Chapitre Douzième. La Science, auxiliaire de la Foi
— Non-seulement la science véritable, la science des faits et des lois de la nature, n'est pas opposée à la foi, mais quelques-unes des sciences, pour ne pas dire presque toutes les sciences, nous fournissent des preuves ^directes et rigoureuses de la vérité de plusieurs dogmes
fondamentaux de la foi ou de plusieurs des faits de la Révélation.
r Arithmétique. — Tout nombre , c'est-a-dire toute série d'unités réelles successives, est essentiellement fini; car, puisque chacun des nombres obtenus par des additions successives, ne diffère du précédent que par une unité, tous ces nombres successifs sont nécessairement finis à la fois, le second par le premier, le troisième par le second, etc. Tout nombre est nécessairement pair ou impair, premier ou non premier; s'il est pair, il ne contiendra pas tous les nombres impairs ; s'il est premier, il ne sera pas le dernier des nombres premiers, car la série des nombres premiers est illimitée. En tout cas, qu'il soitpsir ou impair, premier ou non premier, il ne contiendra pas son carré, son cube, sa- quatrième puissance ; il ne sera donc pas plus grand que tout nombre donné; il ne sera pas infini, mais fini. Tout nombre est essentiellement fini, donc le nombre des hommes qui ont existé sur la terre est fini, et il y a eu un premier homme ; donc le nombre des révolutions de la terre autour du soleil est fini, et il y a eu une première révolution; et le soleil et la terre ont été, équivalemment, lancés dans leur orbite par une volonté souveraine. Donc dans tous et chacun des ordres de la nature il y a eu un prototype sans prédécesseurs, et les êtres ne se sont pas succédé éternellement. Voici donc que l'arithmétique, la plus élémentaire, la plus commune des sciences, fournit une preuve irréfuiable de la fausseté de la thèse fondamentale de l'alhcisme, l'existence nécessaire, et par conséquent éternelle, de l'univers et des éléments qui le composent. L'Arithmétique conclut à la nécessité, à la vérité d'une création dans le temps, lï importe de remarquer que c'est indépendamment de son origine, et en vertu des propriétés essentielles et connues des nombres, que tout nombre formé d'unités successivement ajoutées est essentiellement fini. Cette proposition une fois démontrée, il ne peui plus être question d'origine ou de première unité à une distance
infinie ; l'origine est nécessairement à distance finie. En d'autres termes, nombre actuellement fini et origine à distance finie sont ime seule et même chose, et comme tout nombre est essentiellement fini, toute origine est elle-même à une distance finie. Un nombre qui aurait son dernier chiffre et qui n'aurait pas son premier chiffre, serait un bâton à un seul bout, et comment concevoir un bâton réel existant sans ses deux bouts ?
L'Algèbre. M. Fâa de Bruno, mathématicien très-distingué, nous met par l'algèbre en possession du premier bout du bâton, ou de la première unité du nombre des hommes qui se sont succédé à la surface de la terre. Partant du chiffre actuel des populations humaines, et admettant que l'augmentation annuelle de la population est d'un centième environ, chiffre moyen le plus probable, il déduit de la théorie des progressions cette proposition capitale : v< il est impossible que la création de l'homme remonte beaucoup au-delà de cinq mille huit cent soixanteseize ans. »
Cette même théorie appliquée aux quatre mille deux cent cinq ans écoulés depuis le déluge, en prenant pour accroissement annuel de la population un deux-centdix-seplième, donne pour le nombre d'hommes existant actuellement à la surface de la terre, un milliard trois cents millions, chiffre très-peu différent du chiffre réel.
Calculé par cette même formule le chiffre total des hommes qui ont vécu sur la terre, depuis le déluge, serait de deux cent quatre-vingt-seize milliards; la France entière, en supposant cinq hommes par mètre carré, ne suffirait pas à contenir celte immense multitude.
Dans les calculs de M. Fâa de Bruno, il faut distinguer deux choses, les données numériques et la méthode. Les données numériques, la population totale du globe, le chiffre de son accroissement annuel, peuvent rester indécis, mais la méthode est absolument exacte; le nombre d'années correspondant au chiffre actuel da
la population de la terre est nécessairement fini, et trèsvoisin de six mille ans.
La Physique. II est incontestable que toute lumière, toute chaleur, tout mouvement et tout développement de la vie, dans l'intérieur et à la surface de la terre, ont leur origine et leur cause dans le soleil. S'il est donc vrai que le soleil n'a pas toujours éclairé et échauffé la terre, qu'il viendra un temps, après lequel l'activité solaire, en supposant qu'elle ait été continuellement en jeu, sera nécessairement et fatalement épuisée, force sera aussi d'admettre que la chaleur, la lumière, le mouvement et la vie ont eu un commencement et auront une fin, ainsi que l'affirment la sainte Ecriture et la Révélation. Et, en effet, les données certaines des sciences physiques modernes, habilement maniées par l'un des physiciens contemporains les plus illustres. Sir William Thomson, professeur à l'Université de Glascow, assignent à la chaleur solaire un commencement et une fin. La vie donc a commencé à la surface de la terre, et elle finira ! L'origine éternelle des êtres est une vaine chimère! Ces conclusions du grand physicien ont grandement irrité les évolulionnistes ; ils lui ont sévèrement reproché son invasion d'un domaine qui n'est pas le sien ; ils refusent à la physique le droit de donner des leçons à la géologie et à la physiologie ! Voici donc qu'une science despotique refuse à une autre science tout droit de contrôle; tandis que toutes les sciences émancipées s'attribuent d'un commun accord le droit de censure de la théologie ou de la science du surnaturel !
Pour se faire pardonner, Sir William Thomson a admis plus tard que la vie avait pu être apportée à la terre par un fragment d'aérolithe. C'est une concession ridicule, puisqu'elle ne fait que reculer la difficulté. Il faudra trouver l'origine de la vie à la surface de l'astre dont s'est détaché le fragment qui a vivifié et fécondé la terre ! Mais constatons que Sir Williaui Thomson a réparé sa faiblesse en proclamant :
LA roi ET LA SCIENCE. lÔJ
<( que nous voyons partout dans la nature l'influence d'une volonté libre, et que tous les êtres vivants sont sous la dépendance unique du Créateur et du régulateur souverain des mondes. »
— Dans son volume La conservation de Vénei^gie, M. Balfour-Stewart, professeur de philosophie naturelle au collège d'Owen, à 31anchester, dit à son tour :
« Nous dépendons du soleil, centre de notre système, non-seulement pour l'énergie de nos corps, mais pour la délicatesse de notre constitution; l'avenir de notre race est attaché a l'avenir du soleil — Nous avons vu que le soleil a eu un commencement et qu'il doit avoir une fin. Si nous généralisons, nous regarderons nonseulement notre propre système, mais tout l'univers matériel, considéré au point de vue de l'énergie utilisable, comme essentiellement transitoire. » La science formule donc, comme la foi, le terrible arrêt : Cœlum et terra transibunt.
— M. Paul de Saint-Robert conclut à son tour : « L'univers converge vers un état final où toutes les activités de la nature se seront arrêtées et fixées dans un repos relatif éternel. » Ces conséquences de celte partie de la physique appelée thermodijnamique. sont d'autant plus remarquables, qu'à son berceau elle avait essayé bruyamment de faire de l'invariabilité de la somme des énergies de la nature, de leur unité d'origine et de leur convertibilité mutuelle, un argument contre la création et le Créateur.
— MM. Helmholtz et Tyndall, physiciens illustres mais émancipés de la Foi et libres penseurs, s'expriment ainsi : « À mesure que les siècles se succèdent, chaque planète devra tomber à son tour sur le soleil.... Si elle ne devient pas incandescente, comme une étoile filante, par le ù'otlemenl dans son passage à travers l'atmosphère du soleil, le premier frôlement contre sa surface produira un immense développement de lumière et de chaleur. Puis, soit du premier coup, soit après plusieurs bonds, comme un boulet de canon ricochant sur la sur-
^g2 LES SPLENDEURS DE LA FOI.
face de la terre ou de l'eau, toute sa masse sera broyée, fondue, réduite en vapeur, par un embrasement qui produira en un moment plusieurs millions de fois autant de chaleur qu'en produirait en brûlant une masse de charbon des mêmes dimensions. »
— M. Folie, de l'Académie des sciences de Belgique, dit enfin : « Si le monde existait de toute éternité, il
Y A une éternité DÉJÀ QU'iL AURAIT DU FINIR, PUISQUE LA TENDANCE A L'ANÉANTISSEMENT DE TOUT TRAVAIL ET A l'équilibre final DE TEMPÉRATURE, AGISSANT DE TOUTE ÉTERNITÉ, AURAIT DU SE RÉALISER ENTIÈREMENT DEPUIS
UNE ÉTERNITÉ DÉJÀ. On est pleinement OU droit d'affirmer scientifiquement que l'univers n'existe que depuis un temps limité, quelque long d'ailleurs que ce temps puisse être. Et quelle cause l'a ainsi constitué dans le temps? Une volonté libre ! La création se trouve ainsi démontrée physiquement, j'allais dire mathématiquement. » Voilà donc que ce qu'il y avait de plus mystérieux, de plus improbable, de plus impossible, humainement, dans la sainte Écriture : le commencement du monde par une création véritable et sa fin par le feu, est devenu un des dogmes fondamentaux de la science actuelle 1 splendeur!
