‹ Les splendeurs de la foiChapitre 77 sur 110 · CHRONOLOGIE DES PEUPLES · texte numérisé non relu

CHRONOLOGIE DES PEUPLES

TEgypte une haute antiquité queles monuments ont confirmée. Quelque différentes que soient les données auxquelles les divers savants se sont arrêtés, elles franchissent les bornes étroites que les chiffres de la tradition judaïque ont posées. D'autres sciences, la géométrie, l'anthropologie, et surtout l'astronomie et l'archéologie préhistoriques, ont depuis longtemps admis comme vérité l'existence très-ancienne du monde tel qu'il existe aujourd'hui. »

Voilà ce que l'on ose écrire contre toute vérité, sans preuves aucunes, sans même un commencement de preuves, comme nous le montrerons surabondamment dans ce qui va suivre. Au reste, M. Oppert l'avoue lui-même, avant sa prétendue découverte, il n'existait pas de données historiques remontant

plus haut que l'âge des pyramides «Les pyramides, dit-il,

œuvre gigantesque et sanségale dans le monde, ont été élevées sept siècles après le premier roi humain, avec lequel commence l'histoire d'Egypte. Mais comment en sept cents ans unir les hommes sauvages en société, comment leur inculquer l'idée de l'État ; comment trouver le fer et son emploi, arracher les métaux à la terre, inventer cette multitude de sciences nécessaires pour l'aecomplissement d'un tel œuvre ? Bien léger serait celui qui voudrait prétendre qu'une pareille civilisation n'aurait pas eu besoin d'un nombre de milliers d'années pour se former. Il y a quatre cents ans que nous imprimons des livres ; il y a deux cents ans que nous connaissons la vapeur, et sept mille ans que nous écrivons. Il y a deux cents ans à peine que nous avons bien voulu admettre en astronomie le système héliocentrique qu'on avait déjà connu deux mille ans auparavant. Et l'on peut vouloir croire que tous les éléments divers nécessaires pour changer l'homme sauvage en homme construisant les pyramides, aient été créés et rassemblés dans un laps de temps aussi court. »

On le voit, le grand prétexte à ce besoin insensé d'antiquité pour l'homme est toujours l'hypothèse gratuite et absurde de l'état sauvage comme condition première du genre humain. Pour en finir, au moins en ce qui concerne l'Egypte avec cette barbarie initiale, et avant de discuter la prétendue date historique par laquelle M. Oppert se croit autorisé à faire remonter jusqu'à l'an 11542 avant Jésus-Christ Texistence de la civilisation en Egypte, consacrons quelques pages à l'exposé des admirables et incontestables découvertes qu'un astronome célèbre, M. Piazzi Smyth, a faites dans ses études acharnées et approfondies de la grande pyramide de Gizeh. Ce sera l'occasion et le moyen d'éclairer une fois pour toutes d'une lumière éblouissante la question si nébuleuse de l'antiquité du genre humain. Cet exposé est le résumé très-rapide de l'ouvrage qui a pour titre : On the Antiquity of intellectual Ma?« from a pratical and astronomical point ofview. By Plvzzi Smyth. Edimbourg, Edmonslon and Douglas, 1868. Petit in-8° de xviii- 512 pages. Ce volume, à son tour, est comme l'extrait et le corollaire du grand ouvrage du même auteur : Life and work AT THE GREAT Pyramid, during the Months of lanuary, February, March, and April 1868. By Piazzi Smyth. Trois volumes in-8° de 1857 pages.

Faisons tout ce que nous pourrons, pressons autant que nous voudrons l'histoire de l'architecture, nous n'irons jamais au delà de l'époque des pyramides de la basse Egypte. Tous les archéologues, Bunsen, Gardner-Wilkinson, Osburn, Mariette-Bey, Renan, Rawlinson, sont unanimes dans cette affirmation. Les dates a.ssignées par ces savants à la fondation du plus ancien de ces monuments varient entre des limites

assez considérables, de 5 400 à 1 900 ans avant Jésus-Christ. Le Sueur, Renan, Mariette, les placent de 5 400 à4 000; Fergusson et Lepsius, de 3 900 à 2 600 ; Gardner-Wilkinson et Rawlinson, de 2 500 à 2 200; William Osburn, de 2 300 à 1 900. Cette dernière époque, déduite d'un examen rigoureux et trèscomplet de toutes les données hiéroglyphiques, est en outre si bien confirmée par des déductions astronomiques commencées par sir John Herschel, continuées et menées à bonne fin par M. Piazzi Smyth, que nous sommes autorisés à la considérer non-seulement comme la plus probable, mais comme la date véritable du premier âge des pyramides.

