontairement à la mort, pour le salut de sa patrie. Agamemnon est prêt à sacrifier sa fille Iphigénie pour assurer aux Grecs les vents favorables qui les conduiront à Troie. En Judée, Dieu, dans un entretien admirable avec Abraham, ne demandait que la présence de dix justes dans Sodome et Gomorrhe pour épargner ces villes coupables. Le grand prêtre Caïphe n'hésite pas à dire qu'il était avantageux qu'un homme pérît pour tout le peuple. C'était une coutume chez les Phéniciens, et chez les anciens en général, dans les périls éminents, que les princes des nations et des cités, pour prévenir la ruine de leur peuple, se montrassent prêts à sacrifier à la colère des dieux celui
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de leurs fils qu'ils aimaient le plus. Chaque jour, et partout, l'homme pardonne au coupable en faveur de l'innocent qui l'implore ; partout et chaque jour il se laisse fléchir par les prières de la vertu en pleurs. On a cru partout et toujours que le juste arrête les fléaux, suspend la foudre des vengeances, fait pencher le bassin de la miséricorde. On a offert partout et toujours des sacrifices qui ne sont au fond qu'une substitution, ayant sa raison d'être dans la solidarité humaine, car tout animal, toute créature a quelque chose de l'homme. £st-il donc étonnant que le nouvel Adam nous transmette sa vie régénératrice, après que le premier Adam nous a transmis sa vie corruptrice? Si la désobéissance d'Adam nous a faits pécheurs, pourquoi l'obéissance de Jésus- Christ ne pourrait-elle pas nous faire justes? Condamnés dans Adam, quoique sa nature seule, et non sa personnalité, fût la nôtre, pourquoi ne pourrions-nous pas être justifiés par Jésus-Christ qui, en conservant sa personnalité divine, a fait sienne notre nature? Pourquoi ce qui a lieu dans l'ordre du mal, n'aurai t-il pas lieu dans l'ordre du bien? Pourquoi la bonté ne serait-elle pas aussi puissante que la justice?
Ce que la bonté cependant ne peut pas faire,, c'est que les mérites de Jésus-Christ nous soient appliqués individuellement et personnellement par le seul fait de sa mort, sans une coopération libre de notre part. Aussi faut-il absolument que nous achevions en nous ce qui manque à la passion de Jésus-Christ, par l'accamplissement de ses préceptes et de ses conseils, par l'imitation de ses vertus. A ce point de vue, qui n'admirerait les âmes généreuses qui, comme les chartreux, les trappistes, les carmélites, les clarisses, embrassent par état la souffrance volontaire, pour mieux combler en elles et dans les autres le déficit signalé par le grand Apôtre? Elles remplissent dans l'ordre social la mission la plus haute et la pios sublime, en se substituant aux coupables et se dévouant pour eux. On exalte le soldat qui affronte le danger et la mort pour son pays ; comment n'admirerait-
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on pas les martyrs de la pénitence qui font, dans l'ordre divin, ce que les défenseurs de la Patrie font dans l'ordre moral? Demander à quoi servent ces héros quand on croit à Dieu, à l'âme, à la liberté, à la chute, à l'incarnation, à la rédemption, au grand mystère du juste expiant pour le coupable, c'est se demander à quoi sertie christianisme lui-même. Et comment comprendre aussi qu'on se soit tant soulevé contre le dogme catholique de l'indulgence, qui n'est pas autre chose qu'une application plus ou moins étendue des mérites de Jésus-Christ, faite par l'Église en vertu des lois de la réversibilité et de la substitution, à la condition que nous coopérions à l'œuvre de Jésus-Christ par quelque bonne œuvre ! ( Imité de l'abbé Berseaux dans sa Science sacrée. )
Chapitre Trente-Unième. — La présence réelle du corps et du sang- de Jésus-Christ sous les espèces du pain et du vin.