— La Physique moléculaire. Après la physique mathématique et la physique corpusculaire, écoutons la physique moléculaire. M. Clerk Maxwell, professeur de physique à l'Université de Cambridge, un des savants les plus renommés de l'Angleterre, d'une étude profonde, comm.e on n'en fît jamais, des molécules et des atomes, n'hésite pas à tirer cette conclusion grandiose : « Aucun des phénomènes de la nature, depuis son origine, n'a pu produire la moindre différence dans les propriétés des molécules, de sorte que l'existence ou l'i dentité de leurs propriétés ne peut être attribuée à aucune des causes que nous nommons... Les molécules présentent, ainsi que l'a dit sir John lierschell, le caractère essentiel d'articles manufacturés^ et excluent l'idée d'une existence éternelle , ou d'une
entité subsistant par elle-même... Elles sont aujourd'hui ce qu'elles étaient lorsqu'elles ont été créées, achevées, quant à leurs dimensions, à leur poids et aux caractères indestructibles qu'elles présentent... Nous en jouissons parce qu'ils sont le cachet de celui qui au commencement a créé non-seulement le ciel et la terre, mais les matières qui les composent.
M. Tyndall dit à celte occasion : « Gassendi supposait la cause première comme un postulatum. Dans ses atomes manufacturés, Clerk ^Maxwell trouve la base d'une induction qui lui permet d'escalader les hauteurs philosophiques que Kant jugeait inaccessibles, et de s'élancer logiquement des molécules jusqu'à leur création. »
Une belle page de la philosophie naturelle de l'immortel Thomas Young, nous fait entrevoir comment le monde visible s'est constitué à l'aide de ces atomes primordiaux et comment ces mêmes atomes peuvent entrer en relation avec l'univers invisible !
A propos de l'univers invisible, nous signalons l'apparition d'un livre très-remarquable qui a pour soustitre : Spéculations physiques sur la vie future, par deux physiciens et mathématiciens de premier ordre, MM. Tait et Balfour-Stewart, livre dont voici la conclusion :
« La science ainsi développée (c'est-à-dire la science adulte, la science vraie), au lieu de se montrer en antagonisme avec les exigences du christianisme, est en réalité son plus efficace auxiliaire, et la charge de montrer que les premiers chrétiens avaient tort d'affirmer l'existence et la constitution d'un univers invisible, semblable à celui que la science proclame, est rejelée sur les épaules des adversaires du christianisme. La vérité est que la science et la Révélation ne sont pas et ne peuvent pas être deux champs de connaissances sans communication possible entre eux : une semblable hypothèse est simplement absurde. » Ce livre savant et bon, a fait en Angleterre une très-grande sensation, et il est arrivé déjà à sa Quatrième édition.
^54 LES SPLE^DEURS DE LA FOI.
Sciences physiologiques. La tendance actuelle de la fausse science est l'athéisme ; elle veut à tout prix que Dieu n'existe pas, et pour arriver à nier Dieu, elle nie la création, et cherche les origines de la vie dans une foule de systèmes ou de genèses plus insensées les unes que les autres, et aboutissant nécessairement, fatalement à la génération spontanée. Or la science vient de démontrer victorieusement, invinciblement, que la génération spontanée est une chimère. M. Tyndall lui-même, qui dans un élan d'ardeur matérialiste avait osé dire : « Je vois dans la matière la promesse et la puissance d'engendrer toutes les formes de la vie, » a été forcé de déclarer, peu après, ne pouvoir apporter aucune preuve satisfaisante du développement de la vie sans une vie antérieure démontrée.
Comment, en effet, admettre scientifiquement la génération spontanée après le mémorable rapport fait à l'Académie des sciences, dans sa séance du lundi 25 février 1805, par M. Balard, au nom d'une commission composée de ^\M. Flourens, Dumas, Brongniard, Milne- Edvrards, Balard. Il s'agissait, au fond, de constater la vérité d'une expérience de M. Pasteur, expérience qui, de l'aveu des partisans de la génération spontanée, niait son existence et sa possibilité. Voici les conclusions du rapport :
« En résumé, les faits observés par M. Pasteur et contestés par MM. Pouchet, Joly et Musset, sont delà plus parfaite exactitude. Des liqueurs fermentescibles peuvent résister soit au contact de l'air confiné, soit au contact de l'air souvent renouvelé, sans s'altérer ; et quand, sous l'influence de ce fluide, il s'y développe des organismes vivants, ce n'est pas à ces éléments gazeux qu'il faut en attribuer le développement, mais à des particules solides (des germes vivants), dont on peut le dépouiller par des moyens divers, ainsi que M. Pasteur l'avait affirmé. »
Après avoir répété sa mémorable expérience, si simple, mais si nette et si concluante, dans une des bril-
Jantes soirées scientifiques de la Sorbonne, M. Pasteur n'iiésitapas à prononcer ces solennelles paroles couvertes d'applaudissements :
« En éloignant le germe, j'ai éloigné la vie, car la vie c'est le germe, et inversement le germe c'est la vie. Jamais la génération spontanée ne se relèvera du coup mortel que cette expérience lui a porté. Non, il n'y a pas une seule circonstance, aujourd'hui connue, où l'on ait vu des êtres venir au monde sans parents. Ceux qui l'affirment sont le jouet d'illusions ou de causes d'erreurs qu'ils n'ont pas su apercevoir ou qu'ils n'ont pas vues. »
Après un long temps écoulé, le 17 juillet 1876, M. Pasteur disait à l'Académie des sciences : « Voilà bientôt vingt années que je poursuis, sans la trouver, la reclierche de la vie sans la vie antérieure semblable. Les conséquences d'une telle découverte seraient incalculables. Les sciences naturelles en général, et la philosophie en particulier, en recevraient une impulsion que nul ne saurait prévoir. Aussi, dès que j'apprends que j'ai été devancé, j'accours près de l'heureux investigateur. Il est vrai que j'accours vers lui plein de défiance. » C'était à l'occasion d'une nouvelle tentative du docteur Bastian, dont M. Tyndall a dit : « Tout ce qu'il allègue en faveur des générations spontanées s'obstine à ne pas se manifester ; » en même temps qu'il réclamait le concours de tous les esprits éclairés pour bannir de la science cette doctrine des générations spontanées qui ne s'appuie sur rien !!!
Constatons en outre que les savants de bonne foi qui affirment le plus énergiquement les générations spontanées, M. Pouchet en France, M. Bastian en Angleterre, reconnaissent et proclament hautement que si la matière est douée du pouvoir de s'organiser elle-même el d'engendrer la vie, c'est uniquement par communication de la puissance créatrice : « Les phénomènes physiques, chimiques et biologiques, dit M. Bastian, s'accordent à étabhr qu'il règne partout un ordre immuable, des lois fixes, et que rieoi dans la nature, malgré les apparences
i^a LES SPLENDEULS DE LA FOI.
contraires, n'est livré au liasard. Les mêmes forces qui agissent actuellement, au-dedans et au-dehors de nous,ont été et sont toujours actives dans l'univers entier : les forces qui produisent des résultats si beaux, si complexes et si variés, attestent l'existence d'une puissance suprême, dont ces résultats sont l'expression. »
— Citons encore deux autorités : d'abord celle d'un naturaliste très-distingué , M. Strauss-Durckheim : « Tous les êtres vivants, jusqu'aux derniers animalcules, doivent sans acceptiori leur existence à des individus semblables à ceux qui les engendrent. » Puis celle de l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg : ce Les organismes les plus douteux, qui paraissent appartenir en môme temps aux deux règnes organiques, sont renfermés dans leur propre cercle morphologique. »
Origine simienne de l'homme. M. Gratiolet, qui, plus que tout autre, et avec un talent hors ligne, a étudié l'anatomie comparée du singe et de l'homme, conclut ainsi : « ... Les faits me permettent d'affirmer avec une conviction fondée sur une étude personnelle et attentive, que l'anatomie ne donne aucune base à celte idée si violemmentdéfendue de nos jours, d'une étroite parenté entre l'homme et le singe.... La divine majesté de l'homme sortira quelque jour consacrée par ce combat, et dès lors invincible et triomphante. »
M. Emmanuel Rousseau, chef des travaux anatomiques au Muséum d'histoire naturelle, a constaté mieux que ne l'avait fait Camper une différence essentielle entre le singe et l'homme. « Les mammifères sans
exception sont pourvus de l'os intermaxillaiie Cet
os manque chez l'homme seul. »
Astronomie et chronologie indiennes et égyptiennes. — M. Biot a été amené invinciblement à celle conclusion : Plus on examine en détail, avec un sens pratique, les écrits astronomiques des Hindous, plus on se persuade que, dans ces livres, texte ou comuienlaires
sont fabriqués spéculalivement, avec des pièces de rapport prises de toutes parts, sans qu'on y trouve aucun vestige d'observations anciennes qu'ils auraient faites euxmêmes avec des instruments précis, pour un but de perfectionnement abstrait qui leur a toujours été étranger.