Toutes ces grandes autorités, à quelques exceptions près, s'accordent encore, quant à la date relative de ces monuments, en ce sens qu'elles assignent la date la plus ancienne au principal, au chef suprême, si nous pouvons nous exprimer ainsi, de cette armée de constructions gigantesques, élevée sur les hauteurs du plateau circulaire qui domine le delta du Nil. La grande pyramide est plus au nord que toutes les autres, et l'on a constaté que chaque pyramide est d'autant plus récente qu'elle est plus au sud. Elle a été construite sous le règne du roi Sopha, Sophis ou Chéops, de la quatrième dynastie. M. Mariette avait cru trouver sur la montagne des pyramides une tablette gravée, établissant que le roi Chéops, entre autres ouvrages, aurait fait réparer la figure du grand sphinx, qui serait ainsi plus ancien que la grande pyramide. Mais M. W. Osburn, le célèbre auteur de VHistoire monumentale d''Egypte, a découvert que cette inscription était un hymne à la lounnge du bon Sophis, à l'occasion du sacrifice d'Osiris du dernier jour, inscrit sur la montagne de Gizeh au temps de la vingt-cinquième dynastie, vers l'an 600 avant Jésus-Christ. M. Mariette aussi croyait avoir retrouvé deux boucles d'oreilles ayant appartenu à l'épouse du roi Menés, parce qu'on y voyait

gravés les caractères hiéroglyphiques des deux lettres M, N ; mais ces deux caractères, que M. Mariette attribuait exclusivement au nom de l'épouse de Menés, se retrouvent dans cent autres mots.

Il reste donc bien établi que la grande pyramide est le premier et le plus ancien de tous les monuments de l'ancienne civilisation égyptienne; car s'il avait existé quelque autre monument antérieur, on en aurait certainement trouvé des traces dans une contrée tout à fait exceptionnelle et vraiment merveilleuse, sous un climat sans pluies, sec, éminemment conservateur.

Mais si la grande pyramide est le plus ancien de tous les monuments égyptiens, elle est aussi la plus étonnante, nonseulement par ses dimensions, son volume, sa masse, la solidité incomparable de sa construction, l'absence complète d'hiéroglyphes , d'inscriptions et de noms propres , mais encore parles mystères qu'elle révèle, ce que M. Piazzi Smyth appelle son intellectualité ou son intelligence, c'est-à-dire la signification extraordinaire de tous les éléments de sa construction. Entrons à ce sujet dans quelques détails.

Sa nature. — La grande pyramide n'est nullement un monument artistique, c'est un monument simplement et purement géométrique, une œuvre éminemment scientifique.

Idèe-mère. — Hérodote disait avoir appris des prêtres égyptiens que la proportion établie pour la grande pyramide entre le côté de la base et la hauteur était telle, que l'aire de chacune des faces triangulaires fût égale au carré construit sur la hauteur verticale. Les mesures prises dans les temps modernes prouvent, en effet, que cette égalité existe à peu près; mais ces mêmes mesures ont mis en évidence une autre loi. Pour la loi formulée par Hérodote, l'angle des faces avec

les bases devrait être de 51° 49'; cet angle est en réalité de 51° 51', et il en résulte que le rapport du périmètre ou de la somme des quatre côtés de la base rectangulaire à la hauteur verticale est égal à 3,14X2, ou au rapportde la circonférence du cercle à son rayon ; de telle sorte que ce monument, unique au monde, est la matérialisation ou la consécration matérielle du nombre mystérieux que les géomètres modernes ont appelé tt, la réalisation en quelque sorte de la quadrature du cercle, bien avant que la science s'en fût occupée. Ce même nombre u joue un rôle vraiment remarquable dans le tracé des tranchées faites sous divers azimuts dans la masse de la montagne sur laquelle la pyramide est construite, pour assurer son orientation ; et M. Saint-John Vincent Day a trouvé que l'aire de la section méridienne de la pyramide, section faite par le plan méridien, est à l'aire de sa base comme 1 est à tt !

