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Le limon du Mississipi et du Nil et le cône de Tinière

31. L'absence de l'âge paléolithique eft Egypte. 32. L'absence de l'âge néolithique dans le nord de l'Angleterre et dans l'Ecosse, l'Irlande, la Norvège, la Suède, le Danemark. 33. Date récente de l'époque glaciaire. 34. La Sibérie. 33. Les Germains et les Bretons, décrits par Tacite, César et autres écrivains anciens. 36. L'antiquité de l'homme en Amérique. 37. Considérations nouvelles sur l'unité des races américaines et leur liaison avec l'ancien monde.

Les deux chapitres : de la taquinerie, de la légèreté, des variations de la science, et des luttes du christianisme sont vraiment remarquables ; je voudrais pouvoir les faire connaître autrement que par leurs sommaires que voici, mais il faut abréger, et il me tarde de finir.

Chap. V. La légèreté de la science. — Vacillations de la science. — Ses vacillations sur l'unité des races humaines. — La théorie de Lamark. — Les fluctuations des opinions de sir Charles Lyell. — La nouvelle théorie de la lumière. — L'hy-

pothèse nébuleuse. — Les brèches géologiques. — Sir Charles Lyell et M. d'Orbigny. — La question de la chaleur cenlralo de la terre. — La génération spontanée. — Les sondages profonds de la mer.

Chap. VL Les luttes du christianisme. — Le christianisme.

— Les attaques dont il est l'objet.— Les trois premiers siècles. — La philosophie est la science moderne. — Les vues qui prévalent aujourd'hui ne sont pas neuves. — Les vestiges de la création. — Lamark et Geoffroy Saint-Hilaire. ■ — Hartley, Bonnet. — Théorie astronomique de Dcmocrite. — Le protoplasme d'Anaxagoras. — Le bouddhisme. — Les Védas. — L'audace peu assurée de la science. — Science et littérature nécessairement infidèles. — Les difficultés présentées par la Bible.

— Le tempérament de la science moderne. — Son exclusion du surnaturel. — Ses dispositions à spéculer et à théoriser. — Résumé des attaques dont le christianisme est l'objet. — Le triomphe du passé garantit le triomphe de l'avenir. — La dernière lutte avec le paganisme. — Les doutes au moyen âge. — La renaissance littéraire au xv* siècle. — Les cours de Laurent de Médicis et de Léon X. — L'université de Padoue. — Le xvii* siècle. — Lord Herbert, Hobbes, Spinosa. Bayle, Condillac. — Commencement du xviii^ siècle. — Collins, Woolston, Tyndall, Morgan, Chubb, Bolingbroke. — La dernière partie du xviii* siècle. — Hume, Voltaire, Diderot, Helvétius. — Rousseau. — Ses successeurs Gibbon et Paine. — La Révolution française. — Philosophie sensualiste de Cabanel. — Destutt de Tracy. — Volney. — L'Allemagne incrédule. — Semlet, Pauliis, Eichorn. La philosophie de Kant. — Le xix'= siècle. — Byron et Shelley en Angleterre. — Fichte, Schelling et Hegel en Allemagne. — La vie de Jésus-Christ par Strauss et les théories mythiques.

— L'école allemande de la critique biblique. — Période récente. — Carlyle, Théodore Parker, Emerson, Jacques Martineau, Morell, Cousin, Fenerback, les Bauers. — Echec de leurs attaques. — Attaque présente de la science.

Le beau volume de M. Southwall a excité de grandes colères parmi les anthropologistes de l'Angleterre; et il a été de la part de l'un d'eux, dans le journal Nature, l'objet d'une critique plus que sévère. M. B. D. reproche très-durement à l'auteur de s'être fait le champion de la Bible contre les spéculations de la science, tout en affirmant que pour lui il n'y a aucun anta-