— M. l'abbé Guérin, missionnaire des Indes, a conclu mathématiquement d'une observation du Surya- Sidantha l'âge véritable de son auteur, auquel on attribuait une antiquité démesurée. L'observation a été faite il y a 1 ,484 ans, ce qui ferait vivre Surya en 345 après Jésus- Christ.
— M. Cooper, aidé de l'astronome royal M. Airy, a constaté qu'une éclipse mentionnée dans une inscription hiéroglyphique, comme étant arrivée sous le règne du pharaon arrière-petit-fils de Sheska P^ qui prit Jérusalem, avait eu lieu l'an 851 avant Jésus-Christ, à 5 heures 40 minutes du soir. M. Cooper a été ainsi conduit à une chronologie très-différente de celle de Manéthon. On ne pourra donc plus opposer les chiffres de Manéthon à h chronologie biblique.
— En supposant que les faces de la grande Pyramide ont été inclinées de 5^ degrés, pour que Sirius, le petit Chien ou Sothis, à son point culminant, dardât ses rayons perpendiculairement sur la face méridionale, on a pour l'âge du monument 3,300 ans avant Jésus-Christ. Je n'attache pas une grande importance à l'hypothèse de lilahmoud-Bey ; je crois avec M. PiazziSmylh que l'étoile Sothis ou Sirius n'a pas joué dans l'astronomie égyptienne le rôle qu'on lui attribue; mais il est au moins prouvé que, quel que soit le point de départ que l'on choisisse, on arrive toujours pour l'âge de la grande Pyramide à un chiffre qui s'accorde parfaitement avec la chronologie biblique.
La pluralité des mondes. La pluralité des mondes n'a rien qui, de près ou de loin, puisse contrarier nos dogmes chrétiens.. Les bienfaits de l'Incarnation ont pu s'étendre .à d'autres mondes; saint Paul nous montre Jésus-
Christ pacifiant par son sang versé sur la croix ce qui €st sur la terre ou dans les cieux; et une vieille hymne, Pange lingua, chante la gloire du sang précieux qui lave les crimes de la terre, des mers, des astres, du monde entier. Cependant on ne peut pas nier qu'il n'y eût pour la foi quelque chose d'irrévérencieux dans l'engouement avec lequel on se plaisait à peupler d'habitants tous les astres du firmament. Nous sommes donc heureux de constater que la science du jour est beaucoup moins prodigue. Voici les conclusions d'une longue dissertation sur les conditions astronomiques de la vie, insérée dans l'Annuaire du bureau des longitudes pour 1874 , par M. Faye, de l'Institut : « Loin de pouvoir admettre à priori que les conditions de la vie se trouvent naturellement réalisées partout, c'est à peine si l'on peut citer, en dehors de la terre, deux planètes de notre système où elles soient seulement un peu probables, et le seul globe sur lequel il soit permis de se prononcer avec une entière certitude, la lune, n'en possède aucune. »
Analyse et mécaniqne analytique. — L'alvéole des abeilles. Lord Brougham a constaté par l'analyse, plus complètement qu'on ne l'avait fait avant lui, que l'alvéole des abeilles est un chef-d'œuvre de mathématique. « On ne saurait douter, dit-il, que l'abeille a résolu le problème du minimum minimorum de la surface du fond de son alvéole, dans des conditions qui n'avaient pas encore été examinées; et que leur architecture est plus parfaite que tout ce que l'on peut imaginer. Si l'on réfléchit que c'est le chef-d'œuvre de l'instinct, il sera impossible de dire avec Virgile : In lenui labor, sans ajouter : At tenuis non gloria...
« Ce que nous appelons l'instinct est l'action continuelle de Dieu, et ces spéculations tendent à sa gloire, ou du moins à nous faire remplir notre devoir en expliquant et éclaircissant ses œuvres. »
Des observations nouvelles que nous citons prouvent que cet instinct s'exerce spontanément, sans édu-
cation préalable, sans hésitation aucune, sans tâtonnement, sans calcul, sans étude des obstacles. Aussi M. Chevreul n'hésite pas à dire : « Les faits de l'instinct malgré tout ce qu'en ont dit les philosophes, qui les ont attribués à une sorte d'enseignement donné parles ascendants aux descendants de leur espèce, sont en contradiction évidente avec cette explication. Des faits précis , observés et expérimentés par Frédéric Cuvier, m'ont conduit a penser qu'ils s.ont inexplicables sans une cause providentielle. »
Simplicité et spiritualité de l'âme. M. Félix Lucas démontre par l'analyse : 1° que si la perception des sensations dérivait de l'ébranlement mécanique d'un sensorium, il faudrait absolument admettre, ce qui est absurde, qu'une formule d'analyse peut remplacer une force motrice réelle ; â° que le centre des perceptions ne peut pas avoir des dimensions finies, qu'il doit être essentiellement un atome insécable^ indécomposable, inaccessible au scalpel de l'anatomiste, un pur esprit.
— M. Félix Breton trouve une démonstration de la simplicité de l'àme, non plus dans ses perceptions, mais dans son action sur le corps. La volonté agit elle-même sur un élément physique ou mécanique auquel elle imprime directement un mouvement... Nous sommes logiquement forcés de reconnaître la création à neuf d'un travail par la volonté... La volonté est autre chose que matière et autre chose que mouvement. Matière et mouvement ne sont pas tout, quoique dans la réalité simplement physique tout soit matière et mouvement.
La réversion. La formule de Laplace, l équation du monde et des mondes. Laplace a dit dans son Essai philosophique sur les probabilités : « Une intelligence qui, pour un instant donné, connaîtrait toutes les forces dont la nature est animée et les situations respectives des êtres, si d'ailleurs elle était assez vaste pour soumettre
jf(*r) LES SPLE^DEUns DE LA FOI.
ces données à l'analyse, embrasserait dans la môme formule lesmoiivements des plus grands corps de l'univers, et ceux du plus léger atome. Rien ne serait incertain pour elle et l'avenir, comme le présent, serait présent à ses yeux. »
Il est possible que l'illustre géomclre ait prétendu comprendre dans sa gigantesque formule les êtres et les phénomènes des quatre règnes de la nature, minéral, végétal, animal, humain, d'autant plus que pour lui les causes finales sont des causes imaginaires, expression de notre ignorance. En tout cas, c'est ainsi que la formule de Laplace a été et est universellement entendue par la science émancipée de notre époque, par les Hseckei, les Huxley, les Du Bois-Reymond, etc., etc. De sorte qu'en réalité, cette théorie mécanique des mondes est la prétendue source et l'expression dernière des théories de l'Ecole positiviste et rationaliste du xix^ siècle, d'où ils concluent tous leurs dogmes insensés de l'éternité de la matière et de la vie, du transformisme ou de l'évolution, de la nécessité et de la fatalité des actes humains, etc. Or M. Philippe Breton a fait ressortir de la manière la plus piquante, l'absurdité de celte théorie. En effet, si elle était vraie, tout atome, toute molécule, tout être, considéré dans l'espace et dans le temps, décrirait équivalemment une courbe continue; or tout mouvement curviligne est essentiellement réversible, c'est-à-dire qu'on peut concevoir que l'atome, la molécule, l'être revienne sur ses pas, et parcoure, en sens contraire, le chemin suivi, ou que tous les phénomènes du monde et des mondes puissentet doivent se reproduire en sens converse, donnant ainsi naissance à un monde renversé ou à rebours! Ce monde le plus étrange qu'on puisse imaginer devient à son tour une démonstration par l'absurde, extrêmement frappante, de la fausseté, de l'inanité des prémisses qui le rendent absolument nécessaire en théorie.
Citons un exemple de réversion : Dans le monde à rebours, les morts renaissent, sortent de terre à l'état
de cadavres, prennent vie et deviennent d'abord des corps malades, après quoi ils recouvrent la santé à tous les âges. Ils sortent de terre les uns vieillards, les autres adultes, les autres enfants ; ils rajeunissent à mesure que le temps s'écoule, et tous sans exception deviennent semblables à nos enfants naissants, puis disparaissent totalement dans le sein de leur mère. Au-delà de ce singulier genre de mort, il devient de plus en plus difficile de comprendre les effets delà réversion. » M. Félix Breton conclut avec raison qu'en dehors de ce qui est vraiment quantité ou de ce qui peut être conçu double, triple, quadruple, les mathématiques ne peuvent que conduire à l'erreur ou à de vrais non-sens.
Anthropologie. Le R. P. Monsabré a fait à Notre- Dame, pendant le Carême de 1875, sur la beauté, la grandeur, la vie divine de l'homme, trois savantes et éloquentes conférences qui forment a elles seules une brillante synthèse du chef-d'œuvre de la création. J'ai cru devoir en faire', avec les propres paroles de l'orateur, un résumé rapide, qui est un hymne magnifique chanté par trois des plus nobles parmi les sciences, la physiologie, la philosophie et la théologie, en l'honneur du Diea créateur de l'homme et de la Révélation. Il me semble impossible que cet hymne glorieux ne frappe pas vivement et n'impressionne pas profondément tous ceux qui le liront. Ces vérités sublimes ne s'inventent pas; elles sont forcément révélées et divines.