Nombres pyramidaux. — La pyramide a quatre côtés à sa base, quatre arêtes à sa masse, cinq faces, cinq angles. Or ces nombres 2 et 5 deux fois répétés sont caractéristiques du système décimal, qui est en effet le système numérique de la pyramide ; on y trouve en outre que les nombres 3 et 7 y jouent un rôle assez significatif.

Sa hauteur. — La hauteur verticale de la grande pyramide, hauteur égale à 1 : 2 tt, si l'on prend le périmètre de la base pour unité, est égale à 5 819 pouces anglais, avec un écart possible en plus ou en moins de 16 pouces. Exprimée en milles anglais, cette hauteur devient 0,09184. Ce nombre, multiplié par 10% donne 91 840 000, avec un écart possible en plus ou en moins de 260 000 milles. Or ce dernier chiffre est compris entre les valeurs extrêmes attribuées à la distance moyenne de la terre au soleil. En 1750, en effet, les astronomes faisaient cette distance égale à 82 000 000; au commencement de ce siècle, on avait adopté le chiffre 95 000 000 ; de nouvelles

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délerminatioTis directes ou indirectes ont donné, en 1800, 91678 000; en 1867, 92 380 000(1). On arrive ainsi à cette conclusion vraiment extraordinaire : de toutes les conditions matérielles nécessaires à l'entretien de la vie à la surlace de la terre, les plus essentielles sont la lumière et la chaleur solaire; et de tous les problèmes de la science, l'un des plus importants est la détermination de la distance de la terreau soleil, distance qui règle exclusivement les quantités de lumière et de chaleur qui nous sont départies par Tastre régulateur du système planétaire. En ce moment même, l'Europe savante se prépare à grands frais à observer les passages de Vénus sur le soleil en 1874 et 1882, dans le seul but d'arriver à connaître cette distance un peu plus exactement; et voici que ce colossal problème était résolu, sans qu'on s'en doutât, il y a des milliers d'années; voici que cette distance tant désirée était symbolisée, matérialisée, monumentaliséedansla grande pyramide, à ce point que toutes les conquêtes de la science conduisent à des nombres qui oscillent simplement à droite ou à gauche, en deçà et au delà du nombre fourni par la hauteur de la grande pyramide, à ce point que le dernier et le plus sublime effort de l'astronomie moderne ne donnera pas une approximation plus grande, et qu'on pourrait accepter le nombre de la pyramide comme le nombre définitif. Il y a cent ans, l'erreur commise en prenant le nombre

(1") La valeur de la parallaxe solaire déduite de la distance de la terre au soleil donnée par la grande pyramide, et découverte en 1867 par M. Pclric, est 8",8755. Or la valeur la |)lus probable de celte parallaxe, telle qu'elle résulte d'une grande étude présentée par M. Le Verrier à l' Académie des sciences, dans sa séance du 2^ juillet 1872, serait 8,866, moyenne entre les valeurs déduites do trois évaluations li-os-concordanlcsdc la masse de la terre et de la mesure directe de la vitesse de la lumière par M. Léon Foucault, combinée avec la constante de Taborration de M. Slruve. Nous plaindrions celui qui verrait dans ce rapprochement un pur effet de hasard.

alors le plus accrédité, était de 10 000 000 milles; il y a deux cents ans, Terreur s'élevait à 66 000 000 milles; dixneuf cents ans auparavant, au plus beau temps de rastronomie des Grecs, elle atteignait le chiffre énorme de 87 000 000 milles, sur 92 000 000, c'est-à-dire qu'elle était les 99 centièmes de la quantité à déterminer. Et voici que dix- sept cents ans plus tôt, c'est-à-dire en l'an 2170 avant Jésus- Christ, on avait vu s'élever à la surface de la terre, sans hésitation aucune, sans tâtonnement aucun, une expression permanente de cette même quantité fondamentale, sans erreur sensible ou apparente, sa valeur la plus approchée, peut-être, à laquelle le génie humain puisse prétendre.

Il ne sera pas inutile de faire remarquer que cette hauteur de la grande pyramide, qui joue un rôle si merveilleux dans la physique céleste, 5 819 pouces anglais, est la plus grande des hauteurs connues des monuments en pierre passés et présents. On avait voulu donner à la flèche de la cathédrale de Cologne une hauteur plus grande, 6 120 pouces anglais, mais on dut y renoncer; la vieille cathédrale de Saint-Paul à Londres, bâtie en 1222, était un peu plus haute, mais sa flèche en bois fut foudroyée en 1561.