gonisme réel entre la religion et la science, ce qui serait vrai si par science le critique enlend:iit la science vraie et non pas les savants. J'accorderai que l'Origine récente de l'homme n'est qu'une compilation, mais l'auteur a puisé aux meilleures sources; et je puis attester que les faits innombrables qu'il enregistre sont parfaitement authentiques, que les conclusions qu'il en tire sont très-légitimes. Le critique se plaint d'avoir, enlisant ce livre, été emporté dans un tourbillon de citations, de digressions, etc., si rapidement énoncées qu'il est difficile de saisir le raisonnement auquel elles servent de base. L'ouvrage de M. Southwall est en effet par trop condensé, mais pouvailil en être autrement dans un résumé qui, malgré sa rapidité, comprend encore plus de six cents pages. Le critique finit par affirmer brutalement que dans cet immense labyrinthe de fails il n'avait pas découvert -une seule preuve de l'origine récente de l'homme. C'est certainement une accusation injuste contre laquelle M. Soulhwall proteste avec énergie. Il a effectivement prouvé que l'homme de Solutré n'a pas l'antiquité qu'on lui attribuait, puisque les os des chevaux et des rennes qui vivaient près de lui avaient encore leur gélatine, et que, brisées, les cornes des rennes émettent encoi^e l'odeur des cornes fraîches. Il a montré que les cités lacustres ont subsisté en France jusqu'au viii* siècle de notre ère, en Danemark jusqu'au xi* ; il a montré qu'en Amérique les restes du mastodonte se rencontrent dans des dépots tout à fait superficiels et qu'on retrouve dans leur estomac des aliments non encore digérés ; que le renne vivait encore en Europe au moyen âge; que l'ours des cavernes a survécu aux temps néolithiques; que l'on a retrouvé l'hippopotame dans les fouilles d'Hissarlik au-dessus des ruines de Troie; que le lion vivait en Europe dans le iii^ siècle avant notre ère; qu'on retrouve les restes du rhinocéros dans les cavernes néolithiques de Gibraltar; que des éléphants furent présentés à Salmanassar II, dans le viii* siècle avant J.-C, et qu'il vivait encore en Mauritanie aux temps d'Hérodote et de Pline ; que la couche continue de glace empêcha les hommes de l'âge paléolithique de pénétrer en Ecosse et en Danemark; que le premier âge dans ces contrées fut l'âge néolithique, et que, par conséquent, l'époque glaciaire est presque contemporaine des cités lacustres, etc., etc.

Ax^pendioe H.

ARCnÉOLOGlE CELTIQUE ET GAULOISE , MÉMOIRES ET DOCUMENTS RELATIFS AUX PREMIERS TEMPS DE NOTRE HISTOIRE NATIONALE, par

Alexandre Bertrand. Vol. in-8, xxii-464 pages. Paris, Didier et C"*, 35, quai des Augustins, 1870. — Je ne crois rien exagérer en affirmant que ce livre, dont son savant auteur n'hésite pas de dire : cest un livre de bonne foi, est un événement et un événement bienheureux, car il rétablit la vérité sur la question la plus grave des temps modernes, l'origine récente de Fhomme. Pour moi, ce livre est de plus une très-bonne fortune. Je viens de passer sept années de ma vie à étudier tout ce qui a été publié sur ce sujet tant à Tordre du jour ; j'ai fait moi aussi mon siège, ou mieux, j'ai formé mes convictions et fait imprimer mes conclusions. J'avais la certitude de ne m'être pas trompé, mais je conservais un certain sentiment de crainte. Aujourd'hui toute crainte est dissipée, et, grâce à M. Alexandre Bertrand, je nage en pleine certitude ; je lui serai toujours reconnaissant du bonheur qu'il m'a causé. C'est u.i écrivain autorisé; il a, si je puis m'exprimer ainsi, l'oreille de notre Académie des inscriptions et belleslettres, presque tous les mémoires de son volume ont été présentés à l'illustre corps et sont devenus l'objet de rapports oa d'appréciations favorables. Il occupe en outre une position unique : il est directeur du Musée archéologique de Saint- Germain, le plus riche du monde, dont chaque galerie est un trésor incomparable des témoins les plus authentiques du passé. Il a étudié et classé chacun des objets en nombre immense ; très-souvent même il les a vus et scrutés sur place dans des explorations officielles. Rien donc ne lui a fait défaut, ni l'instruction matérielle, ni la science théorique, ni le mérite littéraire; il fait et il fera de plus en plus autorité. Pour mon compte, je serais tenté de voir un miracle ou une intervention providentielle dans les tendances, les allures et les conclusions de son livre. Qui aurait jamais pu penser que la vérité sortirait dans toute sa simplicité et sa majesté de ce

musée de Saint-Germain, où tout a été disposé par une main active et habile pour faire illusion et imposer fatalement la folle croyance que notre Gaule était habitée depuis vingt mille, cent mille ans et plus! Combien je pourrais nommer de victimes de cet arrangement systématique à rexcès ! M. Alexandre Bertrand ne traite pas directement des origines en France de rhomme de la pierre simplement taillée, ou de l'époque archéolilhique. Il ne remonte que jusqu'à l'homme de la pierre polie; mais il pose d'une main ferme et sûre tous les principes fondamentaux qui affirment et imposent la doctrine de l'apparition récente de l'homme sur la terre.