Chimie et synthèse chimique. M. Béchamp, professeur de chimie à la Faculté de Montpellier, aujourd'hui doyen de la Faculté de médecine de l'Université catholique de Lille, a demandé a la science dans laquelle il est passé maître le secret divin de l'origine et de l'essence de la matière organique et inorganique, et sa réponse est un nouveau triomphe pour la Révélation. Citons-en quelques traits : « En vertu des relations admirables et si fécondes que la science a découvertes entre le règne minéral, le
règne végéta) . le règne animal et l'homme, les végétaux devaient apparaître les premiers, puisqu'ils sont des appareils de synthèse, tandis qu'au point de vue chimique et physiologiqne les animaux ont dû venir après. Les végétaux sont en effet, ainsi que M. Dumas l'a établi avec une grande évidence, des appareils de combustion, c'està-dire des appareils d'analyse ; ils ne pouvaient pas créer
la matière nécessaire à l'édificat'cn de leur être La
science fixe donc, en quelque sorte, le moment de l'apparition de la vie sur le globe ; mais elle fixe, en outre, avec certitude, cet ordre de subordination : la matière minérale avant les végétaux, les végétaux avant les animaux. Elle constate de plus que l'homme est le dernier qui ait été posé sur cette terre, et que, comme pour les autres êtres, la matière de son organisme est minérale par essence. Oui, tout cela est absolument vrai et d'une évidence scientifique... » Jl y a une autre évidence non moins certaine, scientifiquement et expérimentalement, c'est que les matériaux minéraux de l'air, de l'eau et de la terre, tout seuls, ne peuvent pas engendrer un atome de matière organique. l)ans l'ordre purement chimique, il faut l'intervention d'une intelligence, celle d'un chimiste assez savant, d'un génie assez élevé, pour gouverner la matière en ses aptitudes. Dans l'ordre de la nature, il faut les végétaux, c'est-à-dire un ensemble d'appareils qui fonctionnent sans cesse pour opérer des synthèses organiques ayant en elles-mêmes le germe de leur propre reproduction et de leur multiplication... Le spiritualisme donne Dieu pour père à l'univers. Dieu, suivant celte doctrine, a créé la matière, et il a créé avec elle tous les mondes, tout ce qui vit, respire et pense sur la terre. Et le verbe créer signifie tirer du néant, faire de' rien quelque chose. La doctrine spiritualiste est celle de a science, non pas de la science d'hier et du premier renu, mais de la science d'aujourd'hui, des véritables savants. » M. Béchamp termine par cette conclusion de M. Hirn, correspondant de l'Institut de France : « La matière, la force, l'àme humaine ont seules pu
LA foi ET LA SCIENCE. 163
être créées dans le sens propre du terme (c'est-k-dire tirées du néant, faites de rien), avec leurs attributs, leurs propriétés, leurs facultés... Ici-bas, l'homme, certainement, n'aura jamais l'idée la plus éloignée de cet acte du Créateur; il ne peut qu'en constater la nécessité première I »
La Téléologie ou la science des causes finales et DU dessein dans la nature. Il est si évident que partout et toujours, dans la nature, l'indication d'un but à atteindre, l'accommodation des moyens à la fin, l'appropriation des organes aux fonctions à remplir, sont choses si palpables, que chercher à les démontrer ce serait supposer qu'elles peuvent être robjet d'un doute et les amoindrir. D'ailleurs l'Ecole positiviste, la seule interprète sérieuse de la libre pensée, admet les causes finales. M. Littré dit en parlant de l'reil : « Il est naturel de conclure qu'une cause intelligente a eu devant soi l'effet particulier que chacune des parties devait produire, et l'effet commun qu'elles devaient produire toutes ensemble. En d'autres termes, que cette cause a eu un plan ou s'est proposé un but qu'elle a atteint. » Si, plus tard, à propos du virus de la rage et des entozoaires, M. Liltré s'écrie : « Transporté dans l'ordre de la finalité, l'esprit se trouble nécessairement et chancelle... » « La science ne veut pas d'une finalité qui ne se vérifie ni ne s'expérimente, » c'est une boutade contre l'inconnu et le mystère qu'il faut absolument subir.
Un naturaliste célèbre, M. Van Bénéden a dit à l'occasion de ces mêmes entozoaires : « Plus nous avançons dans la connaissance de la nature, plus aussi est profonde notre conviction que la croyance en un créateur toutpuissant et en une sagesse divine qui a créé le ciel et la terre selon un plan préconçu et éternel, peut seule résoudre les énigmes de la nature, comme celles de la vie humaine. »
Auguste Comte avait aussi dit d'abord : « Il n'y a pas plus d'organe sans fonction que de fonction sans
organe, puisque le développement précis de la corrélation entre les idées d'organisation et les idées de vie constitue la loi caractéristique de toutes nos études
biologiques La disposition d'esprit qui nous conduit
a penser que par cela même que tel organe fait partie d'un être vivant, il concourt nécessairement, d'une manière déterminée, quoique peut-être inconnue, à l'ensemble des actes qui composent son existence, est donc éminemment philosophique et d'un usage indispensable. » Si, ailleurs, Auguste Comte proteste contre l'inutilité fondamentale du cristallin, c'est parce qu'il ignorait que cet organe exerce seul la fonction capitale d'accommoder l'œil aux distances... S'il dit, en parlant de la vessie, qu'elle n'a qu'une importance secondaire, et que son action perturbatrice accidentelle est fort loin d'être compensée par son utilité dans l'état normal, c'est encore une boutade inconsidérée, inspirée sans doute par le souvenir de douleurs causées par des lésions de la vessie !
Dieu sans aucun doute n'est pas tenu au plus parfait. La saine philosophie et la saine théologie condamnent également les théories optimistes de Leibnitz et de Mallebranche. A chacune de ses œuvres, le Créateur s'est contenté de déclarer qu'elle était bonne 1 31ais la perfection des organismes vivants est un fait si constant, que la science et l'industrie ont toujours désespéré d'en approcher même de loin. Quel appareil humain de propulsion pouvons-nous comparer à la patte du cygne, à la queue et aux nageoires du saumon, aux jambes du cheval ou du cerf, aux ailes de l'aigle ou du pigeon?
— Le Cœur est un moteur merveilleux que le génie de l'homme n'aurait jamais conçu. Son travail élèverait, en une heure, son propre poids à 5 589 mètres, tandis que l'homme le plus robuste ne s'élève que de 3 000 mètres en une heure ; il est donc vingt fois plus énergique. La quantité totale du sang, de 35 à 45 kilogrammes, fait sa circulation complète dans 40 minutes, ce qui est énorme. Le cœur, dit M. Bouillaud, est une admirable pompe foulante qui ne réclame pas pour l'exercice de ses mou-
vcments, comme les pompes créées par les mains de l'art, une force étrangère et extérieure ; elle est automotrice. Le jeu de ses valvules est plus admirable encore. Les valvules auriculo-ventriculaires sont disposées de manière à laisser le libre passage au sang qui vient des oreillettes pendant la diastole ventriculaire, et à empêcher son reflux pendant la systole ventriculaire. Pendant cette systole, les valvules ventriculo-artérielles s'abaissent pour permettre le passage du sang dans les artères, et elles se redressent pour s'opposer au reflux du sang pendant la diastole ventriculaire. Les mouvements et les repos des artères, comparés aux mouvements et aux repos du cœur, se font en des temps inverses les uns des autres; cette sorte d'inversion était nécessaire pour que le sang pût exécuter son mouvement circulatoire. Un centre nerveux, si mystérieusement dissimulé qu'on n'a pas pu encore le découvrir, préside à ces mouvements d'une régularité vraiment divine. Et que d'autres lois encore inconnues! Tout récemment M. le docteur ^larcy constatait qu'on ne peut en un temps donné obtenir du cœnr qu'une même quantité de travail, et que si, par des excitants énergiques, on provoque une dépense anormale, un repos s'ensuit forcément, et le cœur, au bout d'un moment, se trouve n'avoir fait que son travail ordinaire.
— Si au lieu de considérer le cœur, nous considérons le Cerveau, nous y verrons, avec 31. Thomas Huxley luimême, le père de l'homme-singe, le plus extraordinaire, le plus délicat, le plus sensible des organes de perception, hymne admirable- chanté à son tour à la louange du créateur et organisateur suprême des mondes. La merveille serait bien plus étonnante encore si, avec l'Ecole positiviste, nous étions forcés de voir dans le cerveau un organe matériel sentant, pensant, voulant, se ressouvenant, alors que, de l'aveu des plus acharnés, le passage de l'impression à la sensation, au sentiment, à la volition, au souvenir, est absolument au-dessus de la portée de l'intelligence humaine I Ignoramus I Igno-
rabimiisl « La toute-puissance divine, dit M. le docteur Edouard Fournié(run des savants qui ont le mieux étudié le cerveau), après qu'elle eut créé le monde avec l'immensité de ses phénomènes, a étendu sous la voûte crânienne de l'homme un organe doué d'une faculté inouïe, incomparable, qui le constitue à l'état de foyer conscient, vers lequel converge toute lumière, et d'où émane toute counaissance.... Quant à l'ordre admirable qui préside au classement de ces diverses connaissances, nous le devons à l'intelligence sublime qui a tout créé. Le cerveau est une tapisserie merveilleuse dont le Créateur a fourni le canevas et dont nous nous remplissons tous les jours les mailles. »
— Ce que nous avons dit du cerveau s'étend naturellement aux autres organes de perception qui tous accusent, de la manière la plus évidente, un dessein préconçu, un moyen sagement combiné pour atteindre un but nettement déterminé. Un jeune physiologiste, d'un talent trèsoriginal, a voulu déterminer à priori les conditions que devrait remplir l'organe destiné à recevoir l'impression des vibrations lumineuses, et sa rétine théorique s'est montrée une imitation ébauchée de la rétine naturelle. Cette thèse des causes finales est si invinciblement démontrée, que même un hétérogéniste, M. Jules Duval, s'est vu contraint de clore en ces termes une longue étude des ferments ou virus, qui intriguaient tant Auguste Comte et M. Litlré : « Fatalité, diront les philosophes! iNonl Cette étude nous montre que dans la nature, tout se lie,
TOUT s'enchaîne ET SE CONFOND DANS LA MÊME HARMONIE.