Sa latitude. — La destination symbolique qui ressort de tous les éléments de la grande pyramide exigerait qu'elle fût placée sur le parallèle de 30°, ou très-près du parallèle de 30°, de telle sorte que le pôle du firmament fût situé à une hauteur donnée au-dessus de l'horizon. Le parallèle de 30° offre ce caractère particulier qu'il divise la demi-surface terrestre de l'hémisphère boréal en deux parties égales, l'une au nord, l'autre au sud. Or les observations faites en 1865, avec un puissant instrument, ont montré que le centre de la grande pyramide est placé non sur le parallèle de 30°, mais à 1' 12" de ce parallèle; des restes de

construction semblent môme indiquer qu'on Ta reculé vers le nord autant que la l'orme de la montagne avait pu le permettre ; de sorte que sa position théori(iue sur le parallèle de 30° était bien dans l'intention de l'architecte; c'est encore une coïncidence merveilleuse.

Son orientation. — Chacun fixe à un petit nombre de degrés près la position des quatre points cardinaux, nord, sud, est et ouest; mais qui ne sait combien il est difficile aux astronomes de déterminer ces mêmes positions à quelques secondes ou même à quelques minutes près! Les besoins de l'astronomie moderne exigent que les observatoires soient rigoureusement orientés, ou que leurs quatre faces regardent aussi exactement que possible les quatre points cardinaux. En 1577, Tycho- Brahé prit toutes ses mesures pour orienter ainsi son célèbre observatoire d'L'rauienbourg, et crut s'être assez rapproché de la vérité, quoique l'erreur d'orientation fiit de 18'. L'observatoire de Paris est incomparablement plus mal orienté encore. Quelle ne sera donc pas la surprise des astronomes quand ils apprendront que l'erreur commise dans l'orientation nord, et sans doute aussi dans l'orientation sud de la grande pyramide, est de 4' 35", ou quatre fois moindre que l'erreur subie par Tycho-Brahé, il y a trois cents ans! Et cependant la grande pyramide a été construite il y a plus de quatre MILLE ans, quand, sur toute la surface de la terre, il n'était question ni d'astronomie, ni d'instruments astronomiques...

Rapprochement plus étonnant encore! C'est seulement en 339 avant Jésus-Christ, que Pythéas, de Marseille, a reconnu le premier que l'étoile polaire ne coïncidait pas avec le pôle vrai, mais qu'elle en était distante de 6" environ. Si donc les astronomes grecs avaient voulu orienter leurs observatoires au moyen de l'étoile polaire, ils auraient commis forcément une erreur de plus ou moins 6°. Et cependant les

architectes delà grande pyramide, qui vivaient 1 800 ans plus tôt, n'ont commis sur son orientation qu'une erreur soixantedix fois moindre ; et leur œuvre est là, encore debout, matérialisant, au point de lui donner une certitude historique éclatante, le fait découvert par Pythéas.

Son poids. — D'une étude expérimentale attentive des trois sortes de matériaux qui entrent dans la construction de la grande pyramide, MM. Piazzi Smyth et Pétrie ont conclu que son poids était approximativement exprimé par le nombre 5 273 834, lunité étant le poids d'une coudée cube (la coudée étant celle de la grande pyramide) ayant pour densité la densité moyenne de la terre, 5,7. Or ce poids serait au poids entier de la terre dans le rapport très -simple de 4 à 10'* == lO^"'. C'est encore une coïncidence mystérieuse.

Sa température. — En raison de sa situation sur le parallèle de 30°, il était curieux de chercher si la moyenne température annuelle de l'air au sein de la grande pyramide coïnciderait ou ne coïnciderait pas avec la moyenne température annuelle de la surface entière de la terre ; ou si du moins elle ne serait pas une fraction simple, par exemple un cinquième, de l'intervalle des températures de congélation et d'ébullilion de l'eau, au lieu même de la grande pyramide. Les observations faites par M. Piazzi Smyth auraient donné un chiffre trop élevé de 6° Fahrenheit ou 4° centigrades ; mais une discussion plus approfondie a réduit à moins d'un degré la différence entre la température réelle et la température théorique; toutes deux seraient de 20° centigrades!