« Les résultats de l'archéologie ne sont pas en désaccord avec les données de l'histoire.

« Les innombrables fouilles faites sur d'immenses surfaces ne nous apprennent rien de nature à causer quelque surprise à un Hérodote, à un Thucydide, à un Polybe, à un Strabon et même à un Tite-Live.

« La civilisation n'est pas indigène; elle ne se développe pas à la façon d'un germe déposé en terre, elle est apportée du dehors par des courants venus des divers points de l'horizon.

« L'introduction de la géologie dans l'archéologie n^'est nullement nécessaire et présente de graves dangers.

« Le mot âge, dont on a tant abusé, est irrationnel, parce qu'il dépasse presque toujours la portée des faits.

« Les races animales disparaissent par d'autres influences que les influences climatériques. Le renne, par exemple, fuit toujours le contact des races bovines : il ne broute plus là où la vache a brouté, etc., etc. »

Il est enfin une circonstance qui ajoute beaucoup encore à la portée de ce volume. M. Alexandre Bertrand l'a dédié à son frère, Joseph Bertrand, secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences. Pour qui connaît l'indépendance d'esprit du très-savant secrétaire perpétuel, l'acceptation de la dédicace d'un livre si compromettant, par le temps qui court, si contradictoire aux doctrines qui entraînent tant d'esprits distingués, sera une preuve palpable d'un parfait accord sur le fond et les conclusions. Nous ne saurions trop recommander VAr^ chéologie celtique de M. Alexandre Bertrand que nous nous faisons un devoir d'analyser longuement avec les propres paroles de l'auteur.

APPEÎNDICE H. 77*

I. Préface. — Les peuples de l'âge de la pierre. — La Gaule avant les métaux.

Appelé par nos fondions à prendre une part active au grand mouvement scientifique d'anthropologie et d'archéologie préhistorique, nous en avons suivi le développement avec un intérêt croissant, nous oserions le dire, avec passion, cherchant sans précipitation, sans esprit de système, l'interprétation des faits nouveaux et surtout quel lien pouvait les rattacher à l'histoire écrite Depuis dix ans, nous n'avons cessé

de classer, de diviser, de subdiviser ces antiquités pour les placer sous leur véritable jour. . . . Sur les points essentiels, notre conviction est faite, et nous ne craignons pas de dire que chaque découverte vient confirmer les résultats obtenus... Ces résultats sont-ils en désaccord avec les données générales de l'histoire? Nous ne le pensons pas. ... Ce que nous écrivons aujourd'hui est un supplément à l'histoire. Nous y puisons l'explication des grands événements, mal connus jusqu'ici dans leurs causes premières. Nous n'y apprenons rien qui eût été de nature à causer quelque surprise à un Hérodote, à un Thucydide, à un Polybe, à un Strabon.... Le rôle de l'archéologue est d'apporter à l'histoire écrite un supplément et un contrôle : l'archéologue est un auxiliaire de î'hislorien. . . . L'archéologie est appelée à jouer un rôle encore plus important : un des problèmes les plus difliciles a toujours été la détermination des courants divers ayant porté dans les diverses contrées de l'Europe les éléments de la grande civilisation. . . . L'Angleterre, l'Irlande, les pays Scandinaves, l'Allemagne du Nord ei la France ont eu comme les îles du Sud leur âge de la pierre. Cet âge a duré longtemps, et a pris fin seulement, chez nos pères, comme dans les îles du Sud, à la suite d'une influence étrangère. Si la Gaule était restée isolée et sans communication avec les grands centres civilisés de l'Asie, elle en serait probablement encore à cet âge de la pierre dont nos pères se sont conlenlés si longtemps, et dont ils semblentavoir abandonné les usages k grand'peine: Les archéologues du Noi-d placent vers l'an mille avant notre ère la date de l'introduction du bronze en Scandinavie. ... La Gaule était aussi peu avancée. L'âge de la pierre y a été trèslong. Rien ne prouve que cinq ou six cents ans avant notre ère, non-seulement la Lozère, fAuvergne, le Lot, mais nos principales provinces du Nord-Ouest en fussent complètement

7b' LES SPLENDEURS DE LA FOI.