Quand on envisage les plus simples phénomènes qui se déroulent à la surface de la croûte terrestre, ou qu'on pénètre du regard le plan majestueux de l'univers tout entier, l'on arrive à cette conception, grandiose et vraie tout à la fois, que rien ici bas n'est livré au caprice ou au hasard : L'homme, comme les autres êtres, a sa mission à remplir, et cette mission, il la tient de Dieu. Celle des infiniment petits n'a certainement pas d'autre mobile» elle n'a pas d'autre source que la source divine. »
Avonons-le donc, l'alliée estUD pauvre insensé, ou un malheureux forcené réduit à croire à un monde sans
RAISO.\ d'être, A DES OEUVRES ADMIRABLES SANS OUVRIER, k DES EFFETS IMMENSES et CONTINUS SANS CAUSE.
Synthèse générale et classement des connaissances humaines. La classification naturelle des connaissances humaines, c'est-k-dire des propriétés des êtres et de leurs rapports mutuels, procédant directement du simple au composé, du général au particulier^ dont je crois devoir joindre ici le tableau, constitue une magnifique synthèse, qui est en même temps la synthèse chrétienne et catholique. Qui oserait affirmer que les distinctions, si familières k notre esprit, d'être nécessaire, d'êtres contingents , d'être corporel , d'être mixte , d'être purement spirituel, d'esprits bons et mauvais, ne sont que des phénomènes subjectifs, des abstractions de notre intelligence ? Tous ces êtres sont présents k notre pensée, pourquoi ne seraient-ils pas aussi réels que nous ?
Chapitre Douzième. — La science et les savants, AUXILIAIRES DE LA FOI (Suite). — Les savants. Les savants viennent en aide k la foi par les témoignages qu'ils lui rendent, soit volontairement, ce sont les savants am/s; soit involontairement, tout en resisini ennemis. Les savants ennemis sont encore auxiliaires de la loi par les erreurs souvent grossières dans lesquelles ils tombent quand ils se hasardent à l'attaquer.
L les savants amis. Napoléon le Grand, membre de l'Institut de France, k l'occasion de l'apostolat athée du célèbre astronome Lalande : « Mon premier devoir est d'empêcher qu'on n'empoisonne la morale de mon peuple, car l'athéisme est destructeur de toute morale, sinon
DANS LES individus, DU MOINS CHEZ LES NATIONS. »
D'Homaliiis d'îlalloij, géologue éminent. « La Bible, en parlant de l'image de Dieu, n'a pu faire allusion
à la partie matérielle et décomposable de l'homme, mais bien à sa partie spirituelle qui, pour être digne de Dieu, doit être douée de l'immortalité, c'est-à-dire de la propriété de conserver éternellement son individualité... » « Je n'hésite pas à dire qu'il n'existe, âmes yeux, aucune opposition réelle entre nos croyances religieuses et les démonstrations données par l'étal actuel de nos connaissances... » « La théorie qui attribue l'origine de nos hautes montagnes à des soulèvements relativement récents, fait tomber les objections dirigées contre le séjour des eaux du déluge sur les matières qui forment les sommets des plateaux les plus élevés. »
Agassiz, un des plus grands naturalistes des temps modernes. Il a combattu jusqu'au dernier jour de sa vie la théorie du Darwinisne. << Notre science n'est pas assez avancée, disait-il, pour discuter à fond l'origine des êtres organisés. »
Faraday, le grand physicien. « Sa foi et sa piété, dit M. Samuel Martin, son panégyriste, portaient la joie dans son âme. 11 avait une foi absolue à ce que nous reconnaissons comme l'essence du Christianisme. Sa foi n'a pas péri par défaut d'œuvres, bien loin de là, elle était vivifiée par une bienfaisance active, par un dévouement de chaque jour au soulagement de la souffrance, et par une confiance inaltérable dans la Divinité. M. Tyndall résume ainsi les convictions de Faraday : « Douter des vérités humaines, c'est ouvrir la porte aux découvertes ; en faire des articles de la foi, c'est la fermer. Douter des vérités divines, c'est livrer sa vie au hasard ; y croire, c'est lui donner son lest. »
M. Stokes, physicien et mathématicien profond: «Traçons sans crainte, l'enchaînement d'un anneau à un autre (dans la série des êtres), mais prenons garde, dans cette étude des causes secondes, d'oublier la cause PREMIÈRE, et de fermer les yeux aux preuves merveilleu-
ses (le sagesse que, surlout dans l'étude des êtres organisés, nous rencontrons à chaque pas. » — « Une vérité ne peut iHre contraire à une autre, quand même on y serait arrivé par des voies totalement dilFérentes : dans un cas par une saine investigation scientifique, dans d'autres par la foi a des témoignages d'une authenticité certaine. » — « Quand des phénomènes de la vie nous passons à ceux de l'esprit, la science ne peut que nous éclairer sur* la profondeur de notre ignorance et nous conduire à jeter les yeux, vers un ordre plus élevé. »
M. Dumas, le grand chimiste. « La nature de la matière nous est-elle connue? Non ! Connaissons-nous la nature de la force qui règle le mouvement des corps célestes et celui des atomes? Non! Connaissons-nous la nature du principe de la vie? Nonl Quelle différence y a-t-il donc entre le savant et l'ignorant? L'ignorant n'hésitera pas à tout nier I Le savant a le droit et le courage de tout croire. Non, la vie ne se commence pas et ne se termine pas sur cette terre. » — « La science est grande, son rôle est glorieux, mais son domaine circonscrit : elle commande à la matière, elle ne peut rien sur l'esprit. L'homme n'a pas eu besoin de la science pour plonger dans les profondeurs de l'àme humaine, et ce qu'il a découvert, en étudiant les forces physiques, n'a servi qu'à constater qu'entre elles et lui il n'y a rien de commun. »
M. Dumas a dit de M. de La Rive, physicien éminent : « L'esprit de tolérance de notre confrère lui faisait une loi d'éviter tout ce qui pouvait blesser les convictions d'autrui ; mais il arrive un moment, cependant, où se taire serait renier sa foi ; et il ne voulait pas laisser croire aux hommes que ceux qui prêchent le matérialisme au nom de la science, sont fiers de l'approbation ou de la complicité de tous les savants. Cela n'est pas, disait-il, et notre devoir est de le proclamer. »
M. Becquerel père, doyen de la section de physique
,pQ LES SPLEINDEURS DE LA FOI.
de l'Académie des sciences. Il a fait sienne dans une circonstance solennelle, cette grande parole du grand Berzélius : « Il faut admettre l'existence d'une puissance créatrice qui s'est manifestée a de certaines époques, et qui semble ne plus agir aujourd'hui que pour perpétuer les espèces vivantes... Tout ce qui tient à la nature organique prouve un but sage, et nous révèle un entendement supérieur. Plus d'une fois, le philosophe à vue courte a prétendu que tout était l'œuvre du hasard... Il n'a pas compris que ce qu'il désigne du nom de hasard est une chose physique impossible. »
Aiigîislin Canchy. Le premier mathématicien du monde, M. Biot, a dit de lui : « Qui pourra peindre le vrai chrétien, remplissant avec foi et amour tous les devoirs de loyauté, de probité, de charité affectueuse que la Religion nous prescrit envers nous-mêmes et envers les autres ? On l'a vu s'occuper à faire du bien autour de lui jusqu'à ses derniers moments; attendant et acceptant la mort avec une sécurité confiante, qu'une foi profonde peut seule inspirer. Heureux celui en qui Di^.n, pour notre exemple, a voulu ainsi mêler les dons du génie et ceux du cœur 1 »
Ces paroles prouvent que M. Biot, le savant des savants, était lui-même profondément chrétien ; on l'a vu plus d'une fois, à Saint-Etienne-du-Mont, recevoir la sainte com^munion des mains de son pelit-fiis, vicaire général du diocèse de Beauvais.
