‹ Les splendeurs de la foi (volume 3)Chapitre 4 sur 52 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Chapitre Premier. — Situations respectives de la Science et de la Révélation. — Mais peut-être que les vérités de la foi sont contraires aux vérités de la science, que la foi est condamnée par la science? Ce doute implique contradiction dans les termes. La vérité ne peut pas être contraire à elle-même. Je prouve surabondamment, dans le deuxième et le troisième volume de mon ouvrage, l'accord parfait de la foi avec la science. Elles ont toutes deux leur source en Dieu, et, loin de se combattre, elles doivent se donner et elles se donnent mutuellement la main, pour remonter ensemble et se fondre dans la vision intuitive de la vérité, de la bonté, de la beauté infmie. En elle-même, la science humaine, qui est exclusivement la connaissance des faits et des lois de la nature, a son domaine à part. Elle peut et elle doit marcher droit devant elle, sans arrière-pensée, sans s'inquiéter directement des rapports que ses théories et ses faits peuvent avoir avec les faits et les dogmes de la foi; mais elle lui reste soumise comme à Dieu. La foi n'a rien à redouter de la science véritable, de la science adulte, de la science arrivée à l'état de certitude absolue. Elle lui crie, au contraire, sans hésitation aucune : Vous êtes ma sœur bien-aimée, croissez et muUipliez sans cesse. La science vraie est la perfection de l'esprit, comme la vertu est la perfection du coeur. Hais, parce qu'elle ne cesse pas d'être humaine, la

science, comme toutes les choses humaines, a ses travers et ses défaillances : c'est même le fol amour de la science qui a perdu le genre humain ! Ses dangers sont nombreux et considérables, et nous nous faisons un devoir de les énumérer : la science est trop naturellement vaine et orgueilleuse ; la science est exclusive; la science est taquine. Oh! non, la foi n'est pas ennemie de la science. Nous autres catholiques, nous traitons la science avec tout le respect qui lui est dû; nous l'aimons, nous l'honorons, nous l'encourageons. Mais ce qui est vrai, trop vrai, c'est que ceux qui s'attribuent aujourd'hui le monopole de la science, ont de plus en plus horreur de la foi. Ils n'hésitent pas à dire : Quiconque admet des formules et des articles de foi, ne peut être ami de la vérité. . . . Il est temps de dire à ces hommes de foi que le scepticisme et l'infamie sont de leur côté!

J'énonce dès aujourd'hui, pour leconfirmer pleinement plus tard, le fait essentiel et capital que, si sur certains points la Révélation el la science sont en désaccord, c'est uniquement : 1° parce que la science n'est pas faite encore ou qu'elle n'est pas assez avancée ; %° parce que la philologie, toujours impuissante à nous donner la véritable signification des mots du texte hébreu, soulève des difficultés insurmontables, mais en apparence seulement.

D'ailleurs, la vérité absolue des Livres saints, est affirmée par deux caractères très-imposants : le premier, c'est que les faits de la Bible ont pour eux la confirmation d'une tradition non interrompue, de la Genèse à l'Apocalypse, de Moïse à saint Jean l'Evangéliste ; le second, que ces mêmes faits se retrouvent, déligurés, mais reconnaissables, dans les annales de tous les peuples, aussi loin qu'on puisse remonter, à ce point qu'un écrivain consciencieux et éclairé, M. l'abbé Gainet, a pu, avec les témoignages des auteurs païens, refaire la Bible sans la Bible.

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