soriies. Il faut attendre jiiscjirà l'an 200 ou 250 avant J. -G. pour trouver dans les oppida ou les tombeaux de nos déparlenienls non méridionaux des traces sensibles du conunerce méditerranéen. Avant de connaître le bronze, ces peuplades hyperboréennes jouissaient déji d'une situation générale à laquelle il n'est pas étonnant qu'elles attachassent du

prix Elles vivaient encore huit ou neuf cents ans avant

not'-e ère d'une vie traditionnelle et ignorée. On a cru que l'ûge de la pierre polie représentait une des phases normales et nécessaires du développement de l'humanité dans la voie du progrès.... Ce point de vue ne peut qu'égarer. Le perfectionnement du travail de la pierre chez les peuples septentrionaux et occidentaux, tient uniquement à leur isolement. . . Ces peuples s'avancèrent d'eux-mêmes jusqu'à la pierre polie, sans pouvoir aller plus loin. ... A une date qui vraisemblablement ne remonte pas au-delà du x* ou xu* siècle avant notre ère, des armes de bronze, des ustensiles et des bijoux de même métal commencèrent à pénétrer dans le monde septentrional, OÎ.I dominait exclusivement la civilisation de la pierre polie. Les nouveaux courants, fécondant ainsi .ces régions déshéritées, sortaient d'une source unique, qui doit être choisie du côté du Caucase ou de la Méditerranée.... Nous n'hésitons pas pour le Caucase.... Les palafiles des lacs de Gonève, de Bienne, du Bourget, etc., semblent une colonie Scandinave.... La civilisation du bronze pur a trèspeu pénétré en Italie, très-peu en Gaule.... La France ne traversa pas, à l'époque de l'introduction première des métaux, la révolution dont les contrées plus septentrionales nous ont donné l'exemple. A l'époque où les Phocéens vinrent fonder sur nos côtes des établissements durables, le centre, le nord et l'ouest de la France étaient encore en plein âge de la pierre polie. . , . Déjà le fer se montrait partout et allait nous envahir... La période du bronze, si tant est qu'il y en eût une, ne fut ni longue, ni générale dans les Gaules. . . . Une couche indigène d'origine inconnue, au-dessus de laquelle sont superposées les tribus du type septentrional, qui enterraient leurs chefs sous les dolmens, tel paraît avoir été en Gaule, jusqu'à l'invasion des bandes armées de l'épée de fer, le substratiim humain Avec l'introduction du fer commence pour la Gaule une ère véritablement nouvelle.... L'origine de cette civilisation n'est plus un mystère... De

nombreuses découvertes archéologiques nous permettent de suivre à la piste l'es traces de ceux à qui nous les devons, et qui venaient des contrées qu'arrose le Danube. . . . Les objets contenus dans leurs tombeaux, d\în caractère tout spécial nous donnent à peu près la date de ce grand événement. . . . Les sépultures les plus anciennes peuvent être du v* au vr siècle avant notre ère, les plus récentes sont du v^ Nous sommes en pleine ère historique; c'est l'époque où les Grecs et les Romains ont commencé à entrer véritablement en rapport avec nous. Cette révolution, qui fit la Gaule ce qu'elle était au temps des Romains, fut le résultat d'une invasion, d'une conquête. . . Avec les tribus guerrières qui nous apportent, en nous envahissant, l'usage général des armes de fer, tout change et se transforme.... Deux forces principales, ayant agi séparément, puis de concert, ont contribué à l'organisation sociale définitive du pays avant les Romains : l'association militaire des Galates conquérants d'un côté, le druidisme de l'autre Que le druidisme vint de la Grande- Bretagne. César nous le dit, nous n'avons pas le droit de refuser son témoignage; que le point d'impulsion des mouvements militaires qui transformèrent la Gaule vers le V siècle ait été le Danube, mille preuves^archéologiques le démontrent.

II. Introduction, — Rapport sur le congrès international éC archéologie préhistorique tenu à Stockholm. — M. Adrien de Longpérier, l'illustre érudit, résume ce rapport dans ces quelques lignes : « Le roman préhistorique tend à se restreindre... On commence à voir que les civilisations et les industries, l'emploi des métaux, ont présenté dans la haute antiquité les variétés les plus caractéristiques. On reconnaît que le renne se retire devant la mai'che progressive du bétail domestique, ce qui n'implique aucun phénomène cliinatérique. . . Un archéologue éminent, M. Virchow, déclare que la crâniologie n'est pas assez avancée pour donner des résultats pratiques. » Le rapport se termine par plusieurs réflexions très-sages que l'on ne saurait trop populariser... Non-seulement nous n'avons aucune raison de croire que partout l'usage du bronze a précédé l'usage du fer, que, d'après les traditions bibliques, Tubalcaïn travaillait avant le déluge, et donlles Egyptiens se servaient deux mille six cents ans au moins avant notre ère; mais il est constant que plusieurs

80* APPENDICE n.