Augustin Cauchy n'hésitait pas a dire : « Cultivez avec ardeur les sciences abstraites et les sciences naturelles ; décomposez la matière ; dévoilez à nos regards surpris les merveilles de la nature ; explorez, s'il se peut, toutes les parties de cet univers ; fouillez ensuite les annales des nations, les histoires des anciens peuples ; consultez, sur toute la surface du globe, les vieux monumsnts des siècles passés. Loin d'être alarmé de vos recherches, je les provoquerai sans cesse, je les encouragerai de mes efforts et de mes vœux ; je ne craindrai pas que la vérité
se trouTe en contradiction avec elle-même, ou que les faits et les documents par vous entassés puissent jamais être en désaccord avec les liATes sacrés. »
M. Daumgartner, physicien célèbre, ancien ministre d'Aulriclie : « Quelques naturalistes de notre époque, voyant qu'aucun des phénomènes du monde matériel ne s'accomplissait sans qu'il se fit, en même temps, un mouvement quelconque, se sont crus, autorisés à ramener tous les phénomènes du monde intellectuel à de simples mouvements de la matière... D'après eux, les fonctions intellectuelles ne seraient que les résultats de l'activité spécifique du cerveau, directement modifiée par la composition de la masse cérébrale et du sang ; l'esprit luimême ne serait qu'une combinaison d'atomes cérébraux, susceptibles, par suite de certains mouvements déterminés, de sentir, d'imaginer, de penser, de vouloir, etc., en un mot, le cerveau sécréterait la pensée, comme le foie sécrète la bile. Une doctrine pareille qui remue jusque dans leurs fondements les croyances auxquelles l'immense majorité du genre humain s'est rattachée depuis une longue suite de siècles, qui met en question la valeur morale de nos actions, qui, enfin, menace sérieusement l'existence de toute société humaine, ne devrait pas être énoncée sans qu'on fût bien sûr de l'appuyer de preuves convaincantes. » Ces prétendues preuves xM. Baumgartner les discute, les réduit à néant, et il conclut ainsi : « que, cependant, on se garde de croire que les sciences naturelles, en elles-mêmes, conduisent fatalement au matérialisme... Non I Cette étude sagement et consciencieusement dirigée, constitue la meilleure et la plus forte sauvegarde contre toute espèce d'erreurs; et plus que toute autre branche des connaissances humaines, elle nous conduit à ne reconnaître dans Timmensité de la nature qu'un magnifique temple du Dieu tout-puissant. »
M. Chevreul, doyen illustre des chimistes du monde :
« Je me suis demandé si, à une époque où plus d'une fois on a dit que la science moderne mène au matérialisme, ce n'était pas un devoir pour un iiomme qui a passé sa vie au milieu de ses livres et dans son laboratoire de chimie, a la recherche de la vérité, de protester contre une opinion diamétralement opposée à la sienne, et tel est le motif pour lequel en disant qu'il n'a jamais été ni sceptique, ni matérialiste, il en expose les raisons. »
« La première opinion concerne la certitude que j'ai de l'existence de la matière hors de moi-môme; je n'ai donc jamais été sceptique... La seconde est une conviction de l'existence d'un être divin, créateur d'une double harmonie, l'harmonie qui régit le monde inanimé et que révèle d'abord la science de la mécanique céleste, puis la science des phénomènes moléculaires, et l'harmonie qui régit le monde organisé vivant. En voyant cette sagesse prévoyante qui préside à la constitution du monde,... ne serait-on pas tenté de se demander si, à certaines époques, ce spectacle admirable des choses inanimées et des êtres vivants, l'homme excepté, ne serait pas autant une leçon infligée à l'orgueil humain, que l'occasion a lui offerte, de comparer de temps en temps les harmonies sublimes qu'il n'a pas faites, avec le spectacle... delà société d'individus appartenant à la seule espèce perfectible, douée du libre arbitre, du raisonnement et du sens moral, en guerre constante avec elle-même,... de sorte que le plus grand ennemi de l'homme soit l'homme. Et pourtant, par une amère dérision, certaines bouches disent humanité, comme d'autres disent la divinité. »
M. Samuel Haughton, auteur des Principes de mécanique animale : « L'intelligence divine qui a formé le plan de toutes choses a présidé à l'évolution elle-même. Je ne vois pas pourquoi il ne pourrait pas y avoir dans la vie organique un procédé semblable d'évolution des formes inférieures de l'existence aux formes supérieures; mais ce serait une évolution téléologique, dans laquelle
chaque pas et chaque résultat ont dû être prévus à l'avance. »
M. Trousseau, professeur à la faculté de médecine de Paris : « Je crois que chez l'hoaune et les animaux il est un principe immatériel et libre. »
M. Strauss Dur ckheim, ?Lnixiom\sie célèbre : « Je suis bien forcément animiste, vitaliste, organicien, spiritualiste ; animiste, comme croyant a Texistence de l'àme ; vitaliste, comme reconnaissant que la vie n'est que l'action de l'âme sur le corps ; et spiritualiste, comme admettant forcément qu'il existe dans l'homme... un esprit, être immatériel et intellectuel, jouissant seul d'une volonté spontanée, et qui, lui seul, doit être responsable de la conduite que l'être qu'il dirige a tenue dans ce monde. »
M. Naudin, de l'Académie des sciences, botaniste éminent. « Dieu pouvait faire le monde d'une infinité de manières, et il est tout à fait indifférent à la théologie qu'il l'ait créé d'un seul coup, sans intervention des causes secondes, ou par la voie plus lente de l'évolution et de l'enchaînement des phénomènes. A quelque hypothèse que Ton se rattache, il a fallu que la vie commençât sur notre planète ; et tout commencement, tout ce qui émerge de l'invisible est inexplicable... Quelque autorité que l'on accorde à Moïse, qu'on le regarde ou non comme un prophète inspiré, sa théorie est une théorie évoluiionniste , une théorie mieux combinée et plus conforme aux lois de la nature que celles des évolutionnistes modernes. »
M. Le Conte, président de l'Association américaine pour l'avancement des Sciences ; « Les sauvages de l'Australie n'ont pas la conception de ce que peut être un dessin : montrez-leur la photographie exacte d'un homme ou d'un objet commun, ils ne le reconnaîtront
pas, et ne pourronl établir aucun lien entre l'objet et son image. C'est là un sens qui leur manque. De même certains hommes, instruits du reste, sont indifférents en présence des chefs-d'œuvre de l'art, et n'en comprennent pas la beauté. C'est un sens qui leur manque I Tel est l'état des hommes intelligents qui se refusent à admettre les vérités révélées de la religion, et qui ne comprennent pas l'harmonie supérieure préétablie dans l'univers, Loin de se gêner, la religion et la science se prêtent un mutuel appui... Il faut chercher à maintenir entre elles la paix, par la tolérance et la patience, la tolérance envers les déshérités qui, par un manque de facultés esthétiques, ne voient dans l'univers que de la matière et de l'énergie ; la patience, car l'entente sera longue à se faire. »
M. Datvson, vice-président de la section d'histoire naturelle de la Société américaine pour l'avancement des sciences: « La théorie de l'évolution repose .. sur un cercle vicieux... La vie n'est pas le produit des lois physiques de la nature, et le développement des corps organisés ne peut se comprendre qu'en admettant l'existence d'un pouvoir invisible, antérieur à l'existence de notre monde, à qui en est due la création et qui agit encore sans cesse pour la continuer d'une manière permanente et éternelle. C'est sur ce terrain que viennent se rencontrer en amies et en alliées, la science humaine de la nature et la théologie, sans que personne ait le droit de les séparer. »
J'aurais pu multiplier à l'infim rps exemples et ces citations de savants amis. En r^^montant dans l'histoire, j'aurais pu constater de nouveau qu-^. tous ou presque tous les grands génies ont été sincèrement religieax, en ce sens du moins qu'ils adoraient qu'ils invoquaient le Dieu des chrétiens, et qu'ils professaient le dogme capital de la spiritualité et de l'immortalité de l'âme. Le fait est d'autant plus concluant, qu'il faut appliquer plus encore aux savants qu'au commun des hommes le dogme du
polit nombre des élus, ou croyants fidèles, Non multi SAPiENTEsl et que les savants, en outre, par le fait même de leur science qui enfle, sont condamnés, comme fatalement, à l'aveuglement dont nous avons déjà parlé souvent.
Mais prétendre que la science vraie, que les savants véritables sont hostiles à la Révélation et à la foi, c'est faire preuve, tout ensemble, et d'impudence et d'ignorance grossière.
Les intransigeants qui se vantent dans leurs journaux et leurs professions de foi d'être pour la raison contre la foi, pour la science contre le miracle — c'est la formule reçue — n'ont absolument aucune science : ce sont tout au plus des magisters insurgés.
n. les savants ennemis. Ils nous viennent en aide, tantôt par les aveux qui leur échappent, tantôt par leurs défaillances, leurs aberrations et, nous pouvons le dire, leurs extravagances.