Ses unités de mesure. — L'axe de rotation delà terre, pour beaucoup de raisons physiques et métaphysiques, est incomparablement le meilleur étalon de mesures linéaires dont on puisse faire usage. Concevons que cette longueur soit divisée

€n Cinq cents millions de parties égales, et prenons une de ces parties pour l'unité de pouce propre de la pyramide. Prenons 5 X 5 ou 25 de ces unités pour la coudée étalon, propre aussi à la pyramide; cette coudée aura pour propriété d'être contenue dix millions de fois dans le demi-axe polaire de la terre; en d'autres termes, un nombre de ces unités égal à 10' mesurerait la plus courte distance du centre de la terre à sa surface ou à ses deux pôles. Les déterminations les plus précises de la forme et des dimensions de la terre assignent à cet axe polaire une longueur comprise entre 500 482 396 et 500 522 904 pouces anglais. Si nous prenons la moyenne de ces deux nombres, que nous la divisions par 500 000 000, nous aurons pour unité de mesure ou pouce théorique exprimé en pouces et fractions de pouce anglais, 4,00101, avec une incertitude déplus ou moins 0,00004. L'étalon démesures linéaires ou coudée théorique formée de 25 de ces unités, exprimée en pouces anglais, serait 25,025, avec une incertitude de plus ou moins 0,001. Mais quels rapports actuels cette coudée aurait-elle avec la grande pyramide ?Des rapports vraiment singuliers et étonnants. Et d'abord elle est contenue dans le côté de la base de la pyramide, estimée à 9 142 pouces anglais, un nombre de fois exprimé par 365,30, qui est à si peu près le nombre de jours et de fractions de jour de l'année, qu'on est presque forcé de croire que ce rapport était dans l'intention, ou du moins, explicitement ou implicitement, dans l'esprit de l'architecte, et que la différence disparaîtrait si nous avions la longueur rigoureusement exacte du côté de la base. En outre la base a quatre côtés semblables ; et si ces côtés étaient exprimés rigoureusement en termes de la coudée pyramidale, c'està-dire si chacun d'eux était rigoureusement 365,25, leur ensemble indiquerait le nombre d'années après lequel la fraction de jour arrive à faire un jour entier, ce qui fait l'année bissextile

dont la connaissance est absolument nécessaire aux calculs chronologiques du genre humain. Et qu'on le remarque bien, ce résultat admirable apparaît alors que le côté de la base est mesuré avec un étalon dont la longueur est une fraction entière, exprimée en chiffres décimaux et pyramidaux 10 et 7 ou 10''; de cet axe de la terre, dont l'existence est une fonction et un accompagnement nécessaire de la rotation diurne elle-même. Cette coïncidence superposée à une coïncidence, dont l'effet est de donner un développement nouveau aux rapports de la terre avec le soleil déjà révélés par d'autres portions de l'édifice, peut-elle être purement accidentelle ou un effet de hasard? Cette coudée théorique, laquelle, appliquée à la pyramide, nous révèle ces rapports si curieux, est évidemment, en elle-même, un étalon purement scientifique, beaucoup trop au-dessus de la science humaine de cette époque, et même de la science des 3 800 années qui ont suivi, pour qu'il ait pu avoir été conquis sur la nature elle-même par des mesures semblables à celles qui ont fixé la longueur du mètre : rien n'indique, d'ailleurs, que cette coudée ait été en usage chez les nations païennes. Mais sir Isaac Newton a démontré qu'une coudée de longueur précisément égale à celle de la pyramide était la coudée sacrée des Hébreux, coudée qu'ils apportèrent en Egypte et qu'ils en remportèrent, coudée qu'ils regardaient comme un don de Dieu, coudée qu'ils réservaient exclusivement pour les usages sacrés, coudée très-différente de la coudée profane des Egyptiens, des Babyloniens et de toutes les autres nations païennes. La discussion faite par lui des données bibliques relatives à l'arche d'alliance, la portion la plus solennelle du contenu du tabernacle, a amené M. Piazzi " Smyili à regijfder comme certain que la coudée de la grande pyramide et la coudée sacrée des Hébreux, certainement révélée, sont des mesures de longueur identiques.