— C'est le plus effrayant des mystères parce qu'il semble présenter à l'esprit trois grandes impossibilités: 1" La transsubstantiation ou la conversion de la substance du pain et du vin en la substance du corps et du sang de Jésus-Christ; 2° la présence ou la concentration, sous le volume d'une molécule de pain ou de vin, du corps et du sang entier de Jésus-Christ; 3" la persistance des accidents intérieurs et extérieurs, visibles ou invisibles, apparents ou non apparents, de la substance du pain et du vin, après qu'elle a été convertie dans le corps et le sang de Jésus-Christ ; i*' la présence du corps de Jésus-Christ, et sous l'hostie entière et sous chacune de ses parties séparées ou molécules ; 5" enfin la multilocation du corps et du sang de Jésus-Christ, ou sa présence simultanée, i et sous chacune des molécules du pain et du vin, et dans les lieux les plus distants. Mais, d'une part, ces impossibilités ne sontquedansl'esprithumain nécessairementlimité; d'autre part, les progrès modernes des sciences, loin de les confirmer, les font évanouir de plus en plus chaque jour. L'inconnu, c'est le mystère avec toutes ses impossibilités ; le connu, c'est, fondée sur le témoignage divin
de Jésus-Christ et la déclaration infaillible de sa sainte Eglise, la présence réelle du corps et du sang de Jésus- Christ, avec transsubstantiation, a\ec concentration, avec persistance des accidents ou apparences du pain et du vin, avec fragmentation des espèces sans fragmentation du corps et du sang de Jésus-Christ, avec dissimulation complète des accidents, apparences ou propriétés du corps et du sang de Jésus-Christ; avec mullilocation, etc., etc. En d'autres termes, l'inconnu c'est: l'essence de la matière, l'essence des corps ou ce qui constitue leur substance propre, la molécule, ou ce qui est tel que quand on l'a, on possède la substance du corps tout entière, que quand on n'en a qu'une partie, la substance du corps n'est plus dans son intégralité ; â" la nature réelle des accidents, espèces, propriétés et apparences de la matière et des corps; 3Mes divers états sous lesquels peut exister un corps, en lui-môme ou relativement au temps, au lieu, etc., etc. Or toutes ces choses sont, de l'aveu des plus savants, desinconnues,des mystères inaccessibles, impénétrables; donc il serait absurde d'arguer de ces inconnues et de ces mystères pour révoquer en doute le fait incontestablement révélé et divin de la présence réelle I Au contraire, la saine raison nous lait un devoir de conclure des faits révélés et incontestables de l'Eucharistie à la nature véritable, quoiqu'en apparence inacceptable, delà matière et des corps. Donc: 1. il est de l'essence d'un corps qu'il puisse, le miracle aidant, se trouver dans des états très-différents ; état naturel ou matériel; état de corps glorilié, spirilualisé,partageant en quelque sorte les qualités des esprits. II. Donc la substance d'un corps vivant peut être concentrée dans un espace en quelque sorte indivisible. 111. Donc un corps peut être réellement présent sans son étendue naturelle et sans ses accidents ou propriétés spécifiques. IV. Donc les accidents d'un corps peuvent être fragmentés, et ses qualités spécifiques peuvent cesser d'être, sans que le corps cesse d'être tout entier dans chacun de ses fragments ! V. Donc la multilocalion n'a rien d'absurde ou
d'impossible, et un corps peut exister à la fois dans un nombre quelconque de lieux.
J'ajoute que si nous écoutions bien le bon sens, nous verrions, dans ces cinq propriétés nouvelles de la matière et des corps, des conquêtes imprévues dont la raison et la science devraient être grandement reconnaissantes à la Révélation, d'autant plus que les progrès incessants delà raison et de la science les justifient déjà^presque pleinement, ou tendent aies justifier de plus en plus.
C'est ce que nous allons démontrer très-brièvemeut après que nous aurons demandé à la [lévé'alion, à la sainte Ecriture;, à 3a tradition, à l'enseignembû* infaillible de l'Eglise '*Mllioli({ue, apostolique, romaine, les preuves irréfragables de la présence réelle, sous les espèces eucharistiques, du corps, du sang, de l'âme, de la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Promesse de la divine Eucharistie. Jean, chap. vi, V. 0. « Vos pères ont mangé la manne dans le désert ; mais, en vérité, en vérité, je vous le dis, 31oïse ne leur a pas donné le vrai pain du ciel. Mon Père donne seul le vrai pain du ciel, car le vrai pain du ciel, c'est celui