M. Huxley, secrétaire perpétuel de la Société royale de Londres, l'auteur de la Descendance simienne de riiomme, nous a rendu le service de réduire à sa juste valeur, c'est-à-dire à néant, le chef du positivisme, Auguste Comte. « Auguste Comte avait osé écrire sur le frontispice de son temple : « Réorganiser sans Dieu, ni « roi, parle culte systématique de l'humanité! » Et cette
INSCRIPTION INSENSÉE, CETTE PRÉTENTION FOLLE, au lieU
de faire fuir, avait attiré un grand nombre de disciples î... Depuis seize ans, c'a été pour moi une cause d'irritation continuelle de voir proclamer M. Comte le représentant de la pensée scientifique... Sa philosophie positive contient une foule de particularités contraires même à l'esprit de la science. »
31. Huxley dit ailleurs : « Dans toutes les questions pratiques, la victoire est à la doctrine qui proclame dans le monde et dans l'homme l'existence d'un élément libre doué de volonté. »
M. hooker, président Je la Société Royale de Londres, a dit dans son discours inaugural de la réunion à Norwich de l'Association britannique : « Je voudrais voir graver profondément dans les esprits... la conviction qu'il est grandement à désirer que la religion et la science se parlent le langage de la paix, marchant la main dans la main, dans les jours et les générations de l'avenir.» Il a fait siennes les paroles du poëte : « Mais parlons de celui qui nous a placés ici, qui tient les clefs d'où nous venons, où nous allons. La mort commune à tous, la vie renouvelée là-haut, sont toutes deux dans les desseins de cet amour qui encercle tout. »
M, John Tyndall. L''illustre physicien a poussé en apparence le matérialisme à ses dernières extrémités ; il a été jusqu'à dire en pleine réunion de l'Association britannique qu'il présidait à Belfast : « En remontant dans la pensée au-delà de toute démonstration expérimentale, j'aperçois dans la matière la promesse et la puissance d'engendrer toute vie. >> Heureusement qu'il a fait quelques jours après cet aveu : «J'ai remarqué que ce n'est pas dans mes heures de clarté et de vigueur que cette doctrine s'impose à mon esprit. » Avant et après, a cette question : Comment les opérations physiques sontelles associées au fait de la conscience? il a répondu : « L'abime entre ces deux classes de phénomènes restera toujours infranchissable. Les groupements moléculaires et les mouvements moléculaires n'expliquent rien.... Mais si le matérialisme est confondu et la science rendue muette, à qui appartiendra-t-il de donner la réponse? A celui à qui le secret a été révélé. Inclinons nos têtes et reconnaissons notre ignorance, une fois pour toutes. »
Non-seulement il a fait cette profession de foi : « Les hommes véritablement scientifiques admettent franchement ne pouvoir apporter aucune preuve satisfaisante du développement de la vie sans une vie antérieure démontrée I » ce qui est la négation formelle de la loute-puis-
sance de la matière ; mais il s'esl fait le champion de l'orlhodoxie, au point de réclamer, près de noire Académie des sciences, « le concours de tous les esprits éclairés pour bannir de la science cette doctrine des générations spontanées qui ne s'appuie sur rien. »
Ce qui prouve, mieux encore, combien la libre pensée aveugle et dérange les meilleurs esprits, c'est qu'un physicien aussi habile, observateur et expérimentateur tant exercé, soit arrivé à se faire l'écho et l'interprète de la formation spontanée des organes des sens et de leurs fonctions, par l'évolution lente des organismes les plus bas aux organismes les plus élevés. « Dans les organismes les plus bas il y a un sens tactile répandu à la surface du corps entier. Peu à peu, dans une longue période de temps, à force de recevoir des impressions et de leur correspondre, ou de s'y adapter, certaines parties de la surface deviennent plus impressionnables. Les sens sont à l'étal naissant, ayant tous pour origine le sens du toucher... L'action cliimique de la lumière se localise peu à peu dans des cellules pigmentaires, plus sensibles à son action que les tissus environnants. L'œil commence a se former... L'ajustement étant supposé toujours actif, un léger bulbe sort de l'épidenne et des glc^ndes pigmentaires. Une lentille est en train de se former; elle se dévelope par l'action sans cesse répétée de l'ajustement jusqu'à ce qu'elle atteigne la perfection qu'elle présente dans l'œil de l'aigle.... Il en a été de même des autres sens... Les adaptations entre l'organisme et son entourage s'étendent en espace et aussi en temps, en complexité et en spécialité,... jusqu'au DOMAINE DE LA RAISON. » Voilà ce que M. Tyndall a osé non-seulement écrire, mais faire descendre du haut de sa chaire de Président sur un auditoire de près de deux mille auditeurs. Il est donc trop vrai que les savants, comme le disait saint Paul, parce qu'ils n'ont pas voulu adorer le Dieu qui a formé l'œil et qui a planté l'oreille, se sont fatalement évanouis dans leurs pensées, et comment leurs volontés insensées se sont obscurcies!
i78 LES SPLENDEURS DE LA FOI.
— M. Liltré, de rAcadémie française, amené à faire, au sein d'une loge de francs-maçons, sa profession de foi sur Dieu, sur l'iiomme, sur les devoirs de l'homme envers Dieu, n'a trouvé à dire que des lieux communs, des abstractions, des abstentions, des négations,... qui sont une honte pour la philosophie positive. « La notion des dieux ou de Dieu est arrivée jusqu'cà nous sous deux formes,... l'une historique, l'autre philosophique... Que faut-il penser de la forme historique ? Une révélation est un miracle ; or il n'est pas de science qui reçoive le miracle... Aucune science ne le nie en principe, mais aucune science ne l'ajamais rencontré comme un fait I... Que faut-il penser de la notion de cause première, de causalité suprême? Aucune science ne nie une cause première, n'ayant jamais rien rencontré qui la démentît ; mais aucune ne l'affirme, n'ayant jamais rien rencontré qui la lui montrât. »
M. du Bois-Reyjnond, physicien très-connu, professeur, ex-recteur de l'Université de Berlin. Exagérant jusqu'à la déraison la formule dans laquelle Laplace semblait résumer la théorie purement mécanique du monde et des mondes, il s'écrie : « L'intelligence conçue par Laplace, en discutant sa formule universelle, pourrait nous dire qui fut le Masque de fer, et comment périt Lapeyrouse..'., le jour où la croix grecque reprendra sa place sur la coupole de Sainte-Sophie et celui où l'Angleterre brûlera son dernier morceau de charbon ; si un espace de temps fini ou infini nous sépare encore de cet état final d'immobilité glacée dont le théorème de Carnot menace l'univers I ! ! Elle saurait le compte des cheveux de notre tète, et pas un passereau ne tomberait à terre à son insu. » La formule mathématique est Dieul Et M. du Bois-Reymond admet qu'on puisse mettre en équation le coup de peigne que je me donnerai, comme le coup de pied sous lequel j'écraserai des centaines de fourmis ! Il saura le nombre de cheveux détachés de ma tête et le nombre de fourmis immolées à mon caprice I Grand homme 1 Pauvre homme!
LA FOI ET LA SCIENCE. l'JQ
Il nous vient encore en aide par l'aveu forcé de sonimpuissance absolue : « Vis-à-vis des énigmes du monde matériel, le philosophe, depuis longtemps, est habitue à rendre avec une mâle énergie l'ancien verdict écossais : Igxoramls... Mais vis-à-vis de la question : Qu'est-ce que la force et la matière, et comment donnent-elles naissance à la pensée? il faut qu'une fois pour toutes il se résigne à ce verdict beaucoup plus difficile à prononcer : Ignoràblmus. »
Moleschott. Après avoir posé comme majeure celte affirmation sentenlieiise d'un prétendu sage de l'antiquité: L'homme est la mesure des choses I après avoir posé comme mineure : Or la mesure des choses qui obéissent dans tous leurs changements à la fatalité, doit avoir elle-même des raisons d'être absolument nécessaires et immuables, il accepte sans sourciller cette concUision délétère : Donc les sensations, les pensées, la conscience les volitions, et enfin les passions elles-mêmes sont liées par les mêmes lois de la nécessité naturelle qui gouvernent l'orbite des planètes, la formation des montagnes, le flot de lamer, la végétation des plantes et l'instinct des animaux! Partir d'un non-sens pour arriver è nier la spontanéité, la liberté et la responsabilité humaines, n'est-ce pas une douloureuse abnégation de la raison?
Cari Vogt, professeur à l'Académie de Genève, un autre oracle de la libre pensée : « Démontrer qu'il n'y a de place ni dans le monde organique, ni dans le monde inorganique, pour une force indépendante de la matière et pouvant façonner celle-ci suivant son gré ou son caprice,... c'est I'essence intime du Darwinisme!.... L'important est que cette direction se trouve... dans l'air; qu'elle s'imprime à tous les travaux, et qu'elle s'asseye même à côté de l'adversaire pour corriger ses épreuves avant qu'elles passent à la publicité 1 » Quelle soif d'athéisme I... 11 poursuit : « La conclusion qui me semble
180 LES SPLE.\DEURS DE LA FOI.
bien certaine, c'est la disparition de notre personnalité après la mort... Elle fait crouler tout réchalaudage des récompenses et des peines futures ; elle détruit toute espérance de revivre plus lard et de se souvenir avec bonheur, dans une forme plus parfaite, des imperfections de votre existence passée... il faut se résigner à mourir tout entier... L'espérance est un esclave, le désespoir est UN homme libre. » N'est-ce pas le langage d'un forcené ?