Mais voici quelque chose de plus extraordinaire encore. On sait que la terre se meut dans son orbite avec une vitesse énormede6S 530 railles anglais à l'heure, vitesse bien plus difficile à mesurer que la parallaxe du soleil. Or posons-nous cette question pratique : quelle longueur de son orbite est parcourue par la terre dans cette période spéciale de temps que nous appelons jour, si admirablement uniforme en elle-même, d'une importance si grande en tant que régulateur des affaires humaines, qui est représenté par l'intervalle de temps que la terre entière met à tourner autour de son axe polaire, et qui apporte à toutes les générations fatiguées de l'humanité un jour de travail et une nuit de repos? La réponse (donnée d'abord par M. Pétrie) est que si vous employez le pouce pyramidal comme unité linéaire, vous pouvez affirmer que cet élément imposant d'espace et de mouvement est exprimé par un nombre décimal rond 10^'*''* ou 10", c'est-à-dire qu'il est égal à 100 000 000 000 pouces pyramidaux. Nous devrons attendre pour la démonstration rigom-euse de cette vérité que les observations des passages de Vénus de 1874 et de 1882 nous aient donné la valeur exacte de la parallaxe du soleil, et aussi que l'on ait mesuré plus parfaitement les bases de la pyramide. En attendant, remarquons que la hauteur (5 819 pouces anglais) de la pyramide, réduite en pouces pyramidaux, devient 5 813,2, quantité qui, multipliée par 10'', nous donne la valeur la plus approchée que nous ayons jusqu'ici du rayon vecteur de la terre. Cela posé, la circonférence de l'orbite moyen de la terre sera :

5 813,2 X 10' X 2 71 = 36 525 430 000 000 : et cette quantité, divisée par le nombre de jours solaires contenus dans une révolution de la terre ou pai' 363,25636, donne 99 999 400 000, à très-peu près 10^ ^^ Le pouce pyramidal nous donne donc la mesure du jour ou de la portion de

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son orbite parcourue par la terre en un jour, de cet étalon si merveilleux et si solennel de la nature, en nombres ronds et décimaux, avec une erreur proportionnellement très-petite, ce que le yard anglais ou le mètre français ne feraient que très-grossièrement et très-improprement.

Poids et capacité. — Dans Tintérieur de la grande pyramide, à peu près au centre de sa masse et de son poids, dans une certaine chambre appelée communément la Chambre du Roi, se trouve une boîte creuse, vida et sans couvercle, bassin découvert en pierre dure. Quelques-uns veulent que ce soit un sarcophage, ayant eu pour destination de recevoir le corps du roi fondateur de la grande pyramide; d'autres rappellent simplement le coffre, et pensent qu'il constituait un grand étalon de mesure des volumes et des poids. Aucune inscription n'indique sa destination précise; mais ce qui est certain, c'est qu'il présente des particularités scientifiques très-remarquables, et que force est de le considérer comme une œuvre de géométrie et de science physique très-avancée. Ce qui est certain encore, c'est que son contenu cubique est la représentation exacte de celui de Tarche sacrée d'alliance, construite par Moïse sur des mesures directement inspirées et ordonnées par Dieu, pour le tabernacle du désert ; c'està-dire que l'arche, quant à son volume intérieur, était la reproduction exacte du coffre de la chambre de lu grande pyramide.

Le coffre est en granit rouge, dur comme une pierre précieuse, sonore comme une cloche, rendant un son particulier dont nous regrettons de ne pas connaître le nombre de vibrations. Il est admirablement taillé et poli à l'intérieur. Il a 78 pouces de longueur intérieurement, 27 pouces de largeur, 34 pouces de profondeur : si c'était un sarcophage, il serait le plus profond de tous les sarcophages du même âge. Plein et

fermé, il n'aurait pas pu être introduit dans la chambre royale, parce que l'entrée de la grande pyramide était certainement trop basse. Il a donc été mis en place, vide et sans couvercle. Tout, d'ailleurs, tend à prouver jusqu'à l'évidence qu'il n'a pas servi de sépulcre, mais qu'il est essentiellement géométrique et métrique. Son volume extérieur est exactement double de son volume intérieur. Son volume intérieur est sensiblement égal à 71 2o0 pouces cubes pyramidaux. Ce chiffre ou cette capacité est-elle un pur accident, ou est-ce un chiffre intentionnel, ayant des rapports intimes avec l'esthétique et la métrologie? N'a-t-il pas aussi un rapport précis avec le volume et la densité moyenne de la terre? Si nous prenons pour cette densité moyenne 5,7, l'unité étant le poids de l'eau à 20° centigrades, que nous prenions le cube de 50 pouces pyramidaux, c'est-à-dire une fraction de l'axe entier de la terre, représenté par 1 : 40', nous trouvons que le contenu entier du coffre est donné par l'équa-

