ADIEU A MES SPLENDEURS
Allez, nies chères Splendeurs, allez !
Puissent : La pensée de foi qui vous a inspirées,
L'ardeur avec laquelle je vous ai enlreprises,
Le travail excessif auquel vous m'avez condamné.
Les angoisses que m'a causées la témérité de me faire
votre éditeur.
Les douleurs de voire trop laborieux enfantement. Les contradictions cruelles que vous me préparez, etc.. Avoir mérité que vous soyez la loi immaculée du Seigneur
qui convertit les âmes, le témoignage fidèle de Dieu qui
donne la sagesse aux petits !
J'irai vous déposer sur Vautel de la chapelle provisoire de
Montmartre, prélude du Monument de salut que la France
repentante élève au Sacré-Cœur de Jésus, en qui fai mis
toutes mes espérances.
J'irai vous offrir à Notre-Dame de Lourdes, à la Vierge
immaculée, que j' invoquai pieusement chaque jour en vous
écrivant.
J'irai, à genoux, vous mettre sous le patronage du glorieux successeur de Pie IX, qui daigna m' aimer et qui vous
avait bénies à l'avance .
Puis je dirai, dans la plénitude de ma reconnaissance
et de ma joie :
Maintenant, Seigneur, laissez mourir votre serviteur en
paix!
Cependant, si je suis encoreutile à votrepeuple, je ne récuse
pas le travail; je le reprendrai en m'écriant, dans un élan
plus assuré et plus généreux:
Il faut LUI qu'il croisse, moi il faut que je diminue.
François-Mauie-Joseph MOIGNO.
Jour de Noël 1878.
puissante, la voix de la justice et de la vérilé, impartiale et sans préférence, libre de toute influence arbitraire, et qui ne puisse ni être comprimée par la terreur, ni circonvenue par les artilîces?
Gomment donc, même cette fois, aurait-il pu se faire que les prélats de l'Eglise, venant de tous les points de l'univers, arrivassent ici en sécurité pour conférer avec Votre Sainteté, de plus graves intérêts si, rassemblés de tant de contrées et de nations diverses, ils y eussent trouvé un prince quelconque dominant sur ces bords, qui eût en suspicion leurs propres princes ou qui fût suspecté par eux et hostile? Il y a, en eftet, les devoirs du chrétien, et il y a les devoirs du citoyen ; devoirs qui ne sont nullement contraires, mais qui sont différents. Comment les évêques pourraient-ils les accomplir, s'il n'y avait pas à Rome une souveraineté pontificale, affranchie de toute juridiction éli'angère et centre de la concorde universelle, n'ayant aucune ambition humaine, n'entreprenant rien par désir de domination terrestre?
Nous sommes donc venus libres vers le Pontife-Roi libre, pourvoyant également et aux choses de l'Eglise comme pasteurs et au bien de la patrie comme citoyens, et ne manquant à nos devoirs ni de pasteurs ni de citoyens.
Puisqu'il en est ainsi, qui donc oserait attaquer cette souveraineté si ancienne, fondée sur une telle autorité, sur une telle force de choses ? Quelle autre puissance lui pourrait être comparée, si l'on considère même ce droit humain sur lequel reposent la sécurité des princes et la liberté des peuples ? Quelle puissance est aussi vénérable et sainte ? Quelle monar'chic ou quelle république peut, dans les siècles passés ou modernes, se gloritler de droits si augustes, si anciens, si inviolables? Ces droits, s'ils venaient à être méprisés et foulés aux pieds dans la cause du Saint-Siège, quel prince serait assuré de garder son royaume, quelle république son territoire? Aussi, Très Saint-Père, c'est pour la religion sans doute, mais c'est aussi pour la justice et pour les droits qui sont, parmi les nations, les fondements des choses humaines, que Vous luttez et que Vous combattez.
Appendice B.