LA TERRE, CENTRE DU MOIN DE
philosophes anciens ; elle a été reproduite par le plus grand nombre des Pères de l'Eglise, et considérée à tort, par eux, en raison des idées universellement reçues, comme plus conforme à la lettre des divines Écritures ; elle a dominé le moyen âge envahi par le péripatéticisme ; mais elle a eu poiiir premier adversaire sérieux l'immortel Copernic, prêtre sincèrement croyant, qui n'hésita pas à dire dans sa célèbre lettre au pape Paul III : « Si quelques hommes légers et ignorants
VOULAIENT ABUSER CONTRE MOI DE QUELQUES PASSAGES DE l'ÉcRI-
ture, dont ils détournent le sens, je méprise leurs attaques téméraires ; les vérités mathématiques ne doivent être jugées que par des mathématiciens. » (J. Bertrand, les Fondateurs de V Astronomie, p. 53.) Si plus tard le livre de Copernic a été mis à l'index, si Galilée a été condamné à rétracter son enseignement de la mobilité de la terre, nous prouverons jusqu'à l'évidence que les tribunaux ecclésiastiques ont fatalement cédé à la pression d'une erreur universelle ; mais que ces condamnations ne furent jamais l'exercice régulier de l'autorité enseignante de l'Eglise catholique.
Je le répète, la Révélation est complètement étrangère à l'erreur géocentrique, et l'en accuser serait une criante injustice. Elle est restée, au contraire, dans ce juste milieu où règne la vérité commela vertu. Les divines Écritures, en effet, se contentent d'affirmer que le soleil, la lune et les étoiles, ont été faites, en partie du moins, pour éclairer la terre et la vivifier. Or, qui polirrait nier ce fait plus éclatant que le jour ? Qui oserait affirmer que la chaleur, la lumière et la vie communiquées à la terre par le soleil, sont un obstacle à ce qu'il éclaire, échauffe et vivifie d'autres mondes planétaires? Sans le soleil, évidemment la terre n'existerait pas ; le soleil est donc une des conditions d'existence de la terre, et nous pouvons dire en toute vérité qu'il a été créé pour la terre.
402 LES SPLE>DEURS DE LA FOI.
Je sais que le romancier de rAstronomiemoderae, M. Camille Flammarion, a laissé tomber de sa plume trop légère ce défi insolent : Comment vos vieux dogmes s'accommoderont-ils de la science moderne dont je me suis fait F apôtre? (dites donc l'écho inintelligent!) La pluralité des Mondes, cest la négation de l'Incarnation et de la Béd' mption. Mai^ je sais aussi qu'il ne croit pas un mot de ce qu'il affirme; je sais que j'ai eu mission de la Commission de llndex romain de lui déclarer formellement que la Création et la Rédemption ne sont nullement un obstacle à l'existence d'autres mondes, d'autres soleils, d'autres planètes, etc., etc. Et déjà un de nos plus éloquents orateurs, le R. P. Félix, lui avait crié du haut de la chaire de Notre-Dame de Paris, devant plusieurs milliers d'auditeurs :
« Vous voulez absolument découvrir des habitants dans la (( lune ; vous voulez trouver dans les étoiles et les soleils des « frères en intelligence et en liberté ; et comme le disent « certains génies qui prétendent à la vision intuitive de tous « les mondes, vous voulez saluer de loin, à travers les espaces, <( des sociétés et des civilisations astronomiques. Soit ! si vous « n'avez pas d'autres raisons pour briser avec nous, rien ne « s'oppose à ce que nous vous tendions notre main, et à ce :< que vous nous tendiez la vôtre. Mettez dans le monde sidé- « rai autant de populations qu'il vous plaira, sous telle forme « et à tel degré de température matérielle et morale que vous « voudrez imaginer, le dogme catholique est ici d'une tolé- « rance qui vous étonnera... Veut-on absolument que les pla- « nètes, les soleils, les étoiles aient leui's habitants, capables, (( comme nous, de connaître, d'aimer, de glorifier le Créa- ({ teur 1 J'ai hâte de le proclamer, le dogme n'y répugne pas ; <( il ne nie, il n'affirme rien sur cette libre hypothèse. « L'économie générale du christianisme regarde la terre, rien