gQ3 ><; 5 7

tioii '- — = 71250. Ainsi dérivé ou déduit, le

volume intérieur du coffre de la pyramide serait une mesure de capacité intentionnelle. Le poids de ce volume d'eau, à 20» centigrades et à la pression barométrique moyenne, serait l'unité de poids dans l'échelle de la grande pyramide : le quotient de 71 250 par la densité moyenne de la terre 5,7, ou 12 500, serait le nombre de pouces cubes pyramidaux de matière égale en densité ou en poids spécifique moyen à celui delà masse entière de la terre ; et ces 12 500 pouces cubes pèseraient autant que le contenu du coffre en eau, à la même température etàlamême pression. Si, déplus, nous divisons le grand étalon de poids de la pyramide en 2 500 parties, et que nous donnions à l'une des parties le nom de livre-poids, nous restons toujours dans le système des nombres jtyramidaux, 2, 5, et nous obtenons une livre que l'on pourrait pré-

ienter à toutes les nations civilisées, comme étant scientifiquement le poids de cinq pouces cubes pyramidaux de matière Hyant la densité moyenne de la terre. Il se trouve que cette ivre pyramidale est égale, à un trentième près, à la livre anglaise avoir-du-poids. Cet accord serait-il un simple accident, ou la livre avoir-du-poids serait-elle venue de l'antiquité jusqu'à nous, par une sorte de préservation traditionnelle ? M. Taylor a trouvé de son côté que le quarter ou quart, unité de mesure anglaise des grains, était égal à la quatrième partie du volume intérieur du coffre de la grande pyramide.

Age de la grande pyramide. — Sir John Herschel l'avait remarqué le premier : le passage d'entrée de la grande pyramide est très-approximativement dans le méridien astronomique; et son axe, dans ce plan, vise un point placé au-dessoUs du pôle, de manière à se prêter merveilleusement à l'observation du passage inférieur au méridien d'une étoile circumpolaire, située à une distance donnée du pôle. A une certaine date, qu'il considérait en 1838 comme étant la date la plus probable de la grande pyramide, Herschel trouva par le calcul qu'une étoile remarquable, /t/p/ia du Dragon, était située précisément à la distance angulaire indiquée par l'axe du passage d'entrée. Dans Tannée où Alpha du Dragon était vu au méridien, audessous du pôle, à une hauteur angulaire de 26° 18', précisément égale à l'angle que sous-tend l'axe du passage, une autre constellalionbrillante,celledesPIéiades, passait en même temps au méridien au-dessus du pôle; et ce méridien, ce qui n'avait eu lieu ou n'aura lieu pour aucune des dix mille années antérieures et postérieures, était le méridien du point équinoxial, point de départ de tout calcul d'ascension droite dans le firmament.

Voici donc que, par ce seul choix de 26" 18' pour l'angle de Taxe du passage, trois grands phénomènes astronomiques

de temps et d'espace, le passage ô-'Alpha du Drac^on an méridien sous ce même angle au-dessous du pôle, le passage au méridien, au-dessus du pôle, de la célèbre constellation des Pléiades, au même moment et dans le méridien du point équinoxial, sont des phénomènes simultanés. Pourrait-on imaginer une combinaison plus propre à fixer à jamais une date mémorable, en rapport intime avec la construction de la grande pyramide? et puisque ce triple phénomène se produisit en l'an 2170 avant Jésus-Christ, ne devons nous pas en conclure que cette année est l'année de la fondation de la grande pyramide?

Cette coïncidence mystérieuse fournit en outre une méthode chronologique incomparable de simplicité et de grandeur, s'étendant au passé comme à l'avenir, et dont l'élément principal est fourni par l'accroissement annuel de la distance du groupe des Pléiades au point équinoxial, accroissement égal, en ascension droite, à 3,3 secondes. Enréalifé, les Pléiades» soumises à la loi de la précession des équinoxes, qui fait qu'elles décrivent dans le firmament leur mouvement cyclique apparent dans la période de 2o 860 -|- x années, deviennent comme l'horloge de la gi'ande pyramide; et cette horloge a commencé son merveilleux cours, c'est-à-dire que ses aiguilles étaient à 0'' 0™ 0% lorsque Alpha du Dragon passait pour la dernière fois au méridien, à la distance du pôle marquée par le passage d'entrée de la pyramide ; ou, comme le voulait déjà sir John Herschel, qui ne s'appuyait que d'un bien plus petit nombre de données, lorsql-e la grande pyramide fut

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