LES DÉFAILLANCES ET LES CONTRADICTIONS DE LA COSMOGONIE DE LA SCIENCE
Les' causes anciennes sont encore à l'œuvre, elles ont produit le passé comme elles produisent le présent.
Tout a été produit par le feu, ou du moins un grand nombre de formations supposent une fusion ignée.
L'existence de révolutions plus ou moinssoudaines, plus ou moins violentes, plus ou moins étendues n'est nullement démontrée.
Depuis qu'il existe des végétaux et des animaux sur la terre, il ne paraît pas que la chaîne des êtres ait été jamais complètement brisée par aucune de ces révolutions générales qui auraient présidé à des créations nouvelles.
Laloi de succession des espèces, que nous adoptions ou que nous rejetions la théorie de la transmutation, semble exprimée par ce vers de l'Arioste : La nature le créa et puis brisa le moule.
CONTRE — NON
Les causes anciennes ont été incomparablement plus énergiques que les causes actuelles, qui ne suffisent pas à expliquer le passé.
Tout a été produit dans l'eau et par l'eau, par voie de dissolution et de double décomposition chimique.
On ne saurait nier qu'il soit survenu sur le globe terrestre une série de révolutions, avec changements de milieux, de nature à exercer une action trèsénergique sur les êtres vivants.
A dater des temps les plus reculés, on constate, sans équivoque aucuue,des apparitions successives de nouvelles formes organiques, avec destructions correspondantes des formes préexislentes.
Les animaux disparus reviennent souvent faire partie de formations plus élevées : c'est le phénomène des migrations successives.
polu — OUI.
Les espèces sont délruiles chaque fois, cl rcniplucécs par des fornios nouvelles au commencement de la IbrinaLioa suivanle.
L'ensemble des faits que nous présente Télude du globe accuse une tendance au perfeclionnemenl des êtres qui ont v6cu successivement a la surface de la terre.
(D'Honialius d'Halloy.)
Les espèces vivantes se sont éteintes à un moment donné, toutes en même temps et d'un seul coup, pour être remplacées par une série de créations entièrement nouvelles dans la formalion suivante.
La vitesse de transformation de la vie organique a été beaucoup plus grande dans les temps anciens que maintenant.
Je considère les êtres qui vivent aujourd'hui comme provenant, par voie de reproduction, de ceux qui ont vécu dans les temps les plus anciens. (D'Homalius d'Halloy.)
Les terrains se divisent trèsnettement en terrains azoïques sans traces de vie, paléozoïques, mézozoïques, liainozoïques, accusant la manifestation successive de la vie végétale et animale, de plus en plus développée, au sein de l'eau d'abord, puis dans l'air, et sur la terre.
Les terrains au-dessous du dévonien ne contiennent pas de
CONTKE — NON.
Rien ne prouve qu'il soit survenu des révolutions successives qui aient détruit les flores ou les faunes antérieures.
Rien ne prouve la tendance des êtres à un perfectionnement successif; cinq ordres d'animaux de l'ordre des vertébrés sont en décroissance. Les mollusques et les rayonnes ne présentent pas actuellement d'êtres plus parfaits que ceux des premiers temps.
(Alcide d'Orbigny.)
La succession de la vie sur notre globe a été le résultat d'un remplacement lent et graduel des espèces anciennes par des espèces nouvelles. La brusquerie de certaines transformations n'est qu'apparente. La continuité des formes a été parfaite depuis les âges primitifs jusiju'à l'époque actuelle. (Huxley, La paléontologie depuis huit ans, 1870.)
Rien n'oblige à admettre que la vitesse de transformation dans la vie organique ait été beaucoup plus grande dans les temps anciens que maintenant. ^Huxley, La paléontologie depuis huit ans.)
Je ne crois pas que la génération successive, aidée de la sélection naturelle et de la concurrence vitale, ait pu produire la succession des changements que révèle la série paléontologique.
(Alcide d'Orbigny.)
Si on poussait plus loin les recherches, qui nous dit que les poissons ne pénétreraient pas dans le silurien inférieur, les reptiles dans le dévonicn supérieur, les mammifères dans le lias inférieur, les oiseaux dans l'oolithe moyenne, les trilobites dans le cambrien inférieur, les foraminifèrss dans les roches azoïques?
(Lyell.)
Les terrains au-dessous du de- Yonien, par exemple, les terrains
INSUFFISATS'CE DE LA GÉOfiOME DE LA SCIENCE.
POUR — OUI
plantes, ou du moins ne contiennent pas de dicotylédonées.
Les caractères chronologiques de l'âge des couches sont : la superposition, la composition minéralogique elles débris organiques.
Les fossiles sont, comme les médailles, contemporaines des événements; ils ont la plus haute portée comme caractère chronologique.
