RÉSURRECTION DES CORPS
avec l'Église catholique à la résurrection des corps et à la vie éternelle. Toutes enseignent comme un dogme révélé, que de même que Jésus-Christ est ressuscité, tous les hommes ressusciteront; c'est-à-dire que leurs âmes seront de nouveau unies au corps dont la mort les avait dépouillées, bien que ce corps après la résurrection doive jouir de propriétés trèsdifférentes de celles sous lesquelles il se présente dans la vie. Quelles seront ces propriétés nouvelles des corps ressuscites glorieusement? l'impassibilité, la subtilité, l'agilité, la clarté, etc., etc. Nous ne nous arrêterons pas à les définir. Nous n'essayerons pas non plus de percer le terrible mystère enveloppé dans ces paroles de saint Paul: «Nous ressusciterons
tous, mais nous ne serons pas tous changés L'homme
recueillera ce qu'il aura semé. Celui qui aura semé dans la chair, recueillera de la chair la corruption ; celui qui aura semé dans l'esprit, recueillera de l'esprit la vie éternelle. » Que pourra être le corps des réprouvés, mélange affreux de vie et de mort, à la fois vivant et cadavre? Dieu le sait.
Le dogme de la résurrection des corps est évidemment trèsconforme à la raison. L'âme, nous l'avons dit, n'est pas par elle-même une personne humaine, un moi humain ; elle n'est personne, elle n'est wo» que dans son union avec le corps, qui l'exige et qu'elle exige, qu'elle complète et qui la complète. Si donc elle est appelée à une vie éternelle, elle pourra être séparée pendant un temps de son corps, mais ce corps devra la compléter de nouveau, quand elle atteindra sa fin dernière. Ce qici mérite, ce qui démérite, c'est l'homme, le tout humain, l'àme unie au corps; ce qui devra donc être récompensé ou puni, à l'heure de la justice suprême, c'est encore l'homme, le tout humain. Le corps a été non-seulement le compagnon, mais l'instrument et souvent l'occasion sinon la cause du crime et de la vertu ; il doit donc avoir sa part de gloire ou d'opprobre.
Relativement au dogme de la résurrection, la science constate d'abord, comme nous avons vu M. de Quatrefages le faire, que ridée d'immortalité et de résurrection est comme inséparable de riiumanité, et qu'on la retrouve partout. Si cliez quelques individus, ou même chez quelques peuplades sauvages, cette idée s'est complètement effacée, c'est accidentellement, par une influence morbide du corps sur l'âme. Mais alors qu'elle n'existe pas actuellement, la foi à la vie future persiste à l'état virtuel ou latent, prête à renaître quand l'homme sera revenu à son état normal. Cette grande tradition constatée, la vraie science se voile le visage et adore ; la fausse science essaye des objections sans valeur !
Il est impossible, dit-elle, de ne pas admettre que les mêmes éléments solides, liquides, gazeux sont entrés successivement dans la formation des corps d'un grand nombre d'hommes ; que même un certain nombre de ces corps ne contiennent aucun élément nouveau ou qui leur soit propre ; qu'ils ne peuvent pas réclamer pour eux des éléments déjà possédés par d'autres; qu'ils sont par conséquent incapables de résurrection. Mais h cela la physiologie et la raison répondent : Ce qui fait que le corps d'un homme est son vrai corps, ce n'est pas l'identité numérique des molécules qui le composent, mais seulement leur mode d'organisation et leur union avec son âme. La preuve, c'est ce phénomène mystérieux, mais incontestable, des changements incessants, des migrations perpétuelles qui ont lieu dans les corps vivants. Bien qu'il soit l'igoureusement démontré qu'après quinze ans, mon corps n'est plus numériquement le même, il n'en est pas moins certain que mon corps d'autrefois est mon corps d'aujourd'hui, malgré son renouvellement absolu, et par cela seul qu'il n'a pas cessé d'être uni à mon âme, vivifié et commandé par elle, propriété diune et invisible du même moi humain.