3J. Charles ]\fartins, professeur à la Faculté des sciences de Montpellier, correspondant de l'Académie des sciences. — J'expose plus en détail l'attentat contre la science, les monstrueuses fautes de calcul que la haine de la foi lui a fait commettre; fautes qui donnent à la stalagmite de la caverne de Torquay trois cent soixantequatre mille ans d'existence, au lieu de trente-six mille quatre cents ans ; il réclame pour la formation d'une autre stalagmite deux mille ans au lieu de huit ans. Quel homme ! Quel savant 1
Le médecin matérialiste et athée. Un professeur de la Faculté de Paris, entouré de ses élèves, se trouvait en présence d'une malade atteinte d'une inflammation cancéreuse des deux seins... Conseiller à la pauvre malade de se tuer eût été l'expression naturelle des convictions athées et matérialistes du maître; mais on aurait crié au scandale!.. Exprimer le désir de la voir recourir au suicide eût été fort logique, mais trop risqué ! Le maître se contenta d'exprimer le regret qu'une certaine rubrique religieuse empêchât sa malade d'échapper par la mort aux souffrances affreuses d'un mal certainement incurable. S'il n'y a pour le médecin, comme il s'en vante, ni âme immortelle, ni vie future; si la fin, comme l'origine de l'homme, est celle de l'animal, il est absolument certain que pour lui aussi ce serait un droit, et un devoir, d'aider le malade incurable à mourir, et même de le faire mourir sans le consulter, comme on lue un cheval morveux ou qui s'est brisé la jambe!
La Stattslique, Sous la plume de M. Quëtelet, secrétaire perpétuel de rAcadémie des sciences de Bruxelles, celle des sciences modernes qui semblait n'être née que pour nier ou maudire la Foi el la Révélation, le calcul philosophique des probabilités avec sa fille aînée, la statistique, ^st devenue une auxiliaire de la Foi. Il a constaté, en effet, que les qualités physiques de chaque série d'êtres vivants, et leurs qualités morales, quand il s'agit d'êtres intelligents, sont réglées dans leur développement, par une loi très-remarquable, la même partout, qui entraîne nécessairement l'unité d'origine et l'unité d'espèce !
Cn\piTRE Treizième. La Foi, sauvegarde de la Science. — L'illustre Cauchy n'avait pas hésilé à dire à tous les savants de son temps, ses confrères et ses rivaux : « Si le savant cherche vraiment la vérité, qu'il rejette sans hésiter toute hypothèse qui serait en contradiction avec les vérités révélées. Ce point est capital, je ne dirai pas dans l'intérêt de la Religion, mais dans l'intérêt des sciences. C'est pour avoir négligé celte vérité, que quelques savants ont eu le malheur de consumer en vains efforts un temps précieux qui aurait dû être employé à faire d'utiles découvertes. »
jNous avons démontré jusqu'à l'évidence que rien de ce qui, dans la sainte Cible, touche de prés ou de loin à la science n'a reçu de démenti ; et cependant la science humaine a essayé des milliers de fois de se mettre en contradiction avec la Révélation ! Il faut donc, de toute nécessité, que la science soit tombée des milliers de fois dans l'erreur; or l'erreur est toujours, plus ou moins, une faute et une honte.
Celte grande vérité que la foi est la sauvegarde, je dirais presque le garde-fou de la science, est partout en évidence dans mon livre; prouvons-la encore cependant par quelques exemples.
La latine et Lapîace. La Genèse affirme de la manière la plus formelle que, entre les diverses fins de sa création.
la Lune a pour destination d'éclairer la terre. Le plus illustre de nos astronomes mathématiciens, a voulu donner un démenti a cette vérité plus éclatante que le jour. « Quelques partisans des causes finales, a dit Laplace, ont imaginé que la Lune avait été donnée à la Terre pour l'éclairer pendant la nuit. Dans ce cas, la nature n'aurait pas atteint le but qu'elle se serait proposé, puisque souvent nous sommes privés à la fois de la lumière du Soleil et de la lumière de la Lune... Pour faire de la Lune un luminaire de la terre, il eût suffi de mettre à l'origine la Lune en opposition avec le Soleil, dans le plan même de l'écliptique, à une distance de la Terre égale à la centième partie de la distance de laTerre au Soleil, et de donner a la Lune et à la Terre, des vitesses parallèles, proportionnelles à leurs distances à cet astre. Alors la Lune, sans cesse en opposition avec le Soleil, eût décrit autour de lui uneellipse semblable àcelle de laTerre. Les deux astres se seraient succédé l'un à l'autre sur l'horizon, et comme à cette distance la Lune n'eût pas été éclipsée, sa lumière aurait complètement remplacé celle du Soleil. »
C'est à la fois et un démenti et une leçon donnés au Créateur! Mais le démenti et la leçon n'étaient en réalité qu'une distraction pour ne pas dire une extravagance. M. Liouville, élève illustre de Laplace, a rigoureusement démontré la proposition suivante : « Si la Lune avait occupé à l'origine la position particulière que
LiPLACE indique, ELLE n'aURAIT PU S'y MAINTENIR QUE
PENDANT UN TEMPS TRÈS-COURT. » Quel coup de foudre! « Laplace, en outre, fermait la porte aux plus intéressants phénomènes, et violait les lois les plus essentielles de l'astronomie, même les lois de Kepler! Il supprimait la précession des équinoxes, la nutation, les éclipses de Soleil et de Lune, éclipses que Kepler appelait les pédagogues du ciel, etc. Enfin, faire briller la Lune dans le ciel durant toutes les nuits, c'était rendre l'astronomie impuissante, ou du moins amoindrir son domaine dans une proportion énorme. L'aberration d'esprit du grand astronome allait jusqu'au suicide ! Me voici donc bien autorisé
à dire que la Révélation est le garde-fou de la science. On raconte que Laplace un jour osa dire au grand Napoléon qu'il avait pu constituer et expliquer les Mondes sans même recourir à l'hypothèse de l'existence d'un Dieu. Le mot est cruel, mais rien ne prouve qu'il ait été proféré ! Laplace, sur son lit de mort, a demandé et reçu les secours de la Religion.
Les zodiaques de Denderah et d'Esné. De la disposition des constellations sur ces deux zodiaques on avait conclu avec fracas que la création de l'homme, si tant est qu'il ait été créé, remontait à quinze ou vingt mille ans; et, pendant plusieurs années, la science athée, qui croit à tout excepté à la vérité, vécut de cette révélation antibiblique. Mais bientôt les astronomes et les archéologues arrivèrent à démontrer que ces deux monuments n'exprimaient en rien la précession des équinoxes, qu'ils étaient d'une date très-peu antérieure ou plutôt postérieure à l'ère chrétienne, même avant qu'on eût lu sur un de ces zodiaques le mot autocrator qui les ramenait à l'ère des empereurs romains ! En effet, Champollion le jeune avait conclu du caractère des sculptures des temples, toutes du plus nouveau style, qu'elles ne pouvaient pas remonter plus haut que Trajan et les Antonins. Et 31. le vicomte de Rougé donne comme absolument certain que le zodiaque de Denderah ne peut pas être plus ancien que les Ptolémées ou même que les premiers Césars. Il a été démontré depuis, invinciblement, qu'un zodiaque presque identique à ceux de Denderah et d'Esné n'était qu'un monument astrologique, un thème de naissance, signum natalitium. Nous sommes donc pleinement en droit de répéter avec le grand Cuvier : « En voilà bien assez pour dégoûter un esprit bien fait de chercher dans l'astronomie la preuve de l'antiquité d'un peuple. »
Les tables de l'astronomie indienne. Silvain Bailly dans son Traité de l' Astronomie indienne n'avait pas hésité à dire : « Nous croyons que les Indiens sont inven-
jg^ LES SPLENDEURS DE LA FOI.
teiirs, que leurs découvertes sont originales et prises sur la nature. Richesse de la science, variété des méthodes, exactitude des déterminations, tout assure aux Indiens la possession de l'invention de leur astronomie. La chronologie indienne embrasse par une filiation suivie un intervalle de 7030 ans.» Bailly prenait soin de constater que cette durée s'accorde avec la chronologie des Septante. Mais ses conclusions n'étaient qu'un rêve. « Il a suffi, dit François Ârago, de quelques lignes écrites de la plume de Laplace, lignes toujours marquées au coin de la raison et de l'expérience, pour faire évanouir tout cet échafaudage, et faire descendre l'infortuné Bailly du haut du piédestal qu'il s'était élevé à de si grands frais. » Ne rappelons qu'un des arguments de Laplace : « Les moyens mouvements que les tables indiennes assignent à la Lune et au Soleil, plus rapides que sui- Tant Ptoléinée, indiquent qu'elles sont postérieures à cet astronome, car on sait par la théorie de la pesanteur universelle que les mouvements s'accélèrent depuis un grand nombre de siècles ! »
M. Biot et surtout M. l'abbé Guérin ont achevé l'œuvre commencée par Laplace.
L'origine de la graisse et du lait chez les mammifères; l' origine de la cire et du miel chez les abeilles. Quoique ce soit me placer un peu en dehors de ma thèse, on me pardonnera de citer un quatrième exemple des égarements ou des défaillances de la science, quand elle ne tient pas assez compte des vérités de la théologie naturelle ou révélée. Perdant de vue le progrès qui caractérise les œuvres de la création, oubliant que l'organisme des animaux est incomparablement plus complexe et plus parfait que celui des plantes, quatre des plus illustres membres de notre Académie des sciences se coalisèrent, et vinrent déclarer avec solennité que les animaux ne produisent en aucune manière la graisse qu'ils nous prodiiiiuent; qae les abeilles puisent, tout formé dans la corolle des fleurs, le miel et la cire qu'elles
LA FOI ET LA PCIE.NCE. ^ go
nous donnent... « Les matières grasses ae se forment