Les fossiles diffèrent d'une couche à une autre suivant la place ijuc cette couche occupe dans la profondeur du sol, et ils sont les mômes dans toute l'étendue de chacune d'elles. C'est un principe général de la nature. (D'Archiac.)
Le mélange dans un même limon, et dans les mêmes brèches des cavernes, de restes humains et de restes de mammifères, prouve Icurcontemporanéité.
Les couches successives ont été déposées de niveau, la stratification primitive a été horizontale.
L'identité de deux formations dans deux pays différents démontre leur contemporanéité.
A huit ou neuf lieues au-dessous de la surface de la terre toutes les matières sont en fusion, le noyau central est incandescent, etsa température est énorme.
La marche de la chaleur dans le globe terrestre est une marche centripète, le maximum de chai:ur n'est pas au centre, mais il la s'approchant du centre. (Ampère.)
La température à peu près •constante de la surface du globe
CONTRE — NON
ériens, entre le dévonien et le silurien, eontiennentdes plantes et même des dicotylédonées.
Les caractères déduits de la composition minéralogique et des fossiles sont douteux, celui résultant de la superposition est ambigu. (Lyell.)
Les fossiles ne sont pas un caractère chronologique certain des terrains où on les rencontre ; ils ont pu être venus d'ailleurs.
Les quadrupèdes n'appartiennent pas toujours au même âge géologique que le terrain où ils sont enfouis. (Albert Gaudry.)
Les mélanges d'espèces différentes sont d'autant plus fréquents que la distance géographique des couches comparées en plus grande.
On ne saurait nier le principe de migration et de retour. Les appariti'ons et les disparitions n'ont été que locales. (Ramsey.)
Les restes aujourd'hui réunis peuvent avoir été mêlés très-postérieurement à leur existence et confondus dans un même dépôt.
(Lyeîl.)
Les couches ont été déposées inclinées, la stratification primitive a pu être plongeante.
Des formations analogues ou équivalentes de deux pays peuvent très-bien être séparées par dos intervalles de centaines et de milliers d'années.
La solidification de la terre a commencé par le centre et non par la surface ; il n'est pas même possible que son noyau soit à l'état fluide.
La marche de la chaleur dans le globe terrestre est une marche centrifuge; il y a effluve continuelle de chaleur d'une couche à l'autre, du centre à la surface.
La chaleur centrale est un rêve:
on ne peut expliquer l'accroisse-
POUR — OUI
et raccroissement de lemp6rature avec la profondeur ont leur raison d'ôlre dans la chaleur centrale du noyau terrestre. (Fournier.)
La fluidité intérieure du globe terrestre est absolument incompatible avec les lois et les expressions numériques de la précession et de la nulation. (Ilopkin, sir W. Thomson, Pratt, 1870.)
Si le noyau de la terre était liquide, Taclion de la lune ferait naiîlrc dans cette énorme masse des marées terribles. Comment, battue par une espèce de levier hydraulique de 1400 lieues de rayon, Fenvcloppe de la terre pourrait-elle résister? (Ampère.)
A la dernière période glaciaire la terre entière a été couverte d'une couche épaisse de glace.
La période glaciaire est le résultat d'un refroidissement causé par le déplacement ou la culbute des pôles, ou par la grande exceni ricité du globe terrestre.
Il est incontestable que les dépôts charbonneux qui se trouvent dans le sein de la ten^e ont été produits par des végétaux accumulés.
Les plantes des houillères ont vécu sur place.
Les houillières ont été formées sur place à la façon des tourbières par des végétations successives. (Elie de Beaumont.)
Les dépôts de houille se sont formés dans une vaste mer qui d'abord, en partie comblée par des calcaires, est devenue plus tard une sorte de marécage, où se développaient les plantes marines, et où .se rendaient en outre tous les débris d'une immense végétation. (Deudanl.)
CONTRE — NON
ment de température avec la profondeur qu'en mettant en jeu la température des espaces chauds et froid.s, (jue le soleil traverse dans son mouvement de translation. (Poisson.)
La considération des phénomènes de la précession et de la nulation ne peut fournir aucune donnée sur la fluidité intérieure de la terre et sur le plus ou moins d'épaisseur de la croûte solide du globe. (Delaunay, 1870.)
La croûte solide du globe n'est pas tellement privée d'élasticité qu'elle ne puisse, sous l'effort des marées souterraines, éprouver une flexion iiui l'empêche de se briser, (llaillard.)
Dans la période glaciaire, à l'origine des temps historiijuos, les glaces se sont seulement accumulées dans d'énormes glaciers- La période glaciaire est le résultat d'une chaleur très-grande et d'une èvaporalion très-abondante due peut-être à l'immersion du désert du Sahara.
Les houilles peuvent avoir une origine inorganique, elles ont pu être le produit de la décomposition de l'hydrogène carboné ou des hydrocarbures. (Ampère.)
