‹ Les splendeurs de la foiChapitre 76 sur 110 · CHRONOLOGIE DES PEUPLES · texte numérisé non relu

CHRONOLOGIE DES PEUPLES

rableàla religion. Que n'ont pas rêvé les savants européens en traçant le tableau des richesses historiques et scientifiques possédées par les nations de l'Orient encore peu connues parnai nous? Là, s'écriait-on triomphant, à la fin du xviii^ siècle, des procédés astronomiques de la plus haute perfection, ayant exigé des observations faites à des époques séparées les unes des autres par des distances incalculables; puis des périodes ou cycles de temps qui se sont révélés alors que les cieux étaient plus jeunes qu'à présent d'un nombre infini de siècles ; puis des livres écrits manifestement plusieurs milliers d'années avant que l'Occident eût donné le moindre signe de vie; ensuite des monuments érigés nombre de siècles avant que le déluge eût balayé la surface de la terre ; enfin, de longues listes de rois ou même de dynasties, ayant eu leur place réelle dans les annales des nations, et qui laissent bien loin derrière elles l'époque assignée à la création du monde par les livres de Moïse, livres modernes au delà de ce qu'on pourrait dire, en comparaison des papyrus des Egyptiens ou des Indiens ! De tous ces rêves, de tout cet enthousiasme, de toute cette fantasmagorie, qu'est-il resté? Rien, absolument rien. Nous allons le prouver jusqu'à l'évidence.

Oui, il est vrai que tous les peuples, les Egyptiens, les Assyriens, les Chaldéens, les Indiens, les Chinois et leurs premiers historiens, se sont tous efforcés de se donner et de donner à l'humanité une antiquité démesurée, fabuleuse, se perdant dans la nuit indéfinie des temps. Un seul peuple, le peuple juif, un seul historien, l'historien du peuple juif, n'hésitent pas à assigner à son origine et à l'origine du genre humain, une date récente, qu'ils définissent à plusieurs centaines d'années près. Ils nous révèlent sans hésitation le nom du père unique du genre humain ; ils énumèrent, sauf quelques omissions peut-être, les générations qui nous séparent

et nous rapprochent d'Adam ; ils nous transmettent fidèlement les noms des patriarches nos ancêtres; ils font plus, ils BOUS donnent, à leur berceau, la généalogie de tous les autres peuples ; ils nous les montrent descendant tous de Noé et de ses enfants, qu'un événement miraculeux, mais certainement historique, force à se disperser et k s'élancer jusqu'aux extrémités de la terre.

Ici, plus de rêves, mais une éclatante réalité ; plus de fables, mais une chaîne non interrompue dont nous sommes tous clés anneaux vivants. Et par une étrani,'e aberration, dans un siècle positiviste, qui prétend n'accepter que des faits et des lois, les sympathies des savants sont pour l'antiquité fabuleuse des peuples païens et de leurs historiens ; leur antipathie, j'oserais presque dire leur haine, est pour le peuple juif et pour Moïse. La grande occupation d'un très-grand nombre d'esprits sera de donner un corps aux rêves de Manéthon, un démenti aux oracles de Moïse. On va même, de nos jours, jusqu'à reprocher à la grande figure du législateur et de l'historien du peuple hébreu de n'avoir pas cédé à l'entraînement universel.

Le compte rendu de l'une des séances de VAthénée oriental, 29 octobre i871, semble mettre dans la bouche de M. Oppert, dont les travaux et les découvertes avaient jusque-là rendu fidèle témoignage à la sainte Bible et à Moïse, cette sorte de défi ou de reproche vraiment sacrilège : « L'histoire est très-jeune, mais l'humanité est très-vieille !... Tous les peuples de l'antiquité ont reconnu cette vérité, mise aujourd'hui hors de conteste

parles progrès delà science Les Chinois, les Japonais,

les Hindous et les Babyloniens, ainsi que les Egyptiens, ont tous admis l'antiquité de la race humaine ; le texte actuel de la Genèse rabaisse seul l'âge du genre humain, dans des proportions inadmissibles... Toutes les traditions ont attribué à

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