peuples de l'Afrique ont connu le fer sans avoir jamais connu le bronze. . . L'intluence pvépondéraule des géologues dans le mouvement imprimé aux sciences piéhisloriques a eu le résultat fâcheux, d'introduire, dans l'étude des faits relatifs au développement des sociétés humaines, une méthode et des ' habitudes d'esprit fort peu applicables à ce terrain mobile, où ' s'agite le libre arbitre, ii coté de la toute-puissance divine... Croire que toutes les races humaines ont nécessairement passé par les mômes phases de développement, et parcouru toute la série des états sociaux que la théorie veut leur imposer, serait une très-grave erreur. La moindre observation démontre le contraire... L'Europe antique a été longtemps, •vis-à-vis de l'Asie, dans la situation où l'Amérique fut vis-àvis de nous. De longues études peuvent seules démêler notre antique histoire. Ayons donc de la patience, amassons des faits, classons-les ; ne nous hâtons pas de conclure.

IIL Les troglodytes de la Gaule et le résine de Thuingen. — M. Bertrand a pris la peine de se résumer lui-même dans un préambule qui vaut à lui seul un livre... « S'il faut en croire quelques savants, ïâge des cavernes aurait duré non pas des centaines, mais des milliers d'années, et représenterait d'une manière générale la première phase du développement de l'humanité. Ce sont là de pures hypothèses. Rien ne prouve que le troglodytisme... ait été, môme dans les sociétés primitives, autre chose qu'une exception, le bon sens au moins porte aie penser... Qu'au xii"' ou au xv^ siècle avant notre ère, aient pu exister des sauvages de l'ordre de ceux de nos grottes, aucun des érudits qui font de l'histoire leur occupa- ^ tion journalière n'en paraîtra étonné... Reste la question de ^ la faune des cavernes. Mais ne voit-on pas que l'existence 1 des animaux sauvages, leur propagation ou leur destruction i dépend de mille causes très-difilciles à déterminer à priori, et j parmi lesquelles les causes climatériques ne sont peut-être ^ pas les plus influentes?... Sur dix espèces trouvées dans les cavernes habitées, neuf, en général, appartiennent à des animaux qui vivent encore aujourd'hui. Le renne seul a complètement disparu de nos climats, au moins depuis l'époque romaine... Mais est-on bien sûr que le renne des cavernes fût alors un animal sauvage et non un animal domestique? (Les chevaux et les rennes que l'on a mis à jour à Solutré, tous à l'âge adulte, étaient ceriainement des chevaux et des rennes

APPENDICE H. g|*

domestiquas !).-. Il est à remarquer que les cavernes où les objets travaillés sont en plus grand nombre sont aussi celles où le renne est le plus abondant... Dans la Russie orientale, en 177o, existaient encore de nombreuses tribus vivant au milieu de leurs rennes d'une vie absolument semblable à celle de nos troglodytes, et montrant pour les arts du dessin les mêmes aptitudes.

Vers quel siècle approximativement ont pris fin les habitudes troglodytiques ?... L'époque des cavernes et l'époque de la pierre polie se touchent incontestablement... Ces deux époques se touchent et se pénètrent, sans qu'il soit possible de placer entre elles aucune période intermédiaire. JMais l'âo-e de la pierre polie, tout tend à le démontrer, fut de très-bonne heure pénétré par l'invasion, restreinte d'abord, puis bientôt très-sensible, du bronze oriental... La date initiale de cette importation des métaux en Europe ne peut dépasser le xx*siècle avant notre ère, dix-neuf cents ans environ avant Jésus - Christ. Elle doit descendre au xii% sinon au x-, pour la Gaule.. L'âge de la pierre polie aurait donc commencé en Gaule longtemps après Menés, et n'aurait pris fin qu'à peu près à l'époque de Salomon... L'époque des cavernes se rattache ellemême directement h l'époque historique... La branche nouvelle de 11 science qui se développe aujourd'hui est sans doute extra- littéraire, mais on a tort de la qualifier de préhistorique... Quelque reculé que puisse être dans le passé le moment où les populations troglodytiques ont apparu en Gaule, elles y ont vécu progressant toujours dans un cercle très-étroit, jusqu'au moment où elles ont été, on peut dire, civilisées par les peuplades de la pierre polie, époque qui est loin de se perdre dans la nuit des temps, et qui touche au contraire incontestablement aux temps absolument historiques... Des philosophes théoriciens ont prétendu que l'homme avait été partout condamné à passer successivement, et comme par une loi de sa nature propre, de l'état de chasseur nomade à celui de pasteur, puis d'agriculteur... Jusqu'ic les faits démentent ces théories, au moins pour l'Europe.

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