Les plantes des houillères ont pu, ou même ont dû venir de loin.
Les houillères résultent de l'enfouissement de grands radeaux de plantes transportés par les fleuves et échoués. (Lyell.)
La pureté extrême de la houille, ou l'absence de toutes parties terreuses ou sableuses sur de vastes étendues s'expliquent difficilement si l'on considère chaque lit comme le résultat d'une végétation développée au sein d'un marécage. (Lyell.)
POUR — OUI
Les roches métamorphiques sont stratifiées.
Les granits sont d'origine ignée, ils ont été à l'état de fusion.
Les roches granitiques ont été formées avant tout dépôt de couches sédimentaires et fossilifères.
Les veines métalliques restées béantes ont été graduellement envahies par des matières cristallines et métalliques venues d'en haut.
Les filons ont été injectés par les sources thermales.
Les aspérités du globe terrestre sont dues à des soulèvements lents.
Les cônes volcaniques ont été produits par soulèvement.
La formation d'une montagne est due au soulèvement en masse de couches primitivement horizontales.
Les soulèvements se font subitement, rapidement, en forme d'ampoules creuses, gonflées par la soudaine expansion d'une bulle de matière aériforme.
Le soulèvement des Alpes a été instantané, et dénature à causer un véritable cataclysme; la majeure partie de la chaîne est sortie brusquement du sein de la mer. (Elle de Beaumont.)
Les blocs erratiques ont été transportés par les courants d'eau diluviens.
Les rivières creusent leurs vallées.
Le relief des vallées est dû aux
CONTRE — NON
Les roches métamorphiques ne sont pas stratifiées.
Les granits sont d'origine aqueuse, ils ont été dissous dans l'eau sous une pression énergique.
Il n'est pas facile de faire remonter l'origine d'une masse de granit à une époque antérieure à l'accumulation de toute série fossilifère.
Les veines métalliques ont été produites par une injection venue d'en bas de l'intérieur à l'extérieur.
^ Les filons ont été remplis par l'action chimi(jue ordinaire.
Les soulèvements lents ne rendent pas compte des relèvements, des plissements, des renversements si communs dans l'écorce du globe terrestre.
Les soulèvements sont impossibles, on ne peut voir partout que des tassements.
La formation d'une montagne est due à l'accumulation lente et successive de matières expulsées.
Le soulèvement instantané ne reposeque sur des opinions insoutenables et antiphilosophiques; il est combattu par tous les faits observés; on ne voit partout que des roches injectées et non des couches soulevées.
Le soulèvement des Alpes s'est fait insensiblement et avec une lenteur extrême, une vitesse d'un mètre au plus par siècle, de manière à exiger des milliers de siècles. (Lyell.)
Les blocs erratiques n'ont pu être transportés que par des glaciers, glissant sur leurs pentes, ou portés par des glaçons flottants.
Les vallées ont existé avant les rivières.
Le relief des vallées (au moins
POUR — OLI
actions lentes des afrenis atmosphériques avec érosion et transport.
Les vallées n'ont pas été creusées par les eaux, mais par les glaciers, etc., etc.
La géologie (paléontologie stratigrapliique) peut aujourd'hui formuler et imposer ses lois fondamentales... Elle s'appuie sur des faits incontestables, recueillis par l'observation la plus patiente, la plus sévère ; elle est fondée sur les lois de la logique et du bon sens. (M. l'abbé Lambert et Mgr Meignan, 18G9.)
CONTRE — NON
celui de la Seine) est dû à une action extrêmement violente des eaux courantes. (Belgraud.)
Les glaciers n'alïouillent pas, ils n'ont pas pu creuser les vallées, etc., etc.
La géologie jusqu'ici a été faite comme on a fait l'histoire pendant de longs siècles. Kl!e est devenue, surtout dans les derniers temps, un amas de théories sans fondements aucuns et de fantaisies sorties du cerveau de géologues. (Bornemann, Journal Ausland, 1869.)
Je re.grette vivement d'avoir été amené à signaler ces contradictions directes et douloureuses; mais pouvais-je m'en dispenser, quand je voyais opposer, avec tant d'acharnement et si peu de raison, à la foi des siècles, une science toute matérielle, et dont les bases ne sont pas encore assises sur des principes certains ? M. A. Sanson était bien inspiré quand il conjurait les savants de ne pas outrepasser leurs forces ; quand il les prévenait que la recherche des origines, loin d'être de leur domaine, devait être rangée parmi ces inexpuc.\bles qui, selon l'expression de Pline le Grand, restent à jamais enveloppés dans la majesté de la nature ; et qu'il ajoutait : « La paléontologie stratigraphique, science si jeune, n'est encore qu'un ensemble de vues ingénieuses, elle compte plus de points controversés que de résultats définitivement acquis ; il n'est pas permis de la prendre pour point de départ d'une